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Guide notaire 202616 minMis à jour 15 juin 2026Édition LF / LFSS 2026

Retraite du notaire : pourquoi la CPRN ne suffira pas à votre train de vie

Vous êtes notaire associé, votre étude dégage des produits confortables, et vous imaginez une pension à la hauteur. La réalité est plus rude : votre retraite repose sur une base CNAVPL plafonnée à 5 PASS et un complémentaire CPRN (sections B et C) lui aussi écrêté par les classes. Résultat : plus votre revenu est élevé, plus votre taux de remplacement chute. Voici le diagnostic chiffré, et pourquoi l'épargne privée devient incontournable. Par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine indépendant (ORIAS 23002291).

BILAN RETRAITE NOTAIRE 2026

Chiffrer votre futur taux de remplacement et le complément à viser

Audit de votre retraite de notaire : estimation de votre pension (base CNAVPL + sections B/C de la CPRN), mesure du trou à combler, dimensionnement du complément (PER, assurance-vie, SCPI, cession de l'office). Cabinet 100 % indépendant, modélisation chiffrée et calibrage avec votre expert-comptable.

  • Estimation de votre pension CPRN + CNAVPL
  • Mesure du trou de revenu à combler
  • Dimensionnement du complément (PER, AV)
  • Cabinet 100 % indépendant

TAUX DE REMPLACEMENT

faible (HNW)

POINT SECTION B 2026

~17,77 €

POINT SECTION C 2026

~0,94 €

POINT BASE CNAVPL 2026

0,6599 €

PASS 2026

48 060 €

Quentin Hagnéré·Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Cabinet Hagnéré Patrimoine · ORIAS 23002291 · CIF · COA · COBSP

§ 1L'ESSENTIEL·2 MIN

La retraite du notaire en 30 secondes : le constat et les 3 leviers

Voici la phrase qui revient le plus souvent en rendez-vous : « J'ai gagné 250 000 € pendant des années, comment ma pension peut-elle être aussi faible ? » La réponse tient en un mot : les plafonds. Vous êtes officier public et ministériel, vous figurez parmi les professionnels libéraux les mieux rémunérés (TMI 45 %, CEHR, CDHR, souvent IFI), et pourtant votre retraite obligatoire risque de vous décevoir. Pourquoi ? Parce qu'elle repose sur deux étages plafonnés : un régime de base CNAVPL (commun à toutes les sections libérales, par points) et un régime complémentaire qui vous est propre, la CPRN (Caisse de Prévoyance et de Retraite des Notaires), organisé en sections B et C auxquelles vous cotisez obligatoirement. Le problème ne vient pas de vous, il vient du barème : à partir d'environ 250 000 € de produits, vous cotisez (et donc acquérez des droits) comme un confrère à 1 M€. Plus vos produits d'étude montent, plus l'écart entre votre revenu et votre pension se creuse. En une quinzaine de minutes, vous aurez les trois réponses qui comptent : ce qui plafonne votre pension, l'ampleur de l'écart à combler, et les leviers concrets pour le réduire.

La retraite du notaire en 30 secondes

Le constat, d'abord : une base CNAVPL plafonnée à 5 PASS (240 300 € en 2026) plus un complémentaire CPRN écrêté par les classes de la section B : un socle insuffisant pour vos revenus.
Le chiffre qui fait mal : un taux de remplacement faible pour un notaire à hauts revenus (ordre de grandeur, jamais une garantie).
Les trois leviers pour combler : le PER déductible (jusqu'à 88 911 € en 2026), l'assurance-vie liquide et transmissible, et la cession de l'office comme capital de départ.
Et le piège que personne ne signale : vos arbitrages de structure en SEL (rémunération vs dividendes) amputent une partie de vos droits : le trou se creuse en activité, pas le jour du départ.

Ce guide est le diagnostic : comprendre l'architecture CPRN + CNAVPL et estimer combien vous toucherez. Pour le comment combler, on renvoie au guide compléter sa retraite CPRN avec le PER, l'assurance-vie et la SCPI. Pour la stratégie patrimoniale d'ensemble, voyez la gestion de patrimoine du notaire à 360° et, pour la prise de conscience générale, pourquoi le notaire a besoin d'un bilan patrimonial.

