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Veuf / veuve bénéficiaire : que faire de 5 millions d'euros (transmission)

Vous venez de recevoir un capital de 5 millions d'euros au décès de votre conjoint. En tant que conjoint survivant, vous êtes totalement exonéré de droits de succession — mais au second décès, vos enfants paieront sans ce bouclier. À ce niveau, transmettre relève du family office : la combinaison holding, démembrement et donations programmées peut diviser par deux la facture successorale de vos héritiers.

ExonéréConjoint survivant : 0 droit (art. 796-0 bis)
4 pochesMéthode orientée transmission
LeviersHolding IS + démembrement 669
÷ 2Note des héritiers au second décès
Hagnéré Patrimoine

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Votre Interlocuteur Sur Ce Sujet

Clément Chatelain

CGP indépendant spécialisé en gestion de fortune et stratégies family office

Clément Chatelain accompagne les familles fortunées, dirigeants et cédants sur l'allocation multi-actifs, les enveloppes premium, la structuration patrimoniale et la transmission de long terme.

Gestion de fortuneCIFCabinet indépendant

Publié le 23 juin 2026 · Mis à jour le 23 juin 2026 · Temps de lecture : ~14 min · Par Quentin Hagnéré, fondateur de Hagnéré Patrimoine CIF / COA / COBSP, enregistré à l'ORIAS sous le numéro 23002291.

En 60 secondes

  • Votre situation : conjoint survivant bénéficiaire d'un capital de 5 M€ — totalement exonéré de droits de succession (art. 796-0 bis).
  • Le vrai danger : le second décès, où vos enfants hériteront sans ce bouclier, au barème jusqu'à 45 %.
  • Les leviers : holding/SCI à l'IS, démembrement (barème 669), donations de 100 000 € par enfant et par parent tous les 15 ans, pacte Dutreil (si société opérationnelle), mandat à effet posthume.
  • Prudence : tous les chiffres de ce guide sont illustratifs, non garantis, avec risque de perte en capital.
QH

À propos de l'auteur

Quentin Hagnéré

Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Quentin Hagnéré a fondé Hagnéré Patrimoine en 2020 et en est associé, sans fonction de direction depuis septembre 2026. Auteur de deux livres sur l'investissement immobilier, il signe les guides du cabinet. Le cabinet, présidé par Clément Chatelain, est immatriculé à l'ORIAS sous le n° 23002291 (CIF, COA, COBSP).

Auteur du guideCabinet Hagnéré Patrimoine : ORIAS 23002291

1. 5 M€ reçus au décès de votre conjoint : passer en mode ingénierie patrimoniale

Recevoir 5 millions d'euros au décès de son conjoint, c'est traverser deux temps fiscaux radicalement différents. Le premier, aujourd'hui, vous est entièrement favorable : depuis la loi TEPA du 21 août 2007 (article 796-0 bis du CGI), le conjoint survivant — comme le partenaire de PACS — est totalement exonéré de droits de succession, sur la succession comme sur les capitaux d'assurance-vie. Le capital vous revient net, sans le moindre droit à payer. Le second temps, lui, est différé mais bien réel : au moment de votre décès, vos enfants n'auront plus ce bouclier. Ils hériteront avec un seul abattement parental et seront taxés au barème en ligne directe, qui grimpe jusqu'à 45 %.

L'enjeu se chiffre dès aujourd'hui : sans anticipation, deux enfants qui se partagent 5 M€ au second décès supporteraient, à eux deux, de l'ordre de 1,7 million d'euros de droits— soit près d'un tiers du capital transmis (estimation illustrative au barème de l'article 777, avec un seul abattement parental par enfant, hors valorisation ultérieure). C'est précisément cette facture que la combinaison holding, démembrement et donations programmées peut réduire fortement, parfois de moitié, à condition d'agir maintenant, pendant la fenêtre fiscale ouverte par votre survie.

C'est pour cela qu'à 5 M€, on n'« investit » pas son argent : on l'architecture. Le raisonnement bascule de la logique du placement à celle du family office, où chaque enveloppe, chaque structure et chaque donation est pensée pour servir un objectif : protéger votre train de vie tout en allégeant, par anticipation, la facture future de vos héritiers.

Avertissement

Ce guide a une visée informative et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. La fiscalité dépend de votre situation individuelle et la législation peut évoluer. Tout investissement comporte un risque de perte en capital ; les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Pour une stratégie adaptée à votre cas, sollicitez un bilan patrimonial personnalisé.

Une précision de cadrage avant d'entrer dans le détail : ce guide traite la situation du conjoint survivant et la transmission. Pour l'allocation détaillée d'un capital de 5 M€ hors contexte successoral, consultez plutôt notre guide Investir 5 millions d'euros en 2026. Ici, le fil rouge est la transmission aux générations suivantes.

Aller plus loin : à qui ce guide s'adresse

Ce guide est pensé pour le conjoint survivant (ou le partenaire de PACS) qui vient de percevoir un capital important — souvent un mélange de capitaux d'assurance-vie, de liquidités et de parts d'une succession — et qui se demande concrètement « que faire de cet argent maintenant ? » avec, en arrière-plan, le souci de ses enfants.

