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Guide apport-cession 202616 minMis à jour 9 juillet 20263 cas chiffrés

Réinvestir dans une PME ou une ETI au titre du 150-0 B ter

Votre holding a apporté les titres de votre société, puis les revend avant trois ans : le report d'imposition tombe — sauf si elle réinvestit le produit dans une vraie entreprise. C'est la voie de remploi la plus directe du 150-0 B ter : prendre le contrôle d'une PME ou d'une ETI, souscrire à son capital, financer son exploitation. Depuis la loi de finances pour 2026, le régime s'est durci : 70 % du produit à remployer, 36 mois de délai, 5 ans de conservation, et une liste d'activités éligibles resserrée. Par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine (ORIAS 23002291).

REMPLOI 150-0 B ter 2026

Sécuriser le remploi de votre cession dans une PME ou une ETI

Audit de remploi 150-0 B ter : vérification du déclencheur (cession dans les 3 ans), calcul du seuil (60 % ou 70 % selon la date), éligibilité de la cible (activité opérationnelle 2026), voie directe (contrôle, souscription, financement) ou fonds, calendrier et conservation 5 ans. Cabinet non détenu par une banque ni par un assureur.

Le rendez-vous offert : recueil de votre situation et présentation des mécanismes généraux, sans recommandation personnalisée.

  • Éligibilité de la cible vérifiée
  • Direct ou fonds arbitré
  • Multi-partenaires, sans produit-maison

Sur lettre de mission signée

  • Seuil de remploi 60 % / 70 % calculé

REMPLOI MINI (2026)

70 %

DÉLAI DE REMPLOI

36 mois

CONSERVATION

5 ans

COÛT SI REPORT TOMBE

31,4 %

VOIES DIRECTES

3

Quentin Hagnéré·Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Cabinet Hagnéré Patrimoine · ORIAS 23002291 · CIF · COA · COBSP

§ 1LE PÉRIMÈTRE·2 MIN

Réinvestir en direct dans une entreprise : la voie de remploi la plus concrète

L'essentiel en 30 secondes

  • Ce guide traite du remploi direct du 150-0 B ter : réinvestir le produit de cession dans une entreprise opérationnelle réelle (PME ou ETI), pas via un fonds.
  • Trois voies : prendre le contrôle d'une société (b), souscrire au capital (c), ou financer l'exploitation (a).
  • Déclencheur : la holding revend les titres apportés dans les 3 ans de l'apport → sinon, aucun remploi n'est exigé.
  • Régime 2026 : au moins 70 % du produit, dans 36 mois, actifs conservés 5 ans.

Vous cédez votre société 3 000 000 €. Sans anticipation, la plus-value passe à la caisse : 31,4 % de prélèvement forfaitaire unique — de l'ordre de 940 000 € — auxquels peuvent s'ajouter la CEHR (jusqu'à 4 %) et, pour les très hauts revenus, la CDHR. L'apport-cession à une holding contrôlée (article 150-0 B ter) permet de geler cette plus-value : l'impôt est reporté, pas effacé. Mais ce report a une contrepartie. Si la holding revend les titres apportés dans les trois ans, le report tombe — sauf si elle réinvestit le produit dans une vraie entreprise. C'est exactement l'objet de ce guide : le remploi direct dans une PME ou une ETI.

Le remploi direct, c'est le remploi du dirigeant qui reste acteur. Plutôt que de confier son argent à un gérant de fonds, il choisit lui-même la cible, mène la due diligence, négocie l'entrée au capital. C'est plus exigeant, mais c'est aussi la voie la plus lisible pour qui connaît son marché et veut prolonger une aventure entrepreneuriale. Reste que la loi encadre strictement ce que l'on peut faire de ces fonds — et 2026 a resserré les règles.

Trois guides, trois périmètres : ne les confondez pas

Pour ne pas tourner en rond entre nos pages, la ligne de partage est simple. Ce guide = remploi direct dans une entreprise opérationnelle (prise de contrôle, souscription au capital, financement de l'activité). Le remploi via des fonds (FCPR, FPCI, SLP, SCR) est traité dans notre guide FCPR éligibles au 150-0 B ter. Et le catalogue global de tout ce qui est éligible (direct + fonds + nuances) est détaillé dans notre guide actifs éligibles au réinvestissement 150-0 B ter. Le mécanisme d'ensemble, lui, figure dans le guide pilier 150-0 B ter.
§ 2LE DÉCLENCHEUR·2 MIN