§ 2LA CAISSE·2 MIN

De quelle caisse dépend un notaire ? CNAVPL + CPRN, le système à deux étages

Première chose à clarifier, parce que neuf notaires sur dix s'y trompent : un notaire ne dépend pas d'une caisse unique, mais d'un système à deux étages. L'étage 1, c'est le régime de base CNAVPL (Caisse nationale d'assurance vieillesse des professions libérales), commun à toutes les sections libérales, qui fonctionne par points (art. L640-1 et L642-1 du Code de la sécurité sociale). L'étage 2, c'est le régime complémentaire obligatoire propre aux notaires : la CPRN, la Caisse de Prévoyance et de Retraite des Notaires (art. L644-1 CSS), organisée en deux sections, B et C, auxquelles le notaire cotise obligatoirement aux deux. La CPRN gère en outre un régime invalidité-décès (art. L644-2 CSS).

Ne confondez pas les caisses : 3 valeurs de point distinctes

Le notaire relève de la CPRN, et de personne d'autre. Ce n'est ni la CNBF (caisse autonome des avocats, hors CNAVPL), ni la CAVOM (caisse des commissaires de justice et officiers ministériels), ni aucune des caisses de santé (CARMF, CARPIMKO, CARCDSF, CIPAV, CAVP…). Dans votre seule retraite, trois valeurs de point cohabitent, toutes différentes : le point de base CNAVPL (0,6599 € au 1er janvier 2026), le point de la section B de la CPRN (de l'ordre de 17,77 € en 2026) et le point de la section C (de l'ordre de 0,94 € en 2026). Ces valeurs CPRN sont à confirmer sur cprn.fr pour le millésime de votre liquidation.

Êtes-vous concerné ? Le régime CPRN en transition depuis le 1er septembre 2024

Un point d'actualité à connaître, sans le dramatiser : le régime spécial vieillesse de la CPRN a évolué, le complémentaire historique étant fermé aux nouveaux affiliés à compter du 1er septembre 2024 (les notaires installés après cette date relevant d'un dispositif aligné sur le régime général / Agirc-Arrco). Si vous êtes la cible de ce guide — un notaire associé déjà installé, proche de la retraite —, vous restez par construction au régime CNAVPL + CPRN sections B/C : c'est bien votre architecture. Le détail des règles transitoires reste à confirmer sur cprn.fr, mais le diagnostic qui suit s'applique à votre situation.

§ 3ÉTAGE 1 — BASE·2 MIN

Étage 1 : la base CNAVPL par points (et son plafond à 5 PASS)

Le premier étage est le plus simple à comprendre — et c'est là que se loge la cause n° 1 de votre faible taux de remplacement. La base CNAVPL fonctionne par points, acquis en cotisant sur deux tranches de revenu : une première tranche jusqu'à 1 PASS (48 060 €) au taux de 8,73 %, et une seconde tranche de 1 à 5 PASS (240 300 €) au taux de 1,87 %. Au moment de la liquidation, vos points sont convertis en pension.

La pension de base annuelle, par points

PENSION DE BASE ANNUELLE = points acquis x valeur du point x taux de liquidation

VALEUR DU POINT BASE 2026 = 0,6599 EUR
TAUX DE LIQUIDATION       = 100 % si duree d'assurance requise atteinte
                            (sinon decote par trimestre manquant)

COTISATIONS (regime de base CNAVPL) :
  Tranche 1 (jusqu'a 1 PASS = 48 060 EUR)  -> 8,73 %
  Tranche 2 (1 a 5 PASS = 240 300 EUR)     -> 1,87 %
  ASSIETTE PLAFONNEE A 5 PASS = 240 300 EUR

La base est commune à tous les libéraux. Le complémentaire CPRN (sections B et C) se calcule à part, avec SES propres valeurs de point. Le PASS 2026 est de 48 060 €. (CSS art. L642-1.)

Le plafond à 5 PASS : pourquoi un notaire à 250 000 € cotise comme à 240 300 €

C'est ici que ça coince. L'assiette de la base CNAVPL est plafonnée à 5 PASS, soit 240 300 € en 2026. Conséquence directe : un notaire qui dégage 250 000 € — ou 600 000 € — de revenu acquiert des droits de base exactement comme s'il gagnait 240 300 €. Tout l'excédent au-delà de 5 PASS ne génère aucun droit de base supplémentaire. Et le signal est encore plus net : la revalorisation du point de base est suspendue pour les liquidations à compter du 1er septembre 2026. Ce socle est donc plafonné et gelé.

Pour aller plus loin : ce que « plafonné à 5 PASS » change concrètement

Pour donner une image du plafond : sur la tranche jusqu'à 1 PASS, vous cotisez à 8,73 % ; sur la tranche de 1 à 5 PASS, à seulement 1,87 % — un taux dix fois plus faible, qui n'achète donc que très peu de points. Et au-delà de 5 PASS (240 300 €), plus rien du tout : chaque euro de produits supplémentaire est, pour votre retraite de base, totalement « invisible ». Ce mécanisme à lui seul explique qu'un notaire à 250 000 € et un autre à 600 000 € se constituent la même retraite de base. Le complément par capitalisation, lui, n'a pas de plafond : c'est précisément là que se rattrape l'écart.

