Aller au contenu principal
Aller au contenu principal
Guide apport-cession 202612 minMis à jour 9 juillet 20263 cas chiffrés

SCPI et 150-0 B ter : compatible ou pas ?

Vous avez apporté vos titres à une holding, vendu votre société, et votre banquier vous propose de « caser » les liquidités en SCPI de rendement pour sécuriser le report. Mauvaise idée : la SCPI patrimoniale n'est pas un remploi éligible au 150-0 B ter. Remployer les 70 % obligatoires en pierre-papier fait tomber le report sur 100 % de la plus-value — soit un PFU de 31,4 % (+ CEHR/CDHR éventuelles) que vous pensiez avoir différé. On vous donne le verdict, et les 3 fenêtres où la SCPI reste jouable. Par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine (ORIAS 23002291).

APPORT-CESSION SCPI 2026

Savoir quelle part de votre cash peut aller en SCPI sans casser le report

Audit d'apport-cession : quote-part de remploi obligatoire (60 ou 70 %), actifs éligibles et exclus, fenêtres où la SCPI reste possible (solde libre, après 3 ans, trésorerie de holding), alternative FCPR/FPCI. Cabinet non détenu par une banque ni par un assureur, sans produit-maison.

Le rendez-vous offert : recueil de votre situation et présentation des mécanismes généraux, sans recommandation personnalisée.

  • SCPI : éligible ou non tranché
  • Alternative FCPR/FPCI arbitrée
  • Multi-partenaires,

Sur lettre de mission signée

  • Fraction soumise à remploi calculée

REMPLOI 2026

70 %

SI LE REPORT TOMBE

31,4 %

SCPI COMME REMPLOI

NON

SOLDE LIBRE (RÉGIME 70 %)

30 %

CONSERVATION REMPLOI

5 ANS

Quentin Hagnéré·Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Cabinet Hagnéré Patrimoine · ORIAS 23002291 · CIF · COA · COBSP

§ 1LE VERDICT·2 MIN

Le verdict en 30 secondes

L'essentiel en 30 secondes

La SCPI de rendement n'est pas un remploi éligible au 150-0 B ter : y placer les 60 % ou 70 % obligatoires fait tomber le report sur 100 % de la plus-value. Mais la SCPI reste possible hors contrainte : sur le solde libre (40 % ou 30 %), après le délai de 3 ans, ou en trésorerie de holding. Le bon réflexe n'est pas « SCPI ou pas », mais « quelle part de mon cash est soumise à remploi ».

La réponse courte : NON pour le quota, OUI hors contrainte

  • NON — les 60 % ou 70 % obligatoires de remploi ne peuvent pas aller en SCPI de rendement. C'est un remploi non éligible qui fait tomber le report sur 100 % de la plus-value (règle du tout ou rien).
  • OUI, mais hors contrainte — la SCPI reste possible sur le solde libre (40 % ou 30 % selon le régime), après le délai de 3 ans, ou en trésorerie de holding hors imputation au remploi.
  • Coût si le report tombe : PFU 31,4 % (12,8 % d'IR + 18,6 % de prélèvements sociaux), plus éventuellement CEHR et CDHR.

C'est l'une des erreurs qu'on rattrape le plus souvent en rendez-vous de cession. Vous avez apporté vos titres à une holding, votre société a été vendue 2 000 000 €, et le cash dort dans la holding — un conseiller bien intentionné vous propose alors de « le faire travailler » en SCPI de rendement. Sur le principe, la pierre-papier est un bon actif. Mais dans le cadre précis du report d'imposition de l'article 150-0 B ter, la SCPI n'est pas un réinvestissement éligible : imputer les 70 % obligatoires (soit 1 400 000 € sur cet exemple) à des parts de SCPI fait tomber le report sur la totalité de la plus-value, et déclenche d'un coup un PFU de 31,4 % — jusqu'à 628 000 € d'impôt (hors CEHR et CDHR) que vous pensiez avoir différé. Confondre les deux peut donc coûter la quasi-totalité de l'avantage.

Ce qui reste possible (SCPI OK)

Le solde libre (40 % en régime 60 %, 30 % en régime 70 %) ; la trésorerie propre de la holding sans lien avec l'obligation ; et surtout la cession des titres apportés au-delà de 3 ans, qui supprime toute obligation de remploi et laisse le produit se placer librement, SCPI comprises.

Ce qui fait tomber le report (à éviter)

Placer la quote-part obligatoire (60 % ou 70 % du produit) en SCPI de rendement, en immobilier locatif, en assurance-vie ou en contrat de capitalisation : ce sont des remplois non éligibles (gestion de patrimoine mobilier ou immobilier). La conséquence est la déchéance du report sur 100 % de la plus-value.