Reporter n'est pas exonérer : quand le remploi devient obligatoire

Rappel qui vaut garde-fou : l'article 150-0 B ter organise un report d'imposition, pas une exonération. Quand vous apportez les titres de votre société à une holding soumise à l'IS et que vous contrôlez, la plus-value d'apport est calculée, figée et déclarée l'année de l'apport, mais son imposition est différée. L'impôt n'est pas effacé : il dort. C'est ce qui distingue le 150-0 B ter du sursis de l'article 150-0 B, qui joue lorsque vous ne contrôlez pas la société bénéficiaire et ne purge jamais au décès. Le détail est dans notre guide ce qu'est vraiment le report d'imposition.

Le contrôle : présomption au-delà de 33,33 %, pas 50 %

Le report suppose que vous contrôliez la holding qui reçoit l'apport. Le contrôle est caractérisé par la majorité des droits de vote ou des bénéfices (groupe familial agrégé), par un contrôle de fait, ou par présomption lorsque vous détenez plus de 33,33 % des droits sans qu'aucun autre associé n'en détienne davantage. Ce n'est donc pas un seuil de 50 %. Les conditions complètes figurent dans notre guide conditions du report 150-0 B ter.

Tant que la holding conserve les titres apportés, le report tient sans rien faire. Le problème naît quand elle revend ces titres. Là, tout dépend du calendrier :

Le remploi n'est exigé que si la holding cède les titres apportés dans les 3 ans de l'apport (art. 150-0 B ter, I, 2°).
SituationConséquenceObligation
La holding conserve les titres apportésReport maintenuAucune
La holding revend PLUS DE 3 ans après l'apportReport maintenu sans conditionAucun remploi
La holding revend DANS LES 3 ans de l'apportReport conservé seulement si remploiRemploi économique éligible

Autrement dit : le remploi est un filet de sécurité qui ne se déploie que si la holding vend vite. Le meilleur moyen de ne jamais avoir à s'en soucier reste d'apporter bien en amont de la cession envisagée — plus de trois ans avant. Mais quand la vente s'impose plus tôt (offre inattendue, opportunité de marché), le remploi direct devient la clé pour ne pas réveiller l'impôt.

§ 3LE CŒUR DU SUJET·3 MIN

Les trois voies de remploi direct dans une entreprise

L'article 150-0 B ter, I, 2° liste précisément les remplois autorisés. Trois d'entre eux sont directs — ils réinvestissent dans une entreprise opérationnelle sans intermédiaire. Le quatrième passe par des fonds (voir §7). Prenons-les dans l'ordre le plus utile pour qui veut réinvestir dans une PME ou une ETI.

Les 3 voies de remploi direct de l'article 150-0 B ter, I, 2° (b, c, a). La voie d, via fonds, est traitée au §7.
VoieCe que finance le remploiPoint clé
b) Prise de contrôleAcquisition d'une fraction du capital conférant le CONTRÔLE d'une ou plusieurs sociétés exerçant une activité opérationnelle (rachat majoritaire d'une PME / ETI).L'acquisition doit conférer le contrôle ; on ne devait pas déjà contrôler la cible (CE 16/02/2024, n° 472835).
c) Souscription au capitalSouscription en numéraire au capital initial ou à une augmentation de capital d'une société opérationnelle (argent frais, création ou renforcement des fonds propres).Éligible même sans prise de contrôle. Un apport en compte courant ne compte PAS.
a) Financement de l'activitéFinancement de moyens permanents d'exploitation affectés à une activité opérationnelle définie au 3° du C du I de l'article 199 terdecies-0 A CGI.Voie plus technique : la holding finance directement des moyens d'exploitation affectés durablement.

Pour un cédant qui veut réinvestir dans une entreprise, les deux voies naturelles sont la prise de contrôle (b) — vous rachetez une PME ou une ETI et vous en prenez les rênes — et la souscription au capital (c) — vous injectez des fonds propres dans une société en création ou en développement. La voie a (financement de moyens d'exploitation) est plus rare en pratique et vise le financement direct, par la holding, de moyens affectés à une activité opérationnelle.

Exemple express : contrôle (b) ou capital (c) ?

Deux cédants, deux logiques. Paul rachète 60 % d'une PME industrielle qu'il ne détenait pas : l'acquisition lui confère le contrôle → voie b. Sophie souscrit 500 000 € à une augmentation de capital d'une société de services en levée de fonds, sans en prendre les commandes : c'est de l'argent frais au capital → voie c, éligible même en minoritaire. La ligne de partage tient en une question : rachète-t-on des titres existants (le contrôle est alors exigé) ou souscrit-on des titres nouveaux (le contrôle n'est pas exigé) ?