En clair : la base CNAVPL constitue un plancher modeste, identique pour tous les notaires au-delà de 5 PASS. C'est l'étage 2, la CPRN, qui doit en principe prendre le relais — sauf qu'il est, lui aussi, écrêté. C'est l'objet de la section suivante.

§ 4ÉTAGE 2 — CPRN·3 MIN

Étage 2 : le complémentaire CPRN, sections B et C

Le complémentaire CPRN est ce qui distingue vraiment la retraite du notaire de celle des autres libéraux. Il repose sur deux sections, B et C, cumulatives et obligatoires. Détail que beaucoup découvrent trop tard : l'assiette des cotisations n'est pas le revenu de l'année, mais la moyenne des produits de base de l'étude sur trois ans. Pour les cotisations 2026, on retient donc la moyenne des exercices 2022, 2023 et 2024. Cet effet de lissage atténue les à-coups, dans un sens comme dans l'autre.

Les deux sections du régime complémentaire CPRN du notaire (millésime 2026). Valeurs de service du point à confirmer sur cprn.fr pour le millésime de votre liquidation. Source : CPRN.
SectionNatureCotisationPoints acquis / anValeur du point 2026 (à confirmer)
Section BForfaitaire, par 8 classesSelon la moyenne 3 ans des produits (classes 1 à 8)De 10 (classe 1) à 80 (classe 8)~ 17,77 € (17,595 € en 2025)
Section CProportionnelle4,10 % de la moyenne 3 ans des produitsProportionnel au montant cotisé~ 0,94 € (0,9283 € en 2025)

La pension complémentaire CPRN annuelle

PENSION COMPLEMENTAIRE = [ (points B x valeur du point B) + (points C x valeur du point C) ] x taux de pension

VALEUR DU POINT B 2026 ~ 17,77 EUR   (a confirmer cprn.fr)
VALEUR DU POINT C 2026 ~ 0,94 EUR    (a confirmer cprn.fr)
TAUX DE PENSION        = 100 % au taux plein (sinon minoration)

ASSIETTE DES COTISATIONS = moyenne des produits de l'etude sur 3 ans
                           (pour 2026 : moyenne 2022 + 2023 + 2024)

La section B est forfaitaire et bornée à la classe 8 (80 points par an au maximum). La section C est proportionnelle. La pension totale du notaire additionne base CNAVPL + section B + section C.

Le 2e plafond : la section B bornée à la classe 8

La section C est proportionnelle, mais la section B, elle, est écrêtée : elle est organisée en 8 classes, et la classe la plus élevée — la classe 8 — plafonne l'acquisition à 80 points par an. Résultat : un notaire à 250 000 € de produits se retrouve en classe 8, exactement comme un notaire à 1 M€. Au-delà du seuil d'entrée de la classe 8, zéro point B supplémentaire. Voilà le second plafond qui, ajouté à l'écrêtement de la base à 5 PASS, explique pourquoi le taux de remplacement des notaires à hauts revenus est si bas.

Les plafonds s'additionnent : base plafonnée à 5 PASS, section B plafonnée à la classe 8, et seule la section C continue de progresser — sur une assiette « produits d'étude » lissée sur trois ans. Pour un associé à très hauts revenus, cela ne suffit pas à suivre le rythme du revenu d'activité. Chiffrons maintenant ce que cela donne en taux de remplacement.

§ 5LE TROU·2 MIN

Combien allez-vous réellement toucher ? Le taux de remplacement

Le chiffre que tout le monde redoute, parlons-en franchement, en précisant honnêtement ce qu'il vaut. Aucune source publique ne donne un taux de remplacement fiable et spécifique au notaire à hauts revenus : nous raisonnons donc en ordre de grandeur, au conditionnel, jamais en garantie. Pour un libéral, l'ensemble des régimes obligatoires (base + complémentaire) aboutit souvent à un taux de remplacement de l'ordre de 30 à 50 % des revenus d'activité, contre 70 à 75 % pour un salarié. Pour un notaire à très hauts revenus, le double plafond (base écrêtée à 5 PASS + section B en classe 8) fait chuter ce taux nettement en dessous.

