L’essentiel avant de bouger : les sept décisions qui structurent une expatriation au Luxembourg
Prenez deux salariés de la même entreprise à Luxembourg-Ville. Le premier rentre chaque soir à Metz. Le second vit au Grand-Duché avec sa famille, tout en gardant en France un appartement, une société et plusieurs enveloppes financières. À quelques kilomètres près, leurs dossiers n’ont pourtant presque rien en commun : impôts, déclarations et protection sociale ne se lisent pas de la même façon.
La première question tient donc en une ligne : êtes-vous résident luxembourgeois ou travailleur frontalier résidant en France ? Ce ne sont pas deux variantes du même cas. Le résident luxembourgeois relève en principe de l’impôt luxembourgeois sur son revenu mondial, sous réserve de la convention. Le frontalier reste résident fiscal français : il y déclare son revenu mondial, même si son salaire est imposable au Luxembourg. Une transition ou une double revendication oblige à revenir aux faits. Aucun compteur de jours ne suffit à trancher.
Mémo express
Les sept décisions à prendre avant le déménagement ou le premier jour de télétravail
- Qualifier le projet. S’agit-il d’une installation personnelle au Luxembourg, d’un emploi frontalier depuis la France, d’une mission temporaire ou d’un retour en France avec un emploi luxembourgeois conservé ? La réponse change les quatre droits à étudier.
- Fixer une date de bascule défendable. Bail, remise des clés, arrivée de la famille, début d’emploi, présence physique, école et direction des affaires doivent former une chronologie cohérente. Une date saisie sur un formulaire ne remplace pas les faits.
- Cartographier chaque lieu de travail. Bureau, domicile, déplacements professionnels, formations et pays tiers produisent des conséquences fiscales, sociales et parfois pour l’employeur. Le pays qui paie le salaire n’est pas toujours celui où le travail est exercé.
- Créer un passeport des actifs. PEA, compte-titres, assurance-vie, PER, immobilier, dettes, participations, reports d’imposition et clauses bénéficiaires doivent être documentés avant toute vente, tout rachat ou toute restructuration.
- Tester l’exit tax avant une cession. Une participation importante, une valeur de titres élevée, une créance de complément de prix ou un report antérieur peuvent rendre le départ déclaratif. Pour une destination luxembourgeoise, le droit français ouvre en principe un sursis automatique de paiement.
- Séparer la personne et l’entreprise. Créer une société luxembourgeoise ne déplace ni automatiquement la résidence de son dirigeant, ni la direction effective, ni l’établissement stable d’une activité encore conduite depuis la France.
- Attribuer chaque validation au bon professionnel. Le conseil patrimonial coordonne le bilan et les scénarios ; l’avocat, le notaire, l’expert-comptable, la fiduciaire, l’organisme social, l’assureur ou l’intermédiaire autorisé valide et exécute les actes de son périmètre.
Le tableau de décision avant le premier acte irréversible
| Décision | Date à fixer | Preuve à conserver | Validation pertinente |
|---|---|---|---|
| Transfert réel du foyer | Date d’occupation durable du logement et de déplacement de la vie familiale | Bail ou acte, état des lieux, factures, école, assurance, calendrier de présence | Avocat fiscaliste si la France conserve un foyer disponible ou des liens majeurs |
| Début ou modification du travail | Premier jour d’activité dans chaque État | Contrat, avenant de télétravail, badge, agenda, ordres de mission | Employeur, paie internationale et organismes sociaux |
| Cession ou restructuration | Lettre d’intention, protocole, apport, donation et transfert de résidence | Cap table, prix de revient, valorisation, reports, pactes et calendrier de négociation | Avocats fiscalistes France–Luxembourg avant toute signature |
| Conservation d’un produit français | Date du départ, des primes, versements, retraits et arbitrages | Contrat, relevés historiques, lots, frais, bénéficiaires et politique du teneur | Conseils fiscaux et professionnel du produit autorisé pour le pays de résidence |
| Immobilier conservé en France | Mise en location, vente, refinancement ou changement d’usage | Acte, valeur, dette, travaux, loyers, occupation et composition de la société éventuelle | Notaire et fiscaliste ; spécialiste IFI pour une détention indirecte |
| Organisation familiale | Mariage, PACS, contrat, testament, donation, arrivée ou départ | Actes d’état civil, contrats, clauses et nationalités | Notaire ou avocat en droit international privé |
| Retour futur en France | Date cible et événements des six mois précédents | Comptes, contrats, valeurs, revenus différés et certificats de résidence | Coordination France–Luxembourg avant la nouvelle bascule |
Sept mots qui paraissent proches, mais ne le sont pas
| Notion | Ce qu’elle répond | Ce qu’elle ne répond pas |
|---|---|---|
| Déclaration d’arrivée | Elle inscrit l’installation auprès de la commune. | Elle ne tranche pas seule la résidence fiscale. |
| Résidence fiscale | Elle détermine l’assujettissement interne puis, en cas de conflit, conventionnel. | Elle ne choisit pas la sécurité sociale. |
| Droit d’imposer | La convention l’attribue revenu par revenu. | Il n’efface pas nécessairement la déclaration dans l’autre État. |
| A1 | Il atteste la législation sociale applicable. | Il n’autorise pas le télétravail et ne décide pas l’impôt. |
| Sursis d’exit tax | Il diffère le paiement sous conditions. | Il ne supprime ni le calcul, ni la déclaration initiale, ni les événements futurs. |
| Crédit d’impôt | Il corrige une double imposition selon une méthode et un plafond. | Il ne rembourse pas toujours toute retenue étrangère. |
| Coordination patrimoniale | Elle met les décisions, scénarios et professionnels dans le bon ordre. | Elle ne remplace pas une consultation juridique, un acte notarié ou une certification comptable. |
Oubliez un instant la question « le Luxembourg est-il plus avantageux ? ». Elle vient trop tôt. Commencez par cette question, moins séduisante mais décisive : quel droit s’applique à cette personne, à cette date, pour ce revenu, ce contrat ou cet acte ? Une retenue faible peut s’accompagner d’une déclaration plus large. Une enveloppe conservée peut perdre sa logique fiscale locale. Quant à une société créée sans fonctions réelles, sa gouvernance et ses coûts restent bien présents, même si le schéma paraissait avantageux sur le papier.
Ce qui doit être décidé avant le départ, et ce qui peut attendre
Inutile de tout restructurer avant de franchir la frontière. Certaines décisions, en revanche, se corrigent très mal après signature : vente de titres, rachat d’assurance-vie, apport de société, donation, modification d’une clause bénéficiaire ou sortie de retraite. Leur coût dépend de la résidence au jour du fait générateur, de l’ancienneté et de la qualification retenue dans les deux pays. Chiffrez donc au moins un scénario avant d’exécuter l’acte.
Pour le reste, gardez de la souplesse pendant les premiers mois. Un compte opérationnel peut rester ouvert. Ne fermez pas un PEA avant d’en avoir récupéré l’historique ; mesurez les revenus étrangers lors de la première déclaration et testez le budget immobilier avant d’acheter. Cette attente n’autorise pas le silence : signalez la nouvelle résidence à chaque établissement, vérifiez la conformité transfrontalière et exportez vos données.
| À traiter avant l’acte | Peut rester sous observation |
|---|---|
| Résidence possible, exit tax, cession, apport, donation, rachat important, direction d’entreprise et télétravail prévu | Allocation financière encore liquide, choix d’un logement définitif, remplacement d’un contrat et structure patrimoniale non urgente |
| Qualification juridique et fiscale, scénario défavorable, preuve, coût total et professionnel habilité | Collecte de données, comparaison de solutions, suivi des premiers flux et confirmation du besoin réel |
Information générale arrêtée au 24 juillet 2026
Ce guide explique les règles générales connues à cette date. Il ne constitue ni un avis juridique ou fiscal français ou luxembourgeois, ni une prestation comptable ou notariale, ni une recommandation d’investissement personnalisée. Hagnéré Patrimoine n’est ni un cabinet d’avocats, ni une étude notariale, ni un cabinet d’expertise comptable. Le statut français de CIF ne constitue pas, à lui seul, un passeport européen. Hagnéré Patrimoine peut réaliser l’analyse patrimoniale globale, préparer des scénarios et coordonner les validations. Les actes et avis réservés sont délivrés par les professionnels habilités, chacun sous sa responsabilité. Les interventions financières, assurantielles, immobilières ou de financement dépendent en outre des autorisations et notifications applicables au pays, au produit et au service.
Mettre la France et le Luxembourg sur une seule feuille de route
Nous cartographions résidence, revenus, contrats, participations, immobilier et dettes, puis organisons les scénarios et les validations avec les professionnels habilités.
La méthode des quatre droits : une seule chronologie, quatre réponses différentes
Vous changez d’adresse, votre employeur adapte la paie et vous recevez une nouvelle carte de sécurité sociale. Votre résidence fiscale et votre succession sont-elles réglées pour autant ? Non. Les mêmes faits passent devant quatre grilles qui n’ont pas le même objet : le séjour autorise la vie dans le pays, la fiscalité répartit l’impôt et la sécurité sociale désigne le régime de protection. Le droit civil, lui, organise le couple, les pouvoirs et la succession.
Prenons un salarié qui habite en France, travaille pour une banque luxembourgeoise et passe deux jours par semaine à son domicile. Son droit au séjour n’est pas le sujet puisqu’il demeure en France. Pour l’impôt, il compte ses jours travaillés hors du Luxembourg. Pour le social, il mesure la part d’activité exercée dans son État de résidence, puis vérifie si une dérogation assortie d’un certificat A1 s’applique. Logement et famille relèvent encore d’autres textes. Un seuil unique donnerait donc forcément une mauvaise réponse dans au moins une de ces quatre colonnes.
La matrice qui doit précéder toute recommandation
| Couche | Question exacte | Sources prioritaires | Autorité ou professionnel |
|---|---|---|---|
| Séjour et installation | Puis-je entrer, travailler et rester plus de trois mois, et quelles formalités accomplir ? | Directive 2004/38/CE, Guichet.lu, commune | Commune et administration compétente |
| Fiscalité | Quel État me considère résident, quel État peut imposer ce revenu, et comment corriger la double imposition ? | Droits internes, convention consolidée de 2018, doctrine et formulaires du millésime | Administrations et avocat ou conseil fiscal habilité |
| Protection sociale | Quelle législation unique couvre l’activité, la santé, la famille, le chômage et la retraite ? | Règlements européens 883/2004 et 987/2009, CCSS, CNS, institutions françaises | Organismes sociaux, employeur et paie internationale |
| Droit civil | Quelle loi gouverne le couple, les biens, la protection et la succession ? | Règlements européens 650/2012, 2016/1103 et 2016/1104, droits nationaux | Notaire ou avocat en droit international privé |
L’ordre de lecture fiscal : interne, convention, correction, déclaration
Le dossier commence par les faits, pour chaque personne et chaque année. Viennent ensuite les droits internes français et luxembourgeois. Si les deux États revendiquent la résidence, l’article 4 de la convention les départage ; seulement après, chaque revenu trouve son article conventionnel. L’État de résidence peut alors corriger la double imposition et le contribuable remplir les déclarations requises. En inversant cet ordre, on peut calculer parfaitement l’impôt… du mauvais résident.
La séquence de travail
1. Faits datés et pièces 2. Droit interne français 3. Droit interne luxembourgeois 4. Résidence conventionnelle si conflit 5. Qualification de chaque revenu ou actif 6. Droit d’imposer et méthode d’élimination 7. Formulaires, paiements, preuves et suivi
Sauter directement au taux ou au formulaire conduit souvent à appliquer correctement la règle d’une mauvaise catégorie.
La fiche « règle, exception, preuve, professionnel »
Une recommandation doit encore se comprendre six mois plus tard. Pour y parvenir, tenez son raisonnement sur quatre lignes : la règle du cas courant, l’exception susceptible de changer la réponse, les preuves contemporaines et le professionnel chargé de valider ou d’exécuter. Avocat, fiduciaire et banque travaillent ainsi sur la même version du dossier.
| Étape | Question de contrôle | Exemple de réponse |
|---|---|---|
| Règle | Quelle disposition gouverne le cas ordinaire ? | Un résident luxembourgeois est en principe imposé sur son revenu mondial. |
| Exception | Quel fait, article ou régime spécial peut changer la réponse ? | Un revenu immobilier français reste imposable en France et est traité au Luxembourg selon la convention. |
| Preuve | Que faudra-t-il produire dans deux ans ? | Bail, revenu brut, charges, avis français, preuve de paiement et déclaration luxembourgeoise. |
| Professionnel | Qui est habilité à valider ou accomplir l’acte ? | Fiscaliste pour la qualification, expert-comptable ou fiduciaire pour la déclaration selon sa mission. |
Une source a une date, une portée et un niveau
Voir « mise à jour en 2026 » sur une page ne suffit pas. Une fiche administrative pratique ne remplace pas la loi consolidée. Une annonce gouvernementale n’est pas encore un texte en vigueur ; une notice publiée en 2026 peut même traiter un départ réalisé en 2025. La loi, la doctrine, le formulaire du millésime, la pratique d’un établissement et l’hypothèse pédagogique doivent rester clairement séparés.
Les sources officielles centrales de ce guide sont la convention France–Luxembourg consolidée, la loi luxembourgeoise sur l’impôt sur le revenu coordonnée au 1er janvier 2026, les règlements européens publiés sur EUR-Lex et les formulaires du millésime. Une recommandation réelle doit rouvrir ces sources le jour de l’acte.
Le journal de preuve : quinze minutes par mois plutôt que quinze jours après le contrôle
Consacrez quinze minutes par mois à votre journal. Vous éviterez souvent quinze jours de reconstitution au moment d’un contrôle. Notez le pays de présence et le lieu de travail, en séparant télétravail, mission, formation, congé et maladie. Ajoutez chaque changement de logement, de fonction, de rythme, de conjoint, de scolarité, de mandat social ou de contrat. Le tableur reste un index, pas une preuve : il renvoie aux badges, billets, ordres de mission, factures, agendas validés et attestations.
Cas de méthode
Julien prépare son installation tandis que son épouse reste six mois en France
Julien prend son logement luxembourgeois le 1er septembre, commence son emploi le 15 et y travaille physiquement. Son épouse et leurs enfants restent à Nancy jusqu’aux vacances de février. La méthode ne décrète pas une date commune par convenance. Elle ouvre une fiche par personne, documente les logements et les liens familiaux, teste les critères internes de chaque État puis l’article 4 si nécessaire. La scolarité et le foyer français sont des faits importants ; ils ne suffisent pas davantage, isolément, à conclure sans étudier l’ensemble.
Pourquoi l’incertitude doit rester visible
Une conclusion peut être robuste, probable ou conditionnelle. Dire « l’état des pièces ne permet pas de trancher le centre des intérêts vitaux » est plus utile qu’une certitude artificielle. Le bon plan d’action précise alors les faits à stabiliser, la preuve à obtenir et le professionnel appelé à prendre position.
S’installer au Luxembourg : les formalités et le dossier des cent premiers jours
Vous pouvez franchir la frontière avec une carte nationale d’identité ou un passeport valide et travailler sans permis. Pour une installation durable, deux délais arrivent très vite : déclarez votre arrivée à la commune dans les huit jours suivant l’établissement de votre résidence habituelle, puis demandez l’attestation d’enregistrement dans les trois mois si le séjour dépasse trois mois.
Le parcours officiel Guichet.lu pour le citoyen de l’Union distingue le salarié, l’indépendant, l’étudiant et la personne inactive. Le salarié justifie son emploi ; l’indépendant son activité et les autorisations requises ; l’étudiant ou l’inactif doit notamment établir sa couverture maladie et, selon son cas, des ressources suffisantes. La commune précise les pièces, traductions et modes de dépôt.
Avant J-30 : préparer les deux pays, pas seulement le camion
Un mois avant le départ, ouvrez un dossier luxembourgeois. Rangez-y les pièces d’identité et d’état civil du foyer, le contrat de travail ou le dossier d’activité, le justificatif de logement, les preuves d’assurance maladie et de ressources nécessaires, ainsi que les dossiers scolaires et médicaux. Demandez à la commune si certains actes doivent être récents, apostillés ou traduits.
Ouvrez-en un second côté français. Banque, assureur, gestionnaire de PER, teneur de PEA, prêteur et société doivent connaître la nouvelle adresse et confirmer par écrit leurs conditions de maintien ou de service. Le départ n’impose pas forcément de tout fermer : une clôture précipitée peut déclencher un impôt ou faire perdre une antériorité. Mais conserver un produit sans signaler le changement de résidence peut bloquer une opération plus tard.
J0 à J+8 : établir l’arrivée et sa réalité
Vous occupez réellement le logement ? Le compteur des huit jours pour déclarer l’arrivée à la commune devient alors concret. Le guide officiel des déclarations communales rappelle également qu’un départ ultérieur à l’étranger est déclaré avant le départ, au plus tard la veille. Conservez la déclaration, le récépissé, le bail ou l’acte, l’état des lieux et la date de remise des clés.
La date administrative doit rester cohérente avec votre vie réelle. Si le logement est inhabitable, si la famille demeure durablement en France ou si l’activité ne commence que plusieurs mois plus tard, l’analyse fiscale en tiendra compte. À l’inverse, une déclaration communale tardive n’efface pas une installation déjà effective.
J+8 à J+30 : emploi, affiliation et couverture
Lorsque le Luxembourg est l’État social compétent, l’employeur déclare l’entrée du salarié au Centre commun de la sécurité sociale. Un indépendant effectue lui-même son affiliation, en principe dans les huit jours du début d’activité, après avoir sécurisé les autorisations professionnelles nécessaires. La carte de sécurité sociale est émise après la première affiliation ; le CCSS indique un délai pouvant aller jusqu’à environ trois semaines.
La carte ne règle pas une situation de travail dans plusieurs États. Si une partie de l’activité reste en France ou dans un État tiers, la législation applicable doit être déterminée et, lorsque requis, attestée par un A1. La section sociale du guide détaillera ce mécanisme ; au stade de l’installation, le réflexe consiste à signaler le rythme réel à l’employeur avant qu’il ne devienne habituel.
Avant J+90 : attestation d’enregistrement et cohérence du dossier
Pour un séjour supérieur à trois mois, l’attestation d’enregistrement est demandée dans ce délai. Elle documente le droit de séjour ; elle n’est ni un certificat de résidence fiscale, ni une décision de la convention. Selon le profil, le dossier justifie l’emploi, l’activité indépendante, les études, les ressources et la couverture maladie.
| Moment | Action | Pièces à conserver | Erreur à éviter |
|---|---|---|---|
| Avant le départ | Interroger commune, employeur, banque, assureurs et gestionnaires | Réponses écrites, contrats, actes, relevés et documents d’état civil | Fermer ou racheter un produit seulement pour simplifier l’administratif |
| Dans les 8 jours | Déclarer l’arrivée à la commune | Récépissé, bail, état des lieux et remise des clés | Présenter cette formalité comme une décision fiscale définitive |
| Au début de l’emploi | Contrôler la déclaration CCSS et les lieux de travail | Confirmation d’affiliation, contrat et calendrier | Cacher un télétravail régulier jusqu’à la fin de l’année |
| Dans les 3 mois | Demander l’attestation d’enregistrement UE | Attestation et justificatifs du statut | Confondre droit au séjour et assujettissement fiscal |
| Avant la première paie complète | Vérifier fiche de retenue, état civil et adresse | Fiche fiscale et éléments transmis à l’employeur | Supposer que la retenue solde l’impôt annuel |
| Avant J+100 | Finaliser le passeport patrimonial et la feuille de route déclarative | Prix de revient, primes, dettes, participations, mandats et revenus | Attendre la première déclaration pour rechercher les historiques |
Le passeport patrimonial des cent premiers jours
Un dossier partagé suffit pour ce passeport, à condition de le remplir précisément. Pour chaque actif, notez le propriétaire, le pays, l’établissement, la valeur, le prix de revient, la date d’ouverture, la fiscalité latente, les bénéficiaires, les frais, la liquidité et les restrictions de commercialisation. Faites le même travail pour les passifs : emprunteur, bien financé, garantie, taux, échéance et clauses liées à la résidence. Chaque société ajoute sa cap table, ses pactes, ses mandats, sa direction effective, sa valorisation et ses opérations en report.
Ajoutez ensuite les revenus attendus sur douze mois : salaire fixe et variable, dividendes, intérêts, loyers, pensions et gains différés. Attention à la date d’encaissement : elle ne suffit pas toujours. Bonus, actions, indemnités et cessions peuvent se rattacher à plusieurs périodes ou lieux d’activité. Cette carte évite de choisir un produit avant même d’avoir qualifié le flux qu’il doit recevoir.
Cas des cent premiers jours
Claire s’installe à Luxembourg-Ville et conserve son appartement parisien
Hypothèses : Claire prend les clés le 2 septembre, commence son emploi luxembourgeois le 7, son conjoint la rejoint le 1er novembre et l’appartement parisien est loué à compter du 15 novembre. Elle déclare son arrivée dans les huit jours et demande son attestation avant trois mois. Fiscalement, elle ne retient pas automatiquement le 2 septembre : elle documente la transition du foyer, la disponibilité du logement français et les périodes de revenus. Loyer français, éventuel IFI, protection du couple et déclaration de l’année de départ sont ouverts comme dossiers distincts.
L’administration communale ne délivre pas une résidence fiscale opposable à tout
Une adresse, une attestation d’enregistrement ou même un certificat fiscal est une pièce utile. Si le logement, la famille, l’activité ou les intérêts économiques racontent une autre histoire, la France peut encore appliquer ses critères et la convention devra être examinée. En cas de foyer conservé ou de déménagement échelonné, faites valider la date avant la déclaration, la cession ou le rachat d’un contrat.
Résidence fiscale : domicile, séjour habituel et article 4 — jamais le seul réflexe des 183 jours
Vous avez déclaré votre arrivée au Luxembourg et passé la majorité de l’année sur place. Êtes-vous forcément devenu non-résident de France ? Pas encore. La résidence fiscale se démontre pour chaque personne et chaque année. Il faut d’abord appliquer les critères internes des deux États. La convention n’intervient pour départager la personne que si la France et le Luxembourg la considèrent tous deux comme résidente.
Le Luxembourg : domicile fiscal ou séjour habituel
Côté luxembourgeois, la première question porte sur votre domicile fiscal ou votre séjour habituel. L’article 2 de la loi luxembourgeoise sur l’impôt sur le revenu coordonnée pour 2026 distingue le contribuable résident, qui a son domicile fiscal ou son séjour habituel au Luxembourg, du non-résident imposable sur ses revenus indigènes. Cette qualification emporte une conséquence directe : le résident relève en principe de l’impôt sur son revenu mondial.
Une inscription communale, un titre de séjour ou une adresse luxembourgeoise ne suffit pas isolément. La fiche officielle sur le certificat de résidence fiscale rappelle que le centre des intérêts vitaux peut demeurer à l’étranger. Le certificat facilite une formalité ou l’application d’un traité ; il n’empêche pas l’autre État de confronter l’adresse aux faits.
La France : trois familles de critères alternatifs
La France peut encore vous regarder comme résident même si un seul de ses critères est rempli. L’article 4 B du CGI vise le foyer ou le lieu du séjour principal, l’activité professionnelle principale et le centre des intérêts économiques. Ces critères sont alternatifs : il n’est pas nécessaire qu’ils soient tous réunis. Depuis le 16 février 2025, le texte indique expressément qu’une personne que la convention ne considère pas résidente de France ne peut pas être rendue résidente française par les seuls critères internes.
Le foyer correspond en pratique au lieu de vie normal de la personne ou de sa famille ; le séjour principal se lit dans son contexte ; l’activité principale peut demeurer française même si elle n’occupe pas tous les jours ; le centre des intérêts économiques recherche notamment les affaires, revenus et décisions. Plus de 183 jours peut constituer un indice de séjour. Rester sous ce nombre ne donne ni immunité, ni droit d’option.
Trois occurrences de « 183 jours », trois questions différentes
Le nombre est souvent utilisé pour le séjour principal en droit interne, pour le séjour habituel luxembourgeois ou pour l’exception salariale conventionnelle. Ces notions ne se substituent pas. Les 183 jours de l’article relatif aux salaires forment seulement l’une de trois conditions cumulatives d’une mission temporaire ; ils ne déterminent jamais, à eux seuls, la résidence fiscale.
Si les deux pays revendiquent la personne : l’escalier de l’article 4
Deux résidences internes ne signifient pas deux résidences conventionnelles. L’article 4 de la convention consolidée applique des critères successifs. Impossible de choisir le plus favorable : on ne passe à l’étape suivante que si la précédente ne tranche pas.
- foyer d’habitation permanent : logement durablement disponible dans un État ou dans les deux ;
- centre des intérêts vitaux : liens personnels et économiques les plus étroits lorsque deux foyers existent ;
- séjour habituel : lieu où les séjours présentent une fréquence, une durée et une régularité significatives si les étapes précédentes ne tranchent pas ;
- nationalité : critère subsidiaire, et non règle générale attachée au passeport français ;
- accord des autorités compétentes : lorsque les critères précédents laissent subsister le conflit.
Le centre des intérêts vitaux ne se décide pas en comparant le plus gros compte bancaire à l’adresse des enfants. Il met en balance tous les liens personnels et économiques. Une famille restée provisoirement en France, un logement encore disponible, une société dirigée depuis Paris ou une vie quotidienne entièrement déplacée au Luxembourg n’auront pas le même poids selon la durée et les pièces produites.
Chaque membre du couple mérite sa propre fiche
Dans un couple, les deux résidences ne basculent pas forcément le même jour. L’un peut être résident conventionnel du Luxembourg pendant que l’autre demeure résident de France. Un choix d’imposition du couple au Luxembourg, l’adresse des enfants ou un compte commun n’effacent pas cette qualification personnelle. Préparez une fiche par personne : logements disponibles, présence, activité, revenus, mandats et liens familiaux.
Le dossier de preuve qui résiste à une lecture contradictoire
| Dimension | Pièces contemporaines | Limite d’une pièce isolée |
|---|---|---|
| Logement | Bail, acte, remise des clés, occupation, assurance, consommations | Un bail signé ne prouve pas une occupation réelle ni l’indisponibilité du logement français. |
| Famille | Adresse du conjoint, école, soins, déplacements et vie courante | Un décalage temporaire ne décide pas seul du centre des intérêts vitaux. |
| Présence | Calendrier corroboré par badges, billets, péages, factures et agendas | Les nuits seules n’expliquent ni le foyer ni l’activité. |
| Activité | Contrat, clients, décisions, lieux de travail, missions et pouvoirs | Le siège de l’employeur ou le compte de versement ne prouve pas le lieu d’exercice. |
| Économie | Mandats, participations, revenus, immobilier, financements et décisions patrimoniales | La valeur brute des actifs n’est pas l’unique mesure du centre des intérêts. |
| Administratif | Déclarations, certificats, avis et correspondances des deux pays | La cohérence administrative aide ; elle ne neutralise pas des faits contraires. |
Cas de résidence
Amélie s’installe à Luxembourg, son conjoint conserve provisoirement la maison de Thionville
Hypothèses : Amélie occupe un appartement luxembourgeois à compter du 1er mars, y travaille toute la semaine et son conjoint reste dans la maison française jusqu’au 31 août pour achever une mission. Elle ne conclut pas « Luxembourg au 1er mars » en additionnant ses jours. Elle teste son domicile ou séjour au Luxembourg, puis les critères français de foyer, activité et intérêts économiques. Si les deux États la revendiquent, elle examine le foyer permanent, puis les liens personnels et économiques. La conclusion est limitée à Amélie, à l’année concernée et aux faits documentés.
La résidence de la société est un autre dossier
Votre déménagement ne fait pas voyager le siège fiscal de votre société dans vos cartons. Une société française ne devient pas automatiquement luxembourgeoise parce que son dirigeant s’installe au Grand-Duché. Inversement, une immatriculation luxembourgeoise ne suffit pas si les décisions, contrats, équipes et risques restent pilotés depuis la France. Si les deux pays revendiquent la société, il faut examiner direction effective, établissement stable, gouvernance et clause anti-abus avec les professionnels compétents. Les chapitres entrepreneur et holding reprennent ce dossier.
Mémo express
Règle, exception, preuve, professionnel
- Règle : chaque État applique d’abord ses critères internes à chaque personne.
- Exception : si les deux revendiquent la résidence, l’article 4 tranche par critères successifs.
