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Guide chirurgiens 202615 minMis à jour 9 juin 2026Taux de remplacement souvent 20-30 % (moins pour les très hauts revenus)

Retraite du chirurgien : la chute de revenus que personne n'anticipe

Après trente ans à opérer pour 30 000 à 35 000 € par mois, votre première pension CARMF tombe — autour de 3 000 à 4 000 € par mois. Ce n'est pas une erreur de relevé : c'est le décalage le plus mal anticipé du chirurgien. Vos cotisations retraite sont plafonnées (la complémentaire RCV est écrêtée à 168 210 € de revenu en 2026), pas votre revenu. Résultat : un taux de remplacement souvent de 20 à 30 % — qui peut tomber sous 15 % pour les plus hauts revenus, le plus bas du corps médical. Voici pourquoi, et comment combler le trou (PER, SEL, et surtout la cession de votre cabinet). Par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine indépendant (ORIAS 23002291).

STRATÉGIE RETRAITE CHIRURGIEN 2026

Chiffrer votre trou de pension et le capital à constituer

Audit de votre future retraite de chirurgien : estimation de votre pension CARMF (base, RCV, ASV), calcul du « trou » par rapport à votre revenu d'activité, et calibrage du complément (PER, assurance-vie, immobilier, SEL/SPFPL et cession des parts en capital retraite). Cabinet 100 % indépendant, modélisation chiffrée et coordination avec votre expert-comptable.

  • Estimation de votre pension CARMF réelle
  • Calcul du trou de revenu à compenser
  • Calibrage PER / assurance-vie / immobilier
  • Architecture SEL, SPFPL et cession (150-0 D ter)

TAUX DE REMPLACEMENT CHIRURGIEN

souvent 20-30 %

PLAFOND COMPLÉMENTAIRE RCV

3,5 PASS = 168 210 €

ASV SECTEUR 2 FINANCÉE CPAM

0 %

PER DÉDUCTIBLE 2026 (MAX)

88 911 €

CESSION PARTS SEL — ABATTEMENT

500 000 € (150-0 D ter)

Quentin Hagnéré·Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Cabinet Hagnéré Patrimoine · ORIAS 23002291 · CIF · COA · COBSP

§ 1LE CONSTAT·2 MIN

Le choc du chiffre : 35 000 € par mois d'activité, 3 000 € de pension

Imaginez le jour de votre départ : après trente ans de bloc à 30 000 ou 35 000 € par mois, votre première pension CARMF tombe — et elle affiche 3 000 à 4 000 € par mois. Ce n'est pas une erreur de relevé : c'est le décalage le plus mal anticipé du chirurgien à hauts revenus. Vous versez chaque année plusieurs dizaines de milliers d'euros de cotisations obligatoires, et le jour venu votre pension ne couvrira qu'une fraction modeste de votre dernier revenu. La CARMF n'est pas « faible » dans l'absolu : elle est insuffisante en proportion du train de vie d'un médecin à 300 000, 400 000 ou 500 000 € de bénéfice. La cause est simple à comprendre : vos cotisations retraite sont plafonnées (la complémentaire RCV est écrêtée à 168 210 € de revenu en 2026), alors que votre revenu, lui, ne l'est pas. Tout part de là. Ce guide chiffre le « trou » et détaille les quatre piliers — plus la cession de votre cabinet — pour le combler, idéalement quinze ans avant le départ.

La retraite du chirurgien en 30 secondes

Trois étages, un seul constat. Une retraite de base CNAVPL plafonnée à 5 PASS (240 300 €), une complémentaire RCV écrêtée à 3,5 PASS (168 210 €), une ASV dont le chirurgien, presque toujours en secteur 2, supporte l'intégralité. Au-delà de ces plafonds, vous cotisez sans acquérir un seul droit : le taux de remplacement tombe souvent à 20-30 %, et plus bas encore pour les très hauts revenus. Le reste — l'écart avec votre revenu — ne se comble qu'en capitalisant à votre nom et, surtout, en transformant la cession de votre cabinet en capital de sortie.

Concrètement, on avance dans cet ordre. On commence par poser le diagnostic (sections 1 à 5) : comment se construit votre retraite obligatoire, pourquoi le décrochage s'accentue avec le revenu, pourquoi le secteur 2 paie une double peine, et ce qui joue sur l'âge, la décote et la réversion. On reconstruit ensuite le revenu manquant, pilier par pilier (sections 6 à 11) : la pyramide de capitalisation, le PER, l'assurance-vie et l'immobilier, votre SEL/SPFPL, et la cession des parts — la pièce maîtresse pour un chirurgien. La section 12 vous donne le calendrier, âge par âge. Pour le cadre général du spécialiste, voyez le cadre général de la retraite du médecin spécialiste, au-delà de la CARMF.

Déontologie : aucun montant individuel ne peut être garanti

Les chiffres de ce guide sont des ordres de grandeur pédagogiques. Votre pension réelle dépend de votre carrière complète (durée d'assurance, revenus de chaque année, secteur d'exercice) et se lit sur votre relevé individuel de situation (RIS) ou votre estimation indicative globale (EIG), ainsi que sur carmf.fr. Une moyenne sectorielle ne dit rien de votre pension : seul votre relevé la donne.
§ 2ARCHITECTURE·3 MIN

Les 3 étages de votre retraite obligatoire : CNAVPL + RCV + ASV

Avant de comprendre pourquoi la pension décroche, regardons comment elle se monte, étage par étage. En tant que médecin, vous relevez de la catégorie « santé » des professions libérales (art. L. 640-1 du Code de la sécurité sociale), affiliée à la CNAVPL. Cette dernière chapeaute dix sections professionnelles (art. L. 641-1 CSS) : la CARMF est la section des médecins. Votre retraite obligatoire empile alors trois régimes, chacun avec sa logique propre — et chacun avec son propre plafond.