2. Consolider l'ensemble du patrimoine et hiérarchiser les objectifs

Avant de placer le moindre euro, faites l'inventaire complet : le capital d'assurance-vie reçu, les liquidités, l'immobilier (résidence principale, locatif, éventuelle SCI), et d'éventuelles parts de société. À 5 M€, le patrimoine est rarement constitué d'une seule ligne ; la cohérence d'ensemble prime sur chaque produit pris isolément.

Un réflexe que beaucoup oublient à ce stade : le remploi de bien propre. Si le capital reçu a la nature de bien propre, il faut le tracer chez le notaire (clause d'emploi ou de remploi) au moment du réinvestissement, afin de préserver ce caractère propre — un enjeu important si vous êtes amené à vous remarier ou à réorganiser votre régime matrimonial. C'est exactement le même réflexe que pour un capital de montant inférieur, par exemple lorsqu'il s'agit de réorganiser un patrimoine de 2 millions après un veuvage.

La hiérarchie des objectifs est claire et ne doit pas être inversée : on protège d'abord son propre train de vie, on organise ensuite la transmission. Donner trop, trop tôt, sans sécuriser ses revenus, est une erreur classique. La bonne séquence consiste à dimensionner les poches qui financent votre vie, puis à diriger le surplus — la part réellement transmissible — vers les outils d'optimisation successorale.

La protection du conjoint survivant et la fenêtre fiscale à exploiter

Votre exonération de conjoint survivant (article 796-0 bis) ouvre ce qu'on peut appeler une fenêtre fiscale: la période de votre vie pendant laquelle vous pouvez, sereinement, purger l'assiette successorale future. En pratique, vous échelonnez des donations tous les 15 ans et utilisez le démembrement pour transmettre à moindre coût, sans vous appauvrir puisque vous conservez les revenus.

Garde-fou IFI : usufruit légal vs usufruit choisi

Un point IFI qui prête souvent à confusion. En principe, l'article 968 du CGI taxe l'usufruitier sur 100 % de la valeur du bien à l'IFI. Mais cet article prévoit une exception pour l'usufruit légal du conjoint survivant issu de l'article 757 du Code civil (succession en présence d'enfants) : dans ce cas, l'assiette IFI est répartie entre usufruitier et nu-propriétaire selon le barème de l'article 669 — vous n'êtes donc pas taxée sur 100 %, ce qui est un point favorable. En revanche, l'usufruit choisi, issu d'une donation entre époux (donation au dernier vivant) ou d'un testament, reste taxé à 100 % chez l'usufruitier : le mode de dévolution retenu au moment de la succession a donc un impact IFI direct. La nue-propriété que vous acquérez (SCPI démembrées, par exemple) ou que vous donnez reste, elle, hors de votre assiette IFI. À arbitrer dans une logique d'optimisation de l'IFI.

3. Objectif transmission : organiser le passage aux générations suivantes

Le cœur de la stratégie tient en une phrase : organiser dès maintenant ce qui, sinon, sera taxé lourdement au second décès. Pourquoi ce second décès coûte-t-il si cher ? Pour trois raisons qui se cumulent. Vos enfants perdent d'abord le bouclier de l'exonération du conjoint survivant. Il ne leur reste plus qu'un seul abattement parental de 100 000 € chacun, au lieu de deux. Et entre-temps, le capital a continué de se valoriser, gonflant l'assiette taxée au barème en ligne directe.

Les deux temps fiscaux du conjoint survivant. La fenêtre d'optimisation se situe entre les deux décès.
ÉlémentAujourd'hui — décès du conjointDemain — second décès
BénéficiaireVous (conjoint survivant)Vos enfants
Droits de successionExonération totale (art. 796-0 bis)Barème en ligne directe jusqu'à 45 %
Abattement disponibleSans objet (exonéré)100 000 € par enfant — un seul parent restant
Assiette taxableNéantCapital valorisé, hors abattements et démembrements anticipés
Levier d'optimisationOrganiser dès maintenant la transmissionTrop tard : les marges de manœuvre se sont refermées

L'ensemble des leviers — démembrement, donations programmées de 100 000 € par enfant et par parent tous les 15 ans, holding ou SCI à l'IS, et pacte Dutreil le cas échéant — vise le même objectif : faire passer le maximum de capital aux générations suivantes en franchise ou à coût réduit. C'est la même logique que celle d'un héritier qui cherche à retransmettre 5 millions sans double taxation, appliquée ici au conjoint survivant.

L'essentiel : les quatre leviers de la transmission

  • Donner en démembrement — vous transmettez la nue-propriété, gardez les revenus, et la valeur taxée chute selon votre âge (barème 669).
  • Échelonner les donations — 100 000 € par enfant et par parent, rechargeables tous les 15 ans.
  • Loger dans une holding ou une SCI à l'IS — capitalisation à taux réduit puis donation de parts démembrées.
  • Activer le pacte Dutreil — uniquement si une société opérationnelle figure dans le patrimoine (exonération de 75 %).