Le piège du compte courant d'associé

Une erreur qu'on rattrape souvent : croire qu'un apport en compte courant à la société cible constitue un remploi éligible. Il n'en est rien. Le compte courant est une créance (un prêt), pas des fonds propres. Le remploi éligible suppose une véritable entrée au capital (souscription, voie c) ou une acquisition de titres conférant le contrôle (voie b). Si vous voulez renforcer la trésorerie d'une PME au titre du remploi, passez par une augmentation de capital, pas par un compte courant — sous peine de perdre l'éligibilité.
§ 4L'ACTIVITÉ ÉLIGIBLE·3 MIN

Ce qu'est une activité opérationnelle éligible (et ce que 2026 a exclu)

Quelle que soit la voie choisie, l'entreprise cible doit exercer une activité opérationnelle éligible. Et c'est là que la loi de finances pour 2026 a changé la donne : depuis le 21 février 2026, la voie a du 150-0 B ter renvoie littéralement à « son activité définie au 3° du C du I de l'article 199 terdecies-0 A ». Traduction : la définition de l'activité éligible au remploi est désormais alignée sur le standard de l'IR-PME (ex-réduction Madelin), avec ses exclusions. Ce n'est pas un détail : plusieurs activités qui passaient sous l'ancienne doctrine sortent du champ.

Mémo express

Ce qui est ÉLIGIBLE : une vraie activité économique

  • Activité commerciale, industrielle, artisanale, libérale ou agricole, exercée de façon effective.
  • Exemples : une PME industrielle, une société de services, un commerce, une entreprise artisanale, une exploitation agricole, une structure libérale à l'IS.
  • Nuance utile : l'immobilier affecté à l'exploitation d'une PME rachetée (les murs de l'usine, du commerce) reste dans le champ — c'est l'immobilier patrimonial qui est exclu.

Ce qui est EXCLU du remploi (liste renforcée en 2026)

Sont exclus : les activités financières (y compris le courtage et le change) — nouveauté 2026, elles étaient tolérées avant ; la gestion de son propre patrimoine mobilier (portefeuille de valeurs) ; la gestion de son propre patrimoine immobilier ; la construction-vente et le marchand de biens ; l'immobilier de rendement et la location (nue, meublée) à caractère patrimonial ; et les activités procurant des revenus garantis en raison d'un tarif réglementé de rachat de l'énergie. Pour le client, cela veut dire qu'une SCPI, un immeuble locatif ou une société de gestion de portefeuille ne comptent pas comme remploi.

Attention à la doctrine BOFiP encore en ligne : elle est pré-réforme

Point de méthode pour ceux qui vérifient à la source : le BOFiP publié (BOI-RPPM-PVBMI-30-10-60-20, mise à jour du 18/08/2025) est antérieur à la réforme et affiche encore les anciennes valeurs (60 %, conservation 12 mois) et l'ancienne liste d'activités. Sur ces points, c'est le texte de loi (LF 2026) qui prime : 70 %, conservation 5 ans, et activités éligibles renvoyées au 199 terdecies-0 A. Tant que la doctrine n'est pas mise à jour, mieux vaut faire valider l'éligibilité d'une cible au cas par cas. Le catalogue détaillé est tenu à jour dans notre guide actifs éligibles au réinvestissement 150-0 B ter.
§ 5COMBIEN, QUAND, COMBIEN DE TEMPS·3 MIN

70 %, 36 mois, 5 ans : le régime dual selon la date de cession

En 30 secondes : le régime dépend de la date de cession

  • Cessions jusqu'au 20/02/2026 : remployer 60 % du produit, dans 24 mois, conservation directe 12 mois (LF 2019).
  • Cessions à compter du 21/02/2026 : remployer 70 % du produit, dans 36 mois, conservation 5 ans (LF 2026).
  • C'est la date de cession par la holding qui tranche, pas la date d'apport. Le 70 % est le régime en vigueur.

La loi de finances pour 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026) a durci le remploi. Mais le durcissement ne s'applique pas à toutes les opérations : il vise les cessions réalisées par la holding à compter du 21 février 2026. Pour les cessions antérieures, l'ancien régime (60 % / 24 mois / 12 mois, issu de la loi de finances pour 2019) continue de s'appliquer. On a donc un régime dual, borné par la date de cession.