Trois étages, trois plafonds

La base CNAVPL (art. L. 642-1) est un régime par points, plafonné à 5 PASS : au-delà de 240 300 € de revenu, vous n'acquérez plus de droits de base. La complémentaire RCV (art. L. 644-1) constitue en général la part la plus importante de votre pension, mais elle est écrêtée à 3,5 PASS (168 210 €). L'ASV (art. L. 645-1) ne concerne que les conventionnés : en secteur 1, une partie est financée par l'Assurance maladie ; en secteur 2 — le cas du chirurgien — vous payez tout. Aucun des trois étages n'est calibré sur les vrais revenus d'un chirurgien.
Les trois régimes obligatoires du médecin, valeurs au 1er janvier 2026 (source carmf.fr). La base permet d'acquérir au maximum 550 points par an (450 + 100). Valeurs à confirmer sur carmf.fr.
RégimeBase légaleCotisation 2026Plafond d'assietteValeur de service du point
Base CNAVPL (par points)CSS L. 642-18,73 % ≤ 1 PASS / 1,87 % de 1 à 5 PASS5 PASS = 240 300 €0,6599 €
Complémentaire RCVCSS L. 644-111,80 %3,5 PASS = 168 210 €77,14 €
ASV (conventionnés)CSS L. 645-1 à L. 645-3Forfait + ajustement5 PASS = 240 300 €11,82 €

Un point à votre avantage : la déductibilité sans plafond

Ces trois cotisations obligatoires sont intégralement déductibles de votre bénéfice BNC, sans plafond (BOI-BNC-BASE-40-60-50-20). C'est un avantage réel — à ne pas confondre avec le PER / Madelin facultatif, lui plafonné (art. 154 bis, voir section 7). Les cotisations obligatoires réduisent votre BNC ; le PER facultatif réduit votre impôt dans une limite annuelle.

Le même plafonnement frappe toutes les professions libérales, comme l'explique notre guide préparer sa retraite de professionnel libéral. La spécificité du chirurgien, c'est que ses revenus dépassent très largement ces plafonds — d'où le décrochage que nous chiffrons dans la section suivante.

§ 3LE MÉCANISME·3 MIN

Le décrochage du chirurgien : plus vous opérez, moins vous êtes couvert

Le plafonnement des cotisations, ce n'est pas un détail technique : c'est précisément le moteur de la chute du taux de remplacement. Prenons un exemple concret : un chirurgien à 450 000 € de bénéfice. Il cotise — et acquiert des droits — exactement comme un confrère à 168 210 € (RCV) et 240 300 € (base). La fraction de son revenu comprise entre 168 210 € et 450 000 €, soit 281 790 €, ne génère aucun point de complémentaire RCV. Et la fraction entre 240 300 € et 450 000 €, soit 209 700 €, ne génère aucun point de base. Personne n'a décidé de vous pénaliser : c'est la structure même du calcul.

Le décrochage de proportion (chirurgien à 450 000 €)

Revenu d activite                          = 450 000 EUR
Plafond d assiette base (5 PASS)           = 240 300 EUR   -> 209 700 EUR sans droit de base
Plafond d assiette complementaire RCV      = 168 210 EUR   -> 281 790 EUR sans droit RCV

Taux de remplacement = Pension annuelle CARMF (base + RCV + ASV) / Dernier revenu d activite

Plus le revenu monte au-dessus des plafonds (168 210 € pour la RCV, 240 300 € pour la base), plus le dénominateur grossit sans que le numérateur suive : le taux de remplacement s'effondre mécaniquement. C'est une simple division dont le dénominateur enfle pendant que le numérateur reste bloqué.

Résultat concret pour vous : le taux de remplacement de la seule CARMF se situe de l'ordre de 20-30 % pour un chirurgien dont le revenu tourne autour de 200-300 k€, et il descend encore plus bas (de l'ordre de 10-15 %) pour les très hauts revenus (400-500 k€), dont le dénominateur explose. Dans tous les cas, c'est le plus bas du corps médical, à comparer aux 40-50 % d'un généraliste : non parce que son régime est meilleur, mais parce que son revenu, plus bas, dépasse moins les plafonds (estimation sectorielle, au conditionnel). Autrement dit, votre succès professionnel aggrave mécaniquement l'écart. Le profil voisin du généraliste est détaillé dans la retraite du généraliste, à revenus plus bas et taux plus élevé.

Un repère de masse, pas une projection

La pension moyenne servie par la CARMF, toutes générations et spécialités confondues, se situe de l'ordre de 2 700 € bruts par mois [à vérifier sur carmf.fr]. C'est un repère de masse, pas votre future pension : rapporté au revenu d'un chirurgien, l'écart en proportion est encore plus grand que pour la moyenne du corps médical. Votre chiffre réel ne se lit que sur votre RIS.

Cas 1 — Dr Karim B., chirurgien orthopédiste secteur 2, 450 000 €, départ à 67 ans

Son dernier bénéfice BNC s'élève à ≈ 450 000 € par an, soit de l'ordre de 37 500 € par mois de revenu d'activité.

Droits acquis : il cotise sur 240 300 € au plus pour la base et 168 210 € au plus pour la RCV. Les fractions de 209 700 € (base) et 281 790 € (RCV) au-dessus des plafonds ne lui rapportent aucun droit.
ASV : en secteur 2, il paie l'intégralité de la cotisation (forfait ≈ 5 751 € + ajustement 4 %), 0 € de prise en charge CPAM.
Pension obligatoire estimée (base + RCV + ASV cumulés, carrière pleine) : de l'ordre de 40 000 à 50 000 € par an [estimation sectorielle, au conditionnel, à affiner sur le RIS], soit ≈ 3 300 à 4 200 € par mois.
Taux de remplacement : de l'ordre de 9 à 11 % de son dernier revenu — un « trou » de plus de 350 000 € par an de revenu d'activité à compenser. C'est le cas-type qui montre que, pour un très haut revenu, le taux tombe nettement sous la fourchette générale de 20-30 %.

Un système par répartition sous tension

La cotisation complémentaire RCV a augmenté ces dernières années sans que les droits suivent à due proportion [évolution à vérifier sur carmf.fr] : c'est le symptôme d'un régime par répartition sous pression démographique. Vous payez davantage, sans garantie d'une pension supérieure. C'est l'argument le plus concret en faveur d'une retraite capitalisée à votre nom — la seule jambe que vous maîtrisez vraiment.
Méthode documentée

Quel est VOTRE taux de remplacement réel ?