Combinés, ces leviers peuvent diviser par environ deux la facture du second décès — un ordre de grandeur illustratif, jamais une garantie.

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4. La logique des 4 poches sur 5 millions d'euros

Pour structurer un capital de cette taille, nous raisonnons selon la méthode des 4 poches : Sécurité, Revenu, Croissance et Illiquide. Chacune a un rôle précis, et tout converge vers une trésorerie centrale qui distribue le cash. La particularité à 5 M€ : la poche illiquide grossit. Là où elle pèse 10 à 15 % sur un patrimoine d'un million, elle atteint naturellement 20 à 35 % à 5 M€, dans une logique de family office. Et ce sont les poches Croissance et Illiquide qui constituent la part réellement transmissible.

Les 4 poches à 5 M€ (fourchettes indicatives, à calibrer selon le profil). La poche illiquide s'étoffe avec le niveau de patrimoine.
PocheRôleFourchette à 5 M€Supports types (classes d'actifs + enveloppes)
Sécurité3 ans de train de vie, liquidité stratégique15 à 40 %Fonds euros, fonds obligataires datés, liquidités — AV, AVL, contrat de capitalisation
RevenuRevenu régulier sans entamer le capital15 à 30 %SCPI et SCPI européennes, nue-propriété de SCPI, produits structurés à coupon, dette privée, infrastructure
CroissanceValoriser la part transmissible15 à 35 %ETF actions monde et S&P 500 — PEA, AV, compte-titres
IlliquidePerformance long terme, prime d'illiquidité15 à 35 %Private equity par millésimes, dette privée, club deals, infrastructure, or — détention via holding IS

5. Poche Sécurité : socle et liquidité stratégique

La poche Sécurité couvre au minimum trois ans de votre train de vie et joue le rôle d'amortisseur. On y loge des fonds euros (rendement de l'ordre de 2,6 % net en référence 2026, illustratif) et des fonds obligataires datés à coupons connus, qui offrent une visibilité appréciable. Les enveloppes adaptées sont l'assurance-vie (prélèvements sociaux à 17,2 %), l'assurance-vie luxembourgeoise et le contrat de capitalisation.

À ce niveau de patrimoine, cette poche a une seconde vertu : elle peut servir de collatéral à un crédit lombard, transformant un socle prudent en réserve d'opportunités mobilisable sans désinvestir.

6. Poche Revenu : un train de vie haut de gamme sécurisé

La poche Revenu finance votre confort de vie sans toucher au capital. On y trouve des SCPI et SCPI européennes (rendement de l'ordre de 4,7 à 4,9 % en référence 2026, illustratif), de la nue-propriété de SCPI, des produits structurés à coupon avec protection partielle, de la dette privée et de l'infrastructure distributive. Logés en assurance-vie ou en contrat de capitalisation, ces revenus supportent des prélèvements sociaux à 17,2 % et bénéficient de l'enveloppe pour la transmission.

L'intérêt d'une partie de cette poche en SCPI européennes tient aussi à leur fiscalité plus douce sur les revenus de source étrangère ; mais on choisit d'abord ces SCPI pour la solidité de leurs immeubles et de leurs locataires, l'avantage fiscal n'arrivant qu'en second.

7. Poche Croissance : valoriser massivement la part transmissible

La poche Croissance est le moteur de valorisation de long terme : des ETF actions monde (type MSCI World) et S&P 500, logés d'abord en PEA (exonération d'impôt sur le revenu après 5 ans, prélèvements sociaux à 18,6 % à la sortie), puis en assurance-vie (PS 17,2 %) et enfin en compte-titres (plus-values mobilières taxées à 18,6 % de PS). C'est précisément cette poche que l'on fait grossir pour la transmettre : une fois valorisée, elle sera donnée en nue-propriété aux enfants.

Dualité des prélèvements sociaux en 2026 — à ne jamais confondre

Depuis la LFSS 2026 (loi n° 2025-1403), il existe deux taux de prélèvements sociaux selon la nature du revenu :

  • 17,2 % : assurance-vie, contrat de capitalisation, revenus fonciers, plus-values immobilières, PEL.
  • 18,6 % (CSG +1,4 pt) : dividendes, intérêts, plus-values mobilières, PEA, PER, crypto.

Conséquence sur le PFU : 30 % sur l'assurance-vie (12,8 + 17,2) mais 31,4 % sur les dividendes et plus-values mobilières hors AV/PEA (12,8 + 18,6). Ne jamais appliquer un taux unique partout.

8. Poche Illiquide : 30 % et plus à ce niveau de patrimoine

C'est la signature des grands patrimoines. La poche Illiquide réunit le private equity (de l'ordre de 11 % par an net en moyenne historique, avec une forte dispersion — illustratif), réparti par millésimes et par stratégies, la dette privée et les club deals, l'infrastructure et, en complément, l'or. À 5 M€, une allocation de 20 à 35 % à cette poche est pleinement justifiée : l'horizon long et la capacité à immobiliser une fraction du capital permettent d'aller chercher la prime d'illiquidité.