Le reste de ce guide déroule le pourquoi et surtout les trois fenêtres où la SCPI redevient jouable. Pour ne pas dupliquer, deux renvois utiles dès maintenant : le catalogue complet des actifs éligibles au remploi et, plus largement, l'immobilier au sens large face au 150-0 B ter.

§ 2LE PRINCIPE·2 MIN

150-0 B ter : un report, pas une exonération

Avant de parler SCPI, un rappel de base — c'est lui qui commande tout le raisonnement. L'article 150-0 B ter organise un report d'imposition de la plus-value réalisée lorsque vous apportez vos titres à une société soumise à l'IS que vous contrôlez. Ce n'est ni un sursis, ni une exonération. Le mécanisme complet est détaillé dans notre guide pilier sur le 150-0 B ter et dans le guide dédié au report d'imposition proprement dit.

Report et sursis se ressemblent mais n'emportent pas les mêmes conséquences. Pour le dirigeant seul maître de sa holding, on est presque toujours dans le report.
NotionReport (150-0 B ter)Sursis (150-0 B)
Holding bénéficiaireContrôlée par l'apporteurNon contrôlée
Plus-value d'apportCalculée et figée à l'apport, déclaréeNeutralisée, non calculée
Suivi déclaratif2074-I l'année de l'apport, puis case 8UTAucune plus-value en report
Purge au décèsOui (définitive)Non

Le contrôle se présume dès que vous détenez au moins 33,33 % des droits de vote sans qu'aucun autre associé n'en détienne davantage (ce n'est donc pas un seuil de 50 %). En contrepartie de l'apport, une soulte est tolérée tant qu'elle n'excède pas 10 % de la valeur nominale des titres reçus. Et la plus-value en report ne s'efface que dans deux cas : au décès de l'apporteur (purge définitive), ou par une donation des titres assortie d'une conservation par le donataire (délais de conservation renforcés par la LF 2026, à confirmer au texte).

Report ≠ exonération : détenir des SCPI ne purge rien

Gardez ça : tout le reste du raisonnement en dépend. Tant que la plus-value en report n'est pas purgée (décès) ou effacée (donation qualifiée conservée), elle reste due : le report est un impôt différé, pas un impôt supprimé. Loger des parts de SCPI dans la holding en attendant ne change rien à cette dette latente. La SCPI ne purge pas le report — au mieux, elle fait fructifier un capital dont l'impôt reste, lui, en sommeil.

Le taux qui compte : 31,4 %, pas 17,2 %

Si le report tombe, la plus-value d'apport est une plus-value mobilière : elle se taxe au PFU de 31,4 % = 12,8 % d'IR + 18,6 % de prélèvements sociaux (la CSG du capital est portée à 10,6 % par la LFSS 2026), plus éventuellement la CEHR (art. 223 sexies) et la CDHR (art. 224). Attention au piège : le 17,2 % que l'on croise partout est le taux des revenus fonciers — donc, justement, des loyers distribués par une SCPI. Ce n'est pas le taux de la plus-value d'apport. Confondre les deux, c'est sous-estimer la facture d'un remploi raté.
§ 3LE DÉCLENCHEUR·2 MIN

Quand le remploi devient obligatoire (et quand il ne l'est pas)

Toute la question SCPI dépend d'un seul paramètre : la holding a-t-elle cédé les titres apportés dans les 3 ans de l'apport, ou au-delà ? Car l'obligation de remploi n'existe que dans le premier cas. C'est l'article 150-0 B ter, I, 2° qui le prévoit : si la société bénéficiaire de l'apport cède les titres reçus moins de 3 ans après l'apport, le maintien du report est conditionné au réinvestissement d'une part du produit dans une activité économique éligible.

À l'inverse, si la holding conserve les titres et ne les cède que plus de 3 ans après l'apport, il n'y a aucune obligation de remploi : le report est maintenu sans condition et le produit de la vente se place librement dans la holding — SCPI incluses. C'est déjà la deuxième des trois fenêtres que l'on détaillera plus loin.

Exemple : le même dossier, deux verdicts opposés

Prenons une holding qui reçoit les titres par apport le 15 janvier 2024. Si elle revend ces titres le 10 mai 2026 — soit deux ans et quatre mois plus tard, donc dans les 3 ans —, l'obligation de remploi s'enclenche : impossible d'affecter la quote-part contrainte à de la SCPI. Mais si la même holding patiente et ne cède qu'au 1er mars 2027 — soit plus de 3 ans après l'apport —, il n'y a plus aucune contrainte : la totalité du produit peut aller en SCPI. Même dossier, même dirigeant : c'est le calendrier de cession, à quelques mois près, qui fait basculer le verdict.