Un CGP indépendant estime votre pension CARMF à partir de votre relevé de carrière, chiffre l'écart avec votre revenu d'activité et calibre le capital à constituer — sans vous survendre une enveloppe qui ne vous correspond pas.

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§ 4SECTEUR 1 / SECTEUR 2·2 MIN

Le chirurgien, secteur 2 par défaut : la double peine ASV

Le troisième étage n'existe que pour les médecins conventionnés : l'allocation supplémentaire de vieillesse (ASV) (art. L. 645-1 CSS), assise sur une cotisation forfaitaire (art. L. 645-2) et une part d'ajustement proportionnelle. Et c'est précisément le chirurgien, presque toujours passé en secteur 2 pour ses honoraires libres, qui prend cette double peine de plein fouet — un coût que presque personne ne lui chiffre.

Le texte est explicite. Aux termes de l'art. L. 645-3 CSS, « les caisses d'assurance maladie participent au financement de cette cotisation dans les conditions prévues au 5° du I de l'article L. 162-14-1 » — c'est-à-dire la convention médicale. Or cette participation ne joue qu'en secteur 1 : pour les conventionnés de secteur 1, les caisses financent les deux tiers (≈ 66,7 %) de la cotisation, sur la part forfaitaire comme sur la part d'ajustement ; le médecin n'en supporte qu'un tiers. En secteur 2, la prise en charge est de 0 % : le chirurgien règle l'intégralité — pour des droits ASV strictement identiques.

Secteur 1 (conventionné, sans dépassement)

Part forfaitaire à la charge du médecin ≈ 1 917 €, ajustement ≈ 1,3333 % du revenu (plafonné à 5 PASS). La CPAM prend en charge les deux tiers (≈ 66,7 %) de la cotisation ASV, sur le forfait comme sur l'ajustement. L'ASV coûte donc nettement moins cher, pour des droits identiques. Cas minoritaire chez les chirurgiens, et avantage conditionnel au maintien du conventionnement.

Secteur 2 (cas du chirurgien, honoraires libres)

Part forfaitaire ≈ 5 751 €, ajustement ≈ 4,00 % du revenu (plafonné à 5 PASS), et 0 % de prise en charge CPAM : le chirurgien paie tout. À droits ASV identiques, il débourse de l'ordre de 8 000 à 10 000 € de plus par an que son équivalent de secteur 1 (écart de forfait ≈ 3 834 € + écart d'ajustement sur le revenu plafonné) — sans pension supérieure en contrepartie.

ASV 2026 : secteur 1 vs secteur 2 (ordres de grandeur à vérifier sur carmf.fr). Le secteur 2 paie l'intégralité de sa cotisation ASV, pour des droits identiques.
ASV 2026 (ordres de grandeur)Secteur 1Secteur 2 (chirurgien)
Part forfaitaire à la charge du médecin≈ 1 917 €≈ 5 751 €
Part d'ajustement (médecin)≈ 1,3333 %≈ 4,00 %
Prise en charge par la CPAM2/3 (≈ 66,7 %)0 %
Valeur de service du point ASV11,82 €11,82 €

Si vous êtes en secteur 1, l'avantage est réel mais conditionnel

Tout chirurgien n'est pas en secteur 2 : si vous exercez en secteur 1, la CPAM prend en charge une part importante de votre ASV. Mais cet avantage dépend du maintien du conventionnement et des paramètres de la convention médicale, qui évoluent. Surtout, il ne change rien au diagnostic d'ensemble : même en secteur 1, le cumul des trois étages laisse un écart majeur avec le revenu d'un chirurgien. L'ASV améliore le socle ; elle ne le porte pas au niveau de votre train de vie.
§ 5LIQUIDATION·2 MIN

Âge, décote, réversion : ce qui change le montant de votre pension

Une fois les droits acquis, trois paramètres déterminent ce que vous toucherez réellement : l'âge de départ, l'éventuelle décote, et le jour venu la réversion au conjoint. Commençons par l'âge. L'âge légal (62 à 64 ans selon votre génération) voit son calendrier de relèvement gelé par la LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30/12/2025) : ne raisonnez pas sur « 64 ans » comme un acquis. Le vrai repère, c'est 67 ans : à cet âge, le taux plein est automatique, sans décote quelle que soit la durée d'assurance — c'est l'âge sur lequel cale son départ le chirurgien de notre cas pratique. En partant avant 67 ans et sans durée complète, une décote de 1,25 % par trimestre manquant s'applique, plafonnée à 20 trimestres (soit −25 % au maximum).

Réversion CARMF (2026) : 3 régimes, 3 taux, 3 âges. La base exige 2 ans de mariage minimum et une condition de ressources. Valeurs à confirmer sur carmf.fr.
RégimeTaux de réversionÂge minimumCondition de ressources
Base CNAVPL54 %55 ansOui (≈ 25 002 € seul / 40 003 € couple, 2026)
Complémentaire RCV60 %62 ansNon
ASV50 %62 ansNon

La réversion ne reconstitue pas le revenu du ménage

Au décès, le conjoint touche une fraction de la pension (54 % de la base, 60 % de la RCV, 50 % de l'ASV), et certaines réversions sont soumises à condition de ressources. Pour un ménage habitué au train de vie d'un chirurgien, l'écart reste considérable. C'est l'un des arguments décisifs en faveur de l'assurance-vie, qui se transmet hors succession au conjoint et aux enfants (abattement de 152 500 € par bénéficiaire, art. 990 I) — nous y revenons à la section 8.
§ 6LA STRATÉGIE·2 MIN

Combler le trou : la pyramide de capitalisation du chirurgien

Assez de diagnostic. Place à ce qui change vraiment votre retraite : reconstruire le revenu manquant. Le « trou » d'un chirurgien ne se comble pas avec un seul produit, mais avec une architecture à quatre piliers, plus la cession. On commence par le PER, qui défiscalise tant que votre tranche est haute. L'assurance-vie prend le relais pour la liquidité et la transmission, l'immobilier et les SCPI font tomber un revenu mensuel. Vient ensuite votre SEL/SPFPL, transformée en réservoir. Et la pièce maîtresse reste la cession de vos parts ou de votre cabinet, qui devient le capital de sortie le plus important.