C'est aussi la poche que l'on loge le plus souvent dans une holding à l'IS: elle encaisse les distributions et les capitalise à taux réduit, et le jour venu vous donnez les parts en nue-propriété. Vous faites donc travailler le même actif deux fois — pour la performance d'abord, pour la transmission ensuite.

9. Les enveloppes haut de gamme : AV luxembourgeoise, capitalisation à l'IS, holding, SCI

À 5 M€, vous pouvez choisir d'excellents actifs et perdre la moitié du bénéfice dans la mauvaise enveloppe : le contenant compte autant que le contenu. L'assurance-vie luxembourgeoise apporte le super-privilège, une architecture ouverte (fonds internes dédiés FID et FAS) donnant accès au non coté et au multidevises. Le contrat de capitalisation, y compris détenu par une holding ou une SCI à l'IS, capitalise les revenus dans la société sans prélèvements sociaux internes. La holding patrimoniale sert la capitalisation, la donation de parts démembrées et la gouvernance ; la SCI organise l'immobilier.

Garde-fou : taux réduit d'IS à 42 500 €

Le taux réduit d'IS à 15 % s'applique jusqu'à 42 500 € de bénéfice par exercice, puis 25 % au-delà. Le relèvement de ce plafond à 100 000 €, un temps évoqué, n'a pas été retenu dans la loi de finances 2026 : on raisonne donc bien sur 42 500 €.

Enveloppes haut de gamme : atouts et rôle dans une stratégie de transmission à 5 M€.
EnveloppeAtout principalFiscalité cléRôle dans la transmission
Assurance-vieSouplesse, clause bénéficiairePS 17,2 % ; 990 I / 757 B au décèsTransmission hors succession dans les limites des abattements
AV luxembourgeoiseSuper-privilège, architecture ouvertePS 17,2 % (résident fiscal français)Crédit lombard + accès non coté pour valoriser la part transmissible
Contrat de capitalisation (IS)Capitalisation des revenus en sociétéIS 15 % ≤ 42 500 € puis 25 %Se transmet et se démembre, conserve son antériorité
Holding patrimoniale (IS)Capitalisation + gouvernanceIS 15 % / 25 %Donation de parts en nue-propriété aux enfants
SCI (IS ou IR)Détention de l'immobilierSelon option fiscaleDonation de parts démembrées, pilotage familial

Le crédit lombard et le démembrement au service de la transmission

Le crédit lombard adossé à votre assurance-vie luxembourgeoise vous permet de saisir une opportunité ou de financer un projet sans désinvestir : un emprunt n'est pas un fait générateur d'impôt, votre capital continue de travailler. Bien utilisé, il sert la trésorerie, pas la spéculation : on emprunte pour une opération identifiée, pas pour doper mécaniquement le rendement.

Le démembrement de propriété est, lui, le levier de transmission le plus puissant. Vous donnez la nue-propriété, vous conservez l'usufruit (les revenus), et la valeur taxée de la donation est réduite selon votre âge, d'après le barème de l'article 669 du CGI.

Barème de l'article 669 du CGI (extrait). La nue-propriété transmise est d'autant moins taxée que l'usufruitier est jeune.
Âge de l'usufruitierValeur de l'usufruitValeur de la nue-propriété
51 à 60 ans50 %50 %
61 à 70 ans40 %60 %
71 à 80 ans30 %70 %
81 à 90 ans20 %80 %

Mini-cas illustratif. À 62 ans, Mme V. donne la nue-propriété d'un portefeuille de 1 000 000 € à ses deux enfants. À son âge, la nue-propriété vaut 60 % (barème 669), soit une assiette taxable de 600 000 €, contre 1 000 000 € en pleine propriété. Répartie entre deux enfants, cela donne 300 000 € par enfant, dont 100 000 € d'abattement : il reste 200 000 € taxables par enfant au barème en ligne directe. Mme V. conserve l'usufruit et donc les revenus ; à son décès, l'usufruit s'éteint et les enfants récupèrent la pleine propriété en franchise de droits. L'opération est renouvelable tous les 15 ans. Chiffres illustratifs.

Garde-fou prélèvements sociaux

Si le portefeuille démembré est logé en assurance-vie, les gains supportent 17,2 % de prélèvements sociaux. S'il s'agit de plus-values mobilières détenues hors enveloppe, c'est 18,6 %. Même portefeuille démembré, deux taux possibles : tout dépend de l'enveloppe qui l'abrite.

10. Trois allocations selon votre profil

À 5 M€ avec un objectif de transmission, trois architectures se dégagent selon votre appétence au risque et votre horizon. Les chiffres ci-dessous sont des cibles d'allocation illustratives ; les rendements indiqués sont des hypothèses non garanties.

Note de méthode : comment lire ces allocations

Les trois profils ci-dessous ne sont pas des recommandations toutes faites : ce sont des repères destinés à éclairer une discussion. La bonne allocation dépend de votre profil et de votre horizon — votre âge, votre besoin de revenu, votre tolérance au risque, la composition de votre patrimoine existant et la maturité de vos enfants. Les pourcentages et les cibles de rendement (~3 %, ~5 %, ~7 %+ net) sont illustratifs et non garantis, avec un risque de perte en capital. Un même montant peut justifier des architectures très différentes d'une famille à l'autre.