Pourquoi plus vous gagnez, plus l'écart se creuse

C'est une simple division. Le numérateur (votre pension) plafonne : la base est figée à 5 PASS, la section B est bornée à 80 points, seule la section C progresse encore. Pendant ce temps, le dénominateur (votre revenu d'activité) continue, lui, de monter. Le rapport des deux — le taux de remplacement — baisse à mesure que vos produits augmentent. D'où ce paradoxe propre au notaire associé : plus l'étude tourne, plus l'écart à combler grandit.

Un mot sur la fiscalité de cette pension, pour raisonner en net. La pension perçue (base CNAVPL + complémentaire CPRN) est imposable à l'impôt sur le revenu (art. 79 du CGI) avec l'abattement de 10 % des pensions (art. 158, 5-a ; plancher 454 € par pensionné, plafond 4 439 € par foyer en 2026). Elle supporte la CSG/CRDS des revenus de remplacement, et jamais les prélèvements sociaux de 17,2 % ou 18,6 % des revenus du capital : ne confondez pas les deux régimes. Nous chiffrons des cas concrets en section 9.

Méthode documentée

Estimer votre futur taux de remplacement et le trou à combler

Un CGP indépendant estime votre pension (base CNAVPL + sections B/C de la CPRN), mesure l'écart avec vos produits d'étude et dimensionne le complément à viser — sans vous survendre un produit. Cabinet de Bassens (Savoie), 100 % indépendant.

Bilan gratuitCabinet indépendantSans engagement
§ 6ÂGE & DÉCOTE·2 MIN

Âge, durée, décote : à quel âge le taux plein ?

Reste une question pratique : à quel âge pouvez-vous partir sans pénalité ? La réforme des retraites de 2023 (loi n° 2023-270 du 14 avril 2023) prévoyait un âge légal relevé vers 64 ans, une durée d'assurance de 172 trimestres (43 ans) et un taux plein automatique à 67 ans sans décote. À défaut de durée requise, une décote de 1,25 % par trimestre manquant s'applique sur le régime de base, plafonnée à 25 % (20 trimestres) ; la CPRN applique en outre son propre barème de minoration et de surcote sur le complémentaire.

Réforme suspendue : des bornes mouvantes en 2026

Sauf que le calendrier a déraillé fin 2025. La LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025) a suspendu le calendrier de la réforme jusqu'au 1er janvier 2028. Pour les départs à compter du 1er septembre 2026, l'âge légal est provisoirement maintenu autour de 62 ans et 9 mois et la durée d'assurance autour de 170 trimestres pour les générations nées entre 1963 et le début de 1965. Ces bornes précises relèvent de décrets : nous les donnons au conditionnel. Le taux plein reste, lui, automatique à 67 ans. Le surcote et la décote propres à la CPRN sont à confirmer sur cprn.fr et sur votre relevé de carrière.

En clair : caler son départ sur l'âge légal, c'est viser une cible mouvante — depuis la réforme de 2023, les bornes ont déjà bougé deux fois. La seule variable que vous maîtrisez vraiment, c'est votre épargne par capitalisation— elle ne dépend ni d'un décret ni d'un vote. Avant d'y venir, un détour par un piège méconnu, propre aux notaires en société.

§ 7LE PIÈGE·2 MIN

Le piège : vos dividendes de SEL amputent vos droits retraite

Beaucoup de notaires exerçant en société d'exercice libéral (SELARL, SELAS) cherchent à se rémunérer en dividendes plutôt qu'en rémunération d'activité, pour alléger leurs cotisations. Sur le moment, l'économie de cotisations est réelle. Le revers l'est tout autant, et personne ne vous le signale : les dividendes sortent une partie de votre revenu de l'assiette des cotisations CPRN et CNAVPL. Moins de revenu cotisé = moins de points et de trimestres acquis. Autrement dit, cette retraite faible n'est pas seulement subie : elle se choisit en partie en amont, par votre politique de rémunération.

Le cadre juridique mérite une phrase de précision. Pour un dirigeant TNS de SEL, la fraction de dividendes excédant 10 % du capital social, des primes d'émission et du solde moyen du compte courant d'associé est réintégrée dans l'assiette des cotisations sociales (art. L131-6 du Code de la sécurité sociale) : la jurisprudence a retenu que cette réintégration joue même lorsque les titres de la SEL sont détenus via une SPFPL (Cass. 2e civ. 19 octobre 2023, n° 21-20.366). Nuance utile : cette fraction réintégrée, parce qu'elle est cotisée, génère aussi des droits CPRN et CNAVPL. Le bon réglage rémunération / dividende dépend donc autant de votre âge que de votre capital social — d'où l'intérêt de le poser noir sur blanc avec votre expert-comptable avant de figer la paie de l'année.

