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Notaire, avocat, expert-comptable : que faire de 1 M€ pour transmettre

Vous rédigez chaque semaine des donations, des pactes Dutreil et des testaments pour vos clients — mais vous n'appliquez pas à votre propre patrimoine la rigueur que vous leur conseillez. Vous maîtrisez le droit ; il vous manque l'allocation. Voici comment structurer 1 million d'euros par classes d'actifs et enveloppes, au service de votre transmission, et l'exécuter sans y consacrer de temps.

4 poches au service de la transmission
152 500 €Abattement AV par bénéficiaire
100 000 €Donation tous les 15 ans
Le paradoxe du sachant
Hagnéré Patrimoine

Préparez votre transmission avec un expert succession

Donation, démembrement, testament, Dutreil, clause bénéficiaire et stratégie familiale : nous bâtissons une transmission cohérente avec vos objectifs.

Succession & donationStratégie familialeSans engagement
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Votre Interlocuteur Sur Ce Sujet

Clément Chatelain

CGP indépendant spécialisé en transmission patrimoniale

Clément Chatelain accompagne familles, dirigeants et retraités sur la donation, la succession, le démembrement, les clauses bénéficiaires et la coordination avec les notaires et experts-comptables.

TransmissionSuccessionCabinet indépendant

Mis à jour le 23 juin 2026 · Temps de lecture : ~12 min · Par Quentin Hagnéré, fondateur de Hagnéré Patrimoine CIF / COA / COBSP, enregistré à l'ORIAS.

L'essentiel pour vous, en bref

  • L'angle : vous maîtrisez le droit de la transmission. Ce guide ne vous le réapprend pas — il architecture l'allocation de 1 M€ au service de cette transmission.
  • La méthode : les 4 poches (Sécurité, Revenu, Croissance, Illiquide), chacune logée dans l'enveloppe et le régime de transmission optimal.
  • Trois leviers : AV avant 70 ans (152 500 € par bénéficiaire, art. 990 I), donation de nue-propriété (abattement 100 000 € / 15 ans, art. 779), capitalisation qui purge les plus-values au décès.
  • La part professionnelle (parts de SEL, de cabinet, de SPFPL) est un actif à part, traité ici en renvoi.
  • L'exécution : déléguée, en dialogue avec votre notaire et votre expert-comptable.

Avertissement

Cet article a une visée informative et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier, ni un acte juridique se substituant à votre notaire. Tous les chiffres sont illustratifs et non garantis ; tout investissement comporte un risque de perte en capital. La fiscalité mentionnée est à jour en 2026 mais dépend de votre situation et peut évoluer.

QH

À propos de l'auteur

Quentin Hagnéré

Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Quentin Hagnéré a fondé Hagnéré Patrimoine en 2020 et en est associé, sans fonction de direction depuis septembre 2026. Auteur de deux livres sur l'investissement immobilier, il signe les guides du cabinet. Le cabinet, présidé par Clément Chatelain, est immatriculé à l'ORIAS sous le n° 23002291 (CIF, COA, COBSP).

Auteur du guideCabinet Hagnéré Patrimoine : ORIAS 23002291

1. 1 M€ à transmettre quand on est notaire, avocat ou expert-comptable associé : le paradoxe du sachant

Vous rédigez chaque semaine des actes de donation, vous montez des pactes Dutreil, vous expliquez à vos clients pourquoi il faut donner tôt et démembrer. Et pourtant, quand on vous demande où sont placés vos propres 1 M€, la réponse est souvent gênée : un fonds euros sous-employé, des liquidités qui dorment sur un compte de la structure, une clause bénéficiaire jamais relue. Comme beaucoup de sachants, vous appliquez rarement à votre propre patrimoine la rigueur que vous conseillez aux autres. Pas par négligence : par manque de temps, et parce qu'un conseil patrimonial global suppose une vision d'allocation— quelle classe d'actifs, dans quelle enveloppe, dans quel ordre — que votre métier ne couvre pas. Le notaire connaît la transmission ; il ne choisit pas pour autant les briques d'actifs qui la servent.

C'est exactement là que se situe notre valeur ajoutée. Elle n'est pas de vous apprendre le droit que vous maîtrisez, mais d'architecturer l'allocation des 1 M€ par classes d'actifs et par enveloppes, en cohérence avec votre stratégie de transmission, et de l'exécuter sans que vous ayez à y consacrer du temps. Pour l'allocation générique d'un million sans contrainte de transmission, voyez notre guide Investir 1 000 000 € en 2026. Ici, l'angle est différent : la transmission gouverne chaque arbitrage. Et si votre objectif est de céder vos parts plutôt que de les transmettre, reportez-vous à notre guide Avocat / notaire : céder ses parts.