La fenêtre la plus simple pour loger de la SCPI en toute sécurité

Quand le calendrier le permet stratégiquement, la voie la plus confortable pour investir en SCPI sans jamais menacer le report est d'attendre le délai de 3 ans avant que la holding ne cède les titres apportés. Passé ce cap, la contrainte de remploi disparaît et la pierre-papier redevient un placement comme un autre. Le détail du décompte figure dans notre guide sur les délais pour réinvestir (24 et 36 mois).
§ 4LE RÉGIME DUAL·3 MIN

Le remploi 2026 : régime dual selon la date de cession

Si le remploi est déclenché (cession dans les 3 ans), reste à savoir combien réinvestir, dans quel délai, et combien de temps conserver. Or 2026 a instauré un régime dual : ce n'est pas la date d'apport qui tranche, mais la date de cession des titres par la holding.

Base légale : LF 2019 (loi n° 2018-1317) pour le régime 60 %, LF 2026 (loi n° 2026-103 du 19/02/2026) pour le régime 70 %. Le seuil de 70 % est le régime en vigueur pour toute nouvelle cession.
ParamètreCessions jusqu'au 20/02/2026Cessions à compter du 21/02/2026
Quota de remploi60 % du produit net70 % du produit net
Délai de remploi24 mois36 mois
Conservation (remploi direct a/b/c)12 mois5 ans
Conservation des fonds (FCPR, FPCI…)5 ans5 ans
Solde LIBRE (SCPI possible)40 %30 %

Le 70 % n'est pas une coquille

Pour être tout à fait clair : pour les cessions à compter du 21/02/2026, le quota est bien de 70 %, le délai de 36 mois et la conservation de 5 ans. Les pages encore en 60 % / 24 mois / 12 mois décrivent l'ancien régime, applicable aux seules cessions antérieures. C'est la date de cession par la holding — pas la date de l'apport initial — qui détermine lequel des deux régimes s'applique.

Un point d'assiette souvent mal compris : le quota se calcule sur le produit de cession (le prix net de frais), et non sur la seule plus-value. Sur une cession de 2 000 000 €, le remploi obligatoire en régime 70 % porte donc sur 1 400 000 €, pas sur la plus-value réalisée par la holding. La mécanique complète du quota est développée dans notre guide dédié au réinvestissement de 60 % / 70 %, le durcissement d'ensemble dans apport-cession 2026, et la règle des 5 ans dans durée de conservation 150-0 B ter. Note de méthode : la doctrine administrative (BOFiP) documente encore le régime à 60 % ; c'est le texte légal de la LF 2026 qui prime pour les cessions postérieures, en attendant sa mise à jour.

§ 5LE CŒUR·4 MIN

Pourquoi la SCPI n'est pas un remploi éligible

Les 4 voies de remploi éligibles

Pour savoir pourquoi la SCPI est exclue, il faut d'abord voir ce qui est admis. Le remploi éligible passe par l'une des quatre voies limitativement énumérées à l'article 150-0 B ter, I, 2° :

Mémo express

Les 4 voies de remploi (CGI 150-0 B ter, I, 2°, a à d)

  • (a) le financement de moyens permanents d'exploitation affectés à une activité opérationnelle (commerciale, industrielle, artisanale, libérale, agricole — hors gestion de son propre patrimoine, et hors activité financière désormais exclue par la LF 2026) ;
  • (b) l'acquisition de titres conférant le contrôle d'une société opérationnelle soumise à l'IS ;
  • (c) la souscription en numéraire au capital de sociétés opérationnelles éligibles ;
  • (d) la souscription de parts de FCPR, FPCI, SLP ou SCR (fonds de capital-investissement), sous réserve du quota d'investissement de 75 % du fonds (art. 163 quinquies B CGI), parts conservées 5 ans.

Deux motifs d'exclusion cumulatifs

La SCPI n'entre dans aucune de ces quatre voies, et ce pour deux raisons qui se cumulent :

1. C'est de la gestion de patrimoine immobilier. L'article 150-0 B ter exclut expressément la gestion de son propre patrimoine, immobilier compris ; l'immobilier de rendement et la location (nue ou meublée patrimoniale) sont hors du remploi économique. Une SCPI de rendement est, par nature, un véhicule d'immobilier locatif passif : elle collecte de l'épargne pour acheter et louer des immeubles, et en redistribue les loyers. C'est exactement ce que le texte range du côté exclu — un classement que la LF 2026 a encore durci en resserrant le champ des activités éligibles (renvoi à l'art. 199 terdecies-0 A).