Régime dual du remploi : la date de cession des titres par la holding fixe le seuil, le délai et la conservation.
ParamètreCessions jusqu'au 20/02/2026Cessions à compter du 21/02/2026
Quota de remploi60 % du produit net70 % du produit net
Délai de remploi24 mois36 mois (3 ans)
Conservation (remploi direct)12 mois5 ans
Conservation (voie fonds)5 ans5 ans
Base légaleLF 2019 (loi n° 2018-1317)LF 2026 (loi n° 2026-103)

Deux précisions qui font la différence à l'euro près. D'abord, l'assiette : le seuil (60 % ou 70 %) se calcule sur le produit de cession — le prix net encaissé par la holding — et non sur la plus-value. Ensuite, le point de départ des délais : ils courent à compter de la cession par la holding, pas de l'apport initial.

Montant minimal à remployer (régime 2026)

Remploi minimal = Produit net de cession × 70 %
  • Produit net de cession :prix encaissé par la holding, net des frais et charges
  • Taux :70 % depuis le 21/02/2026 (60 % pour les cessions antérieures)

Exemple : produit de 2 000 000 € → remploi minimal de 1 400 000 € (régime 2026). Le solde (600 000 €) reste libre dans la holding.

La règle du tout-ou-rien : pas de déchéance proportionnelle

Le point le plus dangereux du dispositif : le remploi obéit à une règle binaire. Si la holding remploie moins que le seuil requis dans le délai, le report tombe sur la totalité de la plus-value — pas seulement sur la fraction manquante. Un cédant qui devait placer 70 % et n'en a placé que 65 % perd le report sur 100 % de sa plus-value, avec intérêts de retard. D'où la règle de prudence : viser une marge de sécurité au-dessus du seuil, et boucler bien avant l'échéance. Les seuils et délais sont détaillés dans nos guides le seuil de remploi (60 % / 70 %) et le délai pour réinvestir (24 / 36 mois).

Côté formalisme, la holding prend un engagement de remploi et le suit dans les déclarations (formulaire 2074-I l'année de l'apport, report du montant en case 8UT de la 2042). Enfin, la durée de conservation de l'actif remployé — passée de 12 mois à 5 ans en direct — est le durcissement le plus lourd : elle est détaillée dans notre guide durée de conservation des actifs remployés. Pour la vue d'ensemble des nouveautés, voyez la loi de finances pour 2026.

§ 6LE PILOTAGE·2 MIN

Piloter le remploi : sourcer la cible, sécuriser l'opération

Un remploi direct, c'est une reprise ou une levée à part entière : on rachète une entreprise, on négocie une valorisation, on signe un pacte. Le fisc n'est que le cadre — le vrai chantier est entrepreneurial. Le calendrier fiscal (36 mois) impose un tempo, mais la réussite se joue sur la qualité de l'exécution. Sur les dossiers qu'on suit, on déroule cinq étapes — dans cet ordre.

Feuille de route

Les 5 étapes d'un remploi direct maîtrisé

  • Sourcer la cible : identifier une PME ou une ETI opérationnelle éligible, en croissance ou en transmission, dans un secteur que vous connaissez.
  • Vérifier l'éligibilité : activité relevant du 199 terdecies-0 A (pas d'immobilier de rendement, pas d'activité financière), et voie adaptée (contrôle par rachat, ou souscription au capital).
  • Mener la due diligence : audit comptable, juridique, fiscal et social de la cible ; validation de la valorisation.
  • Structurer l'entrée : rachat conférant le contrôle (b) ou augmentation de capital (c) — jamais un simple compte courant.
  • Encadrer par un pacte d'associés : gouvernance, sortie, liquidité, protection minoritaire le cas échéant.

Le montant, d'abord : visez au-dessus du seuil pour absorber un aléa de prix ou de frais. La conservation 5 ans, ensuite : la participation reste au bilan de la holding tout du long, ce qui se prépare dès l'entrée — liquidité et gouvernance comprises.

Pour aller plus loin : que faire du solde libre (30 %) ?