Ce que vous savez déjà (et ce que vous ne mettez pas en œuvre pour vous-même)

Le barème de l'article 669, les conditions du pacte Dutreil, le calcul des droits de mutation, la rédaction d'une clause bénéficiaire : vous maniez ces outils quotidiennement. Inutile de vous les réexpliquer. Pour la pure mécanique des droits de succession ou des leviers de réduction des droits, nos guides dédiés sont à votre disposition.

Ce qui vous manque, c'est ailleurs : quelle classe d'actifs, dans quelle enveloppe, dans quel ordre. L'allocation d'actifs n'est pas votre métier, et faute de temps, votre propre patrimoine reste souvent sous-structuré : trop de liquidités dormantes sur des comptes professionnels ou des fonds euros sous-employés, et une part professionnelle qui concentre l'essentiel de la valeur. Notre promesse est simple : pas de cours de droit, un plan d'allocation et son exécution.

Le piège classique du sachant : la donation prête, l'actif mal placé

Le réflexe juridique est de soigner l'acte — la clause bénéficiaire, le démembrement, le pacte — et de laisser l'actif au repos sur un fonds euros peu rémunéré ou un compte courant. Or une transmission réussie suppose les deux : un cadre juridique propre et un actif qui s'est valorisé et qui est logé dans la bonne enveloppe. Donner la nue-propriété d'un capital qui n'aura pas travaillé pendant quinze ans, c'est transmettre moins, plus tard, pour le même coût fiscal. L'acte et l'allocation doivent se répondre.

2. Cartographier les 1 M€ avant toute décision : parts de société, liquidités, immobilier

Avant d'allouer le moindre euro, posez le bilan. Le patrimoine d'un associé de profession libérale se décompose presque toujours en trois blocs de nature radicalement différente, qui n'obéissent pas aux mêmes règles de transmission. Les confondre, c'est traiter un actif illiquide comme une trésorerie, ou inversement.

Les 3 blocs d'un patrimoine de profession libérale et leur traitement dans ce guide.
BlocNatureTraitement dans cet article
Liquidités disponibles (≈ 1 M€)Cash, souvent issu d'une cession partielle de partsCœur de l'article : alloué par les 4 poches
Part professionnelle (SEL, cabinet, SPFPL)Actif illiquide lié à l'exercice, valorisation propreRenvoi : pacte Dutreil, cession/valorisation des parts
Immobilier (résidence principale, murs pro)Pierre, soumise à l'IFI au-delà de 1,3 M€ netVigilance IFI, hors périmètre d'allocation ici

Cet article porte sur le premier bloc : les 1 M€ de liquidités, une fois disponibles. Le seuil d'entrée de l'IFI (1,3 M€ de patrimoine immobilier net taxable) doit néanmoins rester dans votre champ de vision, car certaines briques de transmission — la nue-propriété notamment — agissent aussi sur cette assiette.

La part professionnelle (parts de SEL, de cabinet, de SPFPL) : un actif à part

Vos parts de société d'exercice libéral sont un actif à part : illiquides, liées à l'exercice, dotées d'une valorisation propre. Leur transmission relève d'un raisonnement spécifique, au premier rang duquel le pacte Dutreil, qui permet une exonération de 75 % de la valeur des titres sous conditions d'engagement de conservation, de fonction de direction et d'activité éligible. Une SPFPL peut par ailleurs détenir ces parts et servir de véhicule de détention et de transmission. Ces sujets sont techniques et propres à votre structure ; nous les renvoyons à vos conseils dédiés.

Frontière de ce guide

Cet article traite de l'allocation des 1 M€ liquides. La cession ou la valorisation des parts elles-mêmes relève d'un autre raisonnement — voir nos guides cession par profession et notre guide céder ses parts. Une fois les liquidités disponibles, l'allocation prend le relais.

3. La logique 4 poches appliquée à un objectif de transmission

La méthode des 4 poches est notre signature. Quatre poches — la sécurité, le revenu, la croissance, l'illiquide — mais ici la grille ne cherche pas à optimiser le rendement : elle optimise le régime de transmission de chaque brique. Chaque poche est logée dans l'enveloppe (assurance-vie, contrat de capitalisation, PEA, holding) qui offre le traitement successoral le plus favorable.