Prudent — cible ~3 % net/an

Architecture solide et fiscalement optimisée. Sécurité 40 % (2 M€), Revenu 30 % (1,5 M€), Croissance 15 % (0,75 M€), Illiquide 15 % (0,75 M€). SCI et contrat de capitalisation à l'IS pour structurer ; donations démembrées régulières.

Équilibré — cible ~5 % net/an

Équilibre entre revenu confortable et valorisation transmissible. Sécurité 30 % (1,5 M€), Revenu 30 % (1,5 M€), Croissance 20 % (1 M€), Illiquide 20 % (1 M€). Holding IS qui capitalise et dont les parts sont données en nue-propriété ; crédit lombard sur l'AVL.

Dynamique — cible ~7 %+ net/an

Maximise la valorisation et l'effet de la transmission. Sécurité 15 % (0,75 M€), Revenu 15 % (0,75 M€), Croissance 35 % (1,75 M€), Illiquide 35 % (1,75 M€). Holding IS voire structure de family office ; Dutreil si société opérationnelle.

Profil prudent (~3 % net/an)

La poche Sécurité pèse 40 % (2 M€) : fonds euros sur plusieurs contrats et fonds obligataires datés en assurance-vie luxembourgeoise, dont le portage offre une visibilité et bénéficie du super-privilège. La poche Revenu (30 %, 1,5 M€) combine SCPI européennes en assurance-vie et produits structurés à coupon avec protection partielle. La poche Croissance (15 %, 0,75 M€) reste en ETF actions monde logés en assurance-vie et contrat de capitalisation. La poche Illiquide (15 %, 0,75 M€) privilégie la nue-propriété de SCPI, l'infrastructure et un fonds de dette privée, faiblement volatils. Une SCI et un contrat de capitalisation à l'IS structurent la transmission, complétés par des donations démembrées régulières profitant des abattements tous les 15 ans.

Profil prudent à 5 M€ — cible de rendement ~3 % net/an (illustratif, non garanti).
Poche%MontantSupports types
Sécurité40 %2 M€Fonds euros multi-contrats, obligataire daté en AVL
Revenu30 %1,5 M€SCPI européennes en AV, produits structurés à coupon
Croissance15 %0,75 M€ETF actions monde en AV et contrat de capitalisation
Illiquide15 %0,75 M€Nue-propriété de SCPI, infrastructure, dette privée

Profil équilibré (~5 % net/an)

La poche Sécurité descend à 30 % (1,5 M€) : fonds euros et obligataire daté en AV luxembourgeoise et assurance-vie. La poche Revenu (30 %, 1,5 M€) associe SCPI européennes en assurance-vie et dette privée en contrat de capitalisation — le contrat se transmettant avec son antériorité et pouvant être démembré. La poche Croissance monte à 20 % (1 M€) : ETF actions monde et S&P 500 en assurance-vie, compte-titres et PEA. La poche Illiquide atteint 20 % (1 M€) : private equity par millésimes, dette privée, infrastructure. Une holding patrimoniale à l'IS détient une partie du non coté, capitalise les revenus à taux réduit, puis ses parts sont données en nue-propriété aux enfants. L'AV luxembourgeoise permet un crédit lombard pour saisir des opportunités sans désinvestir ni déclencher de fiscalité. Le calendrier de donations s'échelonne pour purger l'assiette.

Profil équilibré à 5 M€ — cible de rendement ~5 % net/an (illustratif, non garanti).
Poche%MontantSupports types
Sécurité30 %1,5 M€Fonds euros et obligataire daté en AVL et AV
Revenu30 %1,5 M€SCPI européennes en AV, dette privée en contrat de capitalisation
Croissance20 %1 M€ETF monde et S&P 500 en AV, compte-titres, PEA
Illiquide20 %1 M€Private equity par millésimes, dette privée, infrastructure

Profil dynamique (~7 %+ net/an)

La poche Sécurité se réduit à 15 % (0,75 M€), fonds euros et obligataire daté servant de collatéral d'un crédit lombard. La poche Revenu (15 %, 0,75 M€) repose sur les SCPI européennes et la dette privée en contrat de capitalisation, flux réinvestis. La poche Croissance atteint 35 % (1,75 M€) : ETF actions monde et S&P 500 en assurance-vie, compte-titres et PEA, moteur de valorisation pour les générations suivantes. La poche Illiquide grimpe à 35 % (1,75 M€), niveau pleinement justifié à 5 M€ : private equity très diversifié par millésimes et stratégies, dette privée, infrastructure et or. Une holding à l'IS, voire une structure de family office, organise la détention, la capitalisation et la donation démembrée des actifs. Un pacte Dutreil peut s'appliquer si une société opérationnelle figure dans le patrimoine. Les donations démembrées régulières transmettent un capital valorisé à moindre coût fiscal.