Les 4 piliers + la cession

1. Le PER (art. 154 bis) : déduction à l'entrée, imbattable à 45 % de tranche. 2. L'assurance-vie : liquidité et transmission hors succession (990 I). 3. L'immobilier / les SCPI : un revenu qui tombe chaque mois. 4. Votre SEL / SPFPL : le réservoir de capitalisation. + La cession de vos parts (abattement 500 000 € du 150-0 D ter) : le vrai capital retraite du chirurgien. Le bon dosage dépend de votre tranche, de votre horizon et de votre forme d'exercice.

En rendez-vous, on raisonne toujours à l'envers (backward-planning) : on part de votre trou en euros, et on remonte au capital à constituer. Pour un chirurgien à 400 k€ dont la pension tournerait autour de 2 à 2,5 k€ par mois, le trou à combler avoisine 10 à 12 k€ par mois ; le capital nécessaire pour générer ce complément se modélise ensuite selon l'horizon et le rendement retenus (au conditionnel). Chaque pilier est détaillé ensuite : le PER (section 7), l'assurance-vie et l'immobilier (section 8), la SEL et la SPFPL (section 9), la cession comme capital retraite (section 10).

Note de méthode : ce que valent (et ne valent pas) les projections

Tout calcul de complément de retraite repose sur des hypothèses de rendement. Or les performances passées ne préjugent pas des performances futures : un PER, une assurance-vie en unités de compte, une SCPI ou un contrat de capitalisation comportent un risque de perte en capital, et un revenu locatif n'est jamais garanti. Les ordres de grandeur de ce guide servent à poser la méthode, pas à promettre un résultat. Une projection sérieuse teste plusieurs scénarios (prudent, central, dynamique) et s'ajuste chaque année : c'est tout l'objet d'un suivi patrimonial dans la durée.
Hagnéré Patrimoine

Chiffrer votre trou, puis le capital à constituer

On part de votre relevé de carrière, on estime votre pension CARMF réelle, on en déduit l'écart annuel à combler, puis le capital-cible et l'effort d'épargne — calibré sur votre tranche et votre trésorerie disponible.

Backward-planningModélisation chiffréeCoordination expert-comptable
§ 7PILIER 1 — LE PER·4 MIN

Le PER : votre levier n°1 (jusqu'à 88 911 € déductibles)

Sur le papier, un chirurgien dans la tranche à 45 % n'a pas mieux que le PER pour faire baisser son impôt ; voici pourquoi, et où sont les limites. L'article 154 bis du CGI vous laisse déduire de votre bénéfice 10 % (dans la limite de 8 PASS) + 15 % de la fraction comprise entre 1 et 8 PASS, avec un plancher de 4 806 € et un maximum de 88 911 € en 2026 — atteint dès un bénéfice de 384 480 €, ce qui est précisément le cas d'un chirurgien.

Le plafond 154 bis, calculé au maximum

Le plafond PER maximal du chirurgien en 2026

Plafond max 154 bis = 10 % x 384 480 (8 PASS)     = 38 448 EUR
                    + 15 % x 336 420 (7 PASS, de 1 a 8 PASS) = 50 463 EUR
                    --------------------------------------
                    = 88 911 EUR

Economie d impot a 45 % = 88 911 x 45 %  = 40 010 EUR
Economie d impot a 41 % = 88 911 x 41 %  = 36 454 EUR

À 45 % de tranche marginale — la tranche cible du chirurgien — un versement plein fait économiser jusqu'à 40 010 € d'impôt sur le revenu. L'effort d'épargne réel est ainsi quasiment divisé par deux.

Cas 2 — Dr Karim B. (suite) : l'effet du PER à 45 %

Avec un bénéfice de 450 000 € (supérieur aux 384 480 € = 8 PASS), son plafond PER 2026 est au maximum, soit 88 911 €.

En versant 88 911 € sur son PER, à 45 % de tranche, il économise 88 911 × 45 % = 40 010 € d'impôt sur le revenu, avant interaction avec la CDHR (le PER réduit le RFR, mais la contribution différentielle de l'art. 224 CGI plafonne l'avantage par un impôt minimal de 20 % du RFR — voir section 11 ; l'économie réelle est donc à valider en simulation avec l'expert-comptable).

Sur quinze ans, il capitalise à son nom (hypothèse de rendement au conditionnel) et constitue un capital significatif. À la sortie : la part versements est imposée au barème (TMI retraite ≈ 30 % < 45 % à l'entrée = gain net), les gains au PFU de 31,4 % (PS 18,6 %). Le PER ne crée pas de droits CARMF, mais il transforme 40 010 € d'impôt par an en épargne pilotée. Le détail chiffré : combien d'impôt le PER fait économiser selon votre bénéfice.

Trois pièges à connaître (anti-survente)

Le PER fait gagner gros, mais trois choses qu'on oublie souvent de dire à un chirurgien.

  • Il ne crée pas de droits CARMF. Le versement PER déduit reste dans l'assiette des cotisations sociales (art. L. 131-6 CSS) : l'avantage se mesure uniquement à l'impôt sur le revenu, jamais en réduction de charges.
  • Le plafond 154 bis n'est pas reportable. Le plafond facultatif non utilisé est perdu à la clôture de l'exercice ; seul le plafond général du 163 quatervicies est reportable (3 ans selon la doctrine, porté à 5 ans pour les plafonds générés à compter de 2026 selon la LF 2026 — point à confirmer au texte, à formuler prudemment). La mutualisation entre conjoints mariés ou pacsés reste possible sur demande.
  • La sortie est fiscalisée. En capital, la part versements est imposée au barème sans l'abattement de 10 % des pensions, et les gains au PFU de 31,4 % (prélèvements sociaux de 18,6 % depuis la LFSS 2026). Le PER gagne quand votre tranche à la retraite est plus basse qu'en activité — ce qui est le cas le plus fréquent pour un chirurgien.

PER Capimed (CARMF) ou PER privé ?