Une règle de family office guide le dimensionnement : la poche Illiquide grossit avec le patrimoine — de l'ordre de 10 à 15 % à 1 M€, 20 à 25 % à 5 M€, 30 à 40 % à 10 M€ et au-delà. À 1 M€, elle reste donc mesurée. Si votre patrimoine se situe à un palier supérieur, nos guides Transmettre ses parts de société libérale : 3 M€ et Transmettre 5 M€ déclinent la même logique avec une poche illiquide élargie.

Méthode documentée

Construisons votre allocation de transmission

Un conseiller Hagnéré Patrimoine architecture les 4 poches sur mesure, en cohérence avec votre stratégie de transmission, et l'exécute en dialogue avec votre notaire et votre expert-comptable.

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L'essentiel : chaque poche se loge là où elle se transmet le mieux

Le fil conducteur est simple : une poche n'est pas qu'une classe d'actifs, c'est aussi un régime de transmission. La Sécurité va en assurance-vie pour activer l'abattement 990 I ; la Croissance en contrat de capitalisation pour purger les plus-values au décès et se donner de votre vivant ; l'Illiquide se prête à la donation de nue-propriété parce que c'est elle qui appréciera le plus. L'allocation n'est jamais neutre fiscalement — c'est tout l'intérêt de la penser dès le départ comme un outil de transmission.

Poche Sécurité — ce qui doit rester disponible et sans risque

Des fonds euros logés en assurance-vie ouverte avant 70 ans: socle garanti en capital et, surtout, premier étage de la transmission grâce à l'abattement de l'article 990 I. Référence illustrative de rendement : fonds euros autour de 2,6 % net en 2026 (non garanti). Les prélèvements sociaux sur l'assurance-vie restent à 17,2 %.

Poche Revenu — faire travailler le capital sans l'aliéner

SCPI et SCPI européennes (référence illustrative ~4,7-4,9 %), fonds obligataires datés (portage à coupons connus, visibilité de rendement à l'échéance), produits structurés à coupon avec protection partielle du capital. Logées en assurance-vie ou en contrat de capitalisation, ces briques distribuent un revenu régulier transmissible dans l'enveloppe, avec des prélèvements sociaux à 17,2 % quand elles sont logées en assurance-vie.

Poche Croissance — valoriser ce qui sera transmis

ETF actions monde (type MSCI World ou S&P 500) en PEA, puis en assurance-vie, puis en contrat de capitalisation. L'intérêt pour la transmission est double : le contrat de capitalisation purge les plus-values latentes au décès (les héritiers repartent sur une base réévaluée) et peut être donné de votre vivant (la donation purge aussi les plus-values à l'impôt sur le revenu). Le PEA est exonéré d'impôt après 5 ans, avec des prélèvements sociaux à 18,6 % à la sortie ; hors enveloppe, les plus-values mobilières sont taxées au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %.

Poche Illiquide — la brique transmission par excellence

Private equity, dette privée, infrastructure non cotée (référence illustrative du private equity ~11 % net par an en moyenne, avec une forte dispersion). Leur horizon long en fait le candidat naturel à la donation de nue-propriété: on donne tôt l'actif qui appréciera le plus, on consomme peu d'abattement, et la pleine propriété se reconstitue sur la tête des enfants. Ces actifs peuvent être logés en holding patrimoniale ou en contrat de capitalisation à l'IS.

4. Les enveloppes au service de la transmission (assurance-vie, capitalisation, holding, SCI)

Vous le savez mieux que personne : l'enveloppe détermine le régime de transmission. L'assurance-vie échappe à la succession (990 I / 757 B) ; le contrat de capitalisation y entre mais conserve l'antériorité et se démembre ; la holding loge l'illiquide à l'IS et peut souscrire un contrat de capitalisation (art. 238 septies E) ; la SCI et les SCPI portent l'immobilier et ouvrent le levier IFI par la nue-propriété. C'est l'assemblage de ces enveloppes, et non le rendement brut de chaque ligne, qui crée la valeur de transmission.

L'assurance-vie 990 I et le 757 B : deux régimes, deux usages

Avant 70 ans — article 990 I

Points forts

  • Abattement de 152 500 € par bénéficiaire
  • Puis 20 % jusqu'à 700 000 €, 31,25 % au-delà
  • Usage : sanctuariser tôt, multiplier les bénéficiaires

Après 70 ans — article 757 B

Points forts

  • Abattement global de 30 500 € (tous bénéficiaires)
  • Droits de succession sur les seules primes
  • Les gains restent exonérés — usage : capitaliser encore

À retenir : le conjoint et le partenaire de PACS bénéficiaires sont totalement exonérés (art. 796-0 bis). Pour aller plus loin sur les enveloppes haut de gamme, l'assurance-vie luxembourgeoise (fonds FID/FAS, crédit lombard pour ne pas désinvestir) ouvre une architecture de gestion plus large à régime fiscal français identique.