Seul le seuil de remploi (60 % ou 70 %) est contraint. Le solde — 30 % du produit sous le régime 2026 — reste libre dans la holding, sans obligation de réemploi. Beaucoup de cédants le placent en trésorerie de long terme : contrat de capitalisation logé dans la holding, diversification en private equity, ou renforcement des fonds propres. Deux pistes pour aller plus loin : notre guide contrat de capitalisation et 150-0 B ter pour la poche de trésorerie, et holding patrimoniale à l'IS pour la structuration d'ensemble.
Hagnéré Patrimoine

Cadrer votre remploi direct avec un conseiller en gestion de patrimoine

Notre cabinet vérifie l'éligibilité de la cible, calcule le seuil (60 % / 70 %), structure l'entrée au capital ou la prise de contrôle, sécurise le calendrier et la conservation 5 ans, et coordonne avocat et expert-comptable. Sans produit-maison.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 7DIRECT OU FONDS·2 MIN

Remploi direct ou via un fonds : deux façons de rester éligible

Le remploi direct n'est pas la seule voie. L'article 150-0 B ter admet aussi le remploi via des fonds de capital-investissement (voie d) : FCPR, FPCI, SLP, SCR. La réforme 2026 a porté le quota d'investissement de ces fonds à 75 %, et les parts sont conservées 5 ans. On ne détaille pas la voie fonds ici (notre guide FCPR s'en charge), mais avant de choisir, une question tranche souvent : voulez-vous piloter, ou déléguer ?

Remploi direct (PME / ETI opérationnelle)

Pour le dirigeant qui veut rester acteur : reprendre une entreprise, entrer au capital d'une société qu'il connaît, piloter la participation. Contrôle et implication maximaux, mais exige du temps, une due diligence et un pacte d'associés. La conservation de 5 ans suppose d'anticiper la liquidité.

Remploi via un fonds (FCPR, FPCI, SLP, SCR)

Pour qui veut déléguer la sélection et diversifier : le fonds investit pour vous (quota d'investissement de 75 %), parts conservées 5 ans. Moins d'implication, mais illiquidité (souvent 8 à 10 ans) et risque de perte en capital. Souvent utilisé en complément d'un remploi direct.

Note de déontologie : le non-coté est risqué et illiquide

Que le remploi soit direct ou via un fonds, il porte sur du non-coté : c'est par nature risqué et illiquide, avec un risque de perte en capital. L'avantage fiscal du report (impôt différé, puis purge au décès) est acquis indépendamment du rendement, mais il ne transforme pas un investissement risqué en placement garanti. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Nous ne classons ni ne recommandons de fonds nommé. Pour approfondir la voie fonds, voyez nos guides FCPR éligibles au 150-0 B ter et le private equity (FCPR, FPCI, ELTIF 2.0).
§ 8CAS CHIFFRÉS·3 MIN

Trois cas chiffrés : remployer dans une ETI

Voyons ce que ces règles donnent sur trois profils. Mise au point méthodologique : pour rester lisibles, les cas supposent une revente au prix d'apport (plus-value de holding négligeable) et un PFU de 31,4 % (12,8 % d'IR + 18,6 % de prélèvements sociaux) sur la plus-value en report si celui-ci tombe. Ce sont des ordres de grandeur, pas une simulation personnalisée.

Cas 1 · Cession 2 000 000 € · mars 2026 · régime nouveau · voie b

Julien — prise de contrôle d'une ETI, 1 400 000 € à remployer

Julien a apporté les titres de sa société à sa holding. En mars 2026, la holding reçoit une offre et revend ces titres 18 mois après l'apport (donc dans les 3 ans) pour un produit net de 2 000 000 €. Cession postérieure au 21/02/2026 → régime nouveau.

Remploi minimal = 2 000 000 € × 70 % = 1 400 000 €, à réinvestir dans les 36 mois et à conserver 5 ans. Julien choisit la voie b : il rachète une fraction majoritaire du capital d'une ETI industrielle qu'il ne contrôlait pas, ce qui lui en confère le contrôle.

Remploi respecté → report maintenu sur la totalité de la plus-value. Le solde de 600 000 € (30 %) reste libre dans la holding, plaçable sans contrainte. Julien reprend une ETI qu'il pilote, et son impôt reste gelé.

Cas 2 · Souscription au capital · produit 900 000 € · PV 800 000 € · voie c

Camille — entrée au capital d'une PME, 630 000 € à placer

Camille voit sa holding revendre les titres apportés à 2 ans (dans les 3 ans), produit net 900 000 €, pour une plus-value en report de 800 000 €. Régime 2026.

Remploi minimal = 900 000 € × 70 % = 630 000 €. Camille choisit la voie c : elle souscrit en numéraire à une augmentation de capital d'une PME de services en croissance (argent frais, sans nécessité de prise de contrôle), et conserve les titres 5 ans.