2. Elle n'est pas dans la liste limitative des fonds éligibles. La voie (d) ne vise que quatre catégories : FCPR, FPCI, SLP et SCR. Une SCPI n'est ni un FCPR, ni un FPCI, ni une SLP, ni une SCR — c'est une société civile de placement immobilier, régie par un cadre distinct. Même en la présentant comme un « fonds », elle reste hors de l'énumération.

L'erreur classique du rendez-vous post-cession

La SCPI que votre banquier propose pour « caser » le cash ne compte pas comme remploi. C'est de l'immobilier locatif passif, exclu à double titre (gestion de patrimoine immobilier et absence de la liste des fonds), et plus nettement encore depuis la LF 2026. Y placer la quote-part obligatoire, c'est provoquer la déchéance du report sur 100 % de la plus-value — la sanction ne se limite pas à la fraction mal remployée.

La frontière : affectation à une exploitation, pas nature de l'actif

Attention à ne pas caricaturer : ce qui disqualifie la SCPI n'est pas le fait qu'elle soit « immobilière », mais qu'elle relève d'un immobilier locatif passif. Le critère réel est l'affectation à une activité opérationnelle. Ainsi, l'immobilier affecté à l'exploitation d'une cible opérationnelle (les murs d'exploitation d'une PME rachetée via une prise de contrôle, une activité hôtelière ou para-hôtelière exploitée activement) peut rester dans le champ du remploi. C'est l'immobilier de rendement, tenu pour lui-même, qui est exclu — et la SCPI en est l'archétype. Cette frontière, appliquée à l'immobilier au sens large, est traitée dans notre guide immobilier et 150-0 B ter.

Deux fois « de l'immobilier », deux verdicts inverses

Prenons deux fois 500 000 €. Les premiers, placés en parts de SCPI de bureaux : c'est de l'immobilier locatif passif, détenu pour ses loyers — remploi non éligible. Les seconds, consacrés à l'acquisition des murs d'un hôtel effectivement exploité par la société cible que vous reprenez (ou à ses moyens d'exploitation) : c'est de l'immobilier affecté à une activité opérationnelle — remploi a priori éligible. Dans les deux cas, on a « acheté de l'immobilier » ; seule l'affectation économique les sépare.

La jurisprudence confirme cette lecture économique du remploi : le Conseil d'État a jugé qu'un simple emploi patrimonial — par exemple le rachat de titres déjà détenus, sans apport d'argent frais à l'économie — n'est pas un réinvestissement éligible (CE 10/07/2019, n° 411474). La conclusion vaut sous l'ancien comme sous le nouveau régime : la LF 2026 n'a fait que resserrer une exclusion qui préexistait. Sur les conséquences d'un remploi jugé non éligible, voyez notre guide remise en cause du report.

§ 6L'UNICITÉ·3 MIN

Les 3 fenêtres où la SCPI reste possible

En clair : personne ne vous interdit d'acheter de la SCPI. Le texte dit simplement qu'elle ne rentre pas dans les 70 % que la holding doit remployer. Nuance capitale, car elle laisse trois fenêtres où la pierre-papier passe sans accroc.

Fenêtre 1 — le solde libre (40 % ou 30 %)

L'obligation ne porte que sur la quote-part de remploi. Le solde — 40 % du produit sous le régime 60 %, 30 % sous le régime 70 % — n'est soumis à aucune contrainte d'éligibilité. Il peut être placé librement : SCPI, assurance-vie, contrat de capitalisation, immobilier locatif. C'est le terrain naturel de la pierre-papier, sans la moindre menace pour le report.

Fenêtre 2 — après le délai de 3 ans

Si la holding cède les titres apportés plus de 3 ans après l'apport, il n'y a aucune obligation de remploi : l'intégralité du produit se place librement, SCPI comprise. Quand le calendrier s'y prête, la configuration est confortable : on apporte tôt, on laisse passer les 3 ans, la holding vend ensuite — et plus aucune contrainte de remploi ne pèse.

Fenêtre 3 — la trésorerie propre de la holding

Enfin, la trésorerie de la holding sans lien avec l'obligation de remploi (par exemple le cash issu d'autres opérations, ou le produit une fois les délais de remploi et de conservation épuisés) peut être investie en SCPI. La pierre-papier logée dans une holding à l'IS relève alors de la fiscalité de la société, un univers distinct du report.

