Combien d'impôt paie vraiment un anesthésiste en 2026 ?
L'essentiel en 30 secondes
Vous bouclez votre exercice, vous voyez le bénéfice — et vous découvrez que l'impôt et les cotisations partent aussi sur la part que vous n'avez pas dépensée. À 45 % de TMI, l'État reprend près de la moitié de votre dernier euro : c'est le quotidien de l'anesthésiste à hauts revenus, entre les vacations en clinique, les gardes et les astreintes — et c'est précisément là que se joue la marge de manœuvre. Posons d'abord les repères. En 2026, le barème de l'impôt sur le revenu (article 197 du CGI, indexé par la loi de finances n° 2026-103 du 19 février 2026) compte cinq tranches. La dernière, à 45 %, frappe chaque euro de revenu imposable au-delà d'environ 181 917 € par part. Un anesthésiste — installé en libéral, en SELARL, ou associé d'une SEL d'anesthésie — qui dégage 300 000 € de bénéfice, célibataire à une part, y est largement.
Mais l'IR n'est que le premier étage. À ce niveau de revenu, trois prélèvements se superposent. D'abord les cotisations sociales TNS (CNAVPL pour la base, CARMF pour la complémentaire et l'ASV, plus CSG/CRDS), assises sur la totalité du bénéfice. Ensuite, au-delà de 250 000 € de RFR, la CEHR (article 223 sexies : 3 %, puis 4 % au-delà de 500 000 €). Enfin la CDHR (article 224), qui garantit une imposition minimale de 20 % du RFR. Voici comment cet empilement se lit concrètement.
| Étage | Ce qui est frappé | Taux / mécanique 2026 | Référence |
|---|---|---|---|
| IR au barème | Revenu imposable, au-delà de 181 917 € / part | 45 % sur le dernier euro | Art. 197 CGI |
| Cotisations TNS | 100 % du bénéfice (consommé ou non) | CARMF + CNAVPL + CSG/CRDS | Régime TNS |
| CEHR | Fraction de RFR > 250 000 / 500 000 € | 3 % puis 4 % | Art. 223 sexies CGI |
| CDHR | RFR > 250 000 / 500 000 € | Complément jusqu'à 20 % du RFR | Art. 224 CGI |
Une distinction à ne jamais perdre de vue : 45 %, c'est votre taux marginal, le taux du dernier euro — pas votre taux moyen, qui reste plus bas. C'est pourtant sur ce dernier euro que se joue l'arbitrage : chaque euro que vous ne faites pas entrer dans cette tranche, c'est 45 centimes qui restent chez vous. Et tout l'enjeu d'un haut revenu est de piloter deux notions à la fois : le revenu imposable (l'assiette de l'IR) etle revenu fiscal de référence (RFR, article 1417 du CGI), plus large, qui sert d'assiette aux surtaxes.
Secteur 1 ou secteur 2 : aucune différence fiscale de fond
Levier 1 : saturer le PER (jusqu'à 88 911 €)
Le PER du travailleur non salarié, c'est le premier réflexe — et de loin le plus rentable pour un anesthésiste. Aucune autre déduction ne pèse autant. L'article 154 bis du CGI vous autorise à déduire de votre bénéfice imposable 10 % de ce bénéfice (dans la limite de 8 PASS) majorés de 15 % de la fraction comprise entre 1 et 8 PASS. En 2026, avec un PASS de 48 060 € (8 PASS = 384 480 €), cela donne un plancher de 4 806 € et un maximum de 88 911 €pour un bénéfice d'au moins 384 480 €.