- Preuve : un journal de faits corroboré, pas un seul certificat ou un total de jours.
- Professionnel : validation par un avocat fiscaliste France–Luxembourg lorsque foyer, activité de direction, logement disponible ou intérêts économiques restent partagés.
Lire la convention France–Luxembourg de 2018 : ce qu’elle répartit, corrige et ne couvre pas
Une recherche rapide fait encore remonter l’ancien traité ou l’ancienne tolérance. Les appliquer à un dossier actuel conduirait au mauvais résultat. La convention en vigueur a été signée le 20 mars 2018, est entrée en vigueur le 19 août 2019 et s’applique principalement aux périodes commençant le 1er janvier 2020. L’avenant du 10 octobre 2019 est entré en vigueur le 18 février 2021 pour les périodes commençant en 2020. Puis celui du 7 novembre 2022, entré en vigueur le 4 mars 2025 avec effet rétroactif aux périodes commençant le 1er janvier 2023, a notamment porté la tolérance de 29 à 34 jours pour certaines rémunérations.
La source à conserver est la version consolidée officielle publiée par la DGFiP. Elle permet de lire ensemble la convention, le protocole et les avenants. Une page ancienne fondée sur la convention de 1958 ou sur le seuil historique de 29 jours ne doit pas être utilisée pour une situation de 2026.
Ouvrir la convention avec la bonne question
La convention ne répond pas simplement « France » ou « Luxembourg ». Elle suit trois questions, dans cet ordre.
- Qui est résident conventionnel ? L’article 4 départage une double résidence pour les impôts couverts.
- Quel État peut imposer le revenu ou la fortune ? Chaque catégorie possède son article : immeuble, bénéfice, salaire, dividende, intérêt, gain, pension ou fortune.
- Comment l’État de résidence évite-t-il une double imposition ? L’article 22 prévoit une exemption avec progression ou un crédit selon le pays et la catégorie.
Elle ne crée pas une exonération domestique, ne garantit pas le remboursement de toute retenue et ne dispense pas automatiquement d’une déclaration dans les deux pays. Le contribuable doit encore qualifier le revenu, établir qu’il a été effectivement imposé lorsque la méthode l’exige et utiliser les formulaires du millésime.
La carte conventionnelle à lire avant les chapitres spécialisés
| Revenu ou actif | Règle principale | Vigilance à conserver |
|---|---|---|
| Immeuble et loyer | L’État de situation peut imposer. | L’État de résidence demande souvent la déclaration et applique sa méthode d’élimination ; la détention indirecte exige une qualification. |
| Bénéfice d’entreprise | État de résidence de l’entreprise, sauf bénéfice attribuable à un établissement stable dans l’autre État. | Direction effective, bureau à domicile, agent et lieux de décision sont factuels. |
| Salaire privé | État où le travail est physiquement exercé, sous réserve de l’exception cumulative de l’article 14 et de la tolérance du protocole. | Les 183 jours salariaux ne déterminent pas la résidence ; les 34 jours seront détaillés dans le chapitre frontalier. |
| Dividende | Imposition possible dans les deux États ; retenue de la source plafonnée en principe à 15 % pour un particulier bénéficiaire effectif. | Le taux de 0 % vise certaines sociétés et ne doit jamais être présenté comme un taux personnel. |
| Intérêt | Imposition en principe exclusive dans l’État de résidence du bénéficiaire effectif. | Établissement stable, relations spéciales et formalités de taux conventionnel peuvent changer le traitement pratique. |
| Plus-value sur titres ordinaires | État de résidence du cédant en principe. | Prépondérance immobilière, ancienne résidence et participation substantielle forment des exceptions distinctes. |
| Pension privée d’ancien emploi | État de résidence en principe. | Une pension légale de sécurité sociale et une pension publique suivent d’autres articles ; une sortie en capital doit être qualifiée. |
| Fortune immobilière | L’État de situation peut imposer selon l’article 21. | L’IFI direct français est clair ; titres, contrats, fonds et chaînes de détention exigent une analyse conventionnelle propre. |
Les deux grandes méthodes d’élimination
Prenons un résident du Luxembourg qui reçoit un revenu imposable en France. Le Luxembourg applique fréquemment l’exemption avec progression : le revenu français n’est pas taxé une seconde fois comme un revenu ordinaire. Il peut toutefois relever le taux appliqué aux autres revenus. Pour certaines catégories, dont les dividendes, la correction prend plutôt la forme d’un crédit plafonné à l’impôt luxembourgeois correspondant.
Dans l’autre sens, un résident de France peut percevoir un revenu luxembourgeois. Pour plusieurs revenus, dont le salaire ordinaire effectivement imposé au Luxembourg, la France intègre le revenu puis accorde un crédit égal à l’impôt français correspondant. Le résultat économique ressemble à une exemption avec effet de taux. En droit, cela reste un crédit, et la déclaration doit respecter cette qualification. L’ancienne tolérance française s’est arrêtée après les revenus 2023 : pour les revenus 2024 et suivants, écartez les tutoriels qui reprennent encore l’ancienne méthode.
Le BOFiP sur l’élimination de la double imposition et le pas-à-pas de la DGFiP sur l’application de la convention aux revenus 2024 sont les références pratiques. Les numéros de cases restent à contrôler dans les notices de chaque campagne.
IFI inclus, succession et donation exclues
Vous conservez un immeuble en France après votre installation ? La convention porte sur les impôts sur le revenu et la fortune ; elle couvre donc le raisonnement relatif à l’IFI. Détenu en direct, l’immeuble français reste en principe dans le champ français si les conditions internes sont remplies. Avec une détention indirecte, la réponse devient plus délicate. Parts de SCI, holding, fonds, trust, assurance-vie ou chaîne de sociétés : le droit français en inclut de nombreuses formes, mais il faut confronter l’article 21 à la qualification de l’élément. L’arrêt du 2 avril 2025 sur une SCI luxembourgeoise concernait l’ancienne convention et l’ISF. Il ne donne pas une réponse universelle pour l’IFI actuel.
En revanche, la convention de 2018 ne couvre pas les droits de succession et de donation. La liste officielle française des conventions en vigueur au 1er janvier 2026 ne mentionne pour le Luxembourg qu’un traité sur le revenu et la fortune. La loi civile successorale éventuellement choisie par testament ne choisit pas davantage le pays d’imposition. Droits internes, territorialité et crédits unilatéraux doivent être étudiés avec le notaire et l’avocat.
Article 28 : un avantage conventionnel peut être refusé
La convention contient sa propre clause anti-abus. Un avantage peut être refusé lorsqu’il est raisonnable de conclure que son obtention constituait l’un des objets principaux d’un montage, sauf conformité démontrée à l’objet des dispositions. Un taux favorable dans un tableau ne suffit donc pas à rendre efficace une adresse de façade, une société sans fonctions réelles ou une interposition avant cession.
La MLI : ne pas ajouter une couche non démontrée
Faut-il ajouter la convention multilatérale BEPS à l’analyse ? Au 24 juillet 2026, les fichiers de position officiels contrôlés identifient encore l’ancienne convention de 1958, et aucun texte de synthèse MLI n’est publié pour la convention de 2018. Nous ne présentons donc pas la MLI comme une modification démontrée de la convention actuelle. Cette absence de démonstration n’autorise pas à conclure qu’elle ne produira jamais d’effet. Si le dossier dépend d’une notification, du bénéficiaire effectif ou du test anti-abus, revérifiez les positions officielles à la date de l’acte.
Cette prudence repose sur les positions MLI officielles de la France et du Luxembourg, la base d’appariement de l’OCDE et le répertoire conventionnel de l’ACD, contrôlés à la date d’arrêté du guide.
Cas conventionnel
Paul devient résident luxembourgeois, loue un appartement français et reçoit un dividende français
Hypothèses : la résidence conventionnelle luxembourgeoise est établie, l’appartement est détenu directement et Paul est le bénéficiaire effectif du dividende. La France peut imposer le loyer en raison de la situation de l’immeuble et prélever sur le dividende dans la limite conventionnelle. Paul déclare aussi les revenus au Luxembourg : le loyer suit en principe l’exemption avec progression, tandis que le dividende appelle le calcul du crédit plafonné et du régime luxembourgeois. Il ne compense pas les deux flux globalement et conserve revenu brut, retenue, avis et preuve du paiement.
En cas de conflit, ne pas attendre le recouvrement
Vous recevez un avis qui paraît contraire à la convention ? N’attendez pas le recouvrement pour réunir le dossier. L’article 24 organise une procédure amiable, avec un délai conventionnel en principe fixé à trois ans à compter de la première notification de la mesure litigieuse. Cette voie ne suspend pas automatiquement les recours internes ni leurs délais. Transmettez rapidement avis, retenues, certificats de résidence, déclarations et calculs au conseil chargé de choisir les procédures.
Mémo express
Règle, exception, preuve, professionnel
- Règle : la convention répartit le droit d’imposer catégorie par catégorie.
- Exception : établissement stable, bénéficiaire effectif, participation, prépondérance immobilière, pension publique et clause anti-abus peuvent déplacer le résultat.
- Preuve : source du revenu, lieu d’exercice, propriété, impôt effectivement payé et résidence conventionnelle.
- Professionnel : avocat fiscaliste pour le droit d’imposer et fiduciaire ou expert-comptable pour la déclaration selon leur mission.
Quitter la France : année du départ, passeport des actifs et exit tax sans taux universel
L’année du départ tient rarement dans une date unique. Vous prenez le logement le 1er mars, commencez l’emploi le 15, votre conjoint arrive le 1er septembre, alors qu’un compromis de cession se négocie depuis janvier. Chacun de ces faits éclaire la transition. Rattachez revenus, plus-values, jours de travail et décisions à leur période avant d’inscrire une date de transfert dans les déclarations.
La déclaration française de l’année mixte
L’année suivante, vous ne remplissez pas simplement une déclaration de non-résident. La 2042 couvre les revenus mondiaux de la période de résidence française jusqu’à la date de transfert. La 2047 accompagne les revenus étrangers de cette période lorsqu’elle est requise. Puis la 2042-NR reprend les revenus de source française que la France peut encore imposer après le départ. La page officielle de la DGFiP sur la déclaration après un départ doit être rapprochée des notices du millésime.
Une personne qui reste non-résidente continue à déclarer en France les revenus français imposables et, le cas échéant, l’IFI ou les obligations spéciales. Elle n’est pas soumise au formulaire 3916 du seul fait qu’elle conserve un compte luxembourgeois pendant sa non-résidence. Lors d’un retour, ces obligations peuvent reprendre pour la période de résidence française ; l’année mixte doit être documentée.
Ne pas piloter la date de départ avec le seul calendrier fiscal
Avancer le départ de quelques jours pour gagner un traitement fiscal sur le papier peut rendre le dossier indéfendable. Si famille, logement ou activité restent en France, la date portée sur la déclaration ne déplace pas forcément la résidence. Retarder la formalité alors que la vie est déjà installée au Luxembourg crée le problème inverse : les déclarations des deux États ne racontent plus la même histoire. Fixez d’abord les événements réels, puis comparez leurs conséquences.
Pour une opération imminente, construisez au moins trois scénarios : acte avant transfert, acte après transfert et acte différé après la période de sursis ou de clause d’ancien résident pertinente. Chaque scénario reprend les mêmes hypothèses de valeur et de prix de revient, distingue l’impôt immédiatement payé de l’impôt seulement constaté, puis ajoute les coûts juridiques, comptables et de conformité. Une différence de taux théorique ne suffit pas si l’un des scénarios crée une double résidence, une imposition conventionnelle ou une restructuration sans motif économique.
L’exit tax se lit par compartiments
Vous détenez des titres au moment du départ ? Séparez d’abord les plus-values latentes sur certains titres, les créances de complément de prix et les plus-values déjà placées en report. L’article 167 bis du CGI vise ces trois compartiments, avec des conditions et un suivi qui ne sont pas identiques. Pour les « plus-values latentes », le test général retient une résidence fiscale française pendant au moins six des dix années précédant le départ et l’un des seuils suivants :
- une participation directe ou indirecte représentant au moins 50 % des bénéfices sociaux d’une société ;
- ou une valeur globale des titres entrant dans le champ strictement supérieure à 800 000 €.
À 800 000 € exactement, le seuil de valeur n’est pas franchi. Le seuil de 50 % vise les bénéfices sociaux, pas une formule générale sur les droits de vote. Créance d’earn-out et plus-value déjà en report doivent être testées même si le portefeuille de titres reste sous le seuil. La source primaire est l’article 167 bis du CGI, complété par le formulaire et la notice du millésime réel du départ.
Repérage de la composante « plus-values latentes »
Résidence fiscale française ≥ 6 années sur les 10 précédentes ET (participation ≥ 50 % des bénéfices sociaux OU valeur globale des titres > 800 000 €) Puis inventaire séparé : créances de complément de prix + plus-values déjà en report
Ce test ouvre l’instruction du dossier ; il ne calcule ni l’assiette exacte, ni le taux, ni les titres exclus.
Départ vers le Luxembourg : sursis automatique en principe, déclaration maintenue
Le sursis soulage la trésorerie ; il n’efface pas l’impôt. Comme le Luxembourg appartient à l’Union européenne, le départ ouvre en principe, en droit français, un sursis automatique de paiement de l’exit tax. L’impôt reste calculé et déclaré, seul son paiement est différé. Ni l’exonération ni le dégrèvement futur ne sont garantis. Cession, remboursement, annulation, donation, distribution, opération intercalaire, changement de pays ou retour doivent être testés dans le compartiment concerné.
La déclaration initiale 2074-ETD est souscrite l’année suivant le transfert avec la déclaration de revenus selon le millésime applicable. Une nuance importante évite une fausse obligation : pour un transfert intervenu depuis le 1er janvier 2019 ne comportant que des plus-values latentes en sursis, la notice 2074-ETS3 indique qu’aucun formulaire annuel de suivi n’est déposé pendant une année sans événement. Les créances de complément de prix, les plus-values en report, les anciens départs et les changements de destination conservent leurs règles propres.
Deux ans, cinq ans : des délais conditionnels, pas une extinction promise
Le délai dépend de la valeur concernée. Pour les plus-values latentes encore en sursis et les titres demeurés dans le patrimoine, un dégrèvement peut intervenir après deux ans lorsque cette valeur n’excède pas 2,57 M€, ou après cinq ans lorsqu’elle excède 2,57 M€, sous réserve de l’absence d’événement contraire. À 2,57 M€ exactement, le délai de deux ans s’applique. Les autres compartiments et les départs anciens restent soumis à leurs propres textes et notices.
Il n’existe pas un taux d’exit tax valable pour tous les départs
Le calcul dépend du millésime, du compartiment, de la nature des titres, des abattements historiques, des reports, de l’impôt sur le revenu, des prélèvements sociaux et, le cas échéant, des contributions sur les hauts revenus. Une notice publiée en 2026 peut concerner les transferts de 2025. Ce guide donne les seuils et la méthode ; il ne multiplie jamais une plus-value latente par un taux présenté comme universel.
La convention crée un test supplémentaire lors de la vente
L’exit tax constate une imposition au moment du transfert de résidence. L’article 13 § 5 de la convention peut, séparément, permettre à la France d’imposer la cession d’actions ou de parts d’une société résidente de France lorsque le cédant, seul ou avec des personnes apparentées ou liées, dispose directement ou indirectement de droits ouvrant droit à au moins 25 % des bénéfices et a été résident de France à un moment quelconque des cinq années précédant la cession. Pour une même opération, il faut donc instruire le droit luxembourgeois de la cession, la clause conventionnelle d’ancien résident et l’exit tax française.
La check-list avant une lettre d’intention ou un protocole
Mémo express
À réunir avant toute signature
- cap table, droits aux bénéfices, détentions indirectes, pactes et historique sur au moins les périodes utiles ;
- prix de revient, rapports de valorisation et méthode retenue pour les titres non cotés ;
- déclarations d’apport, reports 150-0 B ter, soultes, compléments de prix et engagements ;
- chronologie des discussions, offres, audits, décisions du conseil et signature ;
- date et preuves du transfert de résidence ;
- formulaires initiaux et de suivi correspondant au millésime ;
- scénarios de cession, donation, échange, remboursement et retour, validés avant l’acte.
Cas de dirigeant
Thomas quitte la France avec 60 % d’une SAS valorisée 3 M€
Hypothèses pédagogiques : Thomas a été résident de France huit des dix années précédentes, détient directement 60 % des bénéfices sociaux et envisage une vente dix-huit mois après son installation. Le test des plus-values latentes est rempli à la fois par le pourcentage et par la valeur. Parce que la destination est un État membre de l’Union européenne, le droit français ouvre en principe le sursis automatique, mais la déclaration initiale reste nécessaire. La future cession appelle en outre l’article 13 § 5, la fiscalité luxembourgeoise, la chronologie des négociations et les événements mettant fin au sursis. Aucun taux ni économie n’est calculé sans les prix de revient, reports, contributions et notices du millésime.
Le passeport d’actifs à emporter
Faites l’export avant que l’ancien espace bancaire ne devienne inaccessible. Récupérez l’historique des lots et prix de revient, les primes d’assurance-vie, les versements et déductions du PER, les statuts et mouvements de titres, les dettes, les valeurs immobilières, les clauses bénéficiaires et les déclarations antérieures. Ajoutez ensuite les avis français, puis les certificats de résidence et déclarations luxembourgeoises. Ce dossier vous suivra lors d’une vente, d’une donation, d’un contrôle ou d’un retour.
Mémo express
Règle, exception, preuve, professionnel
- Règle : l’année est ventilée autour de la date réelle de transfert ; l’exit tax se teste par compartiment.
- Exception : seuils, titres exclus, reports, earn-out, événements et millésimes produisent des suivis différents.
- Preuve : valorisation, prix de revient, cap table, formulaires, négociations et chronologie de résidence.
- Professionnel : avocat fiscaliste France–Luxembourg avant toute cession, apport, donation ou restructuration ; déclarant habilité pour les formulaires.
Impôt sur le revenu luxembourgeois : revenu mondial, classes, retenue et déclaration annuelle
Votre fiche de paie affiche une retenue luxembourgeoise régulière. Le calcul annuel est-il soldé ? Pas forcément. Le résident fiscal luxembourgeois est en principe imposé sur son revenu mondial : revenus français, loyers, dividendes, intérêts, pensions et gains doivent être qualifiés, déclarés ou exonérés avec progression selon le droit interne et la convention.
Pour le frontalier résidant en France, le point de départ change. Ce non-résident est imposé au Luxembourg sur les revenus indigènes prévus par la loi. Il peut, sous conditions, demander une assimilation pour le calcul, mais doit alors révéler son revenu mondial. Le résultat dépend du foyer et des revenus étrangers. Une simulation sur l’année complète dira s’il est avantageux, neutre ou défavorable.
Le barème 2026 : progressif, puis majoré pour le fonds pour l’emploi
Ne comparez pas le taux maximal à votre salaire brut. Le tarif officiel publié par l’Administration des contributions directes reprend en 2026 le barème applicable depuis 2025. Il commence à 0 % jusqu’à 13 230 € de revenu imposable ajusté et progresse par tranches jusqu’au taux marginal de 42 % au-delà de 234 870 €. Ces bornes portent sur un revenu imposable ajusté, pas sur le salaire brut versé par l’employeur.
L’impôt calculé est ensuite majoré pour le fonds pour l’emploi. La majoration est de 7 %. Lorsque le revenu imposable ajusté dépasse 150 000 € en classes 1 ou 1a, ou 300 000 € en classe 2, elle reste de 7 % sur la part d’impôt correspondant au seuil et passe à 9 % sur la part d’impôt relative à la tranche excédentaire. Il ne s’agit pas de sept ou neuf points ajoutés au taux marginal. Déductions, abattements, crédits, retenues et revenus exonérés avec progression interviennent dans un ordre qu’un comparatif de taux brut ne reproduit pas.
La chaîne de calcul, sans fausse précision
Revenus mondiaux par catégorie − dépenses et déductions admises = revenu imposable ajusté → barème progressif selon la classe + majoration fonds pour l’emploi − retenues et crédits imputables = solde à payer ou à restituer
La convention intervient avant ou pendant cette chaîne selon la catégorie : exemption avec progression, crédit ou droit exclusif.
Classes 1, 1a et 2 : un mode de calcul, pas une réduction promise
| Classe ou choix | Profil général | Vigilance |
|---|---|---|
| Classe 1 | Classe de droit commun, notamment célibataire et non-résident sans assimilation ou option applicable | La situation familiale et l’assimilation peuvent modifier le traitement final. |
| Classe 1a | Notamment certaines personnes avec enfant, veuves ou âgées d’au moins 64 ans, sous conditions | Ne pas l’attribuer sur le seul fait d’avoir un enfant ou d’être parent isolé. |
| Classe 2 | Imposition collective de certains époux ou partenaires répondant aux conditions | Le splitting n’est pas automatiquement optimal et les revenus étrangers influencent le calcul. |
| Imposition individuelle pure | Choix possible pour des époux éligibles, chacun en classe 1 | Comparer avec l’imposition collective sur les mêmes revenus et déductions. |
| Imposition individuelle avec réallocation | Répartition du revenu et taux commun selon les modalités prévues | Le résultat dépend de la réallocation demandée et des informations du couple. |
Pour un couple, la classe affichée n’est que le début de la décision. Depuis 2018, les époux qui remplissent les conditions peuvent choisir l’imposition collective, l’imposition individuelle pure ou l’individualisation avec réallocation. Un partenariat enregistré ne place pas automatiquement les partenaires en classe 2 sur la fiche de retenue. L’imposition collective se demande conjointement après l’année, au moyen du modèle 100 et sous les conditions de l’article 3 bis LIR.
Une classe favorable sur la paie ne rend pas la retenue définitive. Changement familial, second employeur, revenu étranger ou choix d’individualisation peuvent créer un solde. Mettez à jour la fiche fiscale, puis simulez l’année complète.
Les crédits et déductions ne sont pas une liste de courses
Vous avez payé une prévoyance, des intérêts d’emprunt et une épargne-pension : cela ne crée pas trois déductions automatiques. Intérêts, prévoyance, épargne-pension, pensions alimentaires, frais professionnels et charges extraordinaires suivent des règles, plafonds et conditions différents. Un paiement utile au foyer n’est pas forcément déductible, pas plus qu’un produit français ne devient éligible parce qu’un produit luxembourgeois comparable l’est. Pour trancher, identifiez le débiteur, le bénéficiaire, la période, le contrat et l’article applicable. Ensuite seulement, conservez l’attestation requise.
La même prudence vaut pour les crédits d’impôt. Un crédit conventionnel corrige l’impôt étranger dans une limite ; un crédit personnel répond à une dépense ou une situation ; une retenue de paie est un acompte. Les additionner sans distinguer leur nature crée facilement un remboursement fictif. Une simulation lisible affiche séparément base imposable, impôt brut, majoration, crédits, prélèvements déjà opérés et solde.
Retenue à la source, décompte annuel ou modèle 100
Retenue, modèle 100 et décompte annuel ne répondent pas au même besoin. L’employeur ou la caisse prélève d’abord à partir de la fiche fiscale. Selon le profil, la déclaration par voie d’assiette — modèle 100 — devient obligatoire ou utile. Le décompte annuel, notamment le modèle 163 R dans son champ, sert à une régularisation plus limitée. Le bon canal dépend des revenus, du nombre d’employeurs, du niveau de revenu, de la situation familiale, des déductions et de l’assimilation.
La procédure officielle du modèle 100 indique que la déclaration de l’année N est en principe remise au plus tard le 31 décembre N+1. Pour les revenus 2025, la période officielle va du 7 avril au 31 décembre 2026. Une lettre de l’ACD fixant un délai plus court prévaut. Tout le monde n’est pas obligé de déposer le modèle, mais personne ne doit déduire de la seule retenue que sa situation complexe est soldée.
Revenus étrangers : déclarer pour imposer ou pour déterminer le taux
Un revenu français déclaré au Luxembourg n’y est pas forcément taxé une seconde fois. Certains revenus imposables en France sont exonérés avec progression au Luxembourg : ils influencent le taux des autres revenus, sans nécessairement supporter une seconde imposition ordinaire. D’autres flux, comme certains dividendes, ouvrent plutôt un crédit limité. Conservez, pour chaque catégorie, le revenu brut, la retenue, l’impôt définitif et sa preuve de paiement.
Les recherches officielles arrêtées au 24 juillet 2026 n’ont pas identifié de formulaire annuel général autonome équivalent au 3916 français qui imposerait l’inventaire de tous les comptes étrangers indépendamment de leurs revenus. Cette absence de formulaire général identifié ne signifie pas « aucune obligation ». Revenus, contrats, trusts, sociétés, comptes professionnels, actifs numériques ou demandes de l’administration peuvent créer des rubriques et justificatifs propres. L’échange automatique CRS ne remplace pas la déclaration du contribuable.
L’assimilation du non-résident : deux tests, puis une simulation mondiale
L’assimilation peut rapprocher le calcul d’un non-résident de celui d’un résident, mais deux tests en commandent l’accès. Un résident de France imposé au Luxembourg peut la demander si au moins 90 % de son revenu mondial est imposable au Luxembourg, ou si ses revenus nets étrangers non imposables au Luxembourg sont inférieurs à 13 000 €. Pour le seul test des 90 %, les 50 premiers jours travaillés hors Luxembourg peuvent être neutralisés. Cette neutralisation ne rend pas ces jours imposables au Luxembourg et ne remplace pas la tolérance conventionnelle de 34 jours.
L’fiche Guichet.lu sur l’assimilation doit être relue pour l’année concernée. L’option oblige à renseigner le revenu mondial pour le taux et n’est pas toujours favorable. Une personne disposant d’un loyer français, d’un conjoint ayant un revenu élevé en France ou de plusieurs jours de travail hors Luxembourg doit simuler le régime ordinaire et l’assimilation sur les mêmes hypothèses.
Cas de déclaration
Mathilde et Hugo comparent imposition collective et individualisation
Hypothèses pédagogiques : ils sont mariés, résidents fiscaux du Luxembourg toute l’année, Mathilde reçoit 120 000 € de salaire luxembourgeois et Hugo 30 000 € de revenu professionnel français avant charges. Ils ne calculent pas leur impôt en appliquant un taux marginal aux 150 000 €. Ils qualifient d’abord le revenu français et la méthode conventionnelle, déterminent le revenu imposable ajusté de chacun, puis comparent classe 2, individualisation pure et réallocation avec les mêmes déductions. Le résultat doit être chiffré avec le barème complet, la majoration et les crédits du millésime ; cet exemple ne promet aucune économie.
Les pièces d’une première déclaration solide
| Bloc | Documents | Question à faire valider |
|---|---|---|
| Salaires et pensions | Certificats annuels, fiches de retenue, jours de travail et caisses | Catégorie conventionnelle, ventilation et retenue correcte |
| Revenus français | Déclarations, avis, revenu brut, charges et impôt payé | Exemption avec progression ou crédit plafonné |
| Couple | Acte, partenariat enregistré, résidence et revenus mondiaux des deux | Classe, choix collectif/individuel et date de demande |
| Déductions | Contrats, factures, pensions, intérêts et attestations | Éligibilité, plafond, bénéficiaire et période |
| Actifs et structures | Relevés, dividendes, intérêts, cessions, société, trust ou contrat | Qualification luxembourgeoise et obligation spécifique |
| Échéances | Courriers ACD, accusés de dépôt, paiements et avis | Délai spécial éventuel et réclamation |
Le bon comparatif France–Luxembourg ne part jamais du taux marginal
Comparez le même revenu économique, le même foyer, les mêmes jours de travail et la même protection sociale. Séparez cotisations, assiette fiscale, barème, majoration, impôts locaux éventuels, crédits et coût de conformité. Un taux maximal de 42 % et un barème français ne disent rien, à eux seuls, du revenu disponible ni des droits sociaux acquis.
Mémo express
Règle, exception, preuve, professionnel
- Règle : revenu mondial du résident, retenue-calcul provisoire, barème progressif et déclaration selon le profil.
- Exception : classe, assimilation, revenus étrangers, choix du couple et catégorie conventionnelle modifient le résultat.
- Preuve : certificats, revenu brut, impôts payés, pièces de déduction, choix et accusés de dépôt.
- Professionnel : fiduciaire ou expert-comptable luxembourgeois pour la déclaration selon sa mission ; fiscaliste des deux pays pour la qualification conventionnelle.