L'essentiel : assurance-vie et capitalisation, deux moments, pas un choix

Ne choisissez pas entre les deux enveloppes : elles répondent à deux moments. L'assurance-vie sanctuarise tôt, échappe à la succession (990 I / 757 B) et se dénoue au décès au profit des bénéficiaires désignés. Le contrat de capitalisation se transmet de votre vivant en nue-propriété, conserve son antériorité fiscale pour les donataires et purge les plus-values latentes au décès — et lui seul peut être souscrit par une holding (art. 238 septies E). La règle pratique : on alimente l'assurance-vie avant 70 ans pour l'abattement, et on loge en capitalisation ce que l'on destine à une donation démembrée anticipée.

Le contrat de capitalisation transmis en pleine propriété ou démembré

La différence clé avec l'assurance-vie : le contrat de capitalisation entre dans la succession (droits de mutation de droit commun, abattement de 100 000 € en ligne directe — pas de 152 500 € ni de 30 500 €). Mais en contrepartie, il conserve son antériorité fiscale pour les héritiers, purge les plus-values latentes au décès, peut être démembré et peut être souscrit par une personne morale ou une holding. Son usage de transmission par excellence : donner sa nue-propriété de votre vivant, l'antériorité étant conservée pour les donataires — voir notre guide donner la nue-propriété d'un contrat de capitalisation.

5. Donation, démembrement et nue-propriété : transmettre tout en gardant la main

Le levier central pour un sachant qui veut transmettre sans se dépouiller : donner la nue-propriété, conserver l'usufruit (donc les revenus et la jouissance). Au décès, l'usufruit s'éteint et la pleine propriété se reconstitue sur la tête des enfants sans droit ni taxe supplémentaire (art. 1133). C'est la donation avec réserve d'usufruit, articulée avec l'abattement de 100 000 € par parent et par enfant tous les 15 ans (art. 779), détaillée dans notre guide donation démembrée.

L'assiette taxable de la donation est égale à la valeur de la nue-propriété, déterminée par le barème de l'article 669 en fonction de votre âge d'usufruitier :

Barème de l'article 669 CGI (extraits). Plus l'usufruitier est jeune, plus la nue-propriété donnée a une valeur fiscale faible.
Âge de l'usufruitierValeur de l'usufruitValeur de la nue-propriété
51 à 60 ans50 %50 %
61 à 70 ans40 %60 %
71 à 80 ans30 %70 %

La nue-propriété de SCPI : le réflexe le plus efficace

La nue-propriété temporaire de SCPI s'acquiert avec une décote économique de marché de l'ordre de 25 à 30 %. Attention à ne pas confondre cette décote économique avec la valeur fiscale de l'article 669 : ce sont deux notions distinctes. Son intérêt tient en trois temps : à l'échéance du démembrement, la pleine propriété se reconstitue sans frais ni fiscalité ; pendant le démembrement, la nue-propriété sort de l'assiette IFI de vos enfants donataires, l'usufruitier étant seul redevable (art. 968) ; et la donation consomme peu d'abattement pour une valeur économique transmise élevée.

Aller plus loin : le timing de la donation

Une subtilité que vous connaissez mais qu'il faut orchestrer : donner tôt la nue-propriété, c'est figer l'assiette taxable à la valeur du jour et faire échapper aux droits toute la valorisation future, qui se reconstitue librement sur la tête de vos enfants. Combiné au rechargement de l'abattement de 100 000 € tous les 15 ans (art. 779 et 784), la vraie question n'est pas combien donner, mais quand le faire : une transmission de 1 M€ étalée et démembrée sur deux fenêtres de quinze ans peut se faire avec des droits très réduits, voire nuls. Pour la mécanique complète, voyez notre guide donation démembrée et calez le calendrier avec votre notaire.

6. Allocation cible selon votre profil de risque

Voici les trois allocations cibles de 1 M€, déclinées selon votre profil de risque et votre horizon de transmission. Chiffres illustratifs et non garantis ; tout investissement comporte un risque de perte en capital.