SCPI en holding à l'IS ≠ SCPI comme remploi éligible

C'est exactement là que beaucoup de dirigeants se trompent. Loger de la SCPI dans une holding à l'IS peut avoir un intérêt fiscal propre (imposition à l'IS, amortissement selon la structure) — mais cet avantage, réel dans son ordre, ne rend pas la SCPI éligible au remploi du 150-0 B ter. Ce sont deux univers séparés : l'un concerne la fiscalité de la holding, l'autre le maintien du report. On peut détenir de la SCPI en holding et ne pas l'imputer au quota — ce qui est justement le cas dans ces trois fenêtres. Sur le placement du solde et de la trésorerie, voyez notre guide contrat de capitalisation et 150-0 B ter, et le fonctionnement de la classe d'actif dans notre guide SCPI : rendement, fiscalité et risques.
Méthode documentée

Quelle fraction de votre cash est réellement soumise à remploi ?

Selon la date de cession et le calendrier de votre apport, la part contrainte varie (60 % ou 70 %, voire zéro au-delà de 3 ans). On chiffre votre solde librement plaçable et on verrouille le remploi obligatoire, ordre de grandeur à l'appui, avant tout arbitrage SCPI.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 7LA SYNTHÈSE·2 MIN

Éligible ou non éligible : le tableau de synthèse

Le tableau ci-dessous récapitule, pour la quote-part obligatoire de remploi, ce qui est éligible et ce qui ne l'est pas. À conserver comme aide-mémoire avant tout arbitrage.

Source : CGI art. 150-0 B ter, I, 2°, a à d, et art. 199 terdecies-0 A (champ resserré LF 2026). Le catalogue exhaustif figure dans le guide dédié aux actifs éligibles.
Emploi du produit de cessionRemploi éligible ?
SCPI de rendement / patrimoniale (immobilier locatif passif)NON — gestion de patrimoine immobilier / immobilier de rendement
SCPI fiscale (Pinel, Malraux, déficit foncier)NON — reste de la détention d'immobilier locatif
Immobilier locatif direct, OPCI / SCI patrimonialesNON — immobilier de rendement
Assurance-vie, contrat de capitalisation, portefeuille titresNON — gestion de patrimoine mobilier
Activité financière, construction-vente, marchand de biensNON — exclus, renforcé par la LF 2026
FCPR / FPCI / SLP / SCR (quota fonds 75 %, parts 5 ans)OUI — voie (d)
Prise de contrôle d'une société opérationnelle à l'ISOUI — voie (b)
Souscription en numéraire au capital d'une société opérationnelleOUI — voie (c)
Moyens permanents d'exploitation d'une activité opérationnelleOUI — voie (a)
Immobilier affecté à l'exploitation d'une cible opérationnelleOUI — murs d'exploitation, hôtellerie exploitée
Solde libre 40 % (régime 60 %) / 30 % (régime 70 %)LIBRE — SCPI possible sur cette fraction

Le réflexe à retenir

Pour le quota obligatoire, un remploi n'est éligible que s'il finance une activité opérationnelle (directement, par prise de contrôle, par souscription en numéraire) ou des fonds de capital-investissement (FCPR, FPCI, SLP, SCR). Tout ce qui relève de la gestion de patrimoine mobilier ou immobilier — dont la SCPI — est exclu. Le solde libre, lui, échappe à toute cette grille.

Ce tableau reste volontairement synthétique : le catalogue exhaustif des actifs éligibles au réinvestissement détaille chaque voie, ses conditions et ses pièges.

§ 8CAS CHIFFRÉS·4 MIN

Trois cas chiffrés à l'euro : SCPI vs remploi éligible

Trois dossiers — Marc, Sophie, Bernard — pour voir la règle jouer sur de vrais montants. Mise au point de méthode : pour rester lisibles, les cas supposent que la plus-value d'apport est proche du produit de cession (prix d'acquisition initial faible), hypothèse fréquente quand le dirigeant a créé sa société. Le PFU retenu sur la plus-value mobilière 2026 est de 31,4 % (12,8 % d'IR + 18,6 % de prélèvements sociaux).

Cas 1 · Régime 70 % · produit 2 000 000 € · cession 15/03/2026 (moins de 3 ans)

Marc — l'erreur SCPI qui fait tomber le report sur 100 % de la PV

Marc a apporté les titres de sa PME à sa holding (report 150-0 B ter). La holding cède les titres pour 2 000 000 € de produit net le 15/03/2026, soit moins de 3 ans après l'apport et sous le régime 70 % (cession postérieure au 21/02/2026). Une obligation de remploi se déclenche.

Le coût de l'erreur SCPI

Remploi obligatoire = 2 000 000 € x 70 % = 1 400 000 €
Placé en SCPI de rendement  ->  remploi NON éligible
=> fin du report sur 100 % de la plus-value d'apport
PFU 31,4 % x PV d'apport (ex. 2 000 000 €) = 628 000 €
(+ CEHR 3 à 4 % et plancher CDHR selon le RFR)

La déchéance est totale : elle porte sur toute la plus-value, pas sur les seuls 1 400 000 € mal remployés. S'y ajoutent les intérêts de retard depuis la cession.