Salarié, dirigeant, bonus et actions : la rémunération suit le travail réel
Votre salaire arrive d’un compte luxembourgeois. Est-il imposable à 100 % au Luxembourg ? Pas nécessairement. Et conserver un contrat français ne rend pas toute la rémunération française. La fiche de paie raconte qui verse ; l’article 14 de la convention cherche d’abord un fait matériel : où la personne se trouvait-elle lorsqu’elle a travaillé ?
Cette question paraît simple pour un salarié présent toute l’année dans les bureaux de Luxembourg-Ville. Elle devient vite délicate pour un frontalier qui télétravaille à Metz, une directrice commerciale qui visite des clients en Belgique, un administrateur d’une société française ou un cadre qui reçoit en 2026 un bonus et des actions gagnés pendant plusieurs années. Séparez alors chaque fonction, chaque période rémunérée et chaque lieu d’exercice. La banque qui paie et le pays du siège ne viennent qu’après.
Les 183 jours ne déterminent pas votre résidence fiscale
Le seuil de 183 jours de l’article 14 répond à une question étroite sur une mission temporaire dans l’autre État. Il ne choisit ni le domicile fiscal du foyer, ni le régime social, ni le pays de résidence de la société. La résidence de la personne se détermine d’abord selon les droits internes puis, en cas de conflit, selon l’article 4 de la convention.
La règle des 183 jours comporte trois conditions cumulatives
Imaginez une mission temporaire dans l’autre État. L’État de résidence ne conserve seul le droit d’imposer que si les trois conditions de l’exception sont réunies. Ne pas excéder 183 jours ne représente donc qu’un tiers du test. Même à 183 jours exactement, il faut encore vérifier qui est l’employeur réel et quelle implantation supporte la rémunération.
| Condition de l’article 14 | Question concrète | Document à relire |
|---|---|---|
| Présence n’excédant pas 183 jours sur toute période de douze mois commençant ou se terminant pendant l’année fiscale | Quels jours de présence physique ont été passés dans l’État de mission, y compris autour des journées de travail ? | Calendrier, voyages, hébergements et politique de mobilité. |
| Rémunération payée par, ou pour le compte de, un employeur qui n’est pas résident de l’État de mission | Qui dirige le travail, supporte le risque et bénéficie réellement de la prestation ? | Contrat, organigramme, lettres de mission et chaîne hiérarchique. |
| Rémunération non supportée par un établissement stable situé dans l’État de mission | Quelle entité ou implantation enregistre finalement le coût dans ses comptes ? | Refacturations, comptabilité analytique et accords intragroupe. |
Un calendrier quotidien précède tout calcul
Avant de répartir le premier euro de salaire, reconstituez les journées. Un badge, un ordre de mission ou un agenda validé pèsera davantage qu’un total arrondi en fin d’année.
| Journée | Lecture fiscale de départ | Preuve utile |
|---|---|---|
| Bureau, chantier ou client au Luxembourg | Travail physiquement exercé au Luxembourg. | Badge, agenda, ordre de mission, note de frais ou compte rendu. |
| Télétravail au domicile en France | Travail physiquement exercé en France, sous réserve de la tolérance des 34 jours étudiée à la section suivante. | Avenant, planning, connexions et attestation employeur. |
| Mission ou formation dans un État tiers | Le jour entre dans le compteur des 34 jours. Indépendamment d’un éventuel dépassement, la convention conclue avec l’État tiers doit être vérifiée, car la fiction franco-luxembourgeoise s’applique sous réserve de toute stipulation contraire. | Billet, invitation, programme, lieu et entité bénéficiaire. |
| Congé, repos, jour férié ou maladie sans travail | Ce n’est pas une journée physiquement travaillée hors Luxembourg ; la rémunération correspondante peut toutefois demander une méthode de rattachement. | Décompte RH, certificat et règles de paie. |
| Conseil d’administration depuis Paris ou Luxembourg | Identifier d’abord le mandat, les fonctions réellement exercées et la nature de la somme avant d’appliquer un article conventionnel. | Procès-verbal, convocation, mandat et détail de rémunération. |
Le dirigeant doit séparer ses quatre casquettes
Un fondateur peut signer le même jour comme salarié, gérant, administrateur et actionnaire. Ces quatre signatures n’ont pas la même portée fiscale. Salaire ou rémunération de gestion journalière, tantièmes de mandat, dividende et avantage en nature répondent à des assiettes, retenues et règles sociales différentes. Au Luxembourg, les tantièmes supportent notamment une retenue à la source de 20 % et ne sont pas traités chez la société comme un salaire ordinaire déductible. Le dividende luxembourgeois supporte en principe une retenue de 15 %, sous réserve du droit interne et de la convention.
La substance de la société constitue une autre analyse. Un dirigeant qui affirme piloter une société française depuis le Luxembourg doit documenter où sont préparées et prises les décisions, où les contrats sont négociés et signés, où travaillent les équipes et quels moyens sont disponibles. Son déménagement personnel peut créer une activité ou une implantation imposable au Luxembourg ; il ne transfère pas mécaniquement la résidence de la société. Le risque existe aussi dans l’autre sens : une société luxembourgeoise dirigée en pratique depuis la France soulève des questions de direction effective, d’établissement stable et de paie française.
Mandat social, emploi et dividende : trois dossiers
Commencez par qualifier le flux, puis appliquez la convention et le droit social correspondant. Transformer après coup une rémunération de gestion en tantièmes ou remplacer le salaire par un dividende ne change pas les fonctions réellement exercées. Un arbitrage sérieux intègre déductibilité, retenue, impôt personnel, cotisations, droits à pension, trésorerie distribuable et gouvernance.
Bonus et actions se ventilent sur la période qu’ils rémunèrent
Un bonus arrive en mars 2027, après votre installation au Luxembourg. Il peut pourtant rémunérer toute l’année 2026. L’adresse au jour du versement ne suffit pas davantage pour des stock-options, des RSU, des actions gratuites, un carried interest ou une indemnité de rupture. Une action livrée en 2028 peut avoir été acquise pendant une période travaillée successivement à Paris, au Luxembourg et à distance depuis la France. Une indemnité, elle, peut payer un préavis, réparer une perte ou rémunérer une non-concurrence ; ces qualifications ne suivent pas nécessairement la même règle.
Pour un plan d’actions, il faut reconstituer au minimum l’attribution, la période de présence ou de performance, l’acquisition définitive, l’exercice, la livraison et la vente. La part correspondant à l’activité salariée se ventile selon les fonctions et les lieux de travail de la période pertinente. La hausse de valeur postérieure peut relever d’un gain sur titres, à analyser séparément. Les régimes français des actions gratuites, BSPCE ou plans d’épargne salariale ne deviennent pas automatiquement des enveloppes reconnues par le Luxembourg.
Clé de ventilation pédagogique d’une rémunération liée au travail
Part d’un État = rémunération concernée × jours de travail rattachés à cet État ÷ jours de travail de la période d’acquisition
- Période :celle que le bonus ou l’avantage rémunère réellement, pas nécessairement l’année de paiement
- Jours :jours ou fractions effectivement travaillés, après application éventuelle de la tolérance conventionnelle
Cette formule illustre une méthode de travail, pas une règle universelle. La nature du plan, les absences, les changements de fonction, les jours en pays tiers et la doctrine du millésime doivent être validés par la paie et un fiscaliste.
Cas dirigeante mobile
Amélie dirige une filiale luxembourgeoise et reçoit un bonus français
Amélie s’installe à Luxembourg le 1er avril 2026. Elle travaille trois jours par semaine au Luxembourg, un jour depuis son domicile luxembourgeois et un jour auprès de l’ancienne équipe à Paris. En février 2027, la société française lui verse un bonus lié aux douze mois de 2026 et un premier lot de RSU attribué en 2024. Elle ne classe pas les deux paiements selon son adresse de février. Son conseil reconstitue la période rémunérée, les jours de travail, les employeurs, les fonctions de direction et le calendrier d’acquisition. Les réunions parisiennes sont aussi examinées du côté de la société luxembourgeoise : paie, établissement stable et gouvernance forment un dossier distinct de son impôt personnel.
Mémo express
Le dossier annuel de rémunération mobile
- contrats, avenants, lettres de mission, mandats et délégations de pouvoirs ;
- calendrier quotidien validé : pays, fraction de journée, télétravail, mission, formation, congé ;
- bulletins, certificats de salaire, retenues et régularisations des deux États ;
- refacturations intragroupe et identité de l’entité qui supporte le coût ;
- plans de bonus, stock-options, RSU, actions gratuites et management package ;
- dates d’attribution, période d’acquisition, exercice, livraison et cession ;
- décisions sociales et certificat A1 lorsqu’ils sont requis.
Sources officielles consultées au 24 juillet 2026. Les revenus d’emploi sont encadrés par l’article 14 de la convention France–Luxembourg consolidée. L’Administration des contributions directes détaille séparément les tantièmes et les retenues sur dividendes. Bonus, actions, indemnités et fonctions exercées dans plusieurs États exigent une validation franco-luxembourgeoise avant dépôt.
Frontalier et télétravail : les 34 jours sont une tolérance fiscale, pas un droit
« J’ai droit à 34 jours de télétravail. » Cette phrase mélange quatre dossiers. Le protocole de la convention crée seulement une fiction fiscale : sous conditions, un résident de France habituellement employé au Luxembourg peut travailler un nombre limité de jours hors du Luxembourg sans fractionner l’imposition de son salaire. C’est tout. Ce protocole n’oblige pas l’employeur à accorder le télétravail, ne dispense d’aucune formalité sociale et ne protège pas l’entreprise de ses propres obligations.
Pour le cas courant d’un salarié du secteur privé résident de France, le seuil est de 34 jours par année civile depuis le 1er janvier 2023. Tant qu’il n’est pas dépassé et que les autres conditions sont réunies, le Luxembourg conserve le droit d’imposer la rémunération concernée comme si l’emploi avait été entièrement exercé sur son territoire. Les rémunérations publiques relèvent d’un article distinct et ne doivent pas être placées automatiquement dans ce schéma.
Une tolérance privée, pas un quota universel
Le guide expose ici le salarié du secteur privé. Un fonctionnaire, un agent d’une collectivité, un salarié d’une entité publique exerçant une activité commerciale ou un titulaire de mandat doit faire qualifier sa rémunération. Le secteur public dépend notamment de l’employeur, du service rendu, du lieu d’exercice et de la nationalité. La circulaire 2026 ne permet pas de généraliser les 34 jours à toutes les rémunérations publiques.
Le compteur additionne tout travail hors Luxembourg
Le nom donné à la journée dans l’agenda ne change rien. Le compteur additionne tout travail physiquement exercé hors du Luxembourg, dans l’État de résidence comme dans un État tiers. Réunion chez un client à Paris, formation à Bruxelles ou journée depuis une résidence secondaire en Espagne : chacune consomme le même plafond.
| Événement | Test du seuil | Après dépassement |
|---|---|---|
| Journée entière télétravaillée en France | 1 jour. | Temps réellement travaillé en France. |
| Demi-journée travaillée en France puis demi-journée au Luxembourg | 1 jour entier pour tester le plafond. | Une demi-journée seulement dans la clé de ventilation. |
| Formation ou mission professionnelle en Belgique | 1 jour, même sans passage en France. | Convention applicable à la Belgique à vérifier dès la mission ; après dépassement, ventiler en outre la rémunération selon le temps réellement travaillé. |
| Deux contrats luxembourgeois successifs dans l’année | Un seul plafond annuel, pas 34 jours par contrat. | Ventilation par emploi et période, avec un calendrier continu. |
| Congé, repos, jour férié ou maladie sans travail | Hors compteur de travail, sous réserve des faits. | Pas de lieu de travail à ventiler pour cette journée. |
Gardez deux calculs séparés. Pour le compteur, huit demi-journées hors Luxembourg consomment huit jours du plafond. Pour la ventilation, si le plafond est dépassé, elles ne représentent que quatre journées équivalentes dans la répartition du salaire. Une paie qui retient huit jours entiers aux deux étapes surévalue la part étrangère ; une paie qui n’en compte que quatre pour le seuil risque de manquer le dépassement.
Temps partiel et année incomplète réduisent le plafond
Vous êtes embauché le 1er septembre ou travaillez à temps partiel ? Ne partez pas sur 34 jours. La circulaire luxembourgeoise du 24 juin 2026 prévoit une réduction au prorata pour un temps partiel ou une année d’emploi incomplète, avec un arrondi à l’entier inférieur. Un départ en cours d’année produit la même vigilance, et plusieurs contrats successifs ne réinitialisent pas le compteur.
La proratisation doit être faite avec la situation contractuelle exacte et la méthode administrative du millésime. Un changement de durée du travail au cours de l’année, un congé long ou plusieurs employeurs justifient un contrôle paie-fiscal avant d’annoncer un nombre de jours disponible.
Au 35e jour, les 34 premiers ne restent pas protégés
Le 35e jour n’est pas le seul à devenir imposable ailleurs. Ce plafond ne fonctionne pas par tranche : dès son franchissement, la fiction conventionnelle cesse pour toutes les journées travaillées hors de l’État habituel d’emploi. Reprenez les lieux physiques depuis le premier jour concerné, puis corrigez la ventilation de la rémunération et, si nécessaire, les retenues et certificats.
Cela ne signifie pas que tout le salaire devient français. Le Luxembourg conserve son droit sur les jours effectivement travaillés au Luxembourg et la France peut imposer les jours travaillés en France. Pour toute mission dans un pays tiers, sa convention doit être vérifiée dès le premier jour, que le seuil franco-luxembourgeois soit ou non franchi. Après dépassement, la rémunération doit en outre être ventilée selon les lieux et le temps réellement travaillés.
Cas 34 jours
Mathieu atteint 35 jours avec six demi-journées et deux missions belges
Mathieu réside à Thionville et travaille pour un employeur luxembourgeois. Son année comprend 27 journées complètes de télétravail en France, six demi-journées depuis la France et deux journées de mission à Bruxelles. Pour tester le seuil, le compteur affiche 27 + 6 + 2, soit 35 jours : la tolérance tombe. Pour ventiler le salaire, les six demi-journées représentent cependant trois journées équivalentes. Il reconstitue donc 30 jours équivalents travaillés en France, deux en Belgique et le solde au Luxembourg. La fiscalité belge est vérifiée séparément dès la première mission, sans attendre le dépassement. Son employeur corrige les documents de paie au lieu de taxer arbitrairement tout le salaire en France.
Le fixe, le bonus et les actions n’emploient pas toujours la même période
Le salaire fixe est généralement ventilé sur les jours de la période de paie. Un bonus annuel suit la période qu’il rémunère. Une prime de performance pluriannuelle ou un plan d’actions peut demander une clé fondée sur plusieurs exercices. Le franchissement du seuil doit alors être testé pour chaque année concernée et la composante de rémunération doit être rattachée à sa période d’acquisition.
La preuve se construit au fil de l’année
Mémo express
Le journal probant des jours hors Luxembourg
- calendrier quotidien indiquant pays, adresse et fraction de journée ;
- avenant de télétravail, planning approuvé et politique de mobilité de l’employeur ;
- badges, connexions, agendas, invitations et comptes rendus cohérents ;
- billets, nuitées, notes de frais et ordres de mission dans les pays tiers ;
- jours de congé, maladie, repos et formation identifiés séparément ;
- récapitulatif annuel signé ou validé par l’employeur ;
- certificat de salaire, retenues, déclarations et régularisations concordants ;
- compteur social séparé et certificat A1 lorsqu’il existe.
Vous pouvez avoir un A1 fondé sur 40 % de télétravail et un calendrier fiscal qui n’affiche que 20 jours, car les périodes et les méthodes peuvent différer. Encore faut-il pouvoir expliquer cet écart. Rapprochez les données des RH, de la paie et du contribuable au moins chaque trimestre, puis avant toute augmentation durable du télétravail.
Votre calendrier doit fonctionner pour le fisc, la paie et le social
Hagnéré Patrimoine peut cartographier les flux et préparer les scénarios patrimoniaux. Le décompte opposable, les corrections de paie et les conclusions fiscales ou sociales sont validés par les employeurs, organismes et professionnels habilités compétents.
Sources officielles consultées au 24 juillet 2026. Le mécanisme figure dans la convention consolidée et son protocole. Le décompte, les fractions et les proratisations sont précisés par la circulaire ACD L.G.-Conv. D.I. n° 61 du 24 juin 2026 et la FAQ officielle des non-résidents.
Retraite France–Luxembourg : une carrière coordonnée, plusieurs pensions et plusieurs fiscalités
Vous avez cotisé quinze ans en France puis quinze ans au Luxembourg. Cela ne donnera pas une pension européenne unique. Chaque État conserve les périodes accomplies sous sa législation et liquide sa propre part lorsque les droits s’ouvrent. La coordination européenne totalise les périodes pour que la mobilité ne fasse pas perdre d’années ; elle ne crée ni âge unique, ni montant unique, ni caisse commune.
Le Luxembourg compare en principe le calcul national, lorsque le droit existe sans totalisation, et le calcul européen théorique proratisé. Il verse le résultat applicable le plus favorable selon les textes. La CNAP indique en règle générale qu’une pension luxembourgeoise distincte suppose au moins douze mois d’assurance au Luxembourg et 120 mois totalisés avec les autres États. Si la carrière luxembourgeoise est inférieure à un an, ces mois sont normalement repris dans le calcul d’un autre État au lieu de créer une pension luxembourgeoise autonome.
| Composante | Coordination des droits | Fiscalité conventionnelle de principe |
|---|---|---|
| Pension privée ou professionnelle d’un ancien emploi | Chaque régime applique son règlement et les règles européennes pertinentes. | État de résidence au titre de l’article 17 § 1, sous réserve de qualification. |
| Pension légale de sécurité sociale | Totalisation des périodes et part versée par chaque État si ses conditions sont remplies. | État qui verse selon sa législation de sécurité sociale, article 17 § 2. |
| Pension publique | Droits de la caisse publique concernée. | Article 18, avec exceptions selon employeur public, service, résidence et nationalité. |
| Deuxième pilier ou régime supplémentaire | Droits acquis, maintien, transfert ou rachat selon le règlement du plan. | Qualification à établir avant de conclure, surtout pour un capital. |
| Sortie en capital d’un PER ou d’un contrat 111bis | Conditions contractuelles et légales propres au produit. | Ne pas l’assimiler automatiquement à une pension périodique. |
Une pension privée et une pension légale peuvent partir dans deux États
Lisez chaque ligne du relevé, pas seulement le total mensuel. Un ancien salarié de France devenu résident du Luxembourg peut voir sa pension privée d’ancien emploi imposée au Luxembourg, tandis que sa pension versée en application de la législation française de sécurité sociale reste imposable en France. Dans l’autre sens, la pension légale luxembourgeoise d’un résident de France reste en principe imposable au Luxembourg, alors que sa pension privée luxembourgeoise relève en principe de la France.
Une carrière mêlant public et privé ajoute une troisième grille. Le nom de l’organisme payeur ne suffit pas : certaines activités industrielles ou commerciales exercées par une entité publique peuvent relever des règles ordinaires. La nationalité peut aussi intervenir dans l’article 18. Le futur retraité doit demander à chaque caisse la nature juridique de la prestation, et pas seulement un montant estimatif.
Sortie en capital : ne jamais copier la règle d’une rente
Vous envisagez de liquider un capital quelques semaines avant un retour en France ? Ne fixez pas la date avant d’avoir qualifié le paiement. Une sortie en capital de PER français, de régime supplémentaire, de deuxième pilier ou de prévoyance-vieillesse luxembourgeoise ne relève pas automatiquement de l’article 17. Le droit d’imposer peut dépendre de la nature du plan, de l’origine des versements, de la déduction obtenue, de la part de gains, du lien avec un emploi et de la résidence au moment du versement. Quelques semaines peuvent donc modifier le dossier.
La date de liquidation n’est pas une décision fiscale isolée
Avant une sortie en capital, faites qualifier par écrit la prestation dans les deux pays et selon la convention. Le gestionnaire du plan confirme les droits contractuels ; l’avocat fiscaliste ou le conseil habilité confirme le traitement fiscal. Le guide ne peut promettre qu’une sortie sera une « pension », une plus-value ou un capital exonéré.
La demande se prépare bien avant l’âge de départ
N’attendez pas la date de liquidation pour rapprocher les relevés. Noms, périodes, temps partiels, maladie, chômage et parentalité se corrigent beaucoup plus difficilement au dernier moment. La demande est normalement déposée auprès de l’institution de l’État de résidence ou, selon le parcours, du dernier État d’assurance ; cette institution coordonne ensuite les autres caisses. Comme les âges et dates d’effet peuvent différer, une pension peut commencer dans un pays alors que l’autre reste encore en attente.
Après liquidation, les caisses peuvent demander un certificat de vie et une mise à jour de l’adresse, de la situation familiale ou du compte de versement. La couverture maladie du pensionné se décide encore selon les règlements sociaux. Un pensionné résidant dans un État et assuré par l’autre peut avoir besoin d’un S1. La caisse compétente dépend de la combinaison réelle des pensions, pas du pays choisi pour l’impôt.
La pension de survie ne remplace pas la stratégie familiale
Le conjoint ou partenaire légal peut avoir droit à une pension de survie luxembourgeoise. Encore faut-il la demander et remplir les conditions liées à la carrière du défunt et à la durée de l’union. Le mariage ou le partenariat doit généralement avoir duré au moins un an, avec des exceptions notamment en présence d’un enfant commun ou de circonstances particulières. Un remariage, un ancien conjoint ou un partenaire peut encore modifier la répartition.
Cette pension sociale ne règle ni la propriété du logement, ni la succession, ni le besoin de liquidités immédiates. L’audit retraite doit donc être rapproché du régime matrimonial, des clauses bénéficiaires et de la prévoyance, sans confondre les rôles de la CNAP, du notaire et de l’assureur.
Cas retraite mixte
Jean perçoit quatre lignes qui ne suivent pas le même article
Jean vit au Luxembourg après une carrière en France et quinze années au Grand-Duché. Son relevé comporte une pension légale française, une pension légale luxembourgeoise, un ancien régime d’entreprise et un PER qu’il envisage de sortir en capital. Les caisses coordonnent les périodes, mais le fiscaliste classe chaque paiement. Les deux pensions légales restent rattachées à leur État de source ; la pension privée suit en principe l’État de résidence. La sortie du PER reste en suspens jusqu’à qualification écrite. Jean vérifie aussi sa couverture santé et la protection réelle de son épouse avant de choisir une date.
Mémo express
Le classeur retraite franco-luxembourgeois
- relevés de carrière français, relevé CNAP et confirmations CCSS ;
- décisions de chaque caisse et nature juridique de chaque prestation ;
- contrats de deuxième pilier, PER, 111bis et régimes supplémentaires ;
- preuves des périodes de maladie, chômage, parentalité ou service assimilé ;
- simulations aux différents âges, sans confondre estimation et droit acquis ;
- analyse fiscale séparée des rentes et sorties en capital ;
- décision sur la couverture santé, S1 et droits du conjoint ;
- coordonnées à jour et certificats de vie après liquidation.
Sources officielles consultées au 24 juillet 2026. La CNAP décrit la carrière accomplie dans l’Union européenne. Les articles 17 et 18 de la convention fiscale consolidée répartissent le droit d’imposer. Les conditions générales de la pension de survie sont publiées sur Guichet.lu.
Dividendes, intérêts, plus-values, fonds et crypto : le Luxembourg n’exonère pas tout après six mois
« Pas d’impôt général sur la fortune » ne veut pas dire « portefeuille sans fiscalité ». Le Luxembourg n’applique plus cet impôt aux personnes physiques depuis 2006, mais un résident y déclare en principe ses revenus mondiaux. Dividendes, intérêts, distributions de fonds, gains spéculatifs et revenus d’activités numériques suivent des catégories différentes ; la convention répartit ensuite le droit d’imposer avec l’État de source.
Prenez le relevé ligne par ligne. Un dividende français, l’intérêt d’une banque luxembourgeoise, la vente d’une action détenue huit mois, une distribution de FIA et un échange bitcoin-ether peuvent produire cinq analyses dans le même compte. L’enveloppe française qui contient les titres sera traitée dans les sections suivantes ; ici, nous posons le socle luxembourgeois de la détention privée.
Dividendes : retenue à la source, déclaration et crédit
Un dividende peut passer par deux pays avant d’arriver net sur le compte : l’État de la société retient à la source, puis l’État de résidence calcule son impôt. Pour un particulier bénéficiaire effectif, la convention France–Luxembourg plafonne en principe la retenue de l’État de source à 15 % du montant brut. Le taux nul de l’article 10 vise certaines sociétés mères détenant directement au moins 5 % pendant 365 jours ; il ne s’applique jamais à l’actionnaire personne physique.
Le résident luxembourgeois déclare le dividende brut et applique, sous conditions, le crédit correspondant à l’impôt étranger, plafonné selon les règles conventionnelles. Une exonération luxembourgeoise de 50 % peut bénéficier à certains dividendes de sociétés pleinement imposables luxembourgeoises, européennes ou situées dans un État conventionné. Elle n’est ni automatique pour toute distribution, ni une restitution garantie de la retenue étrangère. Le droit 2026 prévoit aussi un abattement global pour certains revenus mobiliers, dont le montant et l’utilisation doivent être contrôlés pour le foyer.
| Flux | Règle de principe | Raccourci à écarter | Contrôle |
|---|---|---|---|
| Dividende français reçu par un résident luxembourgeois | Retenue française plafonnée en principe à 15 %, puis déclaration et crédit au Luxembourg. | « La retenue française solde toujours l’impôt. » | Bénéficiaire effectif, brut, formulaire conventionnel, éligibilité aux 50 % et plafond du crédit. |
| Dividende luxembourgeois | Retenue domestique normale de 15 %, puis impôt personnel selon le foyer. | « Un dividende luxembourgeois est net d’impôt. » | Société distributrice, exonération partielle, déclaration et distribution cachée. |
| Dividende de fonds ou véhicule immobilier | Qualification selon le véhicule, sa résidence et la nature de la distribution. | « Tout coupon de fonds est un dividende ordinaire. » | Prospectus, avis fiscal, convention, actifs immobiliers et retenue. |
Intérêts : le RELIBI de 20 % n’est pas universel
Commencez par identifier qui paie l’intérêt et où réside son bénéficiaire effectif. L’article 11 attribue en principe ce revenu à l’État de résidence, hors établissement stable, relations spéciales et autres exceptions. Un intérêt français payé à un résident du Luxembourg ne devrait donc pas conserver une retenue française contraire à la convention ; des justificatifs de résidence ou une demande de remboursement peuvent toutefois être nécessaires.
Certains intérêts payés par un agent payeur luxembourgeois à une personne physique résidente supportent un prélèvement libératoire de 20 %, dit RELIBI. Les intérêts payés par un agent étranger sont en principe déclarés au barème ; une option et des formalités peuvent permettre un prélèvement équivalent pour certains agents situés dans l’Union européenne ou l’EEE. Il serait donc faux d’appliquer 20 % à tous les intérêts, ou de considérer tout prélèvement bancaire comme définitif.
Actions : trois régimes privés selon durée et participation
Vous revendez une petite ligne après huit mois : la durée compte. Vous cédez une participation importante après trois ans : cette fois, le pourcentage reprend le dessus. En gestion privée luxembourgeoise, une cession dans les six mois peut constituer un gain spéculatif imposable au barème. Au-delà de six mois, une participation non importante est en principe exonérée ; une participation importante suit un régime distinct.
| Situation 2026 | Traitement luxembourgeois de principe | Questions à documenter |
|---|---|---|
| Titres détenus six mois ou moins | Gain spéculatif imposable au barème ; seuil annuel de minimis inférieur à 500 € dans le champ prévu. | Date exacte, cessions de l’année, frais, devise et caractère privé ou commercial. |
| Titres détenus plus de six mois, participation ne dépassant pas 10 % | Plus-value privée en principe exonérée. | Détentions directes, indirectes et familiales ; activité de trading ; nature du titre. |
| Participation importante de plus de 10 % | Après six mois, régime du demi-taux global et abattement décennal de 50 000 € sous conditions. | Seuil franchi à un moment des cinq années précédentes, cercle familial et historique de l’abattement. |
| Société à prépondérance immobilière ou ancien résident de France | La convention peut laisser un droit d’imposer à la France. | Plus de 50 % de la valeur tirée, directement ou indirectement, de biens immobiliers situés en France à un moment quelconque des 365 jours précédant la cession ; les immeubles affectés par l’entité à sa propre activité d’entreprise ne sont pas pris en compte. |
Le seuil annuel inférieur à 500 euros n’est pas une franchise générale. Les moins-values ont des règles d’imputation limitées et une activité organisée ou fréquente peut devenir commerciale.