Profil dynamique à 5 M€ — cible de rendement ~7 %+ net/an (illustratif, non garanti).
Poche%MontantSupports types
Sécurité15 %0,75 M€Fonds euros et obligataire daté, collatéral de crédit lombard
Revenu15 %0,75 M€SCPI européennes, dette privée en contrat de capitalisation
Croissance35 %1,75 M€ETF monde et S&P 500 en AV, compte-titres, PEA
Illiquide35 %1,75 M€Private equity diversifié, dette privée, infrastructure, or

11. Fiscalité 2026 : succession, donations, démembrement et holding

Tous les paramètres fiscaux mobilisés jusqu'ici tiennent dans un seul tableau, à jour 2026. Ils intègrent la loi de finances 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026) et la LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025).

Récapitulatif fiscal 2026 (sous réserve d'évolutions réglementaires). Chaque situation appelle une analyse individuelle.
Donnée 2026ValeurRéférence
Conjoint / partenaire de PACS survivantExonération totale de droits de successionCGI art. 796-0 bis (loi TEPA)
Donation parent → enfant100 000 € par parent et par enfant, tous les 15 ansCGI art. 779
Barème en ligne directe5 % à 45 % après abattementCGI art. 777
Démembrement (usufruitier 61-70 ans)Usufruit 40 % / nue-propriété 60 %CGI art. 669
Assurance-vie, primes avant 70 ans152 500 € par bénéficiaire, 20 % puis 31,25 % > 700 000 €CGI art. 990 I
Assurance-vie, primes après 70 ansAbattement global 30 500 €, gains exonérésCGI art. 757 B
Prélèvements sociaux (AV, capi, foncier, PV immo, PEL)17,2 %LFSS 2026
Prélèvements sociaux (dividendes, intérêts, PV mobilières, PEA, PER)18,6 % (CSG +1,4 pt)LFSS 2026
IS holding / SCI15 % jusqu'à 42 500 €, puis 25 %CGI art. 219
Pacte Dutreil (société opérationnelle)Exonération 75 %, engagement 2 ans + 6 ans = 8 ansCGI art. 787 B (LF 2026)
IFISeuil 1,3 M€, barème 0 à 1,5 % ; usufruit légal du conjoint réparti au barème 669, usufruit choisi taxé 100 %CGI art. 964 s. et 968
Mandat à effet posthumeDurée 2 ans (5 ans si héritier vulnérable ou patrimoine pro)Code civil art. 812 s.

Deux temps fiscaux, à ne pas confondre

En tant que conjoint bénéficiaire, vous êtes exonéré (art. 796-0 bis) : les seuils de 152 500 € (avant 70 ans) et 30 500 € (après 70 ans) ne s'appliquent pas à ce que vous recevez. Ils concerneront la transmission que vous organiserez ensuite vers vos enfants, par exemple lorsque vous réemploierez les 5 M€ en assurance-vie. C'est la distinction centrale de tout votre plan.

Piège du réinvestissement en assurance-vie après 70 ans

Replacer le capital en assurance-vie après vos 70 ans fait basculer les versements de l'article 990 I vers l'article 757 B : l'abattement n'est plus que de 30 500 € au global (et non 152 500 € par bénéficiaire), même si les gains restent exonérés. Il faut donc arbitrer : conserver l'antériorité des contrats existants, répartir les bénéficiaires et combiner l'AV avec le démembrement et les donations.

Une mise en garde enfin sur le pacte Dutreil : il n'est pas applicable par défaut. Un patrimoine de 5 M€ composé d'assurance-vie, de liquidités et d'immobilier locatif n'est pas éligible. Le dispositif suppose la présence d'une société opérationnelle dans le patrimoine. Pour le détail du barème successoral, voyez notre guide droits de succession 2026, et pour le mécanisme du démembrement notre guide donation en démembrement.

12. Exemple chiffré sur 5 millions d'euros

Cas illustratif — Mme V., 62 ans. Elle reçoit 5 M€ au décès de son mari. Profil équilibré, objectif de transmission à deux enfants. La répartition retenue : 1,5 M€ en Sécurité, 1,5 M€ en Revenu (SCPI + dette privée), 1 M€ en Croissance (ETF monde) et 1 M€ en Illiquide (private equity + infrastructure). Une holding à l'IS détient une partie des actifs ; des parts sont données en nue-propriété aux enfants, en profitant des abattements de 100 000 € par enfant tous les 15 ans.

Projection illustrative à 10 ans (hypothèse de 5 % net/an)

5 000 000 € × (1 + 5 %)^10 ≈ 8 144 473 €
  • Capital initial :5 000 000 €
  • Rendement net annuel hypothétique :5 %
  • Horizon :10 ans
  • Performance théorique annuelle (année 1) :~250 000 €

Hypothèse illustrative et non garantie. La performance annuelle (~250 000 € la première année) se partage entre rente et capitalisation. Sur 10 ans à 5 %, le capital pourrait théoriquement approcher 8,1 M€. Risque de perte en capital.

Prudence (information CIF)

Cet exemple est purement illustratif et ne constitue pas une promesse de rendement. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures ; tout investissement comporte un risque de perte en capital. Les taux de rendement (fonds euros ~2,6 %, SCPI ~4,7 à 4,9 %, private equity ~11 % avec forte dispersion) sont des références 2026 indicatives, non contractuelles.