Si le remploi est respecté → report maintenu. S'il est raté (montant sous le seuil, ou actif non éligible) → déchéance totale : 800 000 € × 31,4 % = 251 200 € dus, majorés des intérêts de retard. Rappel : la déchéance frappe 100 % de la plus-value, pas la seule fraction manquante.

Cas 3 · Même cession 2 000 000 € · deux dates de cession

Le poids de la date : 15 février vs 15 mars 2026

Deux holdings, même produit de cession de 2 000 000 €, mais deux dates de revente des titres apportés — de part et d'autre du 21 février 2026.

Cession le 15 février 2026 (ancien régime) : remploi = 2 000 000 € × 60 % = 1 200 000 €, dans 24 mois, conservation 12 mois.

Cession le 15 mars 2026 (nouveau régime) : remploi = 2 000 000 € × 70 % = 1 400 000 €, dans 36 mois, conservation 5 ans.

Un mois d'écart = 200 000 € de remploi supplémentaire et une conservation qui passe de 1 à 5 ans. La date de cession par la holding, et elle seule, fixe le régime applicable.

Note de méthode : des ordres de grandeur, pas une simulation

Les montants ci-dessus sont volontairement simplifiés (revente au prix d'apport, taux arrondis) pour faire ressortir la logique. Le résultat réel dépend du prix d'acquisition exact des titres, d'une éventuelle plus-value de la holding à la revente, de la CEHR / CDHR sur le revenu fiscal de référence de l'année, et de la date précise de cession. À modéliser au cas par cas avant toute décision.
§ 9LA FACTURE·2 MIN

Ce que coûte un report qui tombe : 31,4 %, pas 17,2 %

Remploi raté, report remis en cause : la plus-value d'apport redevient imposable sur l'année de l'événement. Voici la facture, ligne par ligne.

Fiscalité d'une plus-value mobilière en 2026 si le report expire. La CSG du capital est portée à 10,6 % par la LFSS 2026.
ComposanteTaux 2026Base
Impôt sur le revenu (PFU)12,8 %Plus-value mobilière
Prélèvements sociaux18,6 %Plus-value mobilière (CSG capital 10,6 %, LFSS 2026)
Total PFU31,4 %Plus-value mobilière
CEHR (art. 223 sexies)3 % à 4 %Au-delà des seuils de RFR
CDHR (art. 224)≈ 20 % minimumTrès hauts revenus (modalités à confirmer)

Ne pas confondre 18,6 % et 17,2 %

Erreur fréquente : appliquer 17,2 % de prélèvements sociaux à une plus-value de titres. En 2026, une plus-value mobilière supporte 18,6 % de prélèvements sociaux (la CSG du capital ayant été portée à 10,6 % par la LFSS 2026), soit un PFU total de 31,4 %. Le taux de 17,2 % vise les revenus fonciers et l'assurance-vie, pas les plus-values de cession de titres.

Sur une plus-value en report de 1 000 000 €, un report qui tombe, c'est 314 000 € au minimum (hors CEHR/CDHR), plus les intérêts de retard depuis la cession. En clair : 314 000 € qui restent dans votre poche si le remploi tient — plus que le coût de la due diligence qui l'a sécurisé. À l'inverse, l'année de la cession concentre souvent le revenu fiscal de référence le plus élevé, ce qui maximise l'exposition à la CEHR et à la CDHR — un paramètre à vérifier avant de déclencher toute opération.

§ 10LA SORTIE·2 MIN

Sortir du report : cession, décès et donation

Le remploi ne fait que prolonger le report ; un jour ou l'autre, il se dénoue. Concrètement, par une revente, un décès ou une donation — trois issues aux effets fiscaux opposés.

Les issues du report d'imposition 150-0 B ter (art. 150-0 B ter).
ÉvénementEffet sur le reportÀ retenir
Cession des titres de la HOLDING par l'apporteurLe report expire, la plus-value devient imposablePFU 31,4 % (voir §9)
Décès de l'apporteurPurge définitive : la plus-value n'est jamais imposéeArgument transmission majeur
Donation des titres de la holdingTransfert au donataire, purge si conservationDurées 6 / 11 ans sous le nouveau régime (à confirmer)

Le décès de l'apporteur qui détient encore les titres de la holding purge définitivement la plus-value en report : elle n'est jamais imposée, et les héritiers reçoivent les titres à leur valeur au jour du décès. C'est l'argument patrimonial massif du 150-0 B ter — détaillé dans notre guide la purge au décès du report. La donation des titres de la holding est l'autre voie de purge de son vivant : elle transfère le report au donataire s'il contrôle la holding, et purge la plus-value s'il conserve les titres pendant une durée portée à 6 ans (11 ans si le report résulte d'un remploi en fonds) sous le nouveau régime — durées à confirmer au texte. Voyez notre guide purger la plus-value par donation. À l'inverse, une cession des titres de la holding par l'apporteur fait expirer le report : c'est le sujet de notre guide les sorties du report 150-0 B ter.