Une participation française importante exige une deuxième lecture. L’article 13 § 5 de la convention peut permettre à la France d’imposer la cession d’actions ou de parts d’une société résidente de France lorsque le cédant, seul ou avec des personnes apparentées ou liées, dispose directement ou indirectement de droits ouvrant droit à au moins 25 % des bénéfices et a été résident de France à un moment quelconque des cinq années précédant la cession. Cette clause ne remplace pas l’exit tax du départ : les deux mécanismes, puis l’élimination d’une éventuelle double imposition, doivent être instruits séparément.
Fonds : « SICAV luxembourgeoise » ne décrit ni le risque ni l’impôt
Le mot « SICAV » décrit une forme juridique, pas une promesse. Un OPCVM harmonisé, un OPC partie II, un FIA, un FIS, une SICAR, un ELTIF ou un RAIF peuvent investir dans des actifs très différents et viser des catégories d’investisseurs distinctes. Le contrôle de la CSSF, la présence d’un dépositaire et l’autorisation du véhicule ne garantissent pas le capital. Ils ne garantissent pas davantage la performance, la liquidité ou l’adéquation au client.
Fiscalement, il faut distinguer la distribution, le rachat ou la cession de parts, la capitalisation interne et l’éventuelle prépondérance immobilière. Le pays du fonds n’est pas toujours le pays de source de chaque retenue. Un fonds contenu dans un contrat d’assurance n’est pas davantage traité comme une détention directe sans vérifier la qualification du contrat.
Depuis le 16 avril 2026, le cadre européen et luxembourgeois renforce les outils de gestion de liquidité des fonds ouverts. Les documents peuvent prévoir swing pricing, prélèvement anti-dilution, gates, allongement du préavis, remboursement en nature, side pockets ou suspension. « Ouvert » signifie une fréquence normale de rachat, pas la certitude de récupérer son argent immédiatement en toute circonstance.
Mémo express
Lire un fonds avant de regarder sa nationalité
- régime juridique, compartiment, classe et public éligible ;
- objectif, actifs autorisés, levier, dérivés et concentration ;
- KID PRIIPs, prospectus, rapports et scénarios sans les confondre avec des prévisions ;
- frais d’entrée, sortie, gestion, performance et fonds sous-jacents ;
- fréquence de valeur liquidative, préavis, gates, suspensions et side pockets ;
- gestionnaire, dépositaire, administrateur, auditeur et autorisation de commercialisation ;
- nature fiscale des distributions, rachats et retenues étrangères.
Crypto : six mois peuvent aider, jamais dispenser de qualifier
Vous avez conservé vos crypto-actifs sept mois. Ce délai ouvre une analyse ; il ne ferme pas le dossier. La circulaire ACD du 26 juillet 2018 les traite comme des actifs incorporels. En gestion privée, une cession dans les six mois peut produire un bénéfice spéculatif ; après plus de six mois, une exonération peut être envisageable pour un gain privé correctement documenté. Dire simplement « crypto exonérée après six mois » reste donc faux.
Un échange contre des euros, une autre crypto, un bien ou un service constitue chaque fois une cession à documenter. Le seuil annuel inférieur à 500 euros concerne les bénéfices spéculatifs dans son champ, pas la valeur du portefeuille. Lorsque les unités ne peuvent pas être identifiées individuellement, la circulaire retient le coût moyen pondéré, et non un choix opportuniste entre FIFO et LIFO. Une activité organisée, fréquente, financée ou exercée avec des moyens professionnels peut devenir commerciale même après une longue détention.
Staking, lending, liquidity pools, DeFi, airdrops, NFT, wrapped tokens et dérivés ne sont pas expressément réglés par cette circulaire de 2018. Selon les faits, ces opérations peuvent générer un revenu avant même la cession du jeton. La circulaire n’en fixe toutefois ni la catégorie ni le fait générateur. La durée de détention du sous-jacent ne suffit donc pas à qualifier la récompense. Dès que l’activité sort du simple achat-conservation-vente, l’avis fiscal doit s’appuyer sur l’historique complet.
MiCA s’applique aux prestataires, pas à la valeur du placement
La période transitoire luxembourgeoise a pris fin le 1er juillet 2026. Un prestataire doit désormais être agréé comme PSCA/CASP ou bénéficier d’un passeport et des notifications applicables. Vérifiez l’entité juridique et les services autorisés dans les registres CSSF/ESMA. MiCA ne garantit ni la valeur du jeton, ni la solvabilité de chaque projet, ni le traitement fiscal. Un statut français de CIF ou d’intermédiaire ne constitue pas un agrément MiCA.
Cas portefeuille et crypto
Sofia vend des actions, reçoit un dividende français et arbitre ses crypto-actifs
Sofia, résidente du Luxembourg, vend une petite ligne d’actions cotées huit mois après l’achat et une participation de 12 % détenue depuis trois ans. La première plus-value peut relever de l’exonération privée ; la seconde suit le régime des participations importantes. Son dividende français est déclaré brut au Luxembourg avec la retenue et le crédit à vérifier. Le même mois, elle échange des ethers détenus sept mois contre un stablecoin, puis reçoit une récompense de staking. L’échange est une cession potentiellement exonérée seulement si la gestion reste privée et prouvée ; la récompense de staking demande une qualification distincte. Aucun « délai de six mois » ne permet de classer l’ensemble en bloc.
La preuve patrimoniale vaut autant que la durée
Mémo express
Le registre d’investissement à conserver
- date, heure, quantité, prix, frais, devise et contrepartie de chaque opération ;
- historique des pourcentages détenus directement, indirectement et avec le cercle familial ;
- attestations de retenues à la source et résidence des payeurs ;
- prospectus, KID, avis de distribution et relevés de fonds ;
- export complet des plateformes, adresses de wallets et preuves d’auto-garde ;
- valorisation en euros de chaque échange crypto-crypto et récompense ;
- registre CSSF/ESMA du prestataire à la date du service ;
- déclaration luxembourgeoise et justification des crédits étrangers.
Un portefeuille transfrontalier se pilote flux par flux
Nous pouvons établir l’inventaire patrimonial, tester les scénarios d’allocation et coordonner les validations avec fiscalistes, assureurs, banques et sociétés de gestion autorisés. Toute recommandation personnalisée ou opération réglementée reste soumise à la connaissance client et aux habilitations applicables au Luxembourg.
Sources officielles consultées au 24 juillet 2026. La fiche Guichet.lu sur les actions et titres présente les régimes de plus-values. L’ACD décrit la fiscalité de l’épargne et le RELIBI. La CSSF détaille les outils de gestion de liquidité dans la circulaire 26/910 publiée le 15 avril 2026 et applicable à partir du 16 avril 2026, dans le prolongement de la directive (UE) 2024/927. La CSSF publie également la fin de la transition MiCA au 1er juillet 2026. La fiscalité des crypto-actifs provient de la circulaire ACD LIR 14/5–99/3–99bis/3, qui ne tranche pas toutes les pratiques apparues depuis 2018.
PEA et compte-titres : l’enveloppe française peut rester, son avantage fiscal ne voyage pas
Vous arrivez au Luxembourg avec un PEA ancien et un compte-titres tenu en France. Les comptes ne changent pas de pays ; votre résidence fiscale, si. Le PEA peut donc continuer d’exister juridiquement en France, tandis que le Luxembourg peut regarder les titres, dividendes et cessions selon ses propres catégories. Sur le compte-titres, aucune enveloppe fiscale française ne masque cette superposition : chaque flux apparaît directement.
Ne tranchez donc pas « fermer ou garder » en une minute. Commencez par l’établissement : accepte-t-il encore le client et laisse-t-il le plan fonctionner ? Reste ensuite à comparer ce que prélève la France avec la qualification luxembourgeoise de chaque revenu ou gain. Une réponse favorable dans un pays ne préjuge pas de l’autre.
| Question | PEA ouvert avant le départ | Compte-titres ordinaire |
|---|---|---|
| Peut-il être conservé ? | Oui en principe après un départ vers le Luxembourg, sous réserve des règles du plan et de la politique du teneur de compte. | Oui si la banque ou le courtier accepte un résident luxembourgeois et peut servir légalement ce marché. |
| Peut-on en ouvrir un après le départ ? | Un non-résident ne remplit normalement plus la condition française d’ouverture ; le plan existant doit donc être distingué d’un nouveau plan. | Oui en principe auprès d’un établissement autorisé, après KYC, résidence fiscale et règles de commercialisation. |
| Que fait la France au retrait ? | Le gain net d’un retrait, rachat ou d’une clôture réalisé pendant la non-résidence est hors impôt sur le revenu et prélèvements sociaux français selon le BOFiP. | Retenues éventuelles sur les revenus français et règles françaises de source ; la cession ordinaire est ensuite lue avec la convention. |
| Que fait le Luxembourg ? | Aucune reconnaissance automatique de l’exonération française : qualification du plan, de ses opérations internes, dividendes et titres à sécuriser. | Application plus lisible des règles luxembourgeoises sur revenus mobiliers et plus-values, sous réserve de la convention et des retenues. |
| Quel document est décisif ? | Historique complet du plan, lots, versements, retraits, valeur au départ, titres non cotés et règlement du teneur de compte. | Prix de revient par lot, frais, dates, distributions brutes, retenues et justificatifs de change. |
Le départ ne clôt pas automatiquement le PEA
Changer d’adresse ne force pas à fermer le plan. La doctrine française prévoit que le transfert du domicile fiscal hors de France n’entraîne plus la clôture du PEA, sauf transfert vers un État ou territoire non coopératif dans le champ du dispositif. Le Luxembourg n’est pas un tel départ. L’ancienneté du plan est ainsi conservée, sans décision irréversible prise uniquement parce que l’adresse change.
Elle ne donne cependant aucun droit contre la politique commerciale de la banque. Certains établissements maintiennent le plan mais limitent les versements, l’achat de certaines valeurs, le conseil ou l’accès à leur interface ; d’autres demandent un transfert. Avant le départ, obtenez une réponse écrite portant sur le pays de résidence, les opérations autorisées, les frais et le sort des titres non cotés. Une réponse téléphonique générale ne suffit pas pour un plan significatif.
Correction importante : pas de prélèvements sociaux français sur le gain PEA du non-résident
Pour un titulaire qui est non-résident de France à la date de l’opération, le BOFiP place le gain net d’un retrait, d’un rachat ou d’une clôture hors du champ de l’impôt français sur le revenu et des prélèvements sociaux français. Il ne faut donc appliquer ni 7,5 % de prélèvement de solidarité, ni les prélèvements sociaux complets à ce gain par un automatisme tiré de l’immobilier des non-résidents.
Cette règle française ne dit rien de l’impôt luxembourgeois. Elle ne couvre pas non plus indistinctement les retenues sur dividendes, les titres non cotés, une opération réalisée après le retour en France ou une situation où la résidence elle-même serait contestée.
Le Luxembourg ne reçoit pas le PEA comme une boîte noire
Le PEA est une création du droit fiscal français. Les recherches officielles disponibles au 24 juillet 2026 n’établissent pas une reconnaissance luxembourgeoise générale du plan comme enveloppe fiscalement opaque. Il serait donc imprudent d’écrire que les ventes internes, dividendes et retraits sont automatiquement invisibles au Luxembourg — ou, à l’inverse, qu’ils sont tous taxables au même moment.
Remettez donc au conseil fiscal luxembourgeois le règlement du plan et l’historique sous-jacent. Il doit déterminer qui est juridiquement propriétaire des titres, quand un revenu est acquis, si une vente interne constitue une réalisation et comment distinguer capital, gain et distribution. Si la doctrine publique ne tranche pas le produit précis, une position écrite ou une demande à l’administration vaut bien davantage qu’un comparatif commercial.
Les règles ordinaires sur titres donnent la grille, pas la réponse automatique
Pour comprendre ce que le Luxembourg peut regarder dans le PEA, partons d’abord d’un portefeuille privé ordinaire. Deux données comptent notamment : la durée de détention et l’importance de la participation. Une cession dans les six mois peut produire un gain spéculatif imposable. Au-delà de six mois, le gain sur une participation non importante peut être exonéré en principe. Une participation devient importante lorsque le contribuable, directement ou indirectement et avec le cercle familial prévu par la loi, a détenu plus de 10 % à un moment des cinq années précédentes ; son gain de long terme suit alors un régime distinct, notamment au demi-taux global et avec l’abattement applicable sous conditions.
Ces repères ne permettent pas de conclure que « tout est exonéré après six mois ». Une activité habituelle organisée peut être qualifiée autrement. Les participations immobilières, les sociétés françaises cédées par un ancien résident, les options, titres non cotés ou instruments hybrides appellent d’autres tests. Le seuil luxembourgeois de plus de 10 %, le seuil conventionnel de 25 % et les seuils français de l’exit tax ne répondent d’ailleurs pas à la même question.
Dans un PEA, la difficulté supplémentaire est le fait générateur : même si la fiscalité ordinaire des titres est connue, il faut encore établir si et quand l’opération interne au plan est reconnue. Cette grille sert donc à préparer les questions du fiscaliste, pas à fabriquer soi-même une déclaration.
| Flux ou opération | Lecture à organiser | Erreur à éviter |
|---|---|---|
| Dividende français | Montant brut, retenue française, éligibilité éventuelle à l’exonération luxembourgeoise de 50 % et crédit conventionnel. | Déclarer seulement le net versé ou appliquer le taux société de 0 % à un particulier. |
| Vente d’une petite ligne après plus de six mois | Durée exacte, gestion privée, participation agrégée et qualification du support. | Transformer la règle des titres ordinaires en exonération automatique du PEA. |
| Vente dans les six mois | Gain spéculatif, prix de revient, frais et éventuelles moins-values admissibles. | Compter depuis le départ de France au lieu de la date réelle d’acquisition. |
| Participation de plus de 10 % | Détentions directes, indirectes et familiales sur cinq ans, demi-taux et abattement sous conditions. | Ne regarder que le pourcentage détenu le jour de la vente. |
| Retrait du PEA | Conséquences civiles du plan, neutralité française du non-résident et qualification luxembourgeoise du capital et du gain. | Conclure « zéro impôt partout » parce que la France n’impose pas. |
| Retour en France | Date du retour et régime français des opérations réalisées après cette date. | Utiliser indéfiniment la règle du retrait de non-résident. |
Le compte-titres simplifie la lecture, pas nécessairement l’impôt
Le compte-titres évite au moins la question de l’opacité du PEA. Ses opérations sont directement exposées aux règles luxembourgeoises : le dividende est un dividende, la vente est datée et les lots sont identifiables. Cette transparence facilite la documentation. Elle n’élimine ni les retenues étrangères ni les différences de base.
Un relevé fiscal français n’est pas une déclaration luxembourgeoise. Il peut ignorer la qualification locale de la participation, l’exonération partielle d’un dividende, le crédit plafonné ou le traitement d’une moins-value. Téléchargez donc avant toute migration de banque l’historique brut : quantité, date et prix d’acquisition, frais, opérations sur titres, dividendes bruts, retenue par pays et devise.
Cas de dirigeant mobile
Mathieu conserve un PEA de 420 000 € et un CTO de 180 000 €
Mathieu devient résident du Luxembourg en septembre. Son PEA contient des ETF cotés et 8 % d’une société non cotée ; son CTO conserve toutes les données de lots. Il reçoit d’abord l’accord écrit de la banque pour maintenir le PEA, puis fait exporter l’historique complet avant le changement d’adresse.
Un rachat pendant la non-résidence serait hors IR et prélèvements sociaux français sur le gain PEA. Mathieu ne l’exécute pourtant pas avant d’avoir fait qualifier au Luxembourg les ventes internes, les dividendes et la participation non cotée. Sur le CTO, il peut déjà classer chaque ligne par durée et pourcentage. Le conseil conclut que la priorité n’est pas de fermer le PEA, mais de sécuriser une méthode déclarative et de réduire progressivement une concentration devenue incompatible avec son projet immobilier.
Mémo express
Le dossier PEA et compte-titres à remettre au fiscaliste
- date d’ouverture, règlement, établissement et confirmation de maintien pour un résident du Luxembourg ;
- versements, retraits et valeur du plan à la date réelle du changement de résidence ;
- historique des lots, frais, opérations sur titres et moins-values pour chaque compte ;
- dividendes bruts, retenues françaises et étrangères et justificatifs conventionnels ;
- titres non cotés, pourcentages directs, indirects et familiaux sur les cinq dernières années ;
- calendrier d’une cession, d’un retrait, d’un retour en France ou d’un besoin de liquidité ;
- note écrite sur le fait générateur luxembourgeois retenu pour les opérations internes au PEA.
Les références de départ sont la doctrine BOFiP sur le PEA et la non-résidence, notamment son paragraphe 680 pour le retrait, et la fiche officielle luxembourgeoise sur l’achat et la vente de titres. Les dividendes doivent être rapprochés de la fiche Guichet.lu dédiée et de la convention France–Luxembourg consolidée. En l’absence de position publique sur le PEA précis, la validation luxembourgeoise reste indispensable.
Assurance-vie française ou luxembourgeoise : choisir une architecture, pas un slogan de sécurité
On résume souvent l’assurance-vie luxembourgeoise à « neutralité, triangle de sécurité, super-privilège ». C’est trop court. La neutralité concerne son adaptation fiscale au pays de résidence. Le triangle organise le dépôt et la surveillance des actifs représentatifs ; le super-privilège, lui, fixe le rang de la créance d’assurance. Aucun de ces mécanismes ne garantit que le contrat convient, qu’il sera liquide, qu’il ne baissera pas ou qu’il sera fiscalement neutre dans toutes les situations.
Contrat français : conserver l’antériorité sans exporter la fiscalité française
Le premier contrôle est opérationnel. L’assureur français accepte-t-il de maintenir le contrat d’un résident luxembourgeois ? Autorise-t-il encore versements, arbitrages et rachats ? Le distributeur est-il autorisé à intervenir auprès de ce résident ? Les réponses peuvent différer selon l’entité, le produit et le service demandé.
Vient ensuite la fiscalité du rachat. En France, l’administration indique pour le rachat d’un non-résident un prélèvement sur la part de produits de 12,8 % lorsque le contrat a moins de huit ans et de 7,5 % à partir de huit ans, sous réserve du régime des États non coopératifs, de la convention et des formalités de réduction ou remboursement. Le non-résident n’est pas soumis aux prélèvements sociaux français sur ces revenus mobiliers. Ces taux ne forment ni un « PFU universel », ni le coût final : le Luxembourg doit encore qualifier le contrat et le paiement.
L’article 115, numéro 17, de la loi luxembourgeoise sur l’impôt sur le revenu exonère en principe le capital et la valeur de rachat provenant de certaines assurances individuelles sur la vie, le décès ou l’invalidité, hors contrats de prévoyance-vieillesse relevant notamment des articles 111bis et 111ter. Le texte pose donc une exonération de principe, mais il faut encore vérifier qu’une police française, ses garanties, son titulaire et son mode de sortie répondent réellement à cette qualification.
Article 115(17) : une qualification, pas un tampon automatique
Un contrat appelé « assurance-vie » en France n’est pas automatiquement exonéré au Luxembourg par son étiquette. Il faut lire ses garanties, sa faculté de rachat, l’identité de l’assuré et du bénéficiaire, la nature du paiement et les éventuelles composantes de retraite. Une sortie atypique, une police collective, une cession de contrat ou un montage nanti peut nécessiter une analyse distincte.
| Élément | Contrat français conservé | Contrat luxembourgeois |
|---|---|---|
| Fiscalité du résident | Qualification luxembourgeoise à confirmer ; le taux français du non-résident n’est qu’une première couche. | Même droit luxembourgeois du résident : le domicile de l’assureur ne crée pas à lui seul une exonération. |
| Antériorité | Ancienneté contractuelle et fiscale française déjà constituée, utile notamment en cas de retour. | Nouvelle date de souscription, sauf mécanisme juridique particulier validé. |
| Architecture | Fonds en euros et unités de compte selon le contrat ; protection française propre à l’assureur et au support. | Actifs représentatifs déposés, patrimoine distinct et privilège selon la loi luxembourgeoise. |
| Univers d’investissement | Dépend du contrat existant, souvent plus standardisé. | Peut être plus ouvert selon catégorie CAA, assureur, FID/FAS, marché cible et capacité de perte. |
| Risque | Marché, assureur, liquidité, frais et qualité des supports. | Les mêmes risques, auxquels s’ajoutent compréhension de l’architecture, dépositaire, supports sur mesure et éventuelle illiquidité. |
| Distribution | L’établissement et l’intermédiaire doivent pouvoir servir un résident luxembourgeois. | L’assureur, le contrat et l’intermédiaire doivent être autorisés ou notifiés pour le pays et le service. |
Le triangle de sécurité sépare et surveille les actifs représentatifs
Ici, le mot « triangle » décrit une organisation juridique, pas une promesse de rendement. Dans l’architecture luxembourgeoise, l’assureur représente ses provisions techniques par des actifs inventoriés. Ces actifs sont déposés auprès d’un dépositaire selon une convention soumise au Commissariat aux Assurances. L’assureur, la banque dépositaire et le CAA forment les trois acteurs institutionnels du « triangle de sécurité » ; le souscripteur bénéficie des protections que la loi attache à sa créance d’assurance.
Les actifs représentatifs constituent un patrimoine distinct et les créances d’assurance bénéficient d’un privilège. Ce rang est plus protecteur que celui d’un créancier ordinaire. Il ne s’agit pourtant ni d’une garantie de l’État luxembourgeois, ni d’un fonds garantissant sans plafond la valeur affichée sur le relevé.
FWU interdit les deux récits extrêmes
FWU oblige à regarder ce qui se passe quand l’assureur devient insolvable. Sa liquidation confirme l’existence de l’architecture protectrice, mais aussi ses limites. Les actifs ont dû être inventoriés ; les paiements ont été suspendus et la valeur des créances devait être déterminée dans la procédure. Pour les assurés, cela s’est traduit par un blocage, des délais et de l’incertitude.
Ce que le super-privilège ne promet jamais
- l’État ne garantit pas 100 % du contrat ;
- une baisse des marchés reste supportée par le contrat ;
- si les actifs sont insuffisants, le remboursement intégral n’est pas garanti ;
- pendant une crise ou une procédure, la liquidité peut disparaître ;
- frais, change, crédit et mauvaise valorisation d’un actif ne sont pas neutralisés ;
- le pays de vie peut encore imposer le contrat.
LC 26/1 : N, A, B, C et D sont des catégories, pas des tickets commerciaux
Avant de comparer les catégories, datez le contrat. La LC 26/1 entre en vigueur le 1er février 2026 et s’applique aux contrats émis à partir de cette date. Les fonds internes notifiés ou autorisés antérieurement continuent en principe selon les règles notifiées ou autorisées. Les contrats et fonds dédiés existant avant le 1er février 2026 restent régis par l’annexe contractuelle établie sous les circulaires antérieures, sauf avenant rendant applicables les nouvelles règles. Le tableau ci-dessous ne doit donc pas être appliqué automatiquement à une police ancienne : il faut lire son annexe et ses éventuels avenants.
| Catégorie CAA | Prime globale minimale | Fortune mobilière minimale | Lecture correcte |
|---|---|---|---|
| N | Pas de seuil général de catégorie | Pas de seuil général de catégorie | Catégorie par défaut ; l’assureur conserve ses propres minimums et son marché cible. |
| A | 125 000 € | 250 000 € | Les deux critères ouvrent un univers défini par la circulaire, sans certifier l’adéquation. |
| B | 250 000 € | 500 000 € | Accès prudentiel plus large, toujours soumis au contrat et à l’acceptation de l’assureur. |
| C | 250 000 € | 1 250 000 € | Fortune plus élevée ; le même montant de prime ne donne pas la même catégorie qu’en B. |
| D | 1 000 000 € | 2 500 000 € | Univers le plus étendu prévu par cette classification, sans garantie de rendement ni de liquidité. |
Le slogan « ticket à 125 000 € » mélange catégorie A, minimum d’un FID et minimum commercial. La catégorie N existe et aucun seuil ne force l’assureur à accepter un dossier ou un support.
Fonds général, fonds externes, FID et FAS ne rendent pas le même service
Une catégorie d’investisseur ne dit pas encore comment l’épargne sera gérée. Le fonds général mutualise la gestion selon les engagements de l’assureur. Les fonds externes sont des OPC ou compartiments sélectionnés dans la gamme. Un fonds interne dédié, ou FID, constitue une poche individualisée dont la gestion est confiée selon le mandat prévu ; la circulaire lui attache notamment une prime minimale de 125 000 €. Un fonds d’assurance spécialisé, ou FAS, individualise également les actifs mais organise différemment les choix d’investissement ; la LC 26/1 ne lui impose pas un seuil général de prime ou de fortune comparable à celui du FID.
Le souscripteur ne gère pas pour autant librement un compte-titres : admissibilité, procédures, marché cible et capacité de perte restent contrôlés. Tout actif peu liquide exige une méthode de valorisation et un scénario de sortie.
| Couche de coût ou de risque | Question à obtenir par écrit | Conséquence possible |
|---|---|---|
| Assureur | Frais sur versement, encours, arbitrage, rachat et garanties décès ? | Une architecture sophistiquée peut coûter davantage qu’un portefeuille simple. |
| Dépositaire et gestion | Frais de garde, mandat, FID/FAS et éventuels minima ? | Empilement de coûts indépendants de la performance. |
| Fonds sous-jacents | Frais courants, performance, rétrocessions et coûts de transaction ? | Double couche de frais parfois peu visible sur le relevé. |
| Liquidité | Fréquence de valorisation, préavis, gate, suspension ou marché secondaire ? | Le contrat peut être rachetable sans que tous les actifs soient immédiatement vendables. |
| Change | Devise du contrat, de la dette, des actifs et dépenses futures ? | Une devise d’affichage en euros ne supprime pas le risque des actifs étrangers. |
| Risque de crédit | Qui est l’émetteur, le garant et quel rang détient le support ? | Le super-privilège ne transforme pas la dette d’un émetteur en dépôt garanti. |
Quand le contrat luxembourgeois peut être pertinent
Le contrat peut servir une mobilité réelle, plusieurs devises ou gestionnaires, un FID/FAS justifié ou une gouvernance bénéficiaire internationale. L’intérêt doit rester net de frais : la ségrégation ne compense ni allocation inadaptée, ni assureur fragile, ni support illiquide.
Quand il vaut mieux ne pas souscrire
Un portefeuille simple d’ETF liquides, un besoin de trésorerie dans deux ans ou un ancien contrat français compétitif ne justifient pas automatiquement une nouvelle enveloppe. Le contrat luxembourgeois peut aussi être disproportionné lorsque le montant ne permet pas d’amortir ses frais, que le souscripteur ne comprend pas les actifs, que son projet exige une disponibilité certaine ou qu’il recherche seulement une baisse d’impôt non démontrée.
Une étude sérieuse peut très bien conduire à garder le contrat français. Dans d’autres dossiers, deux contrats remplissent des fonctions distinctes. Et parfois, ne rien souscrire reste la meilleure décision. Une recommandation qui aboutit toujours au produit le plus sophistiqué n’est pas un audit.
Cas où ne pas souscrire
Julie dispose de 140 000 €, d’un horizon de trois ans et d’une assurance-vie française peu chargée
Julie est résidente du Luxembourg mais prévoit d’acheter sa résidence principale. Son épargne doit former l’apport et une réserve de sécurité. La catégorie A ne serait de toute façon pas acquise par le seul montant investi sans le second critère de fortune, et un FID n’apporterait aucune fonction utile à son portefeuille simple.
L’audit contrôle le maintien de son contrat français, la qualification luxembourgeoise et les frais, puis conserve une poche liquide adaptée au projet. Julie ne souscrit pas au Luxembourg uniquement pour le mot « super-privilège ». Dans son cas, refuser un produit inutile protège l’apport et la réserve de sécurité dont elle aura besoin dans trois ans.
Mémo express
Les documents à exiger avant toute souscription ou tout rachat
- conditions générales et particulières, droit applicable, rachetablité et garanties ;
- identité de l’assureur, SFCR à jour, dépositaire et convention d’actifs représentatifs ;
- catégorie CAA, prime et fortune retenues, marché cible et capacité de perte ;
- liste des supports, KID/prospectus, valorisation, préavis, gates et scénarios d’illiquidité ;
- frais assureur, dépositaire, gestionnaire, fonds, conseil, arbitrage et sortie ;
- traitement fiscal luxembourgeois écrit et retenue française éventuelle sur un contrat conservé ;
- clause bénéficiaire relue avec le régime matrimonial, le testament et les règles successorales ;
- preuve que l’assureur, le produit et l’intermédiaire peuvent légalement servir le résident luxembourgeois.