Profil prudent (~3 % net/an). L'objectif n'est pas le rendement maximal mais la transmission optimisée et sécurisée. Sécurité 35 % (350 k€) : fonds euros en assurance-vie ouverte avant 70 ans, socle transmissible hors succession (990 I). Revenu 30 % (300 k€): SCPI européennes et obligataire daté à portage en assurance-vie (illustratif 4-5 % brut), transmissibles dans l'enveloppe. Croissance 20 % (200 k€) : ETF monde en contrat de capitalisation, donnable de votre vivant avec purge des plus-values au décès. Illiquide 15 % (150 k€) : nue-propriété de SCPI (décote 25-30 %), véhicule de donation. Avec le temps, la nue-propriété bascule en pleine propriété et nourrit la poche Revenu.

Profil équilibré (~5 % net/an). On accepte une part de volatilité pour valoriser le capital transmis tout en préparant la donation. Sécurité 20 % (200 k€) : fonds euros en assurance-vie (liquidité + premier étage 990 I). Revenu 30 % (300 k€) : SCPI européennes, obligataire daté et produits structurés à coupon (protection partielle), en assurance-vie et capitalisation (illustratif 4-6 % brut). Croissance 30 % (300 k€) : ETF monde et une première ligne de private equity en capitalisation ou assurance-vie luxembourgeoise (grossir l'assiette + purger les plus-values à la donation). Illiquide 20 % (200 k€): nue-propriété de SCPI et private equity en démembrement (transmettre la nue-propriété en consommant peu d'abattement).

Profil dynamique (~7 %+ net/an). Vous êtes encore en phase de constitution et la transmission se prépare sur 15-20 ans : priorité à la croissance de l'assiette. Sécurité 10 % (100 k€) : fonds euros en assurance-vie, réduite au minimum de précaution. Revenu 20 % (200 k€) : SCPI européennes en nue-propriété partielle, obligataire daté et dette privée en assurance-vie luxembourgeoise (FID/FAS), avec possibilité de crédit lombard pour ne pas désinvestir. Croissance 40 % (400 k€): forte exposition aux ETF monde (MSCI World, S&P 500) en PEA, compte-titres et contrat de capitalisation. Illiquide 30 % (300 k€): private equity, dette privée et infrastructure non cotée en holding patrimoniale ou capitalisation à l'IS, plus une poche d'or comme actif de réserve. Ces actifs, par leur horizon long, sont les candidats naturels à la donation de nue-propriété.

Trois allocations cibles de 1 M€ orientées transmission. Illustratif, non garanti, risque de perte en capital.
PochePrudentÉquilibréDynamique
Sécurité35 % — 350 k€20 % — 200 k€10 % — 100 k€
Revenu30 % — 300 k€30 % — 300 k€20 % — 200 k€
Croissance20 % — 200 k€30 % — 300 k€40 % — 400 k€
Illiquide15 % — 150 k€20 % — 200 k€30 % — 300 k€
Rendement net visé~3 %~5 %~7 %+

Note de méthode sur les rendements visés

Les rendements nets indiqués (~3 %, ~5 %, ~7 %+) sont des ordres de grandeur illustratifs, pas des promesses : ils dépendent du profil retenu, de l'horizon de détention et des conditions de marché. Un même profil peut, selon les années, faire mieux ou moins bien — voire connaître des exercices négatifs sur la poche Croissance ou Illiquide. Concrètement : c'est la répartition entre poches — pas le rendement d'une ligne prise isolément — qui fixe votre risque réel et le cash mobilisable à tout moment. Aucun de ces chiffres ne constitue une garantie ; tout investissement comporte un risque de perte en capital.

7. Exemple chiffré : 1 M€ structuré pour transmettre

Hypothèses explicites et résultat illustratif. Cet exemple montre la mécanique d'assemblage, il ne garantit aucun résultat.

Cas pratique — Maître L., notaire associée, 54 ans

  • Maître L. dispose de 1 M€ issus de la cession partielle de ses parts de cabinet. Profil équilibré, deux enfants.
  • 200 k€ en fonds euros — assurance-vie ouverte avant 70 ans, deux contrats (un par enfant bénéficiaire).
  • 300 k€ en SCPI européennes et obligataire daté — au sein d'un contrat de capitalisation.
  • 300 k€ en ETF monde et private equity.
  • 200 k€ en nue-propriété de SCPI, acquise avec une décote économique d'environ 30 % (soit ~285 k€ de pleine propriété reconstituée à terme pour 200 k€ investis). Elle donne immédiatement la nue-propriété à ses enfants, ce qui consomme une fraction de l'abattement de 100 000 € par parent et par enfant (art. 779), tout en conservant les revenus via l'usufruit.
  • Rendement global visé ~5 % net (illustratif), soit environ 50 k€/an réinvestis.
  • Au décès : les 200 k€ d'assurance-vie se transmettent dans la limite de 152 500 € par bénéficiaire en exonération (990 I) ; l'usufruit des SCPI s'éteint sans droit (art. 1133), la pleine propriété revenant aux enfants.