La soulte : tolérée jusqu'à 10 % de la valeur nominale

Rappel utile côté apport : en contrepartie de l'apport des titres, vous pouvez recevoir une soulte (versement complémentaire en numéraire). Elle est tolérée tant qu'elle n'excède pas 10 % de la valeur nominale des titres reçus ; même dans cette limite, la plus-value est imposée au titre de l’année de l’apport à concurrence de la soulte ; au-delà, c’est la totalité de la plus-value d’apport qui est imposée immédiatement. Une soulte de façade, sans justification économique, est requalifiable en abus de droit. Enfin, une expatriation (transfert du domicile fiscal hors de France) peut rendre imposable la plus-value en report au titre de l'exit tax (art. 167 bis CGI), sous réserve du sursis de paiement.
§ 11LES GARDE-FOUS·2 MIN

Risques et garde-fous : abus de droit et remploi fictif

Un remploi direct porte deux risques distincts. Fiscal : mal calibré (montant sous le seuil, actif hors champ, délai dépassé, remploi de pure forme), il fait tomber le report sur 100 % de la plus-value. Économique : une PME non cotée peut perdre de la valeur et ne se revend pas du jour au lendemain.

Note de méthode

Les réflexes anti-remise en cause

  • Pas de remploi fictif : une coquille vide, un compte courant jamais remboursé, un rachat de biens ou de titres déjà détenus par le contribuable (CE 10/07/2019, n° 411474) ne sont pas des remplois économiques.
  • Vraie prise de contrôle pour la voie b : on ne devait pas déjà contrôler la cible avant l'acquisition (CE 16/02/2024, n° 472835).
  • Activité réellement opérationnelle : ni immobilier de rendement (CE 24/08/2011, n° 314579, sur l'exigence de réinvestissement économique), ni activité financière (exclue par la LF 2026).
  • Traçabilité : documenter le flux de fonds, l'engagement de remploi et le suivi déclaratif (2074-I, case 8UT).
  • Substance et calendrier : ne pas apporter une cession déjà négociée et signée.

Au-dessus de tout cela plane l'abus de droit : l'article L. 64 du Livre des procédures fiscales (but exclusivement fiscal) et l'article L. 64 A (mini-abus, but principalement fiscal), avec des majorations de 40 % à 80 %. Les montages de façade — remploi fictif, appropriation des liquidités, apport d'une vente déjà ficelée — sont dans le viseur. Les cas de remise en cause et les moyens de s'en prémunir sont détaillés dans notre guide remise en cause du report et abus de droit. Pour un cas sectoriel (professions libérales en SEL / SPFPL), voyez notre guide apport-cession en profession libérale, et pour l'enveloppe qui reçoit les titres, notre guide holding patrimoniale à l'IS.

Méthode documentée

Sécuriser votre remploi 150-0 B ter avant de signer

On vérifie l'éligibilité de la cible, on calcule le seuil (60 % / 70 %), on structure l'entrée (contrôle ou souscription), on cadre le calendrier et la conservation 5 ans, et on écarte le risque d'abus de droit. Vous décidez sur des chiffres, pas sur une intuition.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
ACCOMPAGNEMENT

Réussir votre remploi 150-0 B ter avec un conseiller en gestion de patrimoine

Conseil en gestion de patrimoine : vérification du déclencheur de remploi, calcul du seuil applicable (dual date 60 % / 70 %), éligibilité de l'entreprise cible, arbitrage direct ou fonds, sécurisation du calendrier et de la conservation 5 ans, et anticipation de la sortie (décès, donation). Une vision globale, de la cession au réinvestissement.

Le rendez-vous offert : recueil de votre situation et présentation des mécanismes généraux, sans recommandation personnalisée.