Le texte fiscal est la LIR coordonnée au 1er janvier 2026, notamment son article 115(17). Le cadre prudentiel se lit dans la loi luxembourgeoise sur le secteur des assurances coordonnée au 3 avril 2026 et dans la lettre circulaire CAA 26/1. Le CAA publie également son dossier officiel FWU. Pour un contrat français, la DGFiP détaille le rachat d’assurance-vie du non-résident.
Comparer les contrats avec leurs vraies frontières
Hagnéré Patrimoine peut cartographier vos contrats, vos objectifs, les frais, la liquidité et les risques, puis coordonner les validations fiscales, civiles et réglementaires. Toute recommandation ou distribution est réalisée uniquement par l’entité autorisée pour le pays, le produit et le service ; les actifs restent détenus par l’assureur, la banque ou la société de gestion habilitée.
PER, deuxième et troisième piliers : trois cadres que la mobilité ne fusionne pas
Vous pouvez cumuler, au fil d’une carrière, un PER français, un régime d’employeur luxembourgeois et un troisième pilier local. Ils apparaîtront tous dans la colonne « retraite » de votre bilan, mais leurs règles ne fusionnent pas. Le départ au Luxembourg ne débloque pas automatiquement un PER français et ne le transforme pas en troisième pilier luxembourgeois. Inversement, un régime d’employeur luxembourgeois ne devient pas un PER au retour en France. Chaque produit conserve son règlement. Il faut donc reprendre séparément les cotisations, leur déduction, le blocage et les règles de sortie.
| Dispositif | Pendant la résidence luxembourgeoise | Point à sécuriser |
|---|---|---|
| PER individuel français | Conservable en principe sous réserve du prestataire ; expatriation seule hors cas légaux de déblocage. | Intérêt réel d’un versement, base déductible française, qualification luxembourgeoise de la rente ou du capital. |
| Régime français lié à l’emploi | Droits conservés ou transférables selon le règlement et le compartiment. | Portabilité, vesting, pays d’imposition et éventuelle reconnaissance conventionnelle. |
| Deuxième pilier luxembourgeois | Régime complémentaire d’employeur ou dispositif d’indépendant, avec droits et options propres. | Règlement, droits acquis, maintien, transfert, décès et fiscalité lors d’un départ. |
| Troisième pilier 111bis/111ter | Déduction luxembourgeoise dans la limite coordonnée de 4 500 € en 2026 si toutes les conditions sont remplies. | Contrat éligible, durée, âge, forme de sortie, frais et traitement au retour en France. |
PER français : conserver n’est pas continuer à déduire
Le contrat peut rester ouvert, mais le gestionnaire peut limiter les nouveaux versements ou services destinés à un résident étranger. La déduction française d’un versement volontaire s’impute sur une base française répondant aux règles du CGI. Pour un non-résident sans revenu français pertinent, l’avantage immédiat peut être nul : aucun revenu imposable dans cette base, aucune économie à y imputer. Verser uniquement pour « utiliser son plafond » n’a donc aucun sens avant d’avoir identifié le revenu sur lequel la déduction porterait.
Reste une exception à examiner, pas à présumer. La convention contient, à son article 23, paragraphe 6, un mécanisme étroit pour certaines cotisations à un régime de retraite établi dans l’autre État. Il suppose notamment une affiliation antérieure liée à l’activité et une reconnaissance par l’autorité compétente du nouvel État. Cette disposition ne permet pas d’annoncer qu’un PER individuel français est automatiquement déductible au Luxembourg.
Au moment de sortir, l’analyse recommence. Le mot « retraite » ne suffit pas à classer tout capital dans l’article conventionnel des pensions. Compartiment, versements déduits ou non, gains, rente, capital et résidence au paiement doivent être remis aux fiscalistes des deux États avant liquidation.
Aucune assimilation automatique
Un PER français ne devient pas un contrat 111bis par nature. De même, une sortie en capital n’est pas toujours une pension conventionnelle. Et quitter son employeur ne rend pas le deuxième pilier librement rachetable. Le nom commercial ne choisit jamais le droit fiscal.
Deuxième pilier : demander le règlement avant de quitter l’employeur
Un régime complémentaire d’entreprise peut prévoir contributions de l’employeur et du salarié, calendrier d’acquisition des droits, maintien, transfert et prestations en cas de décès. Les droits acquis peuvent être conservés ; un transfert reste conditionnel et le rachat n’est admis que dans des hypothèses limitées. Le relevé disponible dans les outils administratifs ne remplace pas le règlement du plan.
Avant une mobilité, obtenez par écrit la valeur acquise, la part non acquise, les frais, les supports, les bénéficiaires et les options. Le pays du futur paiement et le retour en France doivent être modélisés avant de choisir un transfert irréversible.
Troisième pilier : 4 500 € en 2026, avec durée et sortie encadrées
Le chiffre de 4 500 € mesure une limite annuelle de déduction, pas un gain fiscal automatique. La LIR coordonnée au 1er janvier 2026 porte à 4 500 € la limite annuelle coordonnée des articles 111bis et 111ter. Certaines pages d’aide affichaient encore 3 200 € ; le chiffre à retenir pour 2026 est celui du texte coordonné, sous réserve que le contrat et le contribuable remplissent les conditions.
Le régime 111bis prévoit notamment une durée minimale de dix ans et une prestation dans la fenêtre légale, en principe entre 60 et 75 ans. Selon le contrat et la loi, la sortie peut prendre la forme d’un capital, d’une rente viagère, de retraits annuels ou d’une combinaison admise. La déduction ne doit donc jamais être isolée du blocage, des frais et de la fiscalité future.
Cas de cadre
Lucas conserve son PER français et rejoint un régime d’entreprise luxembourgeois
Lucas n’a plus de base française rendant un versement volontaire intéressant. Il suspend donc les nouveaux versements sur son PER sans le fermer, récupère son historique de déductions et adhère au deuxième pilier de son employeur après lecture du vesting et des garanties décès. Il n’ouvre un 111bis qu’après avoir comparé l’économie 2026, dix années de blocage, les frais et son projet de retour.
Mémo express
Le dossier retraite transfrontalier
- règlement, compartiments et historique fiscal du PER ;
- versements déduits et non déduits, capital et gains ;
- règlement du deuxième pilier, droits acquis, vesting et bénéficiaires ;
- contrat 111bis/111ter, durée, frais et modalités de sortie ;
- carrières légales françaises et luxembourgeoises séparées ;
- résidence projetée au paiement et simulation rente/capital dans les deux pays ;
- avis écrit avant versement important, transfert ou liquidation.
Consultez la LIR 2026, articles 111bis et 111ter, les informations Guichet.lu sur les droits de pension complémentaire après la fin de l’emploi, la convention consolidée et la doctrine française sur la déduction retraite.
Acheter au Luxembourg : un compromis engageant, 7 % de droits et aucun crédit garanti
Au Luxembourg, un compromis qui identifie les parties, le bien et le prix peut déjà valoir vente. Le notaire sécurise ensuite l’acte authentique ; il n’existe pas de droit général de rétractation comparable au délai français de l’acquéreur non professionnel. La première signature engage donc bien davantage qu’une simple réservation.
Vous pouvez donc être engagé avant d’avoir reçu votre offre de prêt. Avant de signer, faites vérifier le titre, la copropriété, l’urbanisme et l’état du bien, puis chiffrez financement, usage et fiscalité. Une clause suspensive vague ne protège pas nécessairement l’acquéreur dont la banque refuse le prêt.
Le coût d’entrée commence à 7 %, avant les autres frais
Le taux normal cumule 6 % de droit d’enregistrement et 1 % de droit de transcription, soit 7 % du prix entrant dans cette assiette avant crédit confirmé. À cela s’ajoutent honoraires et débours du notaire, coût de la sûreté, financement, assurance, expertise, éventuelle agence et travaux. Le rendement ou le budget de résidence principale doit intégrer l’ensemble, pas seulement le prix affiché.
| Repère au 24 juillet 2026 | Ce qu’il signifie | Ce qu’il ne signifie pas |
|---|---|---|
| 7 % | Droits normaux : 6 % d’enregistrement et 1 % de transcription. | Le coût total d’acquisition, qui inclut notaire, crédit, garanties et travaux. |
| 40 000 € par acquéreur | Bëllegen Akt promulgué pour une habitation personnelle éligible, avec conditions et minimum de perception. | Une remise en espèces ou un crédit disponible pour tout investissement. |
| 45 000 € annoncé | Mesure annoncée par le gouvernement le 16 juillet 2026, avec loi encore nécessaire à la date d’arrêté. | Un montant à inscrire comme droit en vigueur avant promulgation et date d’effet. |
| LTV jusqu’à 100 % | Maximum prudentiel possible pour un primo-acquéreur de résidence principale. | Un droit au financement ou une dispense d’apport et de réserve. |
| LTV 90 % / 80 % | Plafonds de base pour autre résidence principale / autre acquisition, notamment locative. | Les droits d’acquisition ou le taux que la banque doit proposer. |
Bëllegen Akt : 40 000 € confirmé, 45 000 € seulement annoncé
Le crédit d’impôt sur les actes notariés réduit les droits d’une acquisition destinée à l’habitation personnelle, sous conditions d’occupation et de formalités. Le droit promulgué vérifié au 24 juillet 2026 fixe le maximum à 40 000 € par acquéreur, avec un minimum de perception de 100 €.
Le gouvernement a annoncé le 16 juillet un relèvement à 45 000 € et une mesure sur certaines ventes en l’état futur d’achèvement. Le communiqué précise qu’une loi doit entrer en vigueur et organise une demande ultérieure pour certains actes. Tant que cette loi, son champ et sa date d’effet ne sont pas publiés, un compromis, un plan de financement ou un guide ne doit compter que le montant confirmé.
Le compromis n’est pas une réservation
Faites relire le compromis avant signature. Si le projet dépend d’un prêt, la condition suspensive doit préciser un montant, une durée, un taux maximum, un délai et des démarches réalistes. Le délai de financement souvent rencontré en pratique n’est pas un délai légal universel.
80 %, 90 % ou 100 % : des plafonds, jamais une promesse bancaire
Ces pourcentages encadrent le rapport entre le prêt et la valeur du bien ; ils ne mesurent ni votre solvabilité ni votre reste à vivre. Le règlement CSSF 20-08 fixe un plafond de 100 % pour le primo-acquéreur de sa résidence principale, 90 % pour une autre résidence principale et 80 % pour une autre acquisition, notamment locative. Une marge limitée existe dans la production de certaines résidences principales, mais elle appartient à la banque, pas à l’emprunteur.
Le prêteur examine revenus, stabilité, autres dettes, reste à vivre, valeur expertisée, apport, âge, durée, garanties et origine des fonds. L’historique comptable pèsera davantage pour un indépendant ; les loyers d’un investisseur seront souvent retenus avec prudence. Aucun courtier ou conseil ne peut garantir l’acceptation avant décision de la banque.
Le coût immobilier à comparer
Prix du bien + droits effectivement dus après crédit confirmé + notaire, sûretés, crédit et assurance + travaux et mise aux normes + charges non récupérables et réserve d’entretien − loyers prudents après vacance + fiscalité annuelle et coût du capital = coût patrimonial réel sur la durée prévue
Un plafond de LTV élevé augmente aussi le levier, les intérêts et la sensibilité à une baisse de valeur ou de revenu.
Location et revente : raisonner après charges et avec le seuil de cinq ans
Le résident déclare le revenu locatif net en tenant compte des charges admises selon la loi : intérêts, entretien, amortissements et frais ne se déduisent pas tous de la même façon. Le rendement doit intégrer vacance, copropriété, gestion, assurance, travaux et impôt, pas un loyer brut divisé par le prix.
Après le 30 juin 2025, le régime ordinaire distingue notamment la cession dans les cinq ans, susceptible de produire un bénéfice spéculatif imposé au barème, et la cession au-delà de cinq ans, relevant en principe du demi-taux global avec les mécanismes légaux. La résidence principale peut être exonérée sous conditions mais la vente reste à déclarer. Une ancienne résidence vendue après le départ peut conserver ce traitement seulement dans les délais et situations prévus ; une location intermédiaire ou une société change l’analyse.
Cas d’acquisition
Nora et David signent à 980 000 € sous réserve d’un prêt
Le couple ne déduit pas 90 % du prix de son budget comme si la banque devait financer ce montant. Il obtient une simulation, conserve une réserve et fait préciser dans le compromis le montant, le taux maximal, la durée et le délai du prêt. Le notaire confirme leur éligibilité au Bëllegen Akt en vigueur au jour de l’acte.
Mémo express
Avant de signer le compromis
- titre, servitudes, hypothèques et description cadastrale ;
- copropriété, charges, travaux votés, fonds de réserve et contentieux ;
- urbanisme, conformité, performance énergétique et état réel ;
- clause suspensive de financement relue par le notaire ou l’avocat ;
- droits de 7 %, Bëllegen Akt effectivement en vigueur et tous les frais ;
- offre bancaire, garanties, assurance et réserve après achat ;
- usage, rendement net, horizon de détention et scénario de revente.
Les références utiles sont la page officielle de l’AED sur le Bëllegen Akt promulgué, le communiqué gouvernemental qui présente les mesures encore annoncées, le guide sur le compromis de vente et le règlement CSSF 20-08 sur les LTV.
Conserver un bien en France : deux déclarations, un actif et plusieurs bases
L’appartement français ne suit pas son propriétaire au Luxembourg. La France conserve le droit d’imposer les revenus et la plus-value de l’immeuble situé sur son territoire. Le Luxembourg, État de résidence, demande le revenu mondial et applique le mécanisme conventionnel, souvent avec effet sur le taux des autres revenus.
Deux pays ne calculent pas nécessairement le même revenu net. Une même dépense peut être admise pour le revenu foncier, refusée pour la base luxembourgeoise et traitée encore autrement pour l’IFI. Ne recopiez donc pas le résultat net français dans la déclaration luxembourgeoise. Conservez plutôt les données brutes, puis documentez chaque retraitement.
| Événement | France | Luxembourg |
|---|---|---|
| Loyer d’un bien français | Imposition française selon location nue, meublée ou activité. | Déclaration du revenu mondial et méthode conventionnelle ; base à rapprocher, pas à recopier. |
| Prélèvements sociaux | Exonération CSG/CRDS possible sous conditions d’affiliation EEE ; prélèvement de solidarité de 7,5 % en principe. | L’adresse luxembourgeoise ne prouve pas l’affiliation sociale requise. |
| Vente | Plus-value du non-résident, exonérations et représentant fiscal éventuel selon les faits. | Déclaration et application de la convention ; date de résidence et valeur documentées. |
| SCI | Régime IR ou IS, actifs, dettes et opération. | Qualification luxembourgeoise à établir ; ne pas présumer que la transparence française est reprise. |
| Valeur au 1er janvier | IFI éventuel sur l’immobilier français net taxable. | Pas d’impôt général sur la fortune des personnes physiques, sans suppression de l’IFI français. |
Loyer français : déclarer le brut avant de rapprocher les systèmes
La convention répartit d’abord le droit d’imposer. Elle autorise la France à imposer le revenu immobilier. Le Luxembourg l’exempte en principe avec progression dans le champ correspondant : le revenu peut relever le taux applicable aux autres revenus luxembourgeois. Les deux administrations peuvent calculer différemment charges, amortissements, intérêts ou déficits.
Une location meublée, une activité para-hôtelière ou une détention en société ne doit pas être traitée comme un simple loyer nu. TVA, établissement, comptabilité et qualification de l’entité peuvent changer. Avant de conserver le bien, comparez le rendement net après gestion à distance, vacance, travaux, fiscalité et coût du crédit.
Résident du Luxembourg ne signifie pas automatiquement exonéré de CSG/CRDS
L’exonération de CSG et CRDS sur certains revenus et plus-values immobiliers suppose notamment l’affiliation obligatoire à un régime de sécurité sociale de l’EEE, de Suisse ou du Royaume-Uni et l’absence de charge du régime français concerné. Conservez la preuve d’affiliation ou l’A1. Le prélèvement de solidarité de 7,5 % reste en principe à examiner.
Ancienne résidence principale : la date de vente peut changer l’impôt et les formalités
Le logement occupé avant le départ devient souvent résidence secondaire ou bien locatif. Le régime de plus-value du non-résident contient des exonérations et conditions propres ; il ne faut pas supposer que l’ancienne qualité de résidence principale demeure sans limite. Date de mise en vente, occupation, location, résidence du vendeur et calendrier notarial doivent être comparés avant le déménagement.
Le notaire détermine aussi si un représentant fiscal est requis et vérifie les justificatifs de prix, travaux et durée. Une vente proche du départ mérite un calendrier fiscal écrit : signer après le changement de résidence peut modifier procédures et preuve sans rendre l’opération meilleure.
SCI et financement transfrontalier
Avec une SCI, le bien n’est plus la seule pièce du dossier : il faut aussi qualifier la société. Décrivez-la par ses statuts, son régime français, ses actifs, ses dettes et ses flux. Le Luxembourg peut qualifier l’entité et le revenu selon ses propres règles. Une structure transparente en France ne doit pas être présentée comme automatiquement transparente au Luxembourg.
La trésorerie annuelle du bien conservé
Loyers réellement encaissés − vacance, gestion et impayés − charges, entretien et assurance − intérêts et remboursement de dette − impôts français et effet de taux luxembourgeois − provision travaux et coût de conformité = trésorerie disponible avant fiscalité de revente
Le capital remboursé enrichit le propriétaire mais consomme de la trésorerie ; il doit rester visible dans le budget.
Cas de couple expatrié
Camille et Éric louent leur appartement parisien après le départ
Le couple commence par documenter la date de changement de résidence. Le régime de location est choisi avec ses conseils, puis les données brutes partent vers les deux déclarants. Éric prouve son affiliation luxembourgeoise avant de réclamer le traitement social correspondant. Ils évitent ainsi de déduire deux fois les mêmes intérêts et conservent valeur, dette et travaux au 1er janvier pour l’analyse IFI.
Mémo express
Le classeur annuel du bien français
- acte, prix, travaux et justificatifs de paiement ;
- bail, loyers bruts, vacance, charges et gestion ;
- emprunt, intérêts, capital, assurance et sûretés ;
- déclarations et avis français et luxembourgeois ;
- preuve d’affiliation sociale pour CSG/CRDS ;
- statuts, liasses, dettes et comptes courants lorsqu’une société détient le bien ;
- valeur au 1er janvier, horizon de vente et usage depuis le départ.
La répartition des droits d’imposer ressort de la convention France–Luxembourg et de la doctrine BOFiP par catégorie de revenu. La DGFiP précise les contributions sociales des non-résidents.
IFI : l’immeuble français direct est clair, les détentions indirectes ne le sont pas toutes
Le Luxembourg a supprimé l’impôt général sur la fortune des personnes physiques depuis 2006. Cette absence ne retire pas à la France son droit d’imposer un immeuble français. Un résident conventionnel du Luxembourg peut donc rester redevable de l’IFI lorsque, au 1er janvier, la valeur nette de son immobilier français taxable franchit 1,3 million d’euros. Le seuil porte sur cette valeur nette taxable, pas sur la valeur brute d’un seul bien.
La difficulté commence lorsque l’immobilier est logé dans une SCI, une holding, un fonds, un trust ou une unité de compte d’assurance-vie. Le droit interne français vise largement la fraction immobilière française des détentions directes et indirectes. La convention de 2018 doit toutefois encore attribuer à la France le droit d’imposer l’élément de fortune ainsi qualifié.
| Détention | Point robuste | Point à expertiser |
|---|---|---|
| Appartement français en direct | Bien immobilier français dans le champ territorial, après seuil, exonérations et dettes. | Valeur, usage, quote-part, dette admise et éventuel bien professionnel. |
| Parts de SCI | Le droit interne français recherche la fraction immobilière française. | Qualification du titre sous l’article 21 de la convention de 2018 et caractéristiques de la SCI. |
| Holding ou chaîne de sociétés | Mécanismes internes de transparence et anti-abus à calculer niveau par niveau. | Convention, résidence des entités, dettes, participations minoritaires et informations disponibles. |
| Fonds ou organisme collectif | L’actif immobilier sous-jacent peut entrer dans les tests du CGI. | Nature du véhicule, seuils et exclusions propres, valeur française et accès aux données. |
| Assurance-vie en unités de compte immobilières | L’article 972 bis peut viser une fraction de la valeur de rachat. | Tests exacts de l’unité, exclusions légales et articulation conventionnelle ; jamais une règle globale « sous 20 % ». |
| Trust ou montage comparable | Obligations et règles françaises spécifiques possibles. | Constituant, bénéficiaire, contrôle, actifs, convention et déclarations. |
Article 21 : ne pas transformer le droit interne en conclusion conventionnelle
Le raisonnement se fait en deux temps. Le droit français détermine d’abord ce qui entre dans l’assiette de l’IFI ; la convention vérifie ensuite si la France peut imposer cet élément de fortune. L’article 21, paragraphe 1, permet à l’État de situation d’imposer la fortune constituée de biens immobiliers visés à l’article 6. Son paragraphe 4 réserve les autres éléments de fortune à l’État de résidence. Contrairement à l’article sur certaines plus-values, le texte de fortune ne contient pas une clause générale assimilant expressément toutes les parts de sociétés immobilières à l’immeuble.
Commencez donc par l’article 965 du CGI et les règles de valorisation françaises. Le titre ou le contrat est ensuite qualifié sous la convention. La réponse peut dépendre des statuts, des droits de l’associé, de l’actif, de la chaîne et de la nature du véhicule. Le guide ne peut promettre ni exonération ni taxation automatique de toute détention indirecte.
L’arrêt du 2 avril 2025 ne tranche pas tout l’IFI indirect
La Cour de cassation a statué sur une SCI luxembourgeoise dans le cadre de l’ancienne convention franco-luxembourgeoise de 1958 et de l’ISF. Cet arrêt ne peut pas être présenté comme la preuve que toute part, holding ou unité de compte est nécessairement taxable — ou exonérée — sous la convention de 2018 et l’IFI. Une analyse franco-luxembourgeoise reste indispensable.
Les dettes se prouvent actif par actif
Une fois l’actif qualifié, il reste à calculer sa valeur nette. Une dette n’est déductible que si elle existe au 1er janvier, est effectivement supportée par le redevable, se rattache à un actif taxable et satisfait aux conditions du CGI. Acquisition, travaux, réparation et certaines impositions peuvent entrer dans le calcul ; les prêts familiaux, intragroupe, in fine ou sans remboursement normal suivent des restrictions et règles anti-abus.
| Dette ou charge | Question IFI | Preuve utile |
|---|---|---|
| Emprunt d’acquisition | Finance-t-il le bien taxable et quel capital reste dû au 1er janvier ? | Offre, tableau d’amortissement, compte et acte. |
| Travaux | Nature, paiement et rattachement à l’actif imposable ? | Devis, factures, virements et autorisations. |
| Prêt in fine | Quelle règle d’amortissement fiscal de la dette s’applique ? | Contrat, échéance, nantissement et historique. |
| Prêt familial ou société liée | Conditions normales, effectivité et restrictions anti-abus ? | Contrat daté, intérêts, remboursements et capacité du prêteur. |
| Dette d’une société | Entre-t-elle dans la valorisation de la participation et se rattache-t-elle à l’immobilier ? | Liasse, grand livre, convention et organigramme. |
Assurance-vie et fonds immobiliers : la fraction exige des données
Une police luxembourgeoise ne met pas automatiquement ses unités de compte hors IFI français. Lorsqu’un résident du Luxembourg conserve des actifs immobiliers français via une unité de compte, l’article 972 bis, les règles du véhicule et la convention doivent être confrontés. Les seuils et exclusions techniques ne se résument pas à « moins de 20 % d’immobilier = contrat entier exonéré ».
Demandez à l’assureur ou au gestionnaire la valeur de rachat au 1er janvier, la composition exacte, la part française, les chaînes de détention et la méthodologie. L’absence de reporting n’est pas une exonération ; elle peut rendre la déclaration plus risquée et le produit moins adapté au client transfrontalier.
Cas IFI transfrontalier
Sophie détient un appartement, une SCI et des unités de compte immobilières
L’appartement lyonnais détenu en direct entre clairement dans l’analyse française. Sophie fait calculer la fraction immobilière de la SCI et demande un avis sur la qualification conventionnelle des parts. Quant à l’assurance-vie, elle obtient la composition des unités au lieu d’appliquer un seuil marketing au contrat entier.
Ses emprunts sont rapprochés de chaque actif au 1er janvier. Le résultat n’est ni « tout taxable » ni « tout protégé par le Luxembourg » : il est documenté ligne par ligne, avec les incertitudes conventionnelles explicitement réservées.
Mémo express
Le dossier IFI à constituer chaque 1er janvier
- inventaire des immeubles français directs, usage, quote-part et valorisation ;
- organigramme complet des sociétés, fonds, trusts et contrats ;
- actifs et dettes de chaque entité avec méthode de calcul de la fraction immobilière ;
- tableaux d’amortissement, prêts liés, travaux et preuves de paiement ;
- reporting des unités de compte, valeur de rachat et composition immobilière française ;
- analyse séparée du droit français et de l’article 21 de la convention ;
- avis professionnel conservant les hypothèses et incertitudes lorsque la détention est indirecte.
La base française se lit dans le BOFiP relatif aux titres représentatifs d’actifs immobiliers et les pages DGFiP sur les biens français et étrangers. Elle doit être confrontée aux articles 6 et 21 de la convention de 2018. L’arrêt de la Cour de cassation du 2 avril 2025 doit rester dans son contexte d’ancienne convention et d’ISF.
Cartographier l’immobilier avant de conclure à l’IFI
Hagnéré Patrimoine peut inventorier actifs, sociétés, unités de compte et dettes, préparer les scénarios et coordonner l’avocat fiscaliste franco-luxembourgeois, le notaire, l’expert-comptable, l’assureur et le gestionnaire habilités. La qualification conventionnelle et la déclaration restent validées par les professionnels compétents sous leur responsabilité.
Indépendant, profession libérale ou entrepreneur : créer une activité réelle avant de créer une structure
Avant la première facture luxembourgeoise, oubliez un instant le logo et la forme sociale. Décrivez plutôt l’activité, son lieu d’exercice, les clients visés et les moyens réellement disponibles. Un consultant installé à Luxembourg-Ville, un artisan qui intervient des deux côtés de la frontière, un médecin, un développeur travaillant chez lui et le dirigeant d’une société française ne suivent ni les mêmes autorisations, ni la même TVA, ni la même sécurité sociale.
Choisir d’abord une SARL ou une adresse de domiciliation inverse l’ordre du raisonnement. Les administrations partent des personnes qui travaillent, des décisions prises, des contrats exécutés, des locaux, des risques et des flux. Une implantation luxembourgeoise doit donc fonctionner dans les faits avant que sa cohérence fiscale puisse être défendue.
L’autorisation d’établissement précède l’activité habituelle
Avant la première facture, vérifiez si l’activité peut légalement commencer. Sauf exception, le commerce, l’artisanat, l’industrie et certaines professions libérales exercés de manière habituelle requièrent une autorisation d’établissement. L’administration examine notamment l’honorabilité professionnelle, les qualifications lorsqu’elles sont exigées, la gestion effective et permanente et l’existence d’une installation matérielle appropriée au Luxembourg. Une simple boîte aux lettres ne remplit pas ces conditions.
Le point de départ officiel est la fiche Guichet.lu sur l’autorisation d’établissement. Elle doit être rapprochée des règles propres à la profession : certaines activités financières, juridiques, médicales, immobilières ou techniques réclament un agrément, une inscription ou une qualification supplémentaire. Le dépôt d’une demande n’autorise pas, à lui seul, à démarrer une activité réglementée.