Arbitrer AVANT de subir

Avant même de chercher à combler votre trou de retraite, demandez-vous si vous ne le creusez pas vous-même. L'arbitrage rémunération / dividendes en SEL est le paramètre de structure qui pèse le plus sur vos droits futurs : il se travaille avec votre expert-comptable et votre CGP, en pesant à la fois l'économie de cotisations et la perte de droits. Le détail est dans SEL : salaire ou dividendes, l'arbitrage qui détermine vos droits retraite et dividendes de SEL et cotisations sociales.

À noter, pour la cohérence de votre déduction PER : depuis l'imposition des revenus 2024, la rémunération correspondant à l'activité libérale de l'associé de SEL est imposée en BNC (et non plus en traitements et salaires, fin de l'abattement de 10 % : CE 8 avril 2025, n° 492154). C'est donc bien sur ce bénéfice BNC que se calcule le plafond de l'article 154 bis, levier que nous abordons maintenant.

§ 8LA SOLUTION·2 MIN

La caisse ne suffit pas : place à la capitalisation

Mettons les quatre constats bout à bout : une base plafonnée et gelée, un complémentaire CPRN écrêté par les classes, des règles d'âge mouvantes et un piège SEL qui ampute les droits. Difficile d'en sortir une autre conclusion : pour maintenir votre train de vie à la retraite, il vous faut un troisième pilier, par capitalisation, que vous pilotez vous-même. La capitalisation ne remplace pas votre caisse : elle s'y ajoute, à votre nom.

La caisse obligatoire (répartition)

Points forts

  • Un socle viager, versé à vie
  • Cotisations déductibles du bénéfice
  • Réversion et invalidité-décès inclus (CPRN)

Points de vigilance

  • Taux de remplacement faible pour les HNW
  • Base CNAVPL plafonnée à 5 PASS et gelée
  • Section B bornée à la classe 8 (80 pts/an)
  • Règles d'âge et de durée mouvantes

La capitalisation (PER, AV, cession)

Points forts

  • Une épargne à votre nom, que vous pilotez
  • Déduction PER puissante à 45 % de TMI
  • Assurance-vie liquide et transmissible
  • Cession de l'office comme capital final

Points de vigilance

  • Risque de perte en capital selon les supports
  • Épargne du PER bloquée jusqu'à la retraite
  • Fiscalité à la sortie à anticiper (PS 18,6 %)

Trois leviers qui ne s'opposent pas mais se cumulent : on commence par le plus défiscalisant tant que la TMI est à 45 %, on garde le plus liquide pour la fin. Levier 1 — le PER / Madelin (art. 154 bis du CGI) : à 45 % de TMI, c'est l'outil le plus efficace, avec une déduction qui peut atteindre 88 911 € en 2026 (plancher 4 806 €). À la sortie, les gains supportent le PFU et des prélèvements sociaux de 18,6 %. Pour le président de SELAS assimilé salarié, c'est le PER de l'art. 163 quatervicies qui s'applique. Levier 2 — l'assurance-vie : liquide, transmissible (abattement 152 500 € par bénéficiaire, art. 990 I ; 30 500 € global, art. 757 B) et prélèvements sociaux à 17,2 % (maintenus par la LFSS 2026). Levier 3 — la cession de l'office, traitée plus bas comme « dernier étage » de retraite.

Le détail du « combien et comment » : notre guide dédié

Cet article est le diagnostic. Le dimensionnement précis de votre complément — quel montant verser, sur quelle enveloppe, dans quel ordre — est traité dans compléter sa retraite CPRN avec le PER, l'assurance-vie et la SCPI. Pour le cadre commun de tous les libéraux, voyez la retraite des professions libérales, le calcul du plafond dans PER profession libérale : combien déduire de ses impôts et le pilier Plan d'épargne retraite. Pour couvrir le risque avant la retraite : la prévoyance Madelin du libéral.
Hagnéré Patrimoine

Chiffrer votre trou de retraite et le complément à viser

Un CGP indépendant estime votre pension CPRN + CNAVPL, mesure le trou à combler et dimensionne votre complément (PER, assurance-vie, SCPI, cession de l'office) — avec votre expert-comptable, sans biais commercial.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 9CAS CHIFFRÉS·3 MIN

3 cas chiffrés : le diagnostic en euros

Trois notaires comme on en reçoit chaque mois au cabinet. Les prénoms sont fictifs. Les montants de pension sont des estimations indicatives, au conditionnel — la pension dépend de votre nombre de points et de votre classe, à vérifier sur cprn.fr. En revanche, les calculs de plafond PER (art. 154 bis) sont précis aux taux 2026 (formule : ≈ 10 % du bénéfice + 15 % × (bénéfice − 1 PASS), dans la limite de 8 PASS, avec 1 PASS = 48 060 €). Le message à retenir n'est pas le chiffre exact de la pension, mais le taux de remplacement faible.