Le Capimed est le contrat de capitalisation facultatif proposé par la CARMF ; un PER bancaire ou assurantiel privé offre en général plus de souplesse de gestion et un choix de supports plus large (unités de compte, SCPI, titres vifs). On compare le rendement net de frais de l'un et de l'autre : pour loger des SCPI ou des titres vifs, le PER privé l'emporte souvent ; pour la simplicité, le Capimed se défend. Les deux relèvent du même plafond de déduction (art. 154 bis).

Le PER optimise l'impôt, pas les charges sociales

Retenez la nuance : le PER reste dans l'assiette des cotisations CARMF et URSSAF (art. L. 131-6 CSS). C'est un outil d'optimisation à l'impôt sur le revenu, pas une réduction de cotisations sociales — et il ne reconstitue aucun droit dans le régime obligatoire. Le détail complet du mécanisme : le guide complet du Plan d'épargne retraite ; et la version dédiée au libéral : le PER du professionnel libéral, plafond et stratégie.
§ 8PILIERS 2 & 3·3 MIN

Assurance-vie et immobilier : du revenu disponible et de la transmission

2. L'assurance-vie : liquidité et transmission

Là où le PER bloque l'épargne jusqu'à la retraite, l'assurance-vie reste disponible à tout moment. Après 8 ans, le rachat bénéficie d'un abattement annuel (4 600 € seul, 9 200 € pour un couple) puis d'un taux réduit. Surtout, ses prélèvements sociaux restent à 17,2 % en 2026 (et non 18,6 % comme le PER), ce qui maintient sa flat tax à 30 %. Et elle se transmet hors succession : abattement de 152 500 € par bénéficiaire (art. 990 I) pour les primes versées avant 70 ans, 30 500 € au-delà (art. 757 B). C'est ce qui complète le PER là où il est aveugle, et ça répond au trou de réversion vu en section 5 — l'assurance-vie : liquidité et transmission (990 I).

3. L'immobilier et les SCPI : un revenu régulier

Pour un revenu qui tombe chaque mois à la retraite, l'immobilier garde sa place. Les SCPI (pierre-papier) distribuent des loyers sans gestion directe ; l'achat des murs de votre local d'exercice (souvent en SCI) constitue un actif retraite qui se valorise pendant votre activité. Les revenus fonciers de la location nue supportent des prélèvements sociaux de 17,2 % (maintenus en 2026), et le déficit foncier reste imputable jusqu'à 10 700 € par an sur le revenu global — 21 400 € pour des travaux de rénovation énergétique (dispositif sous réserve de prorogation au 31/12/2027) — (art. 156 CGI). Pour explorer la pierre-papier : les SCPI comme complément de revenu à la retraite.

PER : l'arme de la phase d'activité

Déduction à l'entrée (idéal à 41-45 % de tranche, jusqu'à 88 911 € en 2026), mais épargne bloquée jusqu'à la retraite et gains taxés à 18,6 % de PS à la sortie (PFU 31,4 %). On l'utilise tant que la tranche est haute, pour transformer l'impôt en capital.

Assurance-vie : liquidité + transmission

Pas de déduction à l'entrée, mais une épargne disponible, une fiscalité douce après 8 ans, des PS maintenus à 17,2 %, et une transmission hors succession (990 I, 152 500 € par bénéficiaire). On l'ajoute au PER, on ne le met pas à la place.

La dualité des prélèvements sociaux 2026 à ne pas confondre

Depuis la LFSS 2026, deux taux coexistent. 18,6 % sur les gains du PER (comme sur les dividendes et les plus-values mobilières — y compris la cession de parts de SEL), ce qui porte le PFU à 31,4 %. 17,2 % maintenu sur l'assurance-vie, les contrats de capitalisation, les revenus fonciers nus et les plus-values immobilières. Un chirurgien qui applique 17,2 % au lieu de 18,6 % à la cession de ses parts de SEL se trompe de plusieurs milliers d'euros sur sa projection : voir le détail dans la dualité des prélèvements sociaux 2026 (17,2 % vs 18,6 %).
§ 9PILIER 4A — LE RÉSERVOIR·3 MIN

Votre SELARL et votre SPFPL : le 4e pilier retraite du chirurgien

C'est le réflexe que les plans d'épargne grand public n'ont pas : faire travailler la société elle-même. Si vous exercez en SELARL ou en SELAS, votre société peut servir de réservoir de trésorerie longue : plutôt que de tout sortir en dividendes (lourdement fiscalisés), vous laissez une partie capitaliser à l'intérieur, avec un frottement d'impôt sur les sociétés réduit (IS à 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice, puis 25 %). La société peut détenir un contrat de capitalisation (art. 238 septies E CGI) pour faire travailler cette trésorerie sur le long terme, et la SPFPL sert de coffre-fort où loger les parts et faire remonter les dividendes à réinvestir.

La SPFPL n'est pas un tuyau magique — et tout dépend de votre statut

Deux décisions récentes encadrent strictement l'usage de la SPFPL. Mais elles ne visent que le chirurgien travailleur non salarié (TNS) — l'exploitant BNC ou le gérant majoritaire de SELARL. L'arrêt Cass. 2e civ. 19 octobre 2023 n° 21-20.366 (espèce chirurgien-dentiste, SELARL détenue à 99 % par une SPFPL) juge que, pour cet associé TNS, les dividendes de SEL — y compris remontés via une SPFPL — supportent les cotisations sociales TNS sur la fraction dépassant 10 % du capital social, des primes d'émission et des comptes courants. Concrètement : pour un gérant majoritaire, l'URSSAF regarde les dividendes au-delà de ce seuil, SPFPL ou pas.

Nuance décisive : un chirurgien gérant minoritaire/égalitaire de SELARL ou président de SELAS est assimilé salarié (régime général). Ses dividendes n'entrent pas dans l'assiette des cotisations TNS : ils ne subissent que les prélèvements sociaux du capital, et la jurisprudence du 19/10/2023 ne lui est pas applicable. N'appliquez donc pas la règle des « 10 % du capital » de façon inconditionnelle — validez d'abord votre statut social.