Une entreprise déjà établie dans un autre État de l’Espace économique européen peut parfois fournir au Luxembourg une prestation temporaire et occasionnelle, avec ou sans notification selon le secteur. Cette liberté de prestation n’est pas un permis d’installation déguisé. Dès que les interventions deviennent stables, récurrentes ou organisées depuis le Luxembourg, l’autorisation locale et la présence réelle doivent être réexaminées.
| Situation envisagée | Questions avant la première facture | Preuves à constituer |
|---|---|---|
| Entreprise individuelle au Luxembourg | Autorisation, qualification, lieu d’exploitation, affiliation CCSS, TVA et responsabilité patrimoniale. | Autorisation, bail ou droit d’usage, contrats, assurance, inscription et dossier comptable. |
| Consultant résident au Luxembourg avec clients français | Lieu réel des prestations, règle TVA B2B ou B2C, éventuels jours travaillés en France et dépendance économique. | Agenda, contrats, livrables, numéro TVA des clients, factures et relevé des jours par pays. |
| Dirigeant d’une société française vivant au Luxembourg | Direction effective, établissement stable, rémunération, paie, sécurité sociale et pouvoirs de signature. | Procès-verbaux, délégations, lieux de décision, contrats, A1 et cartographie des fonctions. |
| Société luxembourgeoise avec activité régulière en France | Établissement stable français, TVA, salariés, paie, droit du travail et prix de transfert. | Chantiers ou missions, locaux, temps de présence, contrats intragroupe et responsables opérationnels. |
| Prestation ponctuelle depuis la France | Caractère réellement temporaire et occasionnel, notification sectorielle, assurance et règles du client. | Lettre de mission limitée, calendrier, preuve d’établissement en France et vérification sectorielle. |
Sécurité sociale : le statut du dirigeant ne se déduit pas du titre
Le mot « gérant » décrit une fonction ; il ne choisit pas à lui seul le régime social. L’indépendant doit déclarer son activité au Centre commun de la sécurité sociale. Le gérant porteur de l’autorisation d’établissement qui détient plus de 25 % d’une SARL relève notamment du statut d’indépendant ; d’autres gérants peuvent relever du salariat selon les fonctions, la détention et les faits. Dire « je suis gérant, donc je suis salarié » ou l’inverse crée rapidement une paie incohérente.
Les cotisations ne se résument pas à un pourcentage unique. Maladie, pension, dépendance, accident et éventuelle Mutualité des employeurs n’ont pas tous la même assiette ni le même caractère obligatoire. En début d’activité, une assiette provisoire peut être utilisée puis régularisée lorsque le revenu fiscal définitif est connu. Le portail officiel du CCSS pour les indépendants donne la procédure ; la simulation individuelle doit intégrer le revenu attendu, les minimums, les plafonds et les couvertures réellement retenues.
Dès que le travail traverse la frontière, le règlement européen s’ajoute au droit national. L’indépendant qui accomplit une partie substantielle de son activité dans son État de résidence relève en principe de sa législation ; sinon, le centre d’intérêt des activités devient déterminant. Pour mesurer la part substantielle, le règlement d’application utilise notamment un indicateur de 25 %, apprécié à partir du temps, du chiffre d’affaires, du nombre de prestations et d’autres faits. Une personne salariée dans un État et indépendante dans un autre suit en principe la législation de l’État de l’activité salariée. Le certificat A1 atteste la législation sociale applicable ; il ne tranche ni l’impôt ni l’existence d’un établissement stable.
Une adresse peut être insuffisante pour l’autorisation comme pour l’impôt
Pour l’autorisation d’établissement, une adresse luxembourgeoise ne suffit pas si l’activité n’y dispose pas de moyens appropriés. Côté fiscal, elle ne déplace rien lorsque les décisions, les personnes et les opérations restent en réalité en France. Ce sont deux tests distincts : réussir une formalité administrative ne crée pas une substance fiscale, et un dossier de substance ne remplace pas l’autorisation sectorielle.
TVA et facturation : localiser la prestation avant d’appliquer un taux
Le premier réflexe n’est pas de choisir un taux, mais de localiser la prestation. Le Luxembourg connaît plusieurs taux de TVA, notamment 17 %, 14 %, 8 % et 3 % selon l’opération. Cela ne signifie pas qu’une entreprise luxembourgeoise facture toujours 17 %. Une prestation B2B à une entreprise française, une prestation B2C, un service électronique, un service lié à un immeuble et une activité financière exonérée obéissent à des règles de territorialité différentes.
Depuis 2025, le régime national de franchise PME utilise un seuil annuel de 50 000 €, avec une tolérance de 10 % pendant l’année du dépassement. La franchise évite en principe de collecter la TVA mais empêche aussi de déduire la TVA d’amont. Elle ne dispense pas automatiquement d’identification, de facturation conforme, d’autoliquidation, d’état récapitulatif ni des obligations du régime transfrontalier. Les seuils et démarches sont présentés par l’Administration de l’enregistrement, des domaines et de la TVA et sur la page officielle du régime PME.
Une facture transfrontalière doit raconter la même opération que le contrat et la comptabilité : identité et numéro TVA des parties, nature de la mission, date, lieu fiscal, éventuelle autoliquidation, devise, frais et preuve du service. Les management fees entre sociétés d’un même groupe exigent en plus une prestation réelle, un prix de pleine concurrence et des livrables. Une facture standard mensuelle ne prouve pas qu’un service a été rendu.
Consultante · France et Luxembourg · première année
Élodie facture 120 000 € depuis Esch-sur-Alzette
Élodie vit au Luxembourg et conseille quatre entreprises, dont son ancien employeur français qui représente 60 % de ses recettes. Elle travaille chez elle, se rend environ cinq jours par mois chez ses clients en France et souhaite créer immédiatement une SARL-S pour « être plus crédible ».
Les taux de la SARL-S et de l’entreprise individuelle attendront. L’audit vérifie d’abord l’éligibilité de l’activité, la possibilité d’utiliser le logement, l’autorisation, la trace des déplacements et l’indépendance réelle vis-à-vis de l’ancien employeur. Chaque service est ensuite localisé pour la TVA, puis la sécurité sociale est testée dans les deux États.
La société n’est retenue que si la séparation des risques, la gouvernance, les besoins d’investissement et la trésorerie laissée dans l’activité justifient son coût. Si Élodie retire presque tout le résultat, travaille seule et n’a pas de risque opérationnel significatif, l’entreprise individuelle peut rester le scénario témoin. La SARL-S ne sera retenue que si ses fonctions justifient son coût, pas parce que son taux facial paraît plus bas.
Mémo express
Le dossier de démarrage en huit pièces
- description précise de l’activité et des actes réglementés ;
- autorisation d’établissement et qualifications utiles ;
- preuve des locaux et des moyens réellement disponibles ;
- contrats clients et cartographie des lieux de prestation ;
- affiliation CCSS et certificat A1 lorsqu’il est pertinent ;
- mémo TVA par catégorie de clients et de services ;
- budget de trésorerie incluant impôts, cotisations et frais ;
- comparaison écrite entre activité en nom propre et société.
SARL, SA, SPF et SOPARFI : une holding n’a de valeur que si sa fonction existe vraiment
« Holding luxembourgeoise » ne désigne ni une forme sociale ni un régime fiscal unique. Des statuts signés au Luxembourg ne suffisent pas davantage à y installer réellement une société. Partez de la fonction attendue et de l’activité, puis regardez où se trouvent la direction et les moyens opérationnels. La forme juridique, le régime fiscal de chaque flux et le bénéficiaire final viennent compléter cette analyse.
Une SOPARFI n’est pas une forme sociale ni une société intrinsèquement exonérée. C’est le nom couramment donné à une société de participations pleinement imposable, souvent constituée sous forme de SARL ou de SA, qui peut bénéficier du régime des sociétés mères et filiales lorsque toutes ses conditions sont remplies. Hors de ce régime, ses revenus et ses charges suivent le droit commun.
Choisir la forme à partir de la fonction
| Véhicule | Repères juridiques | Usage possible | Limite décisive |
|---|---|---|---|
| SARL-S | Capital de 1 à 12 000 €, associés personnes physiques et champ d’activités éligibles. | Démarrage d’une petite activité opérationnelle autorisée. | Ce n’est pas une mini-holding universelle ; les associés et l’objet sont encadrés. |
| SARL | Capital minimal de 12 000 €, intégralement souscrit et libéré, acte notarié. | PME, activité opérationnelle ou société de participations à gouvernance resserrée. | Comptabilité, dépôts, fiscalité, RBE, substance et gouvernance ont un coût durable. |
| SA | Capital minimal de 30 000 €, entièrement souscrit et libéré au moins au quart, acte notarié et gouvernance plus structurée. | Entrée d’investisseurs, financement ou organisation actionnariale plus large. | Le capital n’est pas de 7 500 € ; le formalisme est rarement justifié pour un entrepreneur seul. |
| SCSp | Partnership contractuel très flexible, sans personnalité juridique propre dans son schéma usuel. | Fonds, co-investissement ou structuration professionnelle spécifique. | Qualification fiscale transfrontalière complexe ; ce n’est pas une holding familiale par défaut. |
| SPF | Société de gestion de patrimoine familial réservée à certains investisseurs privés. | Détention passive d’actifs financiers dans un cadre étroit. | Pas d’activité commerciale, pas d’animation des participations, pas d’immobilier direct et pas de régime mère-fille. |
Les fiches officielles SARL-S, SARL et SA servent à vérifier les conditions de base. Elles ne remplacent pas les statuts, le pacte d’associés, les clauses de sortie ou l’analyse de la responsabilité du dirigeant.
23,87 % : une charge nominale illustrée, pas « le taux du Luxembourg »
Un taux affiché n’a de sens qu’avec sa base et sa commune. Depuis l’année d’imposition 2025, l’IRC est de 14 % lorsque le revenu imposable ne dépasse pas 175 000 euros. Entre 175 000 et 200 000 euros, la cotisation correspond à 24 500 euros, augmentés de 30 % de la fraction dépassant 175 000 euros. Au-delà de 200 000 euros, le taux est de 16 %. S’ajoutent la majoration de 7 % de l’IRC pour le fonds pour l’emploi et l’impôt commercial communal, dont le taux varie selon la commune.
À Luxembourg-Ville, pour une base soumise à l’IRC de 16 %, le calcul nominal est : 16 % d’IRC, 1,12 point de majoration et 6,75 % d’ICC, soit 23,87 %. Cette addition intervient avant une éventuelle distribution à l’associé. Elle ne tient pas compte des différences d’assiette, pertes, crédits, charges non déductibles, impôt sur la fortune des collectivités, retenues, fiscalité personnelle ni de la commune réelle. La source à privilégier est le tarif des collectivités publié par l’ACD.
Une société opaque résidente reste en principe soumise à l’impôt luxembourgeois sur la fortune des collectivités, avec les exonérations et minimums applicables. Le Luxembourg n’applique plus d’impôt général sur la fortune aux personnes physiques depuis 2006 ; cela n’autorise pas à conclure que le pays n’a aucun impôt sur la fortune.
Le bénéfice de la société n’est pas le revenu net de l’associé
Salaire, rémunération de gestion journalière, tantièmes, dividendes et intérêts de compte courant ne sont pas interchangeables. Ils diffèrent par leur déductibilité, leur retenue, leur traitement social et leur justification. Un dividende est distribué après l’impôt de la société, suppose un bénéfice distribuable et ne crée pas les mêmes droits sociaux qu’une rémunération. Il faut donc chiffrer le résultat jusqu’à la personne physique, dans son État de résidence.
Le régime mère-fille s’applique flux par flux
Quand une filiale verse un dividende ou quand la holding cède ses titres, l’exonération ne se déduit pas du mot « holding ». Pour certains dividendes, l’exonération luxembourgeoise suppose notamment une détention ou un engagement de détention d’au moins douze mois et soit 10 % du capital, soit un prix d’acquisition d’au moins 1,2 M€. Pour certaines plus-values, le seuil alternatif de prix d’acquisition est de 6 M€, avec la même référence de 10 % et d’autres conditions. La filiale et la mère doivent être des entités éligibles, pleinement imposables ou soumises à un impôt comparable.
Ces seuils ne suffisent pas. Les frais liés à la participation, leur éventuelle recapture, la durée, la qualité fiscale de chaque entité, la retenue à la source, le financement et les clauses anti-abus doivent être examinés. La fiche Guichet.lu sur le régime mère-filiale fournit le cadre général, pas un certificat d’exonération pour un organigramme donné.
Pour un dividende franco-luxembourgeois, le droit interne, la directive européenne éventuelle et la convention doivent être rapprochés. Le taux conventionnel de 0 % prévu pour certaines sociétés suppose notamment une détention directe d’au moins 5 % pendant 365 jours et la qualité de bénéficiaire effectif. À défaut, un plafond conventionnel général de 15 % peut être pertinent. La convention franco-luxembourgeoise consolidée contient aussi, à son article 28, une clause refusant un avantage lorsque son obtention constituait l’un des objets principaux du montage, sauf conformité à l’objet des dispositions concernées.
SPF et SOPARFI répondent à des fonctions opposées
Le nom des deux véhicules est proche ; leur fonction ne l’est pas. La SPF est réservée à la gestion du patrimoine privé d’investisseurs éligibles. Elle ne peut pas exercer d’activité commerciale, s’immiscer dans la gestion de ses participations, consentir des prêts rémunérés à celles-ci ni détenir directement des immeubles. Elle ne bénéficie pas du régime mère-fille. Elle est donc généralement inadaptée pour détenir et animer l’entreprise d’un fondateur. L’ACD décrit le cadre de la SPF et sa taxe d’abonnement.
Une société de participations ordinaire peut, au contraire, fournir des fonctions de détention, financement ou animation si elle dispose des personnes, moyens, risques et contrats correspondants. Elle reste pleinement imposable et sa réalité doit être démontrée. Utiliser le terme SOPARFI ne transforme ni un dividende, ni une plus-value, ni une prestation de management en revenu exonéré.
Substance, bénéficiaire effectif et RBE ne répondent pas à la même question
La substance se prouve par le fonctionnement quotidien, pas par un quota magique de réunions, de salariés ou de mètres carrés. Les dirigeants doivent pouvoir décider et refuser une opération. Les locaux, l’information, les risques, le compte bancaire et les pouvoirs doivent correspondre à la fonction exercée ; les contrats et les coûts doivent aussi raconter la même activité. Si le fondateur signe, négocie et arbitre tout depuis la France, des procès-verbaux luxembourgeois standardisés ne déplacent pas la direction effective.
Le bénéficiaire effectif est la personne physique qui possède ou contrôle en dernier ressort l’entité. Une détention supérieure à 25 % constitue un indice, mais le contrôle peut résulter d’autres moyens. La déclaration au RBE doit en principe être mise à jour dans le mois suivant la connaissance d’un changement. Depuis les évolutions législatives intervenues après 2022, l’accès au registre ne doit plus être présenté comme universel et libre ; la loi distingue plusieurs catégories d’accès. La procédure RBE officielle ne remplace pas le contrôle du bénéficiaire effectif par la banque, le notaire, l’assureur ou le conseil.
Cession future · société française · projet de holding
Julien veut apporter sa PME à une holding luxembourgeoise dix-huit mois avant la vente
Julien détient 70 % d’une SAS française valorisée 6,5 M€. Il prévoit de s’installer au Luxembourg, mais son équipe, ses clients et ses principaux décideurs restent en France. Un acquéreur a déjà manifesté son intérêt. Il imagine apporter les titres à une SARL luxembourgeoise, puis vendre la filiale et réinvestir le produit.
Le schéma ne se juge pas sur le seul seuil mère-fille. Il faut examiner l’exit tax au départ, la clause conventionnelle permettant à la France de taxer sous conditions la vente d’une participation d’au moins 25 % par un ancien résident, la réalité du réinvestissement, le contrôle de l’apport, la direction effective et l’article 28. L’existence d’un acquéreur avant la restructuration renforce la nécessité de documenter les motifs non fiscaux.
Deux scénarios témoins sont chiffrés : Julien vend directement, ou il conserve la société française sans holding nouvelle. La holding n’est retenue que si elle remplit une fonction durable — gouvernance du groupe, acquisitions, financement, association de dirigeants — et si son utilité subsiste après les coûts, la distribution finale et les risques transfrontaliers. Le mémo est validé par les avocats et professionnels comptables des deux pays avant apport, promesse ou lettre d’intention.
Mémo express
Quand créer une société de plus ne résout rien
- la détention directe réalise déjà l’objectif sans couche de gouvernance supplémentaire ;
- le fondateur retire la quasi-totalité des résultats et ne réinvestit pas au niveau du groupe ;
- les fonctions, personnes et décisions resteraient en réalité en France ;
- les coûts récurrents dépassent le bénéfice économique attendu ;
- une cession imminente rend la chronologie et le motif du montage trop fragiles.
Couple, enfants et protection : un déménagement ne réécrit pas automatiquement votre régime familial
« Mariés, deux enfants » tient sur une ligne de bilan. Juridiquement, cela ne suffit pas pour savoir qui possède le logement, qui peut signer, qui est protégé en cas d’incapacité, qui reçoit quoi au décès ou quelle loi régit les biens du couple. La date du mariage ou du partenariat, les nationalités, les premières résidences communes, les contrats et les déménagements successifs peuvent être plus importants que l’adresse actuelle.
Quatre sujets sont souvent confondus. Le statut civil du couple et son régime patrimonial règlent d’abord les droits entre partenaires. La fiscalité et la succession obéissent à d’autres textes : un avantage fiscal ne confère pas les droits civils des époux, et un choix de loi matrimoniale ne désigne pas l’État qui taxera une donation. Quant au bénéficiaire d’une assurance-vie, sa désignation ne remplace pas nécessairement un testament ou un titre de propriété.
Mariage, partenariat et concubinage : documenter avant de comparer
| Statut | Ce que l’installation change | Point de protection |
|---|---|---|
| Mariage célébré à l’étranger | S’il est valable, il est en principe reconnu ; encore faut-il transmettre aux administrations luxembourgeoises les actes et formalités utiles. | Faire mettre à jour l’état civil et vérifier contrat, régime applicable et droits du survivant. |
| PACS ou partenariat étranger | L’inscription au répertoire civil luxembourgeois est facultative et soumise à conditions ; elle facilite certains effets. | Le partenaire enregistré n’est pas héritier légal sans testament au Luxembourg. |
| Partenariat luxembourgeois | Il produit des effets fiscaux, sociaux et patrimoniaux propres, sans devenir un mariage. | Convention de partenariat, propriété des biens, testament et bénéficiaires doivent être coordonnés. |
| Concubinage | La cohabitation ne crée pas un régime matrimonial ni une vocation successorale automatique. | Titre d’acquisition, convention, assurance décès, mandat et testament deviennent essentiels. |
Un mariage valablement célébré à l’étranger est en principe reconnu au Luxembourg, mais cela ne signifie pas que chaque administration en a connaissance. La commune peut demander actes, apostille ou légalisation et traduction. La procédure actualisée figure sur Guichet.lu.
Un PACS français peut, sous conditions, être inscrit au répertoire civil. La démarche n’est pas obligatoire, mais elle peut permettre l’accès à certains effets attachés au partenariat luxembourgeois. Elle suppose notamment un partenariat toujours en vigueur et, selon la procédure officielle, une adresse légale commune au Luxembourg. La liste des pièces et conditions doit être contrôlée à la date du dépôt.
Partenaire enregistré ne signifie pas conjoint marié
Au Luxembourg, le partenaire enregistré survivant n’est pas héritier légal sans testament valable. D’autres effets fiscaux, sociaux ou professionnels peuvent jouer, sans lui donner la vocation successorale du conjoint. Pour un logement commun, des enfants ou une entreprise, il faut relire ensemble le titre de propriété, la convention de partenariat, le testament, les clauses bénéficiaires et les limites liées à la réserve.
Le régime matrimonial suit une chronologie européenne
Avant de parler de communauté ou de séparation, il faut identifier la loi qui gouverne le régime. Lorsque c’est la loi luxembourgeoise et qu’aucun contrat ne prévoit autre chose, le régime légal est la communauté réduite aux acquêts. Les biens antérieurs au mariage et ceux reçus par donation ou succession restent en principe propres ; les acquisitions et revenus relevant de la communauté sont communs selon les règles du régime. Les époux peuvent notamment choisir la séparation de biens ou une communauté conventionnelle par acte notarié.
Pour les États participant à la coopération renforcée, le règlement (UE) 2016/1103 permet aux époux de choisir, dans les formes requises, notamment la loi de la résidence habituelle ou de la nationalité de l’un d’eux. À défaut de choix, il recherche en principe la première résidence habituelle commune après le mariage, puis la nationalité commune, puis les liens les plus étroits. Une seule loi régit en principe tous les biens, où qu’ils se trouvent.
Le règlement est applicable depuis le 29 janvier 2019, mais chaque volet possède son champ temporel. Pour la loi applicable, son article 69, paragraphe 3, réserve le chapitre III aux époux qui se sont mariés ou qui ont désigné la loi applicable à leur régime matrimonial après le 29 janvier 2019. Il ne faut donc pas plaquer cette grille sur un mariage, un contrat ou un choix antérieur : le notaire doit reconstituer les dates du mariage, des résidences, du contrat et de tout choix de loi. Un déménagement de la France vers le Luxembourg ne remplace pas automatiquement la loi qui gouvernait déjà le régime.
Les partenariats enregistrés suivent un texte différent, le règlement (UE) 2016/1104. La loi de l’État sous laquelle le partenariat a été créé joue en principe un rôle central, avec des possibilités de choix encadrées. Le règlement 2016/1104 possède une disposition transitoire comparable : pour la loi applicable, il faut notamment distinguer le partenariat enregistré ou le choix effectué après le 29 janvier 2019 des situations antérieures. Il faut aussi vérifier que les États concernés participent à la coopération renforcée. Assimiler un PACS français à un mariage luxembourgeois conduirait à appliquer le mauvais texte.
Protéger la famille pendant la vie, pas seulement au décès
La protection ne commence pas au décès. Elle doit déjà fonctionner en cas d’hospitalisation, incapacité, séparation ou urgence avec un enfant. Les procurations bancaires, mandats, directives de santé, désignation de personnes de confiance, pouvoirs dans les sociétés et accès aux documents doivent être relus dans chaque pays où ils devront produire effet. Un mandat français n’est pas forcément inutilisable au Luxembourg, mais sa reconnaissance pratique, sa traduction et son champ ne se supposent pas.
Pour les enfants, le déménagement touche aussi la résidence, la scolarité, la couverture maladie, les prestations familiales et parfois l’exercice de l’autorité parentale. En cas de séparation ou de famille recomposée, un changement d’État ne doit jamais être organisé sans vérifier les accords parentaux et décisions existantes. Le conseil patrimonial peut inventorier les contrats et besoins de protection ; les actes relatifs à l’autorité parentale et au droit de la famille relèvent de l’avocat ou du notaire compétent.
PACS · logement commun · enfant d’une première union
Amina et Paul découvrent que leur PACS ne suffit pas à protéger le survivant
Amina et Paul sont pacsés en France depuis 2017. Ils achètent à parts égales leur résidence au Luxembourg. Paul a une fille d’une première union ; le couple n’a ni testament ni convention patrimoniale et pense que l’inscription du PACS donnera au survivant les mêmes droits qu’un époux.
L’audit commence par le titre d’acquisition et l’origine des fonds, puis vérifie l’inscription du partenariat, la loi applicable à ses effets patrimoniaux et la succession de chacun. Sans testament, le partenaire survivant n’hérite pas par la loi luxembourgeoise. La fille de Paul et les règles réservataires empêchent cependant de rédiger une protection sans limite.
Le notaire coordonne testament, propriété et éventuelle convention ; l’assureur ou l’intermédiaire habilité revoit la clause bénéficiaire et la couverture décès ; le fiscaliste mesure les conséquences dans les deux États. Hagnéré Patrimoine rassemble le bilan, chiffre le besoin de liquidité et veille à ce que les actes ne se contredisent pas, sans rédiger lui-même les actes réservés.
Mémo express
Les cinq documents à relire après le déménagement
- acte de mariage, contrat ou convention de partenariat ;
- titres de propriété et preuves de financement ;
- testaments et donations antérieures ;
- clauses bénéficiaires et assurances de prévoyance ;
- mandats, procurations et pouvoirs dans les sociétés.
Succession, donation et assurance-vie : droit civil, impôt et contrats ne se confondent pas
Une succession franco-luxembourgeoise n’a pas une seule adresse. Un couple peut vivre au Luxembourg, posséder un appartement en France, détenir des titres dans plusieurs pays, avoir signé un contrat de mariage français et désigné des bénéficiaires sur une assurance-vie. Le dossier se traite donc sur plusieurs plans. La loi civile identifie les héritiers. Chaque État applique ensuite sa propre fiscalité, tandis que les contrats organisent la transmission de certains actifs.
Ces plans se croisent sans se remplacer. Le règlement européen choisit la loi civile de la succession ; il n’harmonise pas les droits de succession. Une clause bénéficiaire organise le paiement d’un contrat, mais n’efface pas nécessairement une réserve, une fiscalité ou un conflit de qualification. Ainsi, une donation peut être valable civilement tout en restant déclarable et imposable dans deux pays.
Le règlement européen 650/2012 désigne la loi civile
Le volet civil répond à la question « qui hérite, et selon quelles règles ? ». Pour les successions ouvertes depuis le 17 août 2015, le règlement (UE) n° 650/2012 désigne en principe la loi de la résidence habituelle du défunt au moment du décès. Lorsque l’ensemble des circonstances révèle des liens manifestement plus étroits avec un autre État, une exception peut jouer ; elle n’est pas un outil de planification que l’on choisit après coup.
Une personne peut choisir dans un testament la loi de l’un de ses États de nationalité au moment du choix ou du décès. Un Français résidant au Luxembourg peut donc, dans les formes appropriées, choisir la loi française pour régir l’ensemble de sa succession. Ce choix — la professio juris — peut modifier les héritiers, la réserve, la quotité disponible, le rapport des donations ou les pouvoirs d’un exécuteur.
Il ne choisit pas l’État qui taxe. Il ne liquide pas le régime matrimonial, ne transforme pas les droits réels admis sur un immeuble et ne fixe pas la fiscalité d’une assurance-vie. Avant de conclure que la loi française ou luxembourgeoise « protège mieux », le notaire doit d’abord liquider le régime du couple, identifier les actifs réellement successoraux et tester la validité temporelle des choix antérieurs.
Le certificat successoral européen peut faciliter la preuve de la qualité d’héritier, de légataire ou des pouvoirs d’un exécuteur dans un autre État participant. Il n’est pas obligatoire et ne remplace pas tous les actes nationaux. Les copies certifiées sont normalement valables six mois, sauf prolongation ou durée exceptionnelle motivée ; cette durée ne signifie pas que la succession elle-même expire.
La convention France–Luxembourg ne couvre pas les successions et donations
Au vu de la liste officielle française en vigueur au 1er janvier 2026, la France et le Luxembourg ne disposent pas d’une convention fiscale générale sur les droits de succession et de donation. La convention de 2018 concerne les impôts sur le revenu et la fortune : elle ne doit pas être étendue à une transmission gratuite. Le règlement européen organise le droit civil, pas l’impôt.
Ce constat est documenté par la liste BOFiP des conventions fiscales en vigueur au 1er janvier 2026. Il doit être revérifié au jour de la donation ou du décès. En pratique, les règles internes française et luxembourgeoise peuvent donc viser la même transmission, sans mécanisme conventionnel général de partage.
La France regarde le disposant, le bien et le bénéficiaire
La fiscalité française dépend du domicile du donateur ou du défunt, de la localisation du bien et de la résidence du bénéficiaire. L’analyse complète de l’article 750 ter du Code général des impôts reste nécessaire : la France peut taxer les biens mondiaux lorsque le donateur ou le défunt y est domicilié fiscalement. Lorsque celui-ci est non-résident, elle peut notamment taxer les biens français. Elle peut aussi viser les biens reçus par un bénéficiaire domicilié en France au jour de la transmission et qui l’a été pendant au moins six années au cours des dix années précédentes.
Il faut donc examiner chaque actif. Un immeuble français, des titres d’une société à prépondérance immobilière, un compte, une créance, une participation ou un contrat ne se localisent pas de la même façon. La résidence habituelle civile du défunt et son domicile fiscal peuvent eux-mêmes conduire à des analyses différentes.
L’article 784 A du CGI permet, dans certaines hypothèses, d’imputer des droits payés à l’étranger sur l’impôt français. L’imputation est limitée, notamment à la part correspondant aux biens situés hors de France dans son champ. Elle ne garantit ni une neutralisation intégrale, ni le remboursement de tout impôt étranger. Il faut conserver l’avis d’imposition étranger, la preuve du paiement, l’identité du redevable et la ventilation par actif.