Comment lire ces projections (note de méthode)

Distinguons deux natures de chiffres. L'économie d'impôt du PER est certaine dès le versement : elle vaut « montant versé × votre TMI », c'est une mécanique fiscale, pas une prévision. À l'inverse, le capital final d'une épargne placée et le taux de remplacement futur sont des projections qui dépendent de la performance des supports, de la durée et de paramètres de caisse susceptibles d'évoluer : ce sont des ordres de grandeur, jamais des montants garantis. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures, et tout placement comporte un risque de perte en capital. Nous raisonnons donc en effort d'épargne calibré sur un objectif, jamais en promesse de rendement.

Cas 1 — Maître Béatrice, 64 ans, notaire associée, ~250 000 € de revenu

Béatrice subit le double plafond de plein fouet : sa base CNAVPL est calculée comme sur 240 300 € (5 PASS), et sa section B est en classe 8 (80 points/an max), exactement comme une consœur à 1 M€. Seule sa section C suit partiellement. Résultat : sa pension obligatoire (base + B + C) ne représente, en ordre de grandeur, qu'une fraction modeste de ses 250 000 € — un taux de remplacement nettement inférieur à 50 %, soit un écart de plusieurs dizaines de milliers d'euros par an avec son dernier revenu.

Levier PER : 10 % × 250 000 + 15 % × (250 000 − 48 060) = 25 000 + 30 291 = 55 291 € déductibles.
Économie d'IR : ≈ 55 291 × 45 % = 24 881 € par an (à TMI 45 %).
Le dimensionnement exact de son effort d'épargne est traité dans le guide compléter sa retraite CPRN.

Cas 2 — Maître David, 58 ans, ~400 000 € de produits, 6 ans avant la liquidation

David illustre une vérité contre-intuitive : plus le revenu monte, plus l'écart se creuse. À 400 000 €, sa base CNAVPL et sa section B sont strictement identiques à celles de Béatrice (les deux plafonds sont déjà atteints à 250 000 €) : seule sa section C progresse encore un peu. Mécaniquement, son taux de remplacement chute davantage que celui de Béatrice. Son atout : 6 ans d'horizon pour capitaliser.

Levier PER : plafonné à 8 PASS, sa déduction atteint le maximum 2026, soit 88 911 €.
Économie d'IR : jusqu'à ≈ 88 911 × 45 % = 40 010 € par an (selon la fraction réellement dans la tranche à 45 %).
À TMI 45 %, saturer la déduction 154 bis est le levier le plus puissant. Détail du « combien et comment » dans compléter sa retraite CPRN avec le PER.

Cas 3 — Maître Claire, 63 ans, départ à la retraite + cession de l'office

Pour Claire, l'office est le dernier étage de retraite : la cession du droit de présentation (ou des parts de SEL) peut dégager un capital de départ décisif. Plusieurs régimes s'articulent : l'art. 238 quindecies (exonération si valeur cédée ≤ 500 000 €, dégressive jusqu'à 1 000 000 €), l'art. 151 septies A (exonération d'impôt sur le revenu au départ en retraite — mais les prélèvements sociaux de 18,6 % restent dus) et, pour des titres, l'art. 150-0 D ter (abattement fixe de 500 000 €).

Ce capital peut financer une part majeure du complément, mais ne dispense pas d'avoir capitalisé en amont (PER, AV). Et la fiscalité de la cession se prépare : voyez la fiscalité de la cession d'office notarial et céder son cabinet en optimisant la plus-value.

Note de méthode

L'économie d'impôt du PER est réelle et immédiate (elle vaut « versement × TMI »). Les montants de pension et taux de remplacement cités sont, eux, des ordres de grandeur indicatifs, qui dépendent de votre nombre de points, de votre classe en section B et de votre durée — à confirmer sur cprn.fr. La performance ultérieure de l'épargne comporte un risque de perte en capital : les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
§ 10BON À SAVOIR·2 MIN

Réversion, cumul, rachat : les questions pratiques

Quelques points pratiques reviennent systématiquement en rendez-vous avec des notaires. Les voici en synthèse.