  • Bilan patrimonial offert
  • Cabinet non détenu par une banque ni par un assureur
  • Modélisation du remploi à l'euro sous lettre de mission
4,6/5sur Trustpilot (33 avis au 30/09/2026)

Piloter votre remploi apport-cession avec un CGP multi-partenaires, non détenu par une banque ni par un assureur

Pas de produit-maison. Vérification du seuil (60 % / 70 % selon la date de cession), éligibilité de la cible opérationnelle, arbitrage remploi direct ou fonds éligibles, sécurisation du délai et de la conservation, contrôle de l'abus de droit, et anticipation de la purge au décès.

Le rendez-vous offert : recueil de votre situation et présentation des mécanismes généraux, sans recommandation personnalisée. Les prestations décrites ci-dessus relèvent d'une mission sur lettre de mission signée.

Bilan gratuitCabinet CIF · COA · COBSPSans engagement

Sources et références légales

  • CGI — le report et le remploi

    Art. 150-0 B ter CGI (report d'imposition ; remploi I-2° voies a/b/c/d ; contrôle III ; déclaration VI). Trois voies directes : acquisition du contrôle d'une société opérationnelle (b), souscription en numéraire au capital (c), financement de moyens d'exploitation (a, par renvoi au 199 terdecies-0 A). Art. 150-0 B CGI (sursis, société non contrôlée, sans purge). Art. 163 quinquies B CGI (fonds FCPR/FPCI/SCR/SLP éligibles). Art. 167 bis CGI (exit tax).

  • Activité éligible et fiscalité 2026

    Art. 199 terdecies-0 A CGI (définition de l'activité opérationnelle éligible depuis la LF 2026 ; exclusions : financière, courtage et change, gestion de patrimoine mobilier ou immobilier, construction-vente et marchand de biens, immobilier de rendement, énergie à tarif réglementé). Art. 200 A CGI (PFU). Art. 223 sexies (CEHR) et 224 (CDHR). Art. 238 quindecies et 150-0 D ter (exonérations à ne pas confondre avec le report). Doctrine : BOI-RPPM-PVBMI-30-10-60-10, -20, -30.

  • Lois de finances et abus de droit

    LF 2019 (loi n° 2018-1317 du 28/12/2018 : remploi porté à 60 %, cessions à compter du 01/01/2019). LF 2026 (loi n° 2026-103 du 19/02/2026 : remploi 70 %, délai 36 mois, conservation 5 ans, activités éligibles resserrées, cessions à compter du 21/02/2026). LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30/12/2025 : CSG du capital 10,6 %, PS 18,6 %, PFU 31,4 %). Art. L. 64 et L. 64 A LPF (abus de droit et mini-abus de droit).

  • Jurisprudence structurante

    CE 16/02/2024 n° 472835 (remploi par prise de contrôle : seule compte l'absence de contrôle à la date de l'acquisition). CE 10/07/2019 n° 411474 (le rachat de biens ou titres déjà détenus par le contribuable n'est pas un réinvestissement économique). CE 24/08/2011 n° 314579 (exigence prétorienne de réinvestissement économique ; acquisition d'immeubles ou de parts de SCI patrimoniale non économique).

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine, cabinet basé à Bassens). Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d'investissement au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Le remploi 150-0 B ter (éligibilité de la cible, seuil applicable selon la date de cession, calendrier, conservation, abus de droit) doit faire l'objet d'une étude individualisée. Les chiffres et taux cités sont à jour au 9 juillet 2026 mais peuvent évoluer (LF/LFSS annuelles, doctrine BOFiP, jurisprudence). La loi de finances pour 2026 (loi n° 2026-103 du 19/02/2026) a modifié le régime : les durées de conservation applicables à la donation des titres reçus sous le nouveau régime (évoquées à 6 / 11 ans) restent à confirmer au texte au cas par cas. Un investissement dans une PME ou une ETI non cotée, comme dans un fonds de capital-investissement, est risqué et illiquide, avec un risque de perte en capital ; les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Les cas chiffrés sont des ordres de grandeur pédagogiques, non une simulation personnalisée.

Foire aux questions

Tout sur le remploi direct 150-0 B ter en PME ou ETI les 3 voies, le seuil 60 % / 70 %, l'activité éligible et les risques.

Les questions qu'on nous pose le plus en rendez-vous de cession : direct ou fonds, les trois voies de remploi, contrôle ou minoritaire, 60 % ou 70 %, délai et conservation, activité éligible, immobilier et financier exclus, règle du tout-ou-rien, compte courant, fiscalité si le report tombe et risques. Réponses sourcées et à jour 2026.