Donner : la forme de l’acte dépend du bien
Une fois les bénéficiaires et la fiscalité étudiés, il reste à choisir l’acte adapté au bien. La donation d’un immeuble situé au Luxembourg doit être reçue par un notaire luxembourgeois et publiée selon les règles locales. Pour un immeuble situé en France, les règles françaises s’appliquent. Les liquidités, titres, dons manuels ou autres meubles exigent une analyse distincte de leur validité, de leur preuve, de leur enregistrement et de leur fiscalité. Il serait donc faux d’écrire que toute donation luxembourgeoise est obligatoirement notariée.
Une donation est en principe irrévocable et peut déséquilibrer la protection du donateur. Elle peut être rapportée ou réduite au décès, créer une indivision, transférer trop tôt le contrôle d’une entreprise ou faire naître une fiscalité imprévue chez un enfant résident de France. Les anciennes pages administratives luxembourgeoises ne doivent pas servir à figer un taux : le notaire et le fiscaliste vérifient le barème, les abattements, le lien de parenté et la forme de l’acte à sa date.
Assurance-vie : relire le contrat, la clause et les deux fiscalités
L’assurance-vie ajoute les règles propres au contrat. Elle peut fournir rapidement une liquidité au bénéficiaire, organiser une répartition ou protéger un proche. Elle n’est pas pour autant automatiquement « hors succession et hors impôt ». Il faut rapprocher le droit applicable au contrat, la résidence du souscripteur, de l’assuré et du bénéficiaire, la date et le montant des primes, le pays de l’assureur et la nature du dénouement.
Une clause rédigée avant l’expatriation peut devenir ambiguë. « Mon conjoint » suppose d’identifier qui possède cette qualité au jour du décès ; « mes héritiers » renvoie à une dévolution qui peut avoir changé ; un démembrement ou une clause à options exige que les bénéficiaires et l’assureur puissent réellement l’exécuter. Une clause bénéficiaire ne doit pas contredire le testament, le régime du couple, une donation antérieure ou les besoins de trésorerie pour payer les droits.
Le rôle du conseiller patrimonial est de recenser les contrats, les capitaux, les bénéficiaires et les objectifs. La rédaction ou la validation juridique du testament et des clauses complexes relève du notaire ou de l’avocat ; l’assureur ou l’intermédiaire autorisé vérifie l’acceptabilité contractuelle et les règles de distribution du pays de résidence.
Famille recomposée · deux pays · assurance-vie
Marc veut transmettre 1,2 M€ à ses enfants sans fragiliser sa conjointe
Marc, Français résident du Luxembourg, est marié sous un contrat ancien. Il a deux enfants d’une première union, sa conjointe a un enfant, et l’un des trois vit en France depuis huit ans. Le couple possède une maison au Luxembourg, un appartement locatif à Lyon et deux assurances-vie souscrites dans des pays différents.
Avant toute donation, le notaire reconstitue le régime matrimonial et la loi successorale. Le fiscaliste localise chaque bien et teste l’article 750 ter, notamment la résidence française du bénéficiaire. L’absence de convention successorale interdit de présumer qu’un impôt payé au Luxembourg effacera les droits français. Le crédit éventuel de l’article 784 A est calculé avec les preuves de paiement, pas ajouté comme une remise automatique.
Les clauses d’assurance-vie sont ensuite relues avec l’assureur et le notaire : qualité de conjoint, répartition entre enfants, liquidité destinée aux droits, acceptation et articulation avec le testament. La stratégie finale peut combiner donation progressive, conservation d’un revenu et assurance décès ; elle ne se résume ni à une clause bénéficiaire ni à un taux de donation.
Mémo express
Le dossier transmission à remettre aux conseils des deux pays
- nationalités, résidences habituelles et domiciles fiscaux des dix dernières années ;
- contrat de mariage, partenariat, séparation ou décisions familiales ;
- testaments, donations et avantages antérieurs ;
- inventaire des actifs et dettes avec pays, valeur et titre de propriété ;
- organigramme des sociétés et historique des participations ;
- contrats d’assurance, primes versées et clauses bénéficiaires ;
- objectifs de protection, d’égalité, de contrôle et de liquidité.
Revenir en France : préparer six mois de bascule pour éviter deux années fiscales incomplètes
Un retour en France n’est pas le mouvement inverse du départ. Pendant les années luxembourgeoises, vous avez pu devenir propriétaire, conserver un PEA et un PER français, souscrire une assurance-vie luxembourgeoise, recevoir des titres employeur, créer une société ou accumuler des droits sociaux. Au retour, la France redevient susceptible d’imposer vos revenus mondiaux ; le Luxembourg peut encore attendre une déclaration, un certificat, une retenue ou une preuve relative à la période antérieure.
L’objectif n’est donc pas de tout fermer avant le déménagement. Il est de fixer les dates, de conserver les historiques et de décider actif par actif. Le compte luxembourgeois peut rester utile, tout comme l’assurance-vie. Même l’emploi peut continuer. En revanche, leur traitement fiscal, social et déclaratif change dès que le foyer, le logement, l’activité et la résidence conventionnelle basculent.
La chronologie commence six mois avant la date prévue
| Moment | Décision ou formalité | Preuve à conserver |
|---|---|---|
| Six à quatre mois avant | Fixer les scénarios de logement, d’emploi et de cession ; inventorier comptes, contrats, sociétés, pensions et immobilier. | Tableau patrimonial, prix de revient, valeurs, échéances et organigramme. |
| Quatre à deux mois avant | Comparer les opérations avant/après retour ; revoir télétravail, sécurité sociale, bénéficiaires et pouvoirs. | Simulations datées, contrats de travail, calendriers de jours et notes des professionnels. |
| Deux mois à la veille | Informer les organismes, préparer la déclaration communale de départ et récupérer les historiques bancaires et fiscaux. | Certificats, exports complets, attestations CCSS/CNS, relevés de carrière et accusés de réception. |
| Jour du retour | Documenter le logement disponible, le foyer, l’activité et le début effectif de la vie en France. | Bail ou acte, factures, scolarité, voyages, avenant de travail et changement d’adresse. |
| Trois premiers mois | Sécuriser CPAM, famille, paie, A1/S1 si l’emploi luxembourgeois continue, banques et assurances. | Affiliations, formulaires portables, première paie et confirmations des établissements. |
| Printemps suivant | Rapprocher déclarations française et luxembourgeoise, revenus de transition et actifs étrangers. | 2042, 2042-NR, 2047, 3916/3916-bis, déclaration luxembourgeoise et justificatifs d’impôt. |
Commune, sécurité sociale et emploi doivent basculer ensemble
La date administrative ne suffit pas à créer la résidence fiscale, mais elle doit rester cohérente avec les faits. Le départ doit être déclaré à la commune luxembourgeoise avant le départ et au plus tard la veille, selon la procédure officielle Guichet.lu. La nouvelle adresse est transmise au CCSS, à la CNS, aux organismes familiaux, aux banques, assureurs et employeur. Le certificat de résidence et la preuve des dates doivent être conservés : ils relient la chronologie administrative aux déclarations fiscales.
Si l’emploi luxembourgeois continue, le salarié devient généralement frontalier. Il faut déterminer la législation sociale applicable, obtenir le A1 lorsque l’activité devient régulière dans plusieurs États, organiser le S1 ou S072 pour les soins en France et compter séparément les jours fiscaux hors Luxembourg. L’accord-cadre social peut, sous conditions, maintenir l’affiliation luxembourgeoise pour un télétravail compris entre 25 % et strictement moins de 50 % ; la tolérance fiscale franco-luxembourgeoise porte, elle, sur 34 jours travaillés hors Luxembourg dans son champ. Aucun de ces seuils ne remplace l’autre.
Si l’emploi cesse, il faut contrôler la sortie du CCSS, obtenir le U1, s’inscrire rapidement à France Travail pour un chômage complet, réactiver les droits CPAM et conserver le relevé de carrière luxembourgeois. Ces formulaires n’ont pas le même objet. Le S1 concerne les soins, tandis que l’A1 atteste la législation sociale applicable ; le U1 retrace les périodes d’assurance chômage.
Chaque enveloppe revient avec son historique, pas avec une remise à zéro
Le changement de résidence modifie le traitement futur ; il n’efface ni les dates d’ouverture, ni les prix de revient, ni les opérations réalisées au Luxembourg. C’est pourquoi chaque enveloppe doit revenir avec son historique complet.
| Actif ou situation | Question au retour | Dossier minimal |
|---|---|---|
| PEA français conservé | Conséquences françaises des futurs retraits et reconstitution des opérations pendant la non-résidence ; le traitement luxembourgeois passé reste distinct. | Date d’ouverture, valeur et lots au départ, opérations, dividendes, retraits et attestation de la banque. |
| Assurance-vie française | Fiscalité française des rachats après retour, ancienneté, primes et éventuelles retenues ou obligations de la période luxembourgeoise. | Contrat, avenants, primes par date, valeurs, rachats et clause bénéficiaire. |
| Assurance-vie luxembourgeoise | Déclaration française du contrat étranger et fiscalité des rachats ; aucune obligation générale de clôturer. | Conditions générales, valeur, primes, supports, assureur, bénéficiaires et historique fiscal. |
| PER français ou pension luxembourgeoise | Qualification de chaque sortie, droits accumulés, retenue et convention selon la nature de la pension. | Relevés, origine des versements, déductions obtenues, options de sortie et attestations des caisses. |
| Compte bancaire ou titres au Luxembourg | Déclaration du compte, revenus et plus-values après retour, avec prix historiques. | IBAN, titulaires, date d’ouverture, relevés, lots, frais et retenues. |
| Participation dans une société | Direction effective, rémunération, dividendes, cession future et ancien dossier d’exit tax. | Registre de titres, valorisations, statuts, pacte, pouvoirs, déclarations et événements depuis le départ. |
| Bien immobilier luxembourgeois | Loyers et vente au Luxembourg, déclaration française, crédit d’impôt conventionnel et prise en compte éventuelle à l’IFI. | Acte, financement, travaux, loyers, taxes, valeur et usage à chaque date. |
Il n’existe pas de réévaluation générale du prix de revient au jour du retour. La valeur affichée par une banque n’est pas un historique fiscal. Avant de fermer un compte ou transférer des titres, il faut exporter les lots, prix, frais, distributions, conversions de devises et retenues. Une opération réalisée la veille du retour ne devient pas optimale parce qu’elle précède le changement d’adresse : sa qualification dépend des droits des deux États et de la date réelle de résidence.
L’année du retour se déclare par périodes, pas comme une année entière
L’année suivant le retour, la 2042-NR couvre en principe les revenus de source française imposables avant la date de retour. La 2042 couvre les revenus mondiaux à compter du retour ; la 2047 accompagne les revenus étrangers de cette période lorsqu’elle est requise. Les comptes, certains comptes d’actifs numériques et contrats d’assurance ou de capitalisation étrangers reviennent dans le champ des déclarations 3916 ou 3916-bis pendant la période de résidence française. Une rémunération différée ou une date discutée exige une ventilation professionnelle.
La DGFiP publie une fiche dédiée au retour en France après un séjour à l’étranger et le formulaire 3916 / 3916-bis. Les notices du millésime doivent être utilisées : les obligations d’une année mixte se vérifient à la date de dépôt, compte par compte et contrat par contrat.
Reprendre l’exit tax avant toute cession ou donation
Ce dossier ne se reconstitue pas de mémoire. Si une exit tax a été calculée au départ de France, le retour impose de rouvrir le dossier exact. Plus-values latentes, créances de complément de prix et plus-values déjà en report sont des compartiments distincts. Un retour peut entraîner le dégrèvement des impositions encore en sursis sur les titres conservés ; il n’efface pas automatiquement une cession, donation, remboursement ou autre événement déjà intervenu.
Pour les seules plus-values latentes d’un transfert depuis 2019, aucun formulaire annuel de suivi n’est en principe déposé pendant une année sans événement. Les compléments de prix, anciens reports, millésimes antérieurs et changements de situation ont leurs propres obligations. Le dossier doit donc reprendre les 2074-ETD et notices réellement déposés, pas une check-list générique.
La clause de l’article 13 § 5 de la convention est un autre sujet : elle peut, sous conditions, permettre à la France d’imposer une vente ultérieure d’une participation donnant droit à au moins 25 % des bénéfices lorsque le cédant a été résident français dans les cinq années précédentes. Exit tax, convention, impôt luxembourgeois et crédit éventuel doivent être analysés séparément avant l’ordre de vente.
Deux régimes français à tester séparément
Le mot « impatrié » recouvre ici deux tests différents. Le premier concerne les revenus professionnels : le régime de l’article 155 B du CGI peut être examiné lorsqu’une personne est appelée ou recrutée depuis l’étranger pour travailler dans une entreprise établie en France. Il suppose notamment de ne pas avoir été domicilié fiscalement en France pendant les cinq années civiles précédant la prise de fonctions. Un simple retour, une retraite ou la poursuite à distance d’un emploi luxembourgeois ne suffisent pas.
Le second test porte sur le patrimoine. Une règle distincte peut limiter temporairement l’IFI aux actifs immobiliers français lorsqu’une personne n’a pas été domiciliée en France pendant les cinq années civiles précédant son installation. Cette limitation court, sous conditions, jusqu’au 31 décembre de la cinquième année suivant celle de l’installation. Elle ne dépend pas automatiquement de l’éligibilité au régime salarial des impatriés.
Retour · emploi luxembourgeois · titres et contrats
Romain revient à Metz mais conserve son emploi et 18 % d’une société luxembourgeoise
Après huit ans à Luxembourg-Ville, Romain s’installe à Metz. Il télétravaille deux jours par semaine, conserve un contrat d’assurance-vie luxembourgeois de 420 000 €, un PEA français et 18 % de la société qui l’emploie. Une vente de ses titres est envisagée dans douze mois.
Son dossier commence par la date réelle du retour et le nouveau rythme de travail. Les 34 jours fiscaux et le seuil social de l’accord-cadre sont comptés séparément ; l’employeur demande la détermination sociale et le A1. Le S1 organise l’accès aux soins en France si le Luxembourg reste compétent.
L’assurance-vie n’est pas rachetée par réflexe : elle est déclarée comme contrat étranger et sa fiscalité future est simulée. Le PEA conserve son historique. Pour les titres de l’employeur, Romain reconstitue le prix de revient, les dates de détention, les droits attachés et son éventuel dossier d’exit tax. Sa participation de 18 % n’atteint pas, à elle seule, le seuil conventionnel de 25 %, mais cette observation ne tranche ni l’impôt français, ni l’impôt luxembourgeois, ni une détention indirecte : le fiscaliste valide le cas complet avant cession.
Mémo express
Les sept archives à ne jamais laisser dans un ancien espace client
- déclarations et avis d’imposition des deux pays ;
- attestations CCSS, CNS, A1, S1 et relevés de carrière ;
- historiques fiscaux complets des comptes et titres ;
- contrats d’assurance, de retraite et leurs avenants ;
- actes immobiliers, travaux, loyers et financements ;
- registres, statuts, pactes et valorisations de sociétés ;
- preuves de résidence, calendriers de présence et contrats de travail.
Le rôle de Hagnéré Patrimoine dans un dossier France–Luxembourg
Hagnéré Patrimoine peut réaliser le diagnostic patrimonial global, inventorier actifs, revenus, contrats et participations, construire des scénarios et coordonner la feuille de route. Les actes juridiques, fiscaux, sociaux, comptables, notariaux, financiers, assurantiels ou immobiliers réservés sont accomplis par le professionnel habilité concerné : avocat fiscaliste international, notaire, expert-comptable ou fiduciaire, spécialiste social, assureur, banque, société de gestion ou intermédiaire local autorisé. Les habilitations et mandats transfrontaliers sont vérifiés pour le pays, le produit et le service avant toute opération ; les actifs et flux restent détenus par les établissements autorisés.
Construire une chronologie France–Luxembourg avant la prochaine opération
Nous pouvons cartographier résidence, activité, contrats, sociétés et transmission, puis organiser les validations avec les professionnels habilités dans chaque domaine.
Ce guide fournit une information générale arrêtée au 24 juillet 2026. Il ne constitue ni une consultation juridique ou fiscale française ou luxembourgeoise, ni un acte notarié, ni une prestation comptable, ni une recommandation d’investissement personnalisée. Les cas sont fictifs et leurs montants pédagogiques. Toute décision doit être reprise à partir des faits, contrats, nationalités, résidences et textes applicables au jour de l’opération.
Sept cas, douze erreurs et trois check-lists pour passer des règles aux décisions
Voici maintenant sept dossiers tels qu’ils pourraient arriver sur une table de rendez-vous. Ils sont entièrement fictifs : prénoms, dates, montants et projets ont été inventés. Leur rôle est de montrer l’ordre des contrôles, pas de livrer une solution à recopier. Aucun ne décrit un client, une optimisation certaine ou une recommandation personnalisée.
Un article ne voit ni le logement réellement disponible, ni le lieu de travail jour par jour. Il ne connaît pas davantage les clauses du contrat, la valeur d’une participation, les pouvoirs de direction, les nationalités, l’histoire familiale ou le texte en vigueur le jour de l’opération. Dans un vrai dossier, la réponse peut donc être très concrète : attendre une preuve, ne rien modifier pour le moment, voire renoncer à une structure dont les coûts dépassent l’utilité.
| Profil fictif | Décision structurante | Preuve décisive |
|---|---|---|
| Couple résident au Luxembourg, actifs en France | Établir la date et la réalité du changement de résidence avant de traiter les produits. | Chronologie des logements, de la famille, de l’activité et des intérêts économiques. |
| Frontalier et télétravail | Tenir deux compteurs indépendants : fiscal et social. | Calendrier quotidien validé, missions, fractions de journée, avenant et A1. |
| Dirigeant avec PEA, CTO, assurance-vie et PER | Analyser chaque enveloppe et chaque flux dans les deux pays. | Contrats, dates, prix de revient, résidence au jour du flux et position des établissements. |
| Fondateur avant cession | Auditer l’exit tax, la convention, la résidence et la gouvernance avant le protocole de vente. | Valorisation, cap table, décisions de direction et chronologie des négociations. |
| SOPARFI envisagée | Comparer une structure utile à l’absence de structure. | Motif économique, flux futurs, coûts complets, substance et horizon de réinvestissement. |
| Retraité avec plusieurs pensions | Qualifier chaque pension séparément. | Décision de chaque caisse, fondement du régime et situation d’assurance maladie. |
| Succession franco-luxembourgeoise | Séparer loi civile, propriété, assurance et impôts. | Régime matrimonial, testament, résidence habituelle, contrats et localisation des actifs. |
Cas 1 — Devenir résident luxembourgeois sans effacer la France
Cas fictif · résidence et actifs français
Camille et Nicolas s’installent à Luxembourg-Ville et louent leur appartement parisien
Camille commence un emploi luxembourgeois le 1er septembre. Nicolas cherche encore un poste, leurs enfants sont scolarisés au Luxembourg et le couple signe un bail local. L’appartement parisien, disponible pendant les premières semaines puis loué, est conservé avec son crédit. Le foyer possède aussi des comptes bancaires, un PEA et une assurance-vie en France.
Sur le papier, le déménagement paraît net. Fiscalement, il reste à le prouver. Ni l’inscription à la commune, ni le bail, ni un décompte isolé de 183 jours ne suffisent à fixer la résidence fiscale. Les critères internes français et luxembourgeois viennent d’abord. Si les deux États revendiquent le couple, l’article 4 de la convention examine successivement le foyer permanent, le centre des intérêts vitaux, le séjour habituel, la nationalité puis, si nécessaire, l’accord des administrations.
Camille et Nicolas ouvrent donc un dossier daté, pas une simple chemise « expatriation ». Ils y rangent la preuve du déménagement et de la remise des clés, la scolarité, l’emploi, les dépenses courantes, les contrats d’énergie, la disponibilité du logement français et les éléments qui montrent où se trouve désormais le centre de leurs affaires.
Une fois la résidence établie, les sujets ne disparaissent pas. Les loyers et une future plus-value de l’appartement restent à qualifier en France et au Luxembourg. L’immeuble français directement détenu peut rester dans le champ de l’IFI français si les conditions légales sont réunies. Pour des parts de société, un fonds, un contrat ou une chaîne indirecte, la confrontation entre le droit interne et l’article 21 de la convention exige une analyse spécifique. Avant cette analyse, écrire « taxé » ou « exonéré » serait prématuré.
Camille et Nicolas se fixent une règle : aucun actif ne sera vendu, racheté ou restructuré au seul motif du départ. Le fiscaliste franco-luxembourgeois valide la résidence et les obligations. Le conseil patrimonial dresse l’inventaire et les scénarios, tandis que la banque et l’assureur confirment par écrit la continuité opérationnelle des contrats.
Cas 2 — Les 34 jours ne sont ni deux jours par semaine ni un droit social
Cas fictif · frontalier et télétravail
Marc vit à Metz, télétravaille en France et voyage pour son employeur luxembourgeois
Marc travaille à temps plein pour un seul employeur luxembourgeois. Son avenant prévoit deux jours de télétravail par semaine, mais son agenda comprend aussi des formations en France, des rendez-vous en Belgique et quelques demi-journées depuis son domicile. Un bonus est versé au printemps suivant. Multiplier « deux jours » par un nombre moyen de semaines donnerait pourtant une réponse trompeuse, aussi bien pour l’impôt que pour la sécurité sociale.
Il lui faut deux compteurs. Pour tester la tolérance fiscale, tout jour ou fraction de jour travaillé hors de l’État habituel d’emploi peut compter comme une journée entière. Télétravail, formation et mission dans un État tiers sont additionnés. Si le seuil de 34 jours est dépassé, la fiction cesse pour l’ensemble des journées hors Luxembourg, pas seulement pour le trente-cinquième jour.
Le calcul change ensuite de logique. La ventilation de la rémunération utilise le temps réellement travaillé : une demi-journée testée comme un jour pour le seuil reste une demi-journée dans la clé de répartition. Le plafond peut aussi être proratisé pour une année incomplète ou un temps partiel.
La sécurité sociale suit une autre horloge. La règle européenne ordinaire examine notamment l’activité substantielle d’au moins 25 % dans l’État de résidence. Sous conditions et sur demande, l’accord-cadre relatif au télétravail peut maintenir la législation de l’État de l’employeur lorsque le télétravail dans l’État de résidence atteint 25 % mais reste strictement inférieur à 50 %. À 50 % exactement, cette dérogation ne fonctionne plus. Le certificat A1 matérialise la législation applicable ; il n’est pas remplacé par une politique interne de télétravail.
Marc sécurise son dossier avec un calendrier quotidien, rapproché des badges, billets, ordres de mission et attestations employeur. Il y joint l’avenant de télétravail et le certificat A1 obtenu pour la période concernée. Le fiscaliste ou spécialiste de paie traite le bonus selon sa période d’acquisition ; le spécialiste social contrôle l’accord-cadre et l’A1. Le seuil de 34 jours, à lui seul, ne répond à aucune de ces deux validations.
Cas 3 — Conserver une enveloppe ne signifie pas exporter son avantage fiscal
Cas fictif · PEA, CTO, assurance-vie et PER
Élodie devient résidente luxembourgeoise avec quatre enveloppes françaises
Élodie détient un PEA ouvert depuis neuf ans, un compte-titres comportant des actions non cotées, une assurance-vie française et un PER. Elle envisage un contrat luxembourgeois parce qu’on lui a présenté le triangle de sécurité comme une garantie intégrale. Son premier geste n’est pourtant pas un rachat. Elle télécharge le dernier relevé du PEA et l’historique des opérations, puis rassemble les conditions générales, prix de revient, historique des primes, clauses bénéficiaires et position écrite de chaque établissement sur sa nouvelle résidence.
Le PEA ouvert avant le départ peut en principe être conservé hors des territoires exclus par le droit français. Selon la doctrine française contrôlée au 24 juillet 2026, le gain d’un retrait, rachat ou d’une clôture réalisé pendant la non-résidence est hors impôt sur le revenu et prélèvements sociaux français. Cette neutralité française ne voyage pas : le Luxembourg qualifie les dividendes et gains au regard de ses propres règles, titre par titre. Le CTO suit également la durée de détention, le niveau de participation, la nature du revenu et les retenues à la source. Le PER reste bloqué hors cas légaux ; sa déduction et sa sortie doivent être qualifiées dans les deux pays avant liquidation.
L’assurance-vie luxembourgeoise peut apporter une architecture contractuelle et prudentielle pertinente. Le patrimoine distinct et le super-privilège organisent un rang de protection ; ils ne sont ni une garantie de l’État, ni une promesse de capital, de liquidité ou de remboursement intégral. Frais, supports, devise, disponibilité, solidité de l’assureur et autorisation de distribution restent décisifs. Si aucun besoin réel ne justifie un nouveau contrat, Élodie peut donc conserver l’existant. Ne rien ouvrir est aussi une décision.
Élodie commence par les chiffres. À partir de ses relevés, elle compare les scénarios nets de frais et de fiscalité sans déplacer les actifs pour « voir ensuite ». L’assureur ou la banque conserve et exécute les actifs. Hagnéré Patrimoine peut coordonner le diagnostic dans le périmètre de ses habilitations vérifiées, sans détenir ni encaisser les fonds.
Cas 4 — Une expatriation dix-huit mois avant la vente n’efface pas l’exit tax
Cas fictif · fondateur et cession
Thomas détient 60 % d’une SAS valorisée 3 millions d’euros
Thomas prévoit de vivre et travailler au Luxembourg. Des échanges exploratoires ont déjà eu lieu avec un acquéreur, mais aucun protocole n’est signé. La cession pourrait intervenir dix-huit mois après le départ. Le calendrier est tentant, mais il ne permet ni d’affirmer que le gain sera exclusivement luxembourgeois, ni de calculer une économie. Il faut documenter la résidence réelle, la chronologie des négociations, la direction effective de la SAS, la valeur des titres, les clauses du prix et l’intention économique.
Pour le compartiment des plus-values latentes, l’article 167 bis vise notamment le contribuable résident de France au moins six des dix années précédant son départ lorsqu’il détient au moins 50 % des bénéfices sociaux d’une société ou des titres d’une valeur globale strictement supérieure à 800 000 euros. Créances de complément de prix et plus-values déjà en report constituent d’autres compartiments. Un transfert vers le Luxembourg peut ouvrir un sursis, mais le sursis n’est pas une exonération.
L’article 13, paragraphe 5, de la convention peut en outre accorder à l’ancien État de résidence un droit d’imposer certaines cessions ultérieures de participations substantielles lorsque ses conditions sont réunies. Convention et exit tax doivent être analysées séparément. Il n’existe pas de taux global universel. Le suivi déclaratif dépend du millésime et des compartiments : pour certains départs depuis 2019 ne comportant que des plus-values latentes en sursis, aucun formulaire annuel n’est requis en l’absence d’événement, alors que d’autres situations conservent un suivi spécifique.
Le bon ordre commence avant toute lettre d’intention. Thomas remet aux conseils de la société une cap table datée, les actes d’acquisition et une chronologie des négociations. Avec un avocat fiscaliste, il fait établir une valorisation défendable et trois simulations — vente, conservation, retour. À ce stade, rien ne permet encore de conclure à une neutralité, de chiffrer une économie ou de valider un calendrier conçu principalement pour obtenir un avantage conventionnel.
Cas 5 — Une SOPARFI peut servir une stratégie ; elle n’en crée pas une
Cas fictif · entreprise et holding
Alice compare détention personnelle, holding existante et SOPARFI
Alice réside au Luxembourg et détient plusieurs participations françaises et européennes. Elle souhaite céder l’une d’elles, puis réinvestir pendant dix ans. Une société opérationnelle doit aussi accueillir une équipe et des moyens locaux. Ici, une société luxembourgeoise ordinaire qualifiée de SOPARFI peut servir la gouvernance, le financement et le réinvestissement. Encore faut-il remplir les conditions du régime mère-fille et des conventions, puis documenter substance, bénéficiaire effectif et règles anti-abus.
La SOPARFI n’est pourtant ni un statut autonome, ni une « enveloppe exonérée ». Le taux nominal souvent cité de 23,87 % correspond à une illustration à Luxembourg-Ville, notamment pour un bénéfice dépassant le palier concerné ; il ne décrit ni chaque base, ni chaque commune, ni le coût après distribution à la personne physique. Notaire, domiciliation, comptabilité, déclarations, audit éventuel, dirigeants, locaux, banque et gestion courante doivent être intégrés au calcul.