Un point complémentaire, structurant pour l'assiette CARMF et le plafond PER : par l'arrêt CE 8 avril 2025 n° 492154, la rémunération technique de l'associé exerçant en SEL est imposée en BNC (fin de la tolérance forfaitaire des 5 %). Pour un gérant majoritaire de SELARL (TNS), ce BNC sert d'assiette à vos cotisations CARMF et de base au calcul de votre plafond PER : les deux calculs s'alimentent à la même source.

La SPFPL est un outil de capitalisation, pas d'évitement de cotisations

Le réservoir SEL / SPFPL reste pertinent pour capitaliser et réinvestir une trésorerie longue, pas pour échapper aux cotisations sociales. Utilisée pour capitaliser une trésorerie de SELARL sur dix ou quinze ans, elle a du sens ; vendue comme un moyen d'échapper aux cotisations (pour un TNS), elle expose à un redressement URSSAF. Pour structurer : structurer sa SPFPL de chirurgien pour capitaliser et que faire des excédents de trésorerie de la SELARL ; le cadre général : la SPFPL comme coffre-fort de dividendes du libéral.
§ 10PILIER 4B — LA SORTIE·4 MIN

Céder vos parts de SELARL : le vrai capital retraite du chirurgien

Le quatrième pilier a un second volet, décisif : le jour où vous arrêtez, vos parts de SEL ou votre cabinet valent un capital — souvent plusieurs centaines de milliers d'euros. Bien anticipée, cette cession devient le capital retraite qui finance vos enveloppes (assurance-vie, SCPI). Pour beaucoup de chirurgiens, c'est de loin le plus gros chèque de toute la préparation retraite. Trois régimes de faveur cohabitent, selon que vous cédez des titres ou un fonds / une clientèle.

Cession de titres de SEL : l'abattement de 500 000 € (150-0 D ter)

Si vous cédez vos parts de SEL à l'IS en partant en retraite, l'art. 150-0 D ter CGI ouvre un abattement fixe de 500 000 € sur la plus-value, en IR seul, dispositif prorogé jusqu'au 31/12/2031 (art. 70 de la LF 2025). Conditions : activité depuis au moins 5 ans, société répondant à la définition européenne des PME, cession totale (ou de plus de 50 % des droits de vote), un seul abattement de 500 000 € par société. Côté calendrier : chacun des deux événements — la cessation des fonctions et la liquidation des droits à la retraite — doit intervenir dans les 2 ans avant ou les 2 ans après la cession, dans l'ordre voulu (CE 16/10/2019 n° 417364 ; BOI-RPPM-PVBMI-20-40-10-30). Il ne s'agit donc pas d'un délai « de 24 mois entre les deux événements », mais d'une fenêtre autour de la cession.

Cession de la clientèle / du fonds (151 septies A, 238 quindecies)

Si vous exercez en nom propre (BNC) et cédez votre clientèle ou votre fonds — ou vos parts traitées comme actif professionnel (art. 151 nonies) —, l'art. 151 septies A CGI exonère l'IR de la plus-value au départ en retraite (activité ≥ 5 ans). L'art. 238 quindecies exonère totalement la plus-value en dessous de 500 000 € de valeur (dégressif jusqu'à 1 000 000 €) — et c'est le seul qui exonère IR et PS. L'art. 151 septies (exonération selon les recettes ≤ 90 000 €) est en revanche peu pertinent pour un chirurgien, dont les recettes sont très supérieures.

Le piège majeur : l'abattement du 150-0 D ter ne couvre que l'IR, jamais les PS

Que ce soit le 150-0 D ter ou le 151 septies A, l'exonération porte sur l'impôt sur le revenu seulement. Les prélèvements sociaux restent dus — 18,6 % sur la plus-value mobilière en 2026, et calculés sur la totalité de la plus-value, pas sur la fraction après abattement. Seul le 238 quindecies exonère IR et PS. Et la plus-value entre dans votre RFR, susceptible de déclencher la CEHR ou la CDHR l'année de la cession (voir section 11). On voit régulièrement des projections fausses de plus de 150 000 € parce qu'un confrère a cru que le 150-0 D ter effaçait aussi les prélèvements sociaux : non.

Cas 3 — Dr Sébastien T., chirurgien viscéral en SELARL, cession des parts à 66 ans

Il a créé sa SELARL il y a 22 ans ; ses parts valent 900 000 € à la cession, pour un prix de revient de ≈ 50 000 € → plus-value de 850 000 €. Il part en retraite dans la fenêtre prévue, cède la totalité, société à l'IS, PME, activité > 5 ans → 150-0 D ter applicable.

Abattement fixe 500 000 € → plus-value imposable à l'IR = 850 000 − 500 000 = 350 000 €.
IR (PFU 12,8 %) sur 350 000 € = 44 800 €.
PS 18,6 % sur la totalité des 850 000 € (l'abattement ne les couvre pas) = 158 100 €.
CEHR (art. 223 sexies) : la PV imposable de 350 000 € entre dans le RFR ; pour un célibataire sans autre revenu, surtaxe ≈ 3 % × (350 000 − 250 000) = ≈ 3 000 € (davantage avec d'autres revenus).
Total prélèvements ≈ 205 900 € (44 800 + 158 100 + 3 000) sur 850 000 € de PV → un net de ≈ 644 000 € qui devient un capital retraite. Hypothèse explicite : célibataire, PV seule au RFR, hors CDHR (art. 224) — à valider en simulation. L'abattement seul fait économiser 500 000 × 12,8 % = 64 000 € d'IR.
Les régimes de faveur de la cession-retraite du chirurgien (2026). Pour le 150-0 D ter et le 151 septies A, les prélèvements sociaux restent dus ; seul le 238 quindecies exonère IR et PS.
RégimeArticlePortéeExonère IRExonère PS
Cession de titres de SEL à l'IS150-0 D terAbattement fixe 500 000 €OuiNon (18,6 %)
Cession clientèle / fonds, parts pro151 septies AExonération IR (retraite)OuiNon
Cession d'activité (valeur)238 quindeciesTotale < 500 000 €, dégressif < 1 MOuiOui
Selon les recettes (peu pertinent)151 septiesTotale ≤ 90 000 € de recettesOuiOui

Une variante structurante existe pour différer l'imposition : l'apport-cession (art. 150-0 B ter), qui place la plus-value d'apport de titres à une holding soumise à l'IS en report, sous obligation de réinvestissement économique de 60 % sous 24 mois en cas de cession dans les 3 ans. Pour le détail complet de la cession : céder son cabinet et exonérer sa plus-value au départ en retraite.