Le plafond PER TNS 2026 appliqué à un anesthésiste à 300 000 €
PLAFOND PER TNS = 10 % x benefice (dans la limite de 8 PASS)
+ 15 % x (min(benefice, 8 PASS) - 1 PASS)
PASS 2026 = 48 060 EUR | 8 PASS = 384 480 EUR
Pour un benefice de 300 000 EUR :
10 % x 300 000 = 30 000 EUR
15 % x (300 000 - 48 060) = 37 791 EUR
-----------------------------------------------
PLAFOND DEDUCTIBLE = 67 791 EUR
Economie d'IR a 45 % ~ 67 791 x 45 % ~ 30 506 EUR
(+ allegement de la CEHR et de la CDHR via la baisse du RFR)Le maximum de 88 911 € suppose un bénéfice d'au moins 384 480 € (8 PASS) ; en dessous, on applique la formule 10 % + 15 %. À 300 000 € de bénéfice, le plafond ressort à 67 791 €. Autre repère : déduire 80 000 € à 45 % de TMI, c'est 36 000 € d'IR en moins. Calcul illustratif et simplifié.
L'intérêt pour un haut revenu est double : le versement baisse l'IR à 45 % et le RFR (donc la CEHR et la CDHR). C'est ce qui porte l'économie marginale au-delà de 50 % du montant versé quand on est au sommet du barème, surtaxes comprises. Et — point décisif — le PER n'est pas une réduction d'impôt mais une déduction du revenu : il échappe au plafond global des niches de 10 000 €. Vous pouvez le saturer et loger par-dessus un déficit foncier etun Girardin sans qu'ils se rognent.
Le PER baisse l'IR, pas vos cotisations TNS
Levier 2 : la prévoyance et la santé Madelin déductibles
Sur dix dossiers d'anesthésistes, neuf passent à côté de ce levier — alors qu'il coche deux cases à la fois, et qu'il est, pour cette spécialité, plus prioritaire qu'ailleurs. L'anesthésiste-réanimateur exerce un métier de garde, d'astreinte et de geste technique : une aptitude physique entière est indispensable, et un arrêt prolongé (accident, maladie, invalidité) coupe l'essentiel des revenus, que la CARMF ne couvre que partiellement. Une prévoyance bien dimensionnée protège donc votre famille et votre train de vie — et elle déduit. Vos cotisations facultatives de prévoyance (incapacité, invalidité, décès) et de complémentaire santé sont déductibles de votre bénéfice imposable au titre du même article 154 bis du CGI — mais dans une enveloppe distincte de celle du PER retraite. Les deux plafonds ne se rognent pas.
Le plafond de prévoyance / santé Madelin 2026 (art. 154 bis)
PLAFOND PREVOYANCE / SANTE = 7 % du PASS + 3,75 % du benefice dans la limite de 3 % de 8 PASS PASS 2026 = 48 060 EUR | 3 % x 8 PASS = 3 % x 384 480 Plafond maximum 2026 ~ 11 534 EUR (a confirmer au texte)
Enveloppe distincte du PER retraite : un anesthésiste peut donc cumuler la déduction de son PER (jusqu'à 88 911 €) ET celle de sa prévoyance / santé (de l'ordre de 11 534 €). Plafond exact à confirmer au texte applicable 2026. Existe aussi une déduction Madelin perte d'emploi (de l'ordre de 1,875 % du bénéfice). Calcul illustratif.
Madelin fermé aux nouveaux contrats, mais la déductibilité demeure
Levier 3 : mettre en réserve dans une SEL à l'IS
C'est là que se joue le plus d'argent — et c'est précisément là que les gros revenus laissent filer. En exercice direct — BNC au réel —, il y a un piège : 100 % de votre bénéfice est imposé au barème (jusqu'à 45 %) et cotisé, y compris la part que vous ne consommez pas. L'anesthésiste qui dégage 400 000 € mais n'en dépense que 200 000 € est quand même imposé sur les 400 000 €. La parade n'est pas un produit : c'est une structure.
BNC en exercice direct
100 % du bénéfice subit l'IR jusqu'à 45 %, les cotisations TNS et, au-delà de 250 000 € de RFR, la CEHR puis la CDHR — y compris la fraction épargnée, non consommée. Rien ne reste à l'abri du barème.
SEL à l'IS — mise en réserve
Seule la rémunération sortie remonte à votre RFR (IR + TNS). Le bénéfice non consommé reste en réserve dans la société, à l'IS : 15 % jusqu'à 42 500 €, puis 25 % (art. 219 du CGI). On n'impose au barème que ce qu'on consomme. Gagnant uniquement sur la fraction non consommée.