13. Gouvernance familiale : pacte Dutreil, mandat à effet posthume, family office

Une allocation bien construite ne suffit pas : à 5 M€, il faut aussi décider qui pilote, et selon quelles règles. C'est la gouvernance. Trois outils répondent à cette question.

  • Le pacte Dutreil (art. 787 B), conditionnel. Si — et seulement si — une société opérationnelle figure dans votre patrimoine, il exonère 75 % de la valeur transmise, sous engagement de conservation (2 ans collectif puis 6 ans individuel depuis la LF 2026). C'est le cas typique d'un patrimoine intégrant une entreprise familiale, comme lorsqu'il faut transmettre des parts de société libérale.
  • Le mandat à effet posthume (art. 812 s. C. civ.). Vous désignez de votre vivant un mandataire qui gérera tout ou partie de la succession pour le compte de vos héritiers — précieux en cas de succession complexe ou d'enfants jeunes ou vulnérables. Voyez notre guide dédié au mandat à effet posthume.
  • Le family office. Le pilotage global du patrimoine, avec une donation-partage pour figer les valeurs et prévenir les conflits entre héritiers. À 5 M€, beaucoup de familles franchissent ce pas, surtout quand le patrimoine se diversifie (non coté, immobilier, comptes à l'étranger) et qu'il faut une main pour coordonner le tout, dans la continuité d'une gouvernance familiale structurée ou d'une organisation en family office.

Vous pouvez aussi vous inspirer des stratégies d'un conjoint survivant à montant inférieur, par exemple pour un capital d'un million d'euros, ou de la réorganisation d'une grosse assurance-vie reçue : la mécanique est la même, seules les proportions changent.

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Sources, mentions et disclaimer

Sources et références mobilisées dans ce guide

  • CGI art. 796-0 bis — exonération de droits de succession du conjoint survivant et du partenaire de PACS (loi TEPA du 21 août 2007)
  • CGI art. 779 — abattement de 100 000 € par parent et par enfant, rechargeable tous les 15 ans
  • CGI art. 777 — barème des droits de mutation en ligne directe (5 % à 45 %)
  • CGI art. 669— barème usufruit / nue-propriété selon l'âge de l'usufruitier
  • CGI art. 990 I — assurance-vie, primes avant 70 ans, abattement 152 500 € par bénéficiaire
  • CGI art. 757 B — assurance-vie, primes après 70 ans, abattement global 30 500 €
  • CGI art. 125-0 A— fiscalité des rachats d'assurance-vie après 8 ans
  • CGI art. 787 B — pacte Dutreil, exonération de 75 % sous engagement de conservation
  • CGI art. 219— IS, taux réduit 15 % jusqu'à 42 500 € puis 25 %
  • CGI art. 964 s. et 968— IFI et traitement de l'usufruit
  • CGI art. 150-0 B ter— report d'imposition de la plus-value en cas d'apport à une holding
  • Code civil art. 812 et s. — mandat à effet posthume
  • LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025) — prélèvements sociaux, hausse de la CSG de 1,4 point
  • LF 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026) — pacte Dutreil et apport-cession
  • Arrêté du 22 décembre 2025 — PASS 2026 fixé à 48 060 €

Mise à jour : 23 juin 2026. Sources : Code Général des Impôts (CGI), Code civil, Code monétaire et financier (CMF), BOFiP, Légifrance, impots.gouv.fr, service-public.fr. Les chiffres et barèmes mentionnés sont ceux en vigueur au 23 juin 2026 et intègrent la loi de finances 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026) et la LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025).

Ce guide est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil personnalisé au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Les chiffres et allocations présentés sont illustratifs, non garantis, et comportent un risque de perte en capital ; les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Les situations patrimoniales étant toutes différentes, consultez un conseiller en gestion de patrimoine certifié pour une recommandation adaptée. Hagnéré Patrimoine est un cabinet de CGP enregistré à l'ORIAS sous le numéro 23002291 (CIF, COA, COBSP) — siège social 82 Impasse de Bellevue, 73000 Bassens.

Questions fréquentes

Questions fréquentes : veuf / veuve bénéficiaire de 5 M€

Au-dessus de quelques millions, le réflexe « je place mon argent » ne suffit plus : il faut d'abord décider quelle structure va porter quoi, puis seulement choisir les supports. Consolidez l'ensemble du patrimoine, tracez le remploi de bien propre chez le notaire, puis appliquez la méthode des 4 poches orientée transmission (Sécurité, Revenu, Croissance, Illiquide). Déployez ensuite les leviers du family office : holding à l'IS, démembrement de propriété (barème de l'article 669), donations programmées de 100 000 € par enfant et par parent tous les 15 ans, et selon les cas un mandat à effet posthume. Tous les chiffres cités sont illustratifs et non garantis.

Non. Le conjoint survivant est totalement exonéré de droits de succession depuis la loi TEPA du 21 août 2007 (article 796-0 bis du CGI), pour la succession comme pour les capitaux d'assurance-vie. Le partenaire de PACS bénéficie de la même exonération. Le concubin, lui, reste taxé à 60 %. Cette exonération crée un premier temps fiscal favorable, mais le second décès sera, lui, taxé.