Illustratif, non garanti, risque de perte en capital. Les chiffres dépendent de la situation réelle et de l'évolution réglementaire. La décote économique de la nue-propriété est une valeur de marché, distincte de la valeur fiscale de l'article 669.

8. Fiscalité 2026 de la transmission

Synthèse de la fiscalité 2026 de la transmission. Données à jour, sous réserve d'évolution réglementaire.
DispositifRègle 2026Référence
Donation ligne directe100 000 € par parent et par enfant tous les 15 ansart. 779 + 784
Barème DMTG ligne directe5 % à 45 % par tranchesart. 777
DémembrementValeur NP selon l'âge (51-60 → 50 %, 61-70 → 60 %)art. 669
Réunion usufruit + NP au décèsAucun droitart. 1133
AV — primes avant 70 ans152 500 €/bénéf., 20 % jusqu'à 700 000 €, 31,25 % au-delàart. 990 I
AV — primes après 70 ansAbattement global 30 500 €, gains exonérésart. 757 B
AV — rachat après 8 ansAbatt. 4 600 / 9 200 € puis 7,5 %, + PS 17,2 %art. 125-0 A
Contrat de capitalisationSuccession (abatt. 100 000 €), antériorité + purge PV au décès, démembrableBOFiP
PEAExonéré d'IR après 5 ans, PS 18,6 % à la sortieart. 200 A
PV mobilières hors enveloppePFU 30 % sur l'AV / 31,4 % sur dividendes et PV mobilièresart. 200 A / 150-0 A
IFISeuil 1,3 M€ immobilier net ; NP hors assietteart. 968 / 972

Garde-fou : la dualité des prélèvements sociaux 2026

Depuis la LFSS 2026 (loi n° 2025-1403), les prélèvements sociaux ne sont plus uniformes. 17,2 % s'appliquent à l'assurance-vie, au contrat de capitalisation, aux revenus fonciers, aux plus-values immobilières et au PEL. 18,6 % (CSG + 1,4 pt) s'appliquent aux dividendes, aux intérêts, aux plus-values mobilières, au PEA, au PER et aux crypto-actifs. Conséquence : le prélèvement forfaitaire unique est de 30 % sur l'assurance-vie mais de 31,4 % sur les dividendes et plus-values mobilières hors AV/PEA. Ne jamais appliquer un taux unique : la nature du revenu commande le taux.

Si vos liquidités proviennent d'une cession récente de parts, deux dispositifs amont méritent une mention : l'abattement fixe du dirigeant partant à la retraite de 500 000 € (art. 150-0 D ter) et l'apport-cession (art. 150-0 B ter), dont le seuil de remploi est passé à 70 % du produit de cession, sous 36 mois, avec conservation 5 ans (pour les cessions à compter du 21/02/2026). Sur la plus-value de cession des parts elles-mêmes, on retient la formulation prudente du prélèvement forfaitaire unique de 30 % (ou barème, sur option). Enfin, pour les très hauts revenus, gardez en tête la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (CEHR, 3 à 4 % au-delà de 250 k€/500 k€ de RFR, art. 223 sexies) et la contribution différentielle (CDHR, plancher de 20 % du RFR, art. 224, les prélèvements sociaux étant exclus du numérateur), pérennisée par la loi de finances 2026 — son application reste à apprécier au cas par cas selon votre RFR.

9. L'angle Hagnéré : le conseil que vos confrères ne vous donnent pas

Le sachant ne manque pas de droit : il manque de temps et d'une vision d'allocation globale. Notre rôle est précisément là : architecturer les 4 poches, sélectionner les enveloppes et les régimes de transmission, exécuter et suivre — en dialogue avec votre notaire et votre expert-comptable, sans empiéter sur leur acte. Vous rédigez la donation, c'est votre métier ; nous construisons l'actif qu'elle transmettra et nous calons l'allocation sur votre calendrier de donation.

Notre style est généraliste et transparent : nous raisonnons en classes d'actifs et en enveloppes, jamais en noms de fonds ni en codes ISIN. C'est la différence entre un conseil qui vous vend une allocation et un vendeur qui vous place un produit. Pour une vision family office plus large (gouvernance, Dutreil, marchés privés), notre guide gérer 20 M€ en famille prolonge la réflexion.