  • Réversion. Le régime de base CNAVPL prévoit une réversion de l'ordre de 54 % sous conditions de ressources, et la CPRN une réversion complémentaire avec ses propres conditions. Point essentiel : le mariage est requis — ni le PACS ni le concubinage n'ouvrent droit à réversion. Conditions exactes à confirmer sur cprn.fr.
  • Cumul emploi-retraite. Intégral si vous avez atteint le taux plein et liquidé l'ensemble de vos régimes ; sinon plafonné. Utile pour aménager une fin de carrière progressive.
  • Rachat de trimestres. Jusqu'à 12 trimestres (années d'études ou années incomplètes). C'est un arbitrage coût / rendement, à comparer à un versement PER équivalent, souvent plus souple.
  • Invalidité-décès. La CPRN gère aussi un régime de prévoyance obligatoire couvrant le risque avant la retraite ; il se complète par une enveloppe Madelin distincte (voyez la prévoyance du libéral : invalidité, décès).

L'ordre des priorités du notaire

Dans l'ordre : 1) bien arbitrer sa structure (rémunération vs dividendes en SEL) pour ne pas creuser le trou ; 2) sécuriser sa prévoyance (le risque court avant la retraite) ; 3) capitaliser son complément (PER déductible à TMI 45 %, puis assurance-vie, puis cession de l'office). Se tromper d'ordre coûte plus cher que se tromper de contrat : un PER mal calibré pendant qu'on saigne en dividendes, c'est l'erreur qu'on corrige le plus souvent en rendez-vous.
§ 11STRATÉGIE HNW·2 MIN

Notaire à très hauts revenus : pourquoi le complément est non négociable

Le notaire associé cumule un profil fiscal rare : TMI à 45 %, exposition à la CEHR (contribution exceptionnelle sur les hauts revenus, 3 % puis 4 % au-delà de 250 000 / 500 000 € de RFR, art. 223 sexies), à la CDHR (contribution différentielle sur les très hauts revenus, taux effectif minimum d'imposition de 20 %, reconduite par la LF 2026), et souvent à l'IFI. Dans ce contexte, le PER déductible fait coup double : chaque euro versé revient à 45 % d'économie d'impôt, et il fait redescendre votre RFR — celui-là même qui déclenche la CEHR et la CDHR.

La feuille de route du notaire

En cinq étapes : 1) estimer votre pension CPRN + CNAVPL (le présent diagnostic) ; 2) mesurer le trou entre cette pension et votre train de vie ; 3) saturer le PER déductible (art. 154 bis, jusqu'à 88 911 €) tant que votre TMI est à 45 % ; 4) adosser une assurance-vie pour la liquidité et la transmission ; 5) préparer la cession de l'office comme capital final. Pour orchestrer le tout : le bilan patrimonial du notaire et la gestion de patrimoine du notaire à 360°. Côté structure et impôt : l'optimisation fiscale BNC / SEL du notaire, la SPFPL de notaire, la défiscalisation du notaire et piloter son RFR sous les seuils CEHR / CDHR (voyez aussi la CDHR des hauts revenus et le complément en assurance-vie).

Soyons clairs sur la méthode : on part de l'objectif de revenu et on en déduit l'effort d'épargne — pas l'inverse. Personne ici ne vous promettra un rendement. Toute projection comporte un risque de perte en capital selon les supports ; les performances passées ne préjugent pas des performances futures. L'objectif de ce guide était de poser le diagnostic : votre pension obligatoire est un socle, pas une rente de remplacement. La suite — le combien et comment — se construit au cas par cas.

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Sources et références légales

  • Architecture de la retraite du notaire (CSS)

    Art. L640-1 à L646-4 CSS (régimes vieillesse et invalidité-décès des professions libérales). Art. L642-1 CSS (régime de base CNAVPL par points, cotisations par tranches, assiette plafonnée à 5 PASS). Art. L643-1 et suivants CSS (pension de base = points × valeur de service du point). Art. L644-1 CSS (régime complémentaire obligatoire de section : la CPRN pour les notaires, organisée en sections B et C). Art. L644-2 CSS (invalidité-décès). Le notaire relève de la CPRN — jamais de la CNBF (avocats) ni de la CAVOM (commissaires de justice).

  • Paramètres 2026 de la CPRN et de la base (source caisses)

    Régime complémentaire CPRN : sections B et C, cotisation obligatoire aux deux, assiette = moyenne des produits de l'étude sur 3 ans (2022-2024 pour 2026). Section B forfaitaire : 8 classes de cotisation, de 10 à 80 points par an, valeur du point de l'ordre de 17,77 € en 2026 (17,595 € en 2025). Section C proportionnelle : cotisation 4,10 % de la moyenne 3 ans, valeur du point de l'ordre de 0,94 € en 2026 (0,9283 € en 2025). Valeurs de point à confirmer sur cprn.fr. Régime de base CNAVPL : valeur du point 0,6599 € au 1er janvier 2026, assiette plafonnée à 5 PASS (240 300 €), revalorisation suspendue pour les liquidations à compter du 1er septembre 2026. Arrêté du 22 décembre 2025 : PASS 2026 = 48 060 €.