Marc n'a pas fauté en achetant de la SCPI ; il a fauté en la faisant compter dans les 1 400 000 € de remploi obligatoire. Ses 600 000 € de solde libre pouvaient, eux, parfaitement y aller. L'erreur a coûté 628 000 € d'impôt que le report devait différer.

Cas 2 · Régime 70 % · produit 1 000 000 € · cession 02/04/2026 (moins de 3 ans)

Sophie — le montage propre : FCPR sur le quota, SCPI sur le solde

Même configuration que Marc — cession dans les 3 ans, régime 70 % — mais un arbitrage maîtrisé. La holding de Sophie encaisse 1 000 000 € de produit net.

La répartition qui sécurise le report

Quota obligatoire = 1 000 000 € x 70 % = 700 000 €
   -> placé en FCPR éligible (voie d), parts conservées 5 ans
   -> report SÉCURISÉ
Solde libre       = 1 000 000 € x 30 % = 300 000 €
   -> placé en SCPI (hors contrainte)  ->  OK

Le remploi éligible porte sur les 700 000 € ; la SCPI ne finance que le solde de 300 000 €, non soumis à l'obligation. Aucune déchéance.

Résultat : report maintenu sur toute la plus-value, diversification immobilière obtenue via le solde, et pas la moindre remise en cause. La SCPI et le 150-0 B ter cohabitent — à condition de ne jamais mélanger quota et solde.

Cas 3 · Apport en 2022 · cession en 2026 (plus de 3 ans)

Bernard — la fenêtre des 3 ans : toute la SCPI qu'il veut

Bernard a apporté ses titres à sa holding en 2022. Sa holding ne cède les titres apportés qu'en 2026, soit plus de 3 ans après l'apport.

Conséquence : aucune obligation de remploi. Le report est maintenu sans condition, quelle que soit l'affectation du produit. Bernard place l'intégralité du produit en SCPI et en actifs patrimoniaux au sein de sa holding, sans le moindre risque pour son report.

La morale des trois cas : c'est la date de cession par la holding qui change tout. Avant 3 ans, contrainte de remploi et SCPI cantonnée au solde ; après 3 ans, liberté totale.

Note de méthode : ces chiffres sont illustratifs

Les montants ci-dessus sont des ordres de grandeur pédagogiques, volontairement simplifiés (plus-value ≈ produit de cession, taux arrondis) pour faire ressortir la logique. Ils ne valent pas une simulation personnalisée : le résultat réel dépend du prix d'acquisition exact des titres, de l'éventuelle plus-value réalisée par la holding, de la CEHR / CDHR sur le revenu fiscal de référence, et de la disposition applicable à votre cession. Les fenêtres ne sont pas des astuces d'évitement : elles décrivent l'articulation normale du dispositif.
§ 9L'ALTERNATIVE·2 MIN

Que faire à la place de la SCPI pour le quota obligatoire ?

Si vous devez remployer les 60 % ou 70 % contraints et que la SCPI est écartée, deux directions restent ouvertes. La première est le remploi économique direct (voies a, b, c) : financer les moyens d'exploitation d'une activité, prendre le contrôle d'une PME ou ETI opérationnelle à l'IS, ou souscrire en numéraire au capital d'une société éligible. La seconde, plus « clé en main », est la souscription de fonds de capital-investissement éligibles — FCPR, FPCI, SLP, SCR (voie d).

Le private equity éligible : fiscalement carré, mais illiquide et risqué

Concrètement, un FCPR ou un FPCI vous permet de cocher la case du remploi sans avoir à racheter et diriger vous-même une PME. Mais ce sont des placements illiquides (horizon de 8 à 10 ans), comportant un risque de perte en capital, et leur éligibilité au 150-0 B ter dépend du respect des quotas d'investissement du fonds (75 %). Rien ne se promet en rendement ni en sécurité : la logique fiscale (sécuriser le report) et la logique financière (accepter le risque et l'illiquidité) se raisonnent séparément. Pour approfondir, voyez nos guides FCPR éligibles au 150-0 B ter, le private equity et l'ELTIF 2.0 pour les particuliers.