Hagnéré Patrimoine

Échangeons sur votre situation

Un conseiller Hagnéré Patrimoine construit avec vous une allocation de transmission sur mesure, en dialogue avec votre notaire et votre expert-comptable. Premier rendez-vous confidentiel et sans engagement.

ConfidentielSans engagementORIAS 23002291

10. Passer à l'action

La marche à suivre tient en trois étapes, à mener en coordination avec votre notaire et votre expert-comptable :

  1. Cartographier. Séparer les liquidités, la part professionnelle (SEL/SPFPL) et l'immobilier, et surveiller le seuil IFI de 1,3 M€.
  2. Allouer selon votre profil. Décliner les 4 poches orientées transmission dans les enveloppes adaptées (assurance-vie 990 I, contrat de capitalisation démembrable, nue-propriété de SCPI).
  3. Exécuter et donner. Alimenter l'assurance-vie avant 70 ans, donner la nue-propriété en consommant l'abattement, mettre en place un suivi annuel.

Échangeons sur votre situation : un conseiller Hagnéré Patrimoine construit avec vous une allocation de transmission sur mesure, en dialogue avec votre notaire et votre expert-comptable. Pour le cas voisin du conjoint survivant bénéficiaire, voir notre guide veuf / veuve bénéficiaire : que faire de 1 M€. Et pour le palier supérieur, notre guide transmettre 5 M€.

Sources, mentions et disclaimer

Sources et références

  • CGI: art. 779 et 784 (abattement 100 000 € / 15 ans), 777 (barème DMTG), 990 I et 757 B (assurance-vie), 796-0 bis (conjoint/PACS), 669 (barème usufruit), 1133 (réunion de l'usufruit sans droits), 125-0 A (rachats AV), 150-0 A et 200 A (PV mobilières, PFU), 150-0 B ter (apport-cession), 150-0 D ter (abattement dirigeant retraite 500 000 €), 968 et 972 (IFI), 238 septies E (capitalisation détenue par une PM), 787 B (pacte Dutreil), 223 sexies (CEHR), 224 (CDHR).
  • Code des assurances : art. L. 132-12 (AV hors succession), L. 132-13 (primes manifestement exagérées).
  • Lois 2026 : LF 2026 (loi n° 2026-103 du 19/02/2026), LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30/12/2025, prélèvements sociaux 17,2 % / 18,6 %).
  • Doctrine : BOFiP (assurance-vie, contrat de capitalisation, démembrement). PASS 2026 = 48 060 €.

Mise à jour le 23 juin 2026.

Contenu informatif et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier, ni une incitation à investir. Hagnéré Patrimoine — ORIAS n° 23002291 (CIF / COA / COBSP) — cabinet à Chambéry (73000). Tout investissement comporte un risque de perte en capital ; les performances passées ne préjugent pas des performances futures. La fiscalité dépend de votre situation individuelle et peut évoluer.

Questions fréquentes

Transmettre 1 M€ quand on est notaire, avocat ou EC : vos questions

On combine trois leviers : l'abattement de 100 000 € par parent et par enfant tous les 15 ans (art. 779 CGI), la donation de la nue-propriété dont l'assiette taxable est réduite selon l'âge de l'usufruitier (barème art. 669), et l'assurance-vie alimentée avant 70 ans qui offre un abattement de 152 500 € par bénéficiaire hors succession (art. 990 I). L'architecture exacte dépend de votre âge, du nombre d'enfants et de votre besoin de revenus. Illustratif, à personnaliser avec votre notaire.

Les deux sont souvent complémentaires. L'assurance-vie échappe à la succession via les régimes 990 I et 757 B, mais elle est réservée aux personnes physiques et se dénoue au décès. Le contrat de capitalisation entre dans la succession (droits de mutation, abattement de 100 000 € en ligne directe) mais il conserve son antériorité fiscale pour les héritiers, purge les plus-values latentes au décès, peut être démembré et peut être souscrit par une personne morale ou une holding. En résumé : on remplit l'assurance-vie avant 70 ans pour l'abattement, et on loge en capitalisation ce qu'on veut donner en nue-propriété de son vivant.

L'article 990 I vise les primes versées avant 70 ans : abattement de 152 500 € par bénéficiaire, puis taxation à 20 % jusqu'à 700 000 € et 31,25 % au-delà. L'article 757 B vise les primes versées après 70 ans : abattement global de 30 500 € tous bénéficiaires confondus, puis droits de succession sur les seules primes, les gains restant exonérés. Continuer à verser après 70 ans garde donc un intérêt, car les plus-values échappent aux droits. Le conjoint et le partenaire de PACS bénéficiaires sont totalement exonérés (art. 796-0 bis).