Changeons un seul fait : Alice ne possède plus qu’une participation, veut consommer le produit rapidement et ne prévoit ni équipe, ni investissement, ni gouvernance au Luxembourg. Une holding ajoutée juste avant la vente pourrait cumuler coûts, risque anti-abus et complexité sans avantage économique durable. Dans cette seconde hypothèse, la bonne décision est de ne pas constituer de SOPARFI.
Alice compare donc, sur plusieurs années, les flux avant et après distribution, la gouvernance réelle et le scénario sans structure. L’avocat conçoit les actes et valide les règles fiscales ; le notaire intervient lorsque requis ; l’expert-comptable ou la fiduciaire tient et déclare. Hagnéré Patrimoine coordonne le scénario patrimonial sans promettre le résultat fiscal.
Cas 6 — Un retraité peut avoir trois pensions et trois qualifications
Cas fictif · retraite et santé
René s’installe au Luxembourg avec pensions privées, légales et publiques
René a travaillé dans le secteur privé français, perçoit une pension légale de sécurité sociale et une retraite complémentaire. Une courte période dans un établissement public ouvre une troisième prestation. Il conserve une résidence secondaire en France et souhaite réaliser des rachats sur son assurance-vie. Dire que « toutes ses retraites seront taxées au Luxembourg » serait une conclusion erronée.
La convention attribue en principe à l’État de résidence les pensions privées ou professionnelles versées au titre d’un ancien emploi. Elle réserve cependant à l’État qui la verse une pension payée en application de sa législation de sécurité sociale. Les pensions publiques suivent encore une autre règle, modulée par la nature du service, la résidence et parfois la nationalité. Le nom de la caisse ou de l’ancien employeur ne suffit pas : chaque prestation doit être qualifiée.
La couverture maladie suit les règlements sociaux européens, pas le choix fiscal du retraité. René demande aux institutions de déterminer l’État compétent et, si nécessaire, le document S1. Son immeuble français demeure à analyser pour la plus-value, les revenus et l’IFI. Les rachats d’assurance-vie sont étudiés contrat par contrat, avant et après un éventuel retour.
René repart avec un tableau d’une ligne par pension : décision de la caisse, fondement juridique, pays payeur, retenue, droits santé et date de liquidation. Les caisses décident des droits sociaux ; le fiscaliste classe les prestations. Le conseil patrimonial coordonne les flux et le besoin de liquidité sans garantir le montant net.
Cas 7 — Choisir une loi successorale ne choisit pas le fisc
Cas fictif · succession franco-luxembourgeoise
Sophie, Française résidente du Luxembourg, laisse des actifs dans les deux pays
Sophie vit au Luxembourg, possède un appartement locatif en France, des comptes luxembourgeois et une assurance-vie. Ses deux enfants résident dans des États différents. Son partenaire enregistré n’est pas son époux. Avant même de parler d’impôt, son dossier doit donc montrer le régime du couple, l’origine de propriété, les clauses bénéficiaires, les donations antérieures, la résidence habituelle et le domicile fiscal de toutes les personnes concernées.
Le règlement européen 650/2012 désigne en principe la loi civile de la résidence habituelle du défunt. Une personne peut choisir, dans une disposition à cause de mort correctement rédigée, la loi de l’un de ses États de nationalité. Ce choix organise la succession civile ; il ne choisit pas l’impôt. Au vu des sources officielles contrôlées au 24 juillet 2026, il n’existe pas de convention fiscale générale France–Luxembourg couvrant successions et donations.
Il faut donc appliquer les territorialités internes, notamment les règles françaises liées au domicile du défunt, aux biens français et, dans certains cas, à la résidence du bénéficiaire pendant six des dix années précédentes. Un crédit unilatéral peut parfois réduire la double imposition, sans garantir sa suppression. Le partenaire enregistré n’est pas présenté comme héritier automatique sans testament et validation notariale. L’assurance-vie reste un contrat à analyser, pas un synonyme universel de « hors succession ».
Sophie commence chez le notaire, avec son projet de testament, le document relatif à son partenariat, les titres de propriété et les clauses bénéficiaires existantes. Le notaire et l’avocat international cartographient propriété, loi civile et impôts ; les assureurs confirment les clauses et procédures. Le conseil patrimonial consolide les objectifs et les liquidités. Ce guide, lui, ne rédige et ne valide aucune clause.
Transformer un cas en note de décision, sans recopier sa conclusion
Ne copiez pas la conclusion du cas qui vous ressemble. Ouvrez plutôt une fiche avec l’événement envisagé et sa date — départ, télétravail, rachat, vente, constitution d’une société, retour ou transmission. D’un côté, les faits déjà prouvés ; de l’autre, ce qui reste une intention, une estimation ou une parole orale. Chaque question reçoit ensuite sa source et son professionnel responsable. La dernière page rassemble le scénario d’action, l’option de ne rien faire et la date du prochain examen.
Cette discipline évite un biais fréquent : sélectionner la règle qui justifie une décision déjà prise. Par exemple, une tolérance de 34 jours n’est pertinente qu’après avoir reconstitué tous les jours hors Luxembourg ; un régime mère-fille ne se teste qu’après avoir défini les flux et le motif économique ; une clause bénéficiaire ne se relit qu’après avoir établi le régime du couple, la propriété du contrat et la résidence des personnes. Si une donnée centrale manque, le dossier doit afficher « non établi » plutôt que compléter le vide par une hypothèse favorable.
Règle d’arrêt
Cinq situations dans lesquelles il faut suspendre l’opération
- deux professionnels retiennent des résidences ou qualifications incompatibles sans avoir réconcilié leurs hypothèses ;
- la valorisation, le calendrier des jours ou la propriété d’un actif ne peut pas être documenté ;
- l’avantage attendu suppose un texte annoncé mais pas encore entré en vigueur ;
- le prestataire ne peut pas produire la preuve de son habilitation, de sa notification ou de son mandat pour le service au Luxembourg ;
- le scénario ne reste intéressant qu’en ignorant les frais, la distribution finale, le risque de liquidité ou un éventuel retour en France.
Douze erreurs concrètes qui changent réellement le dossier
Ces douze phrases reviennent souvent dans les premiers échanges. Pour chacune, la troisième colonne vous donne une suite vérifiable : un document à produire ou un contrôle à faire avant d’avancer.
| Erreur | Pourquoi elle est risquée | Réflexe correct |
|---|---|---|
| 1. « Mon inscription communale fixe ma résidence fiscale. » | Une formalité administrative ne remplace pas les critères internes et le départage conventionnel. | Ouvrir une chronologie datée avec logements disponibles, foyer, activité, séjours et intérêts économiques ; tester ensuite les deux droits avant la convention. |
| 2. « La règle des 183 jours décide de tout. » | Les 183 jours peuvent concerner une mission salariale ; ils ne constituent pas un droit général de choisir sa résidence. | Écrire en tête de note la question testée — résidence, salaire, séjour ou sécurité sociale — et citer la règle qui répond précisément à cette question. |
| 3. « J’ai droit à 34 jours de télétravail sans conséquence. » | Les 34 jours forment une tolérance fiscale conditionnelle, pas un droit du travail ni une règle sociale. | Tenir un calendrier quotidien des jours hors Luxembourg, puis ouvrir à côté une fiche sociale distincte avec l’avenant et le certificat A1. |
| 4. « Seul le trente-cinquième jour bascule. » | Après dépassement, toutes les journées hors de l’État habituel d’emploi sont réexaminées. | Recalculer la ventilation complète à partir du temps réellement travaillé et isoler dans le tableau chaque État tiers. |
| 5. « Mon PEA garde partout son exonération française. » | La neutralité française du retrait du non-résident n’impose pas au Luxembourg de reconnaître l’enveloppe. | Exporter le relevé PEA, l’historique des lots et les prix de revient ; qualifier ensuite chaque revenu et gain sous-jacent au Luxembourg. |
| 6. « Le super-privilège garantit 100 % de mon contrat. » | Il organise un rang ; il n’efface ni insuffisance d’actifs, ni marché, ni liquidité, ni délai. | Réunir contrat, assureur, actifs, grille de frais et modalités de disponibilité, puis écrire le scénario de défaillance sans supposer un remboursement intégral. |
| 7. « Une SICAV est forcément sûre et liquide. » | La forme ne décrit ni les actifs, ni les outils de liquidité, ni le risque de perte. | Lire le prospectus et le document d’informations clés ; relever fréquence de rachat, éventuels outils de liquidité, risques et coûts dans une fiche d’une page. |
| 8. « Une SOPARFI est une exonération. » | C’est une société ordinaire dont les régimes favorables sont conditionnels et dont la distribution finale peut être taxée. | Chiffrer motif économique, substance, coûts annuels et flux après distribution, puis joindre un scénario identique sans holding. |
| 9. « Le Luxembourg fait disparaître l’exit tax. » | Le départ constate potentiellement l’impôt ; le sursis, la convention et la cession suivent des mécanismes distincts. | Remettre cap table, valorisation, actes d’acquisition et chronologie des négociations ; simuler chaque compartiment et millésime avant toute négociation avancée. |
| 10. « Une SCI luxembourgeoise règle automatiquement l’IFI. » | Le droit interne français est large, mais l’article 21 de la convention actuelle doit être confronté à chaque structure. | Dessiner l’organigramme jusqu’aux immeubles et dettes, puis faire analyser la détention indirecte sans présumer taxation ou exonération. |
| 11. « Choisir la loi française règle aussi les droits de succession. » | Le règlement européen successoral exclut la fiscalité et il n’existe pas de convention successorale générale entre les deux pays. | Présenter au notaire le projet de testament, le régime du couple et les clauses bénéficiaires ; séparer ensuite propriété, loi civile, assurance et fiscalité actif par actif. |
| 12. « Un seul cabinet peut tout exécuter des deux côtés. » | Conseil, droit, comptabilité, notariat, assurance, investissement, crédit et immobilier relèvent de statuts distincts. | Attribuer chaque acte à un responsable nommé et archiver la preuve de son habilitation, de son mandat, du produit et du pays avant la mise en œuvre. |
Check-list 1 — De J-180 à J-30 avant le départ ou le changement de statut
Six mois ne sont pas de trop. Ce délai sert à récupérer relevés, avis et attestations avant qu’une fermeture de compte, une signature ou un changement d’employeur ne réduise les options.
| Échéance | Travail à accomplir | Livrable à conserver |
|---|---|---|
| J-180 à J-120 | Écrire le projet réel : pays de vie, emploi, famille, logements, société, cession, horizon de retour. Inventorier actifs, dettes, contrats, participations et clauses. | Chronologie prévisionnelle, photographie patrimoniale datée, dernier relevé PEA et cap table si une société est concernée. |
| J-120 à J-90 | Tester résidence, convention, exit tax, immobilier français, protection sociale et droit familial. Identifier les points qui exigent un avis bilatéral. | Carte des risques, registre des questions ouvertes, projet de testament s’il existe et liste des professionnels responsables. |
| J-90 à J-60 | Interroger banques, assureurs, teneurs de compte et employeur. Comparer conserver, racheter, transférer ou ne rien faire, net de frais et sans hypothèse fiscale certaine. | Réponses écrites des établissements, scénarios et devis. |
| J-60 à J-30 | Valider les formalités, la paie, le télétravail, l’A1 ou le S1 si pertinent, les déclarations de départ et la gouvernance des sociétés. Faire relire les actes réservés. | Plan d’action signé, calendrier quotidien, A1 ou S1 obtenu lorsque pertinent, avis et mandats. |
| Avant l’opération | Revérifier la loi et les habilitations transfrontalières ; actualiser valorisations, bénéficiaires, adresses et connaissance client. Ne signer aucun acte immobilier ou sociétaire sur la seule base d’une simulation. | Dossier de preuve final, versions applicables des textes et validation du professionnel habilité. |
Check-list 2 — La revue annuelle France–Luxembourg
Une fois par an et après tout événement
Reprendre les faits avant de reprendre les produits
- exporter le calendrier annuel des jours de présence et de travail, y repérer les missions dans les États tiers et les fractions de journée, puis le rapprocher du certificat A1 ;
- produire un tableau de rapprochement entre certificats de salaire, bonus, pensions, dividendes, intérêts, loyers, plus-values et retenues à la source ;
- pointer les déclarations françaises et luxembourgeoises contre la liste des comptes et contrats étrangers, sans oublier le suivi d’exit tax propre au millésime ;
- dater la mise à jour des valeurs immobilières, dettes, détentions indirectes, de la cap table, des bénéficiaires effectifs et du risque IFI ;
- joindre à chaque contrat une fiche courte : frais, risques, supports, liquidité, clause bénéficiaire et pays de commercialisation ;
- verser au dossier tout changement de mariage, partenariat, naissance ou séparation, puis relire le projet de testament, le mandat de protection et la résidence des héritiers ;
- archiver l’extrait de registre ORIAS, CSSF, CAA ou EIOPA, ou du registre MiCA pertinent, ainsi que le mandat du prestataire lorsque l’intervention traverse la frontière ;
- inscrire toute réforme annoncée dans un registre d’attente, avec sa source et sa date ; ne l’appliquer qu’après son entrée en vigueur et l’examen de ses mesures transitoires.
Check-list 3 — Retour en France ou transmission
| Bloc | Retour en France | Donation ou succession |
|---|---|---|
| Chronologie | Établir une frise datée du retour avec logement, activité, jours de travail et première période déclarative française. | Établir une frise des résidences habituelles, domiciles fiscaux, nationalités, donations et événements familiaux. |
| Produits | Exporter les relevés PEA, CTO, assurances-vie, PER et comptes étrangers avec prix de revient et contrats avant tout rachat. | Dresser une fiche par contrat : souscripteur, assuré, bénéficiaire, primes, clauses, propriété des titres et liquidités nécessaires. |
| Entreprise | Mettre à jour cap table, participations, direction effective, établissements et sursis d’exit tax ; tester le régime éventuel des impatriés sans le présumer. | Faire dater la valorisation des titres et réunir statuts, pactes, pouvoirs, dettes, engagements et conditions du dispositif de transmission envisagé. |
| Immobilier | Mettre à jour titres, valeurs et prêts de la résidence principale et des biens français ou luxembourgeois, puis recalculer plus-values et IFI. | Localiser chaque actif sur l’inventaire, qualifier sa propriété et budgéter les coûts, formalités et impôts de chaque pays. |
| Droit civil et fiscal | Préparer les formalités de retour et obtenir les avis écrits nécessaires avant de déplacer une structure. | Faire relire régime matrimonial, loi successorale et projet de testament ; traiter séparément les fiscalités internes sans inventer de convention successorale. |
| Professionnels | Nommer dans le plan d’action le fiscaliste, le conseil patrimonial, l’employeur, les caisses et les établissements utiles au dossier. | Nommer le notaire, l’avocat international, les fiscalistes, assureurs et l’expert-comptable, puis attribuer chaque acte à son responsable. |
Une check-list n’est pas une validation
Cocher une ligne prouve qu’une question a été traitée, pas que la réponse est juste. Une situation transfrontalière doit être réouverte après mariage, naissance, séparation, changement d’employeur, télétravail, cession, donation, acquisition immobilière, arrivée d’un héritier en France ou réforme du texte applicable.
Ce qui est vérifié, ce qui reste incertain et qui doit prendre la responsabilité de chaque décision
La dernière vérification de ce guide date du 24 juillet 2026. Ce repère ne fige évidemment pas les règles jusqu’à votre prochaine déclaration ou opération. À cette date, chaque affirmation sensible a été reliée à une source identifiée et relue de façon contradictoire. Avant d’agir, il faut rouvrir les textes, formulaires, circulaires, registres professionnels, procédures sociales et conditions contractuelles.
Une hiérarchie de preuve, pas une accumulation de liens
| Niveau | Sources utilisées | Ce qu’elles permettent |
|---|---|---|
| 1. Droit positif et conventions | Textes consolidés sur Légifrance et Legilux, convention fiscale consolidée, règlements EUR-Lex. | Identifier la règle, son champ, sa date d’effet et ses exceptions. Une version ancienne n’est jamais extrapolée. |
| 2. Doctrine et procédures officielles | BOFiP, Administration des contributions directes, circulaires, notices, formulaires, Guichet.lu, CCSS, CNS, CAA et CSSF. | Comprendre l’interprétation administrative et la démarche pratique, sans confondre une page d’aide avec le texte qui fait foi. |
| 3. Jurisprudence et décisions | Décisions françaises, luxembourgeoises ou européennes replacées dans leur convention, impôt et millésime. | Éclairer un conflit précis. Une décision relative à l’ancienne convention et à l’ISF ne devient pas une règle universelle d’IFI. |
| 4. Registres et documents contractuels | ORIAS, CSSF, CAA/EIOPA, ESMA, statuts, mandats, contrats, prospectus, documents d’informations clés et états de l’assureur. | Vérifier qu’un acteur peut accomplir l’acte, dans le pays et pour le produit concernés, puis connaître frais et risques réels. |
| 5. Analyse professionnelle et faits | Avis de l’avocat, du notaire, de l’expert-comptable, du spécialiste social et données probantes du client. | Appliquer les normes au dossier réel. L’expertise ne dispense ni de citer la règle ni d’expliciter l’hypothèse. |
Parmi les sources structurantes figurent la convention fiscale France–Luxembourg consolidée, la loi luxembourgeoise concernant l’impôt sur le revenu coordonnée pour 2026, l’article 167 bis du CGI relatif à l’exit tax et les règlements européens de coordination de la sécurité sociale et de succession internationale. La circulaire luxembourgeoise du 24 juin 2026 sur les 34 jours a été utilisée pour les fractions de journée, la proratisation et les États tiers.
Loi, doctrine, pratique et hypothèse : quatre niveaux à ne pas fusionner
La loi ou la convention fixe une norme. La doctrine explique comment une administration entend l’appliquer et peut offrir une garantie dans les conditions propres à son système. La pratique décrit un formulaire, un délai, une politique d’acceptation bancaire ou une procédure de caisse qui peut évoluer plus vite que la loi. Enfin, une hypothèse est un fait inventé ou non encore prouvé : date de départ, prix, nombre de jours, résidence d’un héritier ou maintien d’un titre dans le patrimoine.
Les sept cas de la section précédente reposent uniquement sur des hypothèses pédagogiques. Aucun calcul ne tient lieu de devis, aucune structure n’est réputée acceptée par l’administration et aucune économie n’est certaine. Lorsqu’une règle dépend d’une notion qualitative — centre des intérêts vitaux, direction effective, bénéficiaire effectif, motif économique, résidence habituelle ou abus de convention — le guide décrit les indices ; seul un examen des faits et pièces permet une conclusion.
Le registre des incertitudes à garder ouvert
| Sujet au 24 juillet 2026 | Position retenue dans ce guide | Contrôle avant action |
|---|---|---|
| Réforme européenne du chômage des frontaliers | Un accord politique a progressé en 2026, mais la nouvelle règle n’est pas présentée comme applicable à la date d’arrêté. | Adoption finale, publication au Journal officiel, entrée en vigueur et dispositions transitoires. |
| Bëllegen Akt | Le montant officiel contrôlé reste 40 000 euros par acquéreur ; 45 000 euros a été annoncé, sous réserve d’une loi applicable. | Legilux, Administration de l’enregistrement et notaire au jour de l’acte. |
| IFI des détentions indirectes | Le droit français est large ; la qualification conventionnelle n’est pas réduite à une réponse universelle pour toute SCI, holding, fonds ou assurance-vie. | Structure, actifs sous-jacents, dettes, article 21 et avis franco-luxembourgeois. |
| PEA et PER au Luxembourg | L’enveloppe française peut subsister, mais chaque revenu, gain ou sortie conserve une qualification luxembourgeoise à établir. | Titres, dates, nature de la sortie, doctrine du millésime et position des établissements. |
| Assurance-vie luxembourgeoise | Triangle de sécurité et super-privilège sont décrits comme architecture et rang, jamais comme garantie de l’État ou remboursement intégral. | Contrat, assureur, actifs, frais, liquidité, SFCR, pays de commercialisation et mandat. |
| Successions et donations | Aucune convention fiscale générale franco-luxembourgeoise n’a été trouvée dans la liste officielle applicable au 1er janvier 2026. | Liste conventionnelle, droits internes et résidence des personnes au jour du fait générateur. |
| Habilitations transfrontalières | Les statuts français ne sont jamais présentés comme une autorisation universelle au Luxembourg. | Registre, notification, mandat, assurance professionnelle, service précis et pays du client. |
Une incertitude datée vaut mieux qu’une certitude inventée
Une annonce gouvernementale ne produit pas les effets d’une loi promulguée. Même après un accord politique, une réforme peut attendre son texte, sa publication ou sa date d’entrée en vigueur. Quant à une décision rendue sous une ancienne convention, elle ne tranche pas toutes les structures actuelles. Le guide conserve alors l’incertitude, indique son statut et prévoit une alerte de mise à jour.
Qui prend la responsabilité de chaque intervention ?
| Intervenant | Responsabilité utile | Ce qu’il ne faut pas lui attribuer |
|---|---|---|
| Hagnéré Patrimoine | Cartographier la situation, les objectifs, actifs, dettes et flux ; préparer des scénarios ; coordonner le calendrier et les professionnels ; intervenir financièrement ou assurantiellement seulement dans le périmètre des habilitations et mandats vérifiés. | Les consultations juridiques, fiscales, notariales et comptables restent aux professionnels concernés. Le cabinet ne promet ni fiscalité, ni performance, ni acceptation, et ne détient ou n’encaisse pas les fonds. |
| Avocat fiscaliste France–Luxembourg | Rendre un avis sur résidence, convention, exit tax, cession, IFI, anti-abus, territorialité et contentieux. | Son avis n’engage ni l’administration ni le juge : il ne garantit donc pas le résultat du dossier. |
| Avocat international ou notaire | Traiter régime matrimonial, partenariat, propriété, testament, donation, succession, actes immobiliers ou sociétaires relevant de sa compétence. | Le choix d’une loi civile ne vaut pas validation fiscale globale ; chaque acte conserve son périmètre. |
| Expert-comptable ou fiduciaire | Organiser comptabilité, comptes annuels, déclarations, paie, TVA, tableaux de flux et documentation de substance dans son champ de mission. | Ne doit pas recevoir par raccourci la responsabilité d’un avis juridique ou d’un produit financier hors de son habilitation. |
| Spécialiste social, employeur et caisses | Qualifier pluriactivité, télétravail, affiliation, A1, S1, prestations, chômage, pensions et obligations de paie. | Le certificat social ne fixe ni la résidence fiscale ni l’imposition de tous les revenus. |
| Banque, assureur et société de gestion autorisés | Conserver ou gérer les actifs selon le mandat, exécuter les opérations, décrire le produit, ses frais, risques et règles de disponibilité. | L’agrément d’un établissement ou d’un fonds ne garantit ni capital, ni liquidité, ni adéquation au client. |
| Intermédiaire local ou transfrontalier habilité | Distribuer l’assurance, fournir le service d’investissement, le crédit, l’immobilier ou le service crypto pour lequel son autorisation et son mandat sont vérifiés. | Une inscription française isolée ne prouve pas le droit d’effectuer chaque service au Luxembourg. |
| Client et, le cas échéant, employeur | Déclarer les faits complets, conserver les preuves, signaler les changements et valider les hypothèses avant décision. | Une déclaration incomplète ne peut pas être réparée par un montage ou une clause standard. |
L’extrait ORIAS contrôlé pour Hagnéré Patrimoine au 24 juillet 2026 fait apparaître des inscriptions françaises de CIF, courtier en assurance et courtier en opérations de banque et services de paiement. Elles prouvent ces statuts en France. Elles ne prouvent en revanche aucun passeport ou notification pour chaque activité au Luxembourg. Avant une opération, le cabinet et le partenaire contrôlent donc le service exact, le pays de résidence, le registre d’accueil, le mandat du produit et les règles de commercialisation. Le conseil sur crypto-actifs, l’intermédiation hypothécaire et une opération immobilière locale exigent chacun l’autorisation propre au service.
En pratique, Hagnéré Patrimoine tient la vue d’ensemble : départ, contrats, société, financement, famille et retour sont suivis dans le même calendrier. Puis chaque validation revient au bon interlocuteur. Les actes juridiques, fiscaux, comptables, notariaux, assurantiels, financiers et immobiliers réservés sont accomplis sous la responsabilité du professionnel effectivement habilité. Les actifs et les flux restent auprès des banques, assureurs, sociétés de gestion ou autres établissements autorisés.
Le protocole de mise à jour de ce guide
- Fixer une date d’arrêté et conserver la version du texte, de la convention, de la circulaire et du formulaire utilisés.
- Pour les sources primaires, ouvrir chaque lien et rechercher la version consolidée plutôt qu’un résumé daté.
- Qualifier les changements : loi en vigueur, texte voté mais non publié, annonce, projet, doctrine ou simple pratique.
- Une passe contradictoire séparée couvre ensuite fiscalité, social et famille, entreprise et produits, avec une liste de corrections bloquantes.
- Recontrôler les chiffres volatils : barèmes, crédits, seuils, taux, formulaires, liste des États signataires et dates d’application.
- Vérifier les habilitations et produits sur les registres officiels et documents contractuels, jamais à partir d’une mention commerciale ancienne.
- Le corps, la FAQ et les données structurées restent alignés : aucune réponse courte ou CTA ne doit promettre davantage que l’analyse détaillée.
- Dater le prochain contrôle et déclencher une revue anticipée après réforme, jurisprudence, changement conventionnel, modification de registre ou alerte d’un partenaire.
Mémo express
Les documents à réunir pour un premier diagnostic
- chronologie des résidences, logements, emplois, jours de travail et membres du foyer ;
- avis d’imposition, déclarations, certificats de salaire, pensions et documents A1, S1 ou U1 ;
- relevé des comptes, PEA, CTO, PER, assurances-vie, actifs numériques, prix de revient et clauses bénéficiaires ;
- titres immobiliers, prêts, valeurs, revenus, sociétés civiles et chaînes de détention ;
- cap table, valorisations, pactes, statuts, pouvoirs, comptes sociaux, projets de cession ou de transmission ;
- mariage ou partenariat, contrat, testaments, donations, nationalités et résidence des bénéficiaires ;
- liste écrite des objectifs, contraintes, horizon de retour, capacité de perte et décisions déjà envisagées.
Avertissement juridique, fiscal, social et financier
Un contenu d’information générale, pas une consultation
Ce guide présente des règles générales connues et des sources contrôlées au 24 juillet 2026. Il ne constitue ni un avis juridique ou fiscal français ou luxembourgeois, ni une consultation de droit social, ni une prestation comptable ou notariale, ni une recommandation d’investissement, d’assurance, de crédit, d’immobilier ou de crypto-actifs personnalisée. Les situations fictives et les chiffres pédagogiques ne préjugent d’aucun résultat.
Hagnéré Patrimoine n’est ni un cabinet d’avocats, ni une étude notariale, ni un cabinet d’expertise comptable. Un statut français, notamment celui de CIF, ne constitue pas à lui seul une autorisation européenne générale. Toute intervention financière, assurantielle, bancaire, immobilière ou sur crypto-actifs suppose la vérification des habilitations, notifications, mandats et règles de commercialisation applicables au pays, au service, au produit et au client.
Une recommandation individualisée exige la connaissance complète du client, de ses objectifs, horizon, situation familiale, expérience, capacité de perte, risques, frais et rémunérations. Les actes réservés sont réalisés par l’avocat, le notaire, l’expert-comptable, l’assureur, la banque, la société de gestion, l’intermédiaire local ou le spécialiste social habilité, chacun dans son périmètre et sous sa responsabilité. Les actifs et flux restent détenus et exécutés par les établissements autorisés ; aucune performance, économie fiscale, liquidité, acceptation, délai administratif ou absence de double imposition n’est garantie.
La FAQ, en fin de page, vous aide à repérer rapidement la règle à ouvrir. Elle ne suffit pas pour décider. Si une réponse courte semble contredire le développement, reprenez la source officielle à jour et les faits du dossier réel.
Mettre un nom, une preuve et une échéance derrière chaque décision
Vous apportez votre calendrier, vos revenus, contrats, participations et biens. Hagnéré Patrimoine peut alors cartographier le dossier et coordonner les validations avec les professionnels habilités : avocats fiscalistes internationaux, notaires, experts-comptables ou fiduciaires, spécialistes sociaux, assureurs, banques, sociétés de gestion et intermédiaires autorisés. Ce premier échange précise le besoin et le périmètre ; il ne vaut ni consultation juridique ou fiscale, ni recommandation personnalisée.