Anticipez le calendrier de la cession, bien en amont

Le calendrier du 150-0 D ter se prépare des années à l'avance. Aux termes de CE 16/10/2019 n° 417364, chaque événement (cessation des fonctions ; liquidation de la retraite) doit tomber dans la fenêtre de 2 ans avant à 2 ans après la cession, dans l'ordre que vous voulez — mais cela suppose d'avoir aligné le repreneur, la valorisation et la date de liquidation de vos droits. C'est le pilier qui rapporte le plus gros capital, mais aussi celui qui se prépare le plus longtemps à l'avance.
§ 11CONTEXTE FISCAL·2 MIN

Optimiser sans tomber dans le piège CEHR / CDHR

Un chirurgien qui optimise sa retraite doit garder un œil sur les surtaxes des hauts revenus : elles peuvent rattraper une partie de l'avantage, ou se déclencher l'année d'une cession. Deux surtaxes guettent, toutes deux calées sur le revenu fiscal de référence (RFR) : la CEHR et la CDHR.

CEHR et CDHR 2026, assises sur le revenu fiscal de référence. La CDHR a été reconduite par la LF 2026.
ContributionArticleDéclenchement (RFR)Taux / effet
CEHR223 sexies CGI> 250 000 / 500 000 € (célib.) ; 500 000 / 1 000 000 € (couple)3 % puis 4 %
CDHR224 CGI> 250 000 / 500 000 €Imposition minimale de 20 % du RFR

La CDHR (art. 224 CGI) garantit une imposition minimale de 20 % du RFR pour les RFR supérieurs à 250 000 / 500 000 €. Créée par l'art. 10 de la LF 2025 (loi n° 2025-127 du 14/02/2025, validée par le Cons. const. n° 2025-874 DC du 13/02/2025), elle a été reconduite par la LF 2026 (loi n° 2026-103 du 19/02/2026, Cons. const. n° 2026-901 DC du 19/02/2026), jusqu'au retour du déficit public sous 3 % du PIB. Le périmètre exact du calcul (revenus retenus, taux moyen, décote) et sa pérennité au-delà de 2026 sont à apprécier au cas par cas et à formuler au conditionnel.

L'articulation à surveiller : PER, cession et plancher CDHR

Deux points pratiques. D'abord, un versement PER réduit votre revenu net imposable mais pas nécessairement le plancher de 20 % du RFR de la CDHR : vérifiez l'interaction avant de raisonner « économie à 45 % ». Ensuite, la plus-value de cession (RFR) peut faire basculer une année dans la CEHR / CDHR : l'étalement ou l'anticipation de l'opération devient un enjeu. Le détail : la contribution différentielle (CDHR) et le chirurgien à hauts revenus ; l'ensemble des leviers : la défiscalisation du chirurgien à très hauts revenus et 6 leviers pour réduire ses impôts quand on gagne beaucoup.
§ 12PASSER À L'ACTION·2 MIN

Votre feuille de route retraite de chirurgien, par âge

Personne ne prépare cette retraite en une fois : ça se découpe par décennie, et chaque décennie a son chantier. L'essentiel est de commencer tôt : un PER ouvert à 42 ans pèsera plus lourd qu'un PER deux fois plus alimenté ouvert à 55 ans.

40-50 ans : poser les fondations

Maximisez le PER au plus haut de votre tranche (jusqu'à 88 911 €/an déductibles), démarrez l'assurance-vie pour prendre date, et visez l'immobilier de rendement. L'effet du temps est décisif : chaque année gagnée allège l'effort mensuel futur.

50-60 ans : structurer le réservoir et préparer la sortie

Densifiez le PER, structurez votre SEL / SPFPL en réservoir, et préparez l'architecture de cession : le 150-0 D ter exige une anticipation (les conditions des 5 ans et de la fenêtre autour de la cession se planifient en amont, avec un repreneur et une valorisation).

60-67 ans : déclencher au bon moment

Calez le départ sur le taux plein automatique à 67 ans (annulation de la décote quelle que soit la durée), organisez la cession des parts dans la fenêtre de 2 ans avant/après (CE 16/10/2019), en synchronisant cessation des fonctions et liquidation de la retraite, et arbitrez le cumul emploi-retraite (réforme applicable aux pensions liquidées à compter du 01/01/2027, au conditionnel).

Récapitulatif : partir du trou, pas du produit

La pension CARMF ne couvrira souvent que 20-30 % de votre revenu — moins encore aux très hauts revenus. Le complément se construit quinze ans avant, et le 4e pilier — la cession de vos parts — rapporte le plus gros capital, mais se prépare le plus longtemps à l'avance. Le bon montant d'épargne se calcule à l'envers : regardez le chiffre de votre RIS, pas une moyenne ; et faites valider l'assiette sociale de vos versements par votre expert-comptable avant de signer.

Pour aller plus loin, trois ressources : le hub patrimonial du chirurgien dans gestion de patrimoine du chirurgien, par où commencer à 300k+, les leviers de complément en détail dans les 4 leviers pour compléter une retraite CARMF, et le cadre général dans la retraite du médecin spécialiste, au-delà de la CARMF.

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Sources et références légales

  • Code de la sécurité sociale — les trois régimes obligatoires du médecin

    Art. L. 640-1 CSS (affiliation des médecins à l'organisation autonome d'assurance vieillesse). Art. L. 641-1 CSS (CNAVPL et sections ; la CARMF est la section des médecins). Art. L. 642-1 CSS (régime de base par points : 8,73 % jusqu'à 1 PASS, 1,87 % de 1 à 5 PASS, plafonné à 5 PASS soit 240 300 €). Art. L. 644-1 CSS (régime complémentaire RCV : cotisation 11,80 % dans la limite de 3,5 PASS, soit 168 210 € en 2026). Art. L. 645-1 à L. 645-3 CSS (ASV des médecins conventionnés ; participation des caisses d'assurance maladie au financement, dans les conditions du 5° du I de l'art. L. 162-14-1, à hauteur des deux tiers (≈ 66,7 %) en secteur 1, 0 % en secteur 2). Décret n° 2011-1644 du 25/11/2011 (régime ASV des médecins libéraux).