Vous donnez la nue-propriété des parts en conservant l'usufruit, donc les revenus distribués. L'assiette taxable de la donation suit le barème de l'art. 669, fonction de votre âge d'usufruitier : entre 51 et 60 ans la nue-propriété vaut 50 %, entre 61 et 70 ans elle vaut 60 %. Cela consomme peu d'abattement. Au décès, la pleine propriété se reconstitue sur la tête de vos enfants sans aucun droit supplémentaire (art. 1133). La décote économique de marché à l'achat d'une nue-propriété temporaire de SCPI (de l'ordre de 25 à 30 %) est une notion distincte de la valeur fiscale 669.

Oui, sous conditions : engagement collectif puis individuel de conservation des titres, exercice d'une fonction de direction et activité éligible. Le pacte permet une exonération de 75 % de la valeur des titres transmis. C'est un sujet technique propre à la part professionnelle, distinct de l'allocation des liquidités traitée dans ce guide. Pour la mécanique du dispositif, consultez notre guide dédié au pacte Dutreil et votre notaire.

Oui, c'est tout l'intérêt de la donation avec réserve d'usufruit. Vous donnez la nue-propriété d'un actif à vos enfants et vous conservez l'usufruit, c'est-à-dire les revenus et la jouissance. La transmission est donc engagée de votre vivant, sur une assiette réduite, mais vous gardez la main et les revenus. Au décès, l'usufruit s'éteint et la pleine propriété se reconstitue sans droit supplémentaire (art. 1133).

100 000 € par parent et par enfant, renouvelable tous les 15 ans (art. 779 CGI). Un couple peut donc transmettre 200 000 € par enfant en franchise de droits, et le compteur se recharge intégralement au bout de 15 ans (art. 784). En donnant la nue-propriété plutôt que la pleine propriété, l'assiette taxée est encore réduite selon le barème de l'art. 669, ce qui permet de transmettre une valeur économique supérieure pour une même consommation d'abattement.

Oui. Contrairement à l'assurance-vie, le contrat de capitalisation peut être démembré et donné de votre vivant. Vous transmettez la nue-propriété du contrat à vos enfants tout en conservant l'usufruit ; l'antériorité fiscale du contrat est conservée pour les donataires, ce qui en fait un outil efficace pour transmettre une enveloppe de capitalisation déjà ancienne. Le contrat entre dans la succession au décès mais bénéficie d'une purge des plus-values latentes.

Trois profils illustratifs selon votre tolérance au risque et votre horizon. Prudent (environ 3 % net) : 35 % sécurité, 30 % revenu, 20 % croissance, 15 % illiquide. Équilibré (environ 5 % net) : 20 / 30 / 30 / 20. Dynamique (environ 7 % et plus) : 10 / 20 / 40 / 30. Chacun décline la méthode des 4 poches en logeant chaque brique dans l'enveloppe et le régime de transmission optimal. Chiffres non garantis, risque de perte en capital.

Oui, temporairement. Pendant la durée du démembrement, c'est l'usufruitier qui déclare la valeur en pleine propriété à l'IFI, pas le nu-propriétaire (art. 968 CGI). Si vous donnez la nue-propriété à vos enfants, ces parts sortent de leur assiette IFI le temps du démembrement. C'est un double levier : transmission anticipée et allègement de l'assiette IFI, le seuil de déclaration étant de 1,3 million d'euros de patrimoine immobilier net taxable.

Il faut distinguer la nature du revenu. Le prélèvement forfaitaire unique est de 30 % sur l'assurance-vie (12,8 % d'impôt et 17,2 % de prélèvements sociaux), mais de 31,4 % sur les dividendes et les plus-values mobilières hors enveloppe (prélèvements sociaux portés à 18,6 % par la LFSS 2026). Le PEA est exonéré d'impôt après 5 ans, les prélèvements sociaux de 18,6 % étant dus à la sortie. Au décès, le contrat de capitalisation purge les plus-values latentes, ce qui efface l'imposition latente pour les héritiers.

Oui, la société de participations financières de professions libérales peut détenir les parts de votre société d'exercice et constituer une structure de détention elle-même transmissible, le cas échéant articulée avec un pacte Dutreil. C'est un sujet de structuration propre à la part professionnelle, distinct de l'allocation des liquidités traitée ici. Le régime des dividendes et la transmission des parts professionnelles nécessitent un conseil dédié, en lien avec votre expert-comptable et votre notaire.