  • Âge, durée, réforme et imposition de la pension

    Loi n° 2023-270 du 14 avril 2023 (âge légal cible 64 ans, durée 172 trimestres, décote 1,25 % par trimestre, taux plein automatique à 67 ans). Loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 (LFSS 2026) : suspension du calendrier jusqu'au 1er janvier 2028 ; pour les départs à compter du 1er septembre 2026, âge provisoirement autour de 62 ans et 9 mois et durée autour de 170 trimestres pour les générations 1963 à début 1965 (bornes relevant de décrets, au conditionnel). Pension imposable à l'IR (art. 79 CGI) avec abattement de 10 % (art. 158, 5-a, plancher 454 € / plafond 4 439 € en 2026 ; BOI-RSA-PENS-30-10-20).

  • Capitalisation : PER, assurance-vie, cession de l'office

    Art. 154 bis CGI (plafond PER/Madelin TNS : 10 % du bénéfice dans la limite de 8 PASS, majorés de 15 % de la fraction entre 1 et 8 PASS ; plancher 4 806 € ; maximum 88 911 € en 2026 ; BOI-BNC-BASE-40-60-50-10). Art. 163 quatervicies CGI (PER du président de SELAS assimilé salarié). Sortie du PER : gains au PFU + PS 18,6 %. Assurance-vie : PS 17,2 % maintenu (LFSS 2026), transmission art. 990 I (152 500 € par bénéficiaire) et 757 B (30 500 € global). Cession de l'office : art. 238 quindecies (exonération ≤ 500 000 €, dégressive jusqu'à 1 000 000 €), 151 septies A (exonération IR, PS 18,6 % dus), 150-0 D ter (abattement 500 000 €). Dualité des PS 2026 (loi n° 2025-1403) : 18,6 % (PER, dividendes, plus-values mobilières et professionnelles) contre 17,2 % (assurance-vie, foncier nu).

  • Hauts revenus, SEL/SPFPL et jurisprudence

    Barème IR 2026 art. 197 CGI (0/11/30/41/45 %). CEHR art. 223 sexies (3 % au-delà de 250 000/500 000 € de RFR, 4 % au-delà de 500 000/1 000 000 €). CDHR reconduite par la LF 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026, taux effectif minimum d'imposition de 20 %). Ordonnance n° 2023-77 du 8 février 2023, qui a remplacé la loi n° 90-1258 du 31 décembre 1990 (exercice en société des professions libérales réglementées, SEL/SPFPL). CSS art. L131-6 (dividendes de SEL au-delà de 10 % réintégrés dans l'assiette des cotisations sociales). CE 8 avril 2025 n° 492154 (rémunération de l'activité libérale de l'associé de SEL imposée en BNC). Cass. 2e civ. 19 octobre 2023 n° 21-20.366 (réintégration des dividendes de SEL même via une SPFPL).

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine, cabinet basé à Bassens). Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d'investissement au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Plusieurs points sont, en toute transparence, signalés au conditionnel : le taux de remplacement (ordre de grandeur, jamais une garantie), les bornes d'âge et de durée d'assurance (réforme suspendue, paramètres relevant de décrets) et les valeurs de service du point de la CPRN, qui doivent être vérifiées sur cprn.fr pour le millésime de votre liquidation. Les montants de pension cités dans les cas chiffrés sont des estimations indicatives, pas des montants garantis. Les décisions de justice sont mentionnées à titre informatif. Les chiffres et taux sont à jour au 15 juin 2026 mais peuvent évoluer (LF/LFSS annuelles, doctrine BOFiP, jurisprudence, paramètres des caisses). L'estimation de votre pension et le dimensionnement de votre complément doivent faire l'objet d'une étude individualisée, validée avec votre expert-comptable. La capitalisation comporte un risque de perte en capital.

Foire aux questions

Tout sur la retraite du notaire (CPRN) en 2026 caisse, calcul des sections B/C, valeur du point, taux de remplacement.

Les questions qu'on nous pose le plus en rendez-vous avec des notaires : la caisse de rattachement, le calcul de la complémentaire CPRN, la valeur du point 2026, l'assiette sur 3 ans, l'âge de départ, et le bon complément à mettre en place. Réponses sourcées et à jour 2026.