La parade, c'est la SEL à l'impôt sur les sociétés (ordonnance n° 2023-77 du 8 février 2023, ex-loi 90-1258). En SEL, seules votre rémunération et vos dividendes distribués remontent au RFR ; le bénéfice laissé en réserve capitalise dans la société à l'IS : 15 % jusqu'à 42 500 €, puis 25 % (article 219 du CGI). C'est un report : seul l'argent qui sort de la société est taxé à votre nom, et vous pilotez directement l'assiette de la CEHR et de la CDHR. Mais attention : l'arbitrage n'est favorable que sur le revenu non consommé. Si vous vivez de la quasi-totalité de votre bénéfice, le gain fond.
L'IS est à 15 % jusqu'à 42 500 €, pas 100 000 €
Faut-il passer en SEL pour mettre votre bénéfice en réserve ?
Un CGP indépendant chiffre votre bénéfice consommé vs épargné, simule la capitalisation à l'IS et vous dit si — et comment — la mise en réserve allège réellement votre note, en lien avec votre expert-comptable.
Levier 4 : l'immobilier qui baisse le RFR selon votre TMI
L'immobilier reste un levier d'assiette puissant pour un anesthésiste — à condition de choisir le bon véhicule selon ce que vous cherchez. Tous ne se valent pas : certains effacent du revenu déjà perçu, d'autres n'en créent aucun. La distinction n'est pas théorique — à votre niveau de RFR, elle décide quel véhicule vous convient.
| Véhicule | Objectif servi | Effet fiscal | Vigilance 2026 |
|---|---|---|---|
| Déficit foncier | Effacer du revenu foncier / global déjà perçu | Impute jusqu'à 10 700 € (21 400 € réno énergétique) sur le revenu global, hors plafond des niches | Prorogation 21 400 € au 31/12/2027 à confirmer au texte |
| Démembrement (nue-propriété) | Ne PAS créer de revenu (zéro RFR) | Aucun loyer perçu, hors IFI (art. 968), reconstitution non taxée (art. 1133) | Achat de nue-propriété (pas cession d'usufruit) ; intérêts sur parts non déductibles |
| LMNP (meublé) | Revenu peu fiscalisé via amortissement | Amortissement du bien, mais réintégration en plus-value (art. 150 VB III) | PS du meublé en 2026 = zone grise, à formuler au conditionnel |
Le déficit foncier : effacer du revenu, hors plafond des niches
Si vous détenez déjà de l'immobilier locatif nu, le déficit foncier (article 156 du CGI) s'impute sur le revenu global jusqu'à 10 700 € par an (hors intérêts d'emprunt), l'excédent étant reportable dix ans. Ce plafond est porté à 21 400 € pour des travaux de rénovation énergétique sortant un bien du statut de passoire — dispositif prorogé jusqu'au 31 décembre 2027, sous réserve du texte définitif. À 45 % de TMI, 10 700 € imputés sur des revenus fonciers positifs équivalents économisent 45 % d'IR + 17,2 % de PS = 62,2 % sur la fraction couverte (les revenus fonciers supportent un PS de 17,2 %, pas 18,6 %) ; à défaut de tels revenus fonciers, la fraction du déficit qui s'impute sur le revenu global ne fait gagner que les 45 % d'IR (pas les PS). Et comme le PER, le déficit foncier est hors plafond des niches de 10 000 €.
Le démembrement : le levier « zéro RFR »
Le plus efficace pour un très haut revenu n'est pas de déduire, c'est de ne pas créer de revenu. En achetant la nue-propriété d'un bien ou de parts de SCPI (l'usufruit temporaire allant à un tiers), vous ne percevez aucun loyer pendant toute la durée du démembrement (5 à 10 ans) : rien n'entre dans votre RFR, donc rien dans la CEHR, la CDHR ou l'IFI (seul l'usufruitier est imposable à l'IFI, article 968 du CGI). La décote à l'achat suit le barème de l'usufruit (article 669), et la reconstitution de la pleine propriété au terme n'est pas taxée (article 1133).