Attention : l'éligibilité d'un fonds n'est jamais automatique

Estampiller « FCPR » ou « FPCI » sur une brochure ne suffit pas à sécuriser le report. L'éligibilité au 150-0 B ter suppose que le fonds respecte effectivement ses quotas d'investissement (au moins 75 % en titres de sociétés opérationnelles éligibles, art. 163 quinquies B CGI) et que vous conserviez les parts 5 ans. Un fonds mal calibré, ou des parts revendues trop tôt, peuvent faire tomber le report a posteriori. Note de méthode et de déontologie : ces fonds sont illiquides (horizon de 8 à 10 ans) et comportent un risque de perte en capital. Nous ne promettons ni rendement ni sécurité absolue, et ne recommandons aucun fonds nommé sans étude préalable de votre situation.

À noter : la SCPI ne disparaît pas du paysage pour autant. Elle reste un actif complémentaire, pertinent sur le solde libre ou hors délai — mais elle n'est pas substituable au remploi contraint. La lecture correcte est « FCPR pour le quota, SCPI pour le solde », et non « SCPI à la place du FCPR ». La mécanique du quota est détaillée dans notre guide réinvestissement de 60 % / 70 %.

§ 10LES PIÈGES·2 MIN

Les 6 erreurs qui font tomber le report

Ce qui coûte cher

Les six pièges classiques SCPI × 150-0 B ter

  • Placer les 70 % en SCPI « parce que c'est de l'immobilier » → remploi non éligible, fin du report sur 100 % de la plus-value (tout ou rien).
  • Confondre SCPI en holding IS (optimisation) et SCPI comme remploi éligible (non) → l'optimisation à l'IS et l'éligibilité au remploi ne jouent pas sur le même terrain.
  • Croire que le report est une exonération → il faut le décès ou une donation qualifiée pour purger ; détenir des SCPI ne purge rien.
  • Appliquer 17,2 % à la plus-value d'apport → c'est 18,6 %. Le piège est maximal ici, car la SCPI génère justement des revenus fonciers à 17,2 %.
  • Oublier le déclenchement CEHR / CDHR l'année où le report tombe → le revenu fiscal de référence explose et alourdit la facture.
  • Monter un remploi de façade (SCPI rachetée à soi-même, liquidités appropriées via un compte courant jamais remboursé) → abus de droit (L. 64 / L. 64 A LPF), majorations de 40 à 80 %.

Tous ces pièges tombent avec un seul réflexe : séparer noir sur blanc les 70 % contraints des 30 % libres, et garder la preuve de l'éligibilité de chaque remploi avant de signer quoi que ce soit. Sur les conséquences d'un remploi jugé non conforme, voyez notre guide remise en cause du report 150-0 B ter, et pour un panorama des faux pas, notre guide les 10 erreurs de l'apport-cession.

§ 11SYNTHÈSE·1 MIN

Synthèse et accompagnement

À retenir

SCPI et 150-0 B ter, en quatre points

  • La SCPI de rendement n'est pas un remploi éligible : gestion de patrimoine immobilier, deux fois exclue.
  • Placer la quote-part obligatoire (60 % ou 70 %) en SCPI = déchéance totale du report (PFU 31,4 %, + CEHR / CDHR).
  • La SCPI reste jouable dans 3 fenêtres : solde libre, après le délai de 3 ans, trésorerie de holding hors imputation.
  • Pour le quota, l'alternative éligible est le remploi économique direct ou les fonds FCPR / FPCI / SLP / SCR (illiquides, risqués).

Marc, Sophie et Bernard le montrent : tout se joue sur une seule ligne — quelle fraction de mon produit est contrainte, laquelle est libre. Une fois cette ligne tracée, la SCPI reprend sa place — sur le solde et hors délai — sans jamais menacer le report. Ce raisonnement s'inscrit dans le cadre d'ensemble décrit par notre guide pilier 150-0 B ter et, pour les cédants relevant d'un exercice réglementé, par notre guide apport-cession en profession libérale.

Hagnéré Patrimoine

Sécuriser votre remploi avant de placer le produit de cession

Un conseiller en gestion de patrimoine calcule votre quota obligatoire (60 % ou 70 %), trie les actifs éligibles et exclus, identifie votre solde librement plaçable en SCPI, et arbitre vers les fonds éligibles pour la fraction contrainte. Cabinet non détenu par une banque ni par un assureur, ORIAS 23002291, basé à Bassens — 4,6/5 sur Trustpilot (33 avis au 30/09/2026).

Premier échangeSans engagementCadre documenté

Note de méthode : ce guide est informatif et ne constitue pas un conseil personnalisé. Les taux et seuils sont vérifiés au 9 juillet 2026, sous réserve de la mise à jour de la doctrine BOFiP au titre de la LF 2026 et de la confirmation, au texte, des durées de conservation applicables en cas de donation sous le nouveau régime.