Parce qu'au second décès, vos enfants héritent sans le bouclier du conjoint survivant. Ils ne disposent plus que d'un seul abattement parental de 100 000 € chacun (un seul parent restant), puis sont taxés au barème en ligne directe qui monte jusqu'à 45 %, sur un capital qui s'est valorisé entre-temps. C'est tout l'intérêt d'organiser la transmission dès aujourd'hui, pendant la fenêtre fiscale ouverte par votre survie.

En combinant plusieurs leviers : le démembrement de propriété (vous donnez la nue-propriété, la valeur taxée est réduite selon le barème de l'article 669), les donations programmées de 100 000 € par enfant et par parent tous les 15 ans, une holding ou une SCI à l'IS qui capitalise les revenus et dont les parts se donnent en nue-propriété, et le cas échéant le pacte Dutreil si une société opérationnelle figure dans le patrimoine. Aucun résultat n'est garanti : l'ordre de grandeur dépend de votre âge, de votre horizon et de votre structure patrimoniale.

Oui : sur la durée, c'est presque toujours la donation en nue-propriété qui fait gagner le plus, parce qu'elle cumule décote d'âge et abattement rechargeable. L'abattement de 100 000 € par enfant se reconstitue tous les 15 ans, et le démembrement réduit la valeur taxée selon votre âge (par exemple 60 % de la valeur entre 61 et 70 ans). Vous conservez l'usufruit, donc les revenus, et au décès la pleine propriété se reconstitue en franchise de droits.

Vous donnez la nue-propriété d'un actif à vos enfants tout en gardant l'usufruit, c'est-à-dire les revenus. La valeur taxée de la donation est réduite selon le barème de l'article 669 du CGI : par exemple, entre 61 et 70 ans, la nue-propriété vaut 60 % de la pleine propriété. Quand vous décédez, vos enfants deviennent pleins propriétaires sans nouvelle taxation, et vous pouvez recommencer une donation tous les 15 ans.

Oui, dès qu'il y a de l'immobilier ou du non coté à loger durablement. Une holding ou une SCI à l'impôt sur les sociétés capitalise les revenus à taux réduit (15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice, puis 25 %) sans prélèvements sociaux dans la société. Surtout, elle permet de donner des parts en nue-propriété à vos enfants, d'organiser la gouvernance familiale et de structurer la détention de l'immobilier ou du non coté. Le frottement fiscal se produit à la sortie : il faut donc raisonner sur la durée.

Le capital vous revient totalement exonéré en tant que conjoint bénéficiaire. L'enjeu est de le réorganiser : optimiser la clause bénéficiaire au profit de vos enfants, répartir entre plusieurs contrats et surveiller le seuil des 70 ans au moment de réinvestir. Avant 70 ans, vos versements relèvent de l'article 990 I (152 500 € d'abattement par bénéficiaire) ; après 70 ans, ils basculent vers l'article 757 B (abattement global de 30 500 €, mais gains exonérés).

Oui. Les versements en assurance-vie effectués après 70 ans relèvent de l'article 757 B : l'abattement n'est plus que de 30 500 € au global, tous bénéficiaires confondus, contre 152 500 € par bénéficiaire avant 70 ans. Les gains générés restent toutefois exonérés. Il faut donc arbitrer : conserver l'antériorité des contrats existants, répartir les versements et combiner l'assurance-vie avec d'autres outils de transmission comme le démembrement.

L'assurance-vie luxembourgeoise offre le super-privilège (créance prioritaire de l'assuré) et une architecture ouverte (fonds internes dédiés FID et FAS) avec accès au non coté et au multidevises. Le crédit lombard adossé au contrat permet de saisir une opportunité ou de dégager des liquidités sans désinvestir, donc sans déclencher de fiscalité, puisqu'un emprunt n'est pas un fait générateur d'impôt. Concrètement, vous gardez la main : vous mobilisez des liquidités quand une occasion se présente, sans casser votre allocation ni avancer d'impôt.

Uniquement si une société opérationnelle (industrielle, commerciale, artisanale, agricole ou libérale) figure dans votre patrimoine. Le pacte Dutreil exonère alors 75 % de la valeur transmise, sous engagement de conservation des titres (2 ans d'engagement collectif puis 6 ans d'engagement individuel depuis la loi de finances 2026). Un capital purement financier de 5 millions d'euros, placé en assurance-vie, liquidités ou immobilier locatif, n'est pas éligible.

Le mandat à effet posthume (articles 812 et suivants du Code civil) vous permet de désigner de votre vivant un mandataire qui gérera tout ou partie de votre succession pour le compte de vos héritiers. Il est particulièrement utile en cas de succession complexe, d'héritiers jeunes ou vulnérables, ou lorsque le patrimoine comporte une activité professionnelle à piloter. Sa durée est en principe de 2 ans, portée à 5 ans en cas d'héritier mineur ou vulnérable ou de patrimoine professionnel.