  • Combler le trou : PER, assurance-vie, fiscalité 2026

    Art. 154 bis CGI (déduction PER / Madelin du bénéfice BNC : 10 % du bénéfice dans la limite de 8 PASS, majorés de 15 % de la fraction entre 1 et 8 PASS ; plancher 4 806 €, maximum 88 911 € en 2026 ; le PER ne crée pas de droits CARMF, plafond non reportable). Art. 163 quatervicies CGI (plafond général reportable, 3 ans selon la doctrine, porté à 5 ans pour les plafonds générés à compter de 2026 selon la LF 2026, à confirmer au texte ; mutualisation entre conjoints). Art. 990 I CGI (abattement assurance-vie de 152 500 € par bénéficiaire, primes avant 70 ans) et art. 757 B CGI (abattement de 30 500 €, primes après 70 ans). Art. 156 CGI (déficit foncier). Art. 158-5 a CGI (pensions imposées avec abattement de 10 %, BOI-RSA-PENS-30-10-10). Art. 238 septies E CGI (contrat de capitalisation détenu par une société). Doctrine : BOI-IR-BASE-20-50-20, BOI-BNC-BASE-40-60-50-20.

  • Cession du cabinet et des parts de SEL : le capital retraite

    Art. 150-0 D ter CGI (abattement fixe de 500 000 € sur la plus-value de cession de titres de SEL à l'IS par le dirigeant partant en retraite, IR seul, prélèvements sociaux dus à 18,6 %, prorogé jusqu'au 31/12/2031 par l'art. 70 de la LF 2025 ; BOI-RPPM-PVBMI-20-40-10-30). Art. 151 septies A CGI (exonération d'IR de la plus-value professionnelle au départ en retraite, PS dus). Art. 151 nonies CGI (parts de SEL = actif professionnel). Art. 238 quindecies CGI (exonération IR et PS, totale < 500 000 €, dégressive jusqu'à 1 000 000 € ; BOI-BIC-PVMV-40-20-10). Art. 151 septies CGI (exonération selon les recettes). Art. 150-0 B ter CGI (apport-cession, report et réinvestissement de 60 % sous 24 mois). Condition de calendrier : chaque événement (cessation des fonctions, liquidation des droits à retraite) dans les 2 ans avant ou après la cession (CE 16/10/2019 n° 417364).

  • Hauts revenus, surtaxes et jurisprudence SEL

    Art. 223 sexies CGI (CEHR : 3 % et 4 % au-delà de 250 000 / 500 000 € de RFR pour un célibataire, 500 000 / 1 000 000 € pour un couple). Art. 224 CGI (CDHR : imposition minimale de 20 % du RFR pour les RFR supérieurs à 250 000 / 500 000 € ; créée par l'art. 10 de la LF 2025, loi n° 2025-127 du 14/02/2025, Cons. const. n° 2025-874 DC du 13/02/2025 ; reconduite par la LF 2026, loi n° 2026-103 du 19/02/2026, Cons. const. n° 2026-901 DC du 19/02/2026). Art. L. 131-6 CSS (assiette des cotisations TNS). Cass. 2e civ. 19/10/2023 n° 21-20.366 (dividendes SEL versés à une SPFPL soumis aux cotisations TNS chez l'associé TNS). CE 8/04/2025 n° 492154 (rémunération technique des associés de SEL imposée en BNC, fin de la tolérance des 5 %). CE 13/06/2018 n° 401942 (condition des 5 ans du 238 quindecies).

  • Réformes 2026 (LF / LFSS), PASS et valeurs de point (à vérifier sur carmf.fr)

    Loi n° 2025-1403 du 30/12/2025 (LFSS 2026) : gel du calendrier de relèvement de l'âge légal, CSG sur le capital portée à 10,6 % (prélèvements sociaux sur les gains du PER et les plus-values mobilières de 18,6 %, PFU 31,4 %), prélèvements sociaux de l'assurance-vie et du foncier nu maintenus à 17,2 %. Arrêté du 22/12/2025 : PASS 2026 = 48 060 € (3,5 PASS = 168 210 €, 5 PASS = 240 300 €, 8 PASS = 384 480 €). Au 1er janvier 2026, sous réserve de vérification sur carmf.fr : valeur de service du point de base de l'ordre de 0,6599 €, point RCV de l'ordre de 77,14 €, point ASV de l'ordre de 11,82 €. Taux plein automatique à 67 ans, décote de 1,25 % par trimestre manquant (max −25 %).

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine, cabinet basé à Bassens). Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d'investissement au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Les valeurs de point, cotisations et part de prise en charge ASV de la CARMF sont des ordres de grandeur 2026 à vérifier sur carmf.fr ; ils peuvent évoluer chaque année. Le taux de remplacement et la pension moyenne cités sont des estimations sectorielles, jamais une projection individuelle : votre montant réel dépend de votre carrière complète et figure sur votre relevé individuel de situation (RIS / EIG). Les chiffres et taux fiscaux cités sont à jour au 9 juin 2026 mais peuvent évoluer (LF/LFSS annuelles, doctrine BOFiP, jurisprudence). Les calculs de complément de retraite et les opérations de cession (150-0 D ter, 151 septies A) doivent faire l'objet d'une étude individualisée, validée avec votre expert-comptable. Tout investissement comporte un risque de perte en capital, les performances passées ne préjugent pas des performances futures, et l'épargne d'un PER est bloquée jusqu'à la retraite, sauf cas de déblocage anticipé.

Foire aux questions

Tout sur la retraite du chirurgien en 2026 taux de remplacement, secteur 2, PER, cession, SPFPL.

Les questions qu'on nous pose le plus en rendez-vous avec les chirurgiens : pourquoi le taux de remplacement chute autant, la double peine du secteur 2, le plafond PER, le sort de la SELARL et la cession des parts comme capital retraite. Réponses sourcées et à jour 2026.