ACCOMPAGNEMENT

Sécuriser le remploi de votre apport-cession

Notre cabinet : calcul de la quote-part de remploi obligatoire, tri des actifs éligibles et exclus (dont la SCPI), identification des fenêtres où la pierre-papier reste possible, et arbitrage vers les fonds éligibles (FCPR, FPCI) pour la fraction contrainte. Une lecture chiffrée avant de placer le moindre euro.

Le rendez-vous offert : recueil de votre situation et présentation des mécanismes généraux, sans recommandation personnalisée.

  • Bilan patrimonial offert
  • Cabinet non détenu par une banque ni par un assureur
  • Remploi modélisé sous lettre de mission
4,6/5sur Trustpilot (33 avis au 30/09/2026)

Placer le produit de votre cession avec un CGP multi-partenaires, non détenu par une banque ni par un assureur

Pas de produit-maison. Nous distinguons le remploi contraint (fonds éligibles, économique direct) du solde librement plaçable (SCPI, capitalisation, assurance-vie), et nous sécurisons le report avant tout arbitrage financier.

Le rendez-vous offert : recueil de votre situation et présentation des mécanismes généraux, sans recommandation personnalisée. Les prestations décrites ci-dessus relèvent d'une mission sur lettre de mission signée.

Bilan gratuitCabinet CIF · COA · COBSPSans engagement

Sources et références légales

  • CGI — le report et le remploi

    Art. 150-0 B ter CGI (report d'imposition, contrôle III, remploi I-2°, exclusion de la gestion de patrimoine immobilier, soulte). Art. 150-0 B CGI (sursis en l'absence de contrôle, à ne pas confondre). Art. 163 quinquies B CGI (fonds FCPR/FPCI/SCR/SLP éligibles, quota 75 %). Art. 199 terdecies-0 A CGI (activités éligibles, renvoi LF 2026). Art. 200 A, 223 sexies, 224 et 167 bis CGI. Doctrine : BOI-RPPM-PVBMI-30-10-60-10, -20 et -40.

  • Le régime dual 2026

    LF 2019 (loi n° 2018-1317 du 28/12/2018 : remploi 60 %, 24 mois, conservation 12 mois, pour les cessions à compter du 01/01/2019). LF 2026 (loi n° 2026-103 du 19/02/2026 : remploi 70 %, 36 mois, conservation 5 ans, activités éligibles resserrées, pour les cessions à compter du 21/02/2026). LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30/12/2025 : prélèvements sociaux 18,6 %, PFU 31,4 % sur la plus-value mobilière).

  • Jurisprudence et abus de droit

    CE 10/07/2019 n° 411474 (l'emploi patrimonial et le rachat de titres déjà détenus ne sont pas un réinvestissement économique éligible). CE 28/05/2021 n° 442711 et CE 27/06/2022 n° 449656 (portée de l'exigence de réinvestissement économique). Art. L. 64 et L. 64 A LPF (abus de droit et mini-abus de droit, majorations de 40 à 80 %).

  • SCPI — nature et risques

    Autorité des marchés financiers (AMF) et ASPIM : la SCPI est un placement immobilier locatif, dont les revenus fonciers supportent 17,2 % de prélèvements sociaux (à ne pas confondre avec les 18,6 % de la plus-value mobilière). Placement à horizon long, liquidité non garantie, risque de perte en capital ; les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine, cabinet basé à Bassens). Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d'investissement au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier, ni une incitation à souscrire une SCPI ou un fonds nommé. L'éligibilité d'un remploi au report de l'article 150-0 B ter doit faire l'objet d'une étude individualisée (quote-part obligatoire, actifs visés, calendrier, abus de droit). Les taux et seuils cités sont à jour au 9 juillet 2026 mais peuvent évoluer (LF/LFSS annuelles, mise à jour de la doctrine BOFiP au titre de la LF 2026, jurisprudence). Les durées de conservation en cas de donation sous le nouveau régime, ainsi que la reconduction exacte de la CDHR, sont à confirmer au texte avec votre conseil. Les cas chiffrés reposent sur des hypothèses simplifiées (plus-value approchée par le produit de cession) : ce sont des ordres de grandeur pédagogiques, non une simulation personnalisée. Un fonds de capital-investissement (FCPR, FPCI) comporte un risque de perte en capital et une illiquidité de plusieurs années.

Foire aux questions

Tout sur la SCPI et le remploi 150-0 B ter quota obligatoire, solde libre, régime dual 2026 et alternatives.

Les questions qu'on nous pose le plus en rendez-vous de cession : la SCPI compte-t-elle dans les 60/70 %, peut-on la loger sur le solde libre, après 3 ans, en holding à l'IS, quelle alternative éligible, et pourquoi le report n'est pas une exonération. Réponses sourcées et à jour 2026.