Deux vigilances sur le démembrement, et la zone grise du LMNP
Levier 5 : la holding SPFPL pour piloter et réinvestir
Quand votre SEL accumule de la trésorerie excédentaire, la SPFPL (société de participations financières de profession libérale) permet de la capitaliser et de la réinvestir sans la faire remonter dans votre patrimoine personnel — et donc sans déclencher les 31,4 % de PFU que coûterait une distribution dans votre poche. Le mécanisme : le régime mère-fille (articles 145 et 216 du CGI). Les dividendes remontés de la SEL vers la SPFPL sont exonérés à 95 % ; seule une quote-part de frais et charges de 5 % reste imposée à l'IS, soit un coût effectif d'environ 1,25 %. La participation doit dépasser 5 % et être conservée 2 ans.
Le coût d'une remontée mère-fille vs une sortie en personnel
REMONTEE MERE-FILLE (SEL -> SPFPL) :
Imposition = 25 % x 5 % (quote-part de frais et charges)
~ 1,25 % du dividende remonte
SORTIE EN PERSONNEL (au PFU) :
Imposition = 12,8 % (IR) + 18,6 % (PS) = 31,4 %
Sur 100 000 EUR de dividendes :
Via SPFPL ~ 100 000 x 1,25 % ~ 1 250 EUR
En direct ~ 100 000 x 31,4 % ~ 31 400 EURLa SPFPL permet de capitaliser et réinvestir hors RFR personnel. Mais elle ne dispense PAS des cotisations sociales sur les dividendes au-delà de 10 % du capital (voir ci-dessous). Calcul illustratif.
La SPFPL ne fait PAS écran aux cotisations sociales
Aller plus loin : 100 000 € remontés, puis réinvestis dans la holding
Reste l'apport-cession (article 150-0 B ter du CGI), utile le jour où vous cédez votre activité ou vos parts de SEL d'anesthésie : apporter ses titres à une holding contrôlée place la plus-value en report d'imposition, sous réserve d'un réinvestissement économique d'au moins 70 % sous 36 mois (quota et délai durcis par la loi de finances 2026, pour les cessions de titres apportés réalisées à compter du 21 février 2026) en cas de cession dans les trois ans. Pour la suite logique de la trésorerie de société : la SPFPL du spécialiste pour réinvestir ses dividendes et l'apport-cession 150-0 B ter.
Levier 6 : éviter les pièges neutralisés par la CDHR
Le sixième levier n'est pas un produit à acheter, c'est une liste de pièges à ne pas activer. Sur les dossiers d'anesthésistes qu'on reçoit, une bonne partie arrive avec deux ou trois lignes de Girardin ou de FIP souscrites l'an dernier — et qui n'ont quasiment rien rapporté. Le coupable : la CDHR.
La CDHR (article 224 du CGI) garantit une imposition minimale de 20 % du RFR dès que celui-ci dépasse 250 000 € (célibataire) ou 500 000 € (couple). Elle a été créée par la loi de finances 2025 (loi n° 2025-127 du 14 février 2025, validée par le Conseil constitutionnel n° 2025-874 DC du 13 février 2025) et reconduite par la loi de finances 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026, validée n° 2026-901 DC du 19 février 2026), jusqu'au retour du déficit public sous 3 % du PIB. Conséquence directe : une réduction d'impôt qui ferait passer votre imposition sous ce plancher de 20 % est repriseà hauteur du manque. Sur 10 000 € de Girardin souscrits par un anesthésiste à 450 000 € de RFR, l'avantage net après reprise CDHR peut se réduire à quelques centaines d'euros — autant immobiliser 9 000 € dans un produit antillais illiquide pour rien.
| Levier | Mécanique | À votre niveau de RFR | Pourquoi |
|---|---|---|---|
| Mise en réserve SEL | Report (hors RFR) | ✔ Pleinement efficace | Baisse le RFR, donc l'assiette CDHR |
| PER (art. 154 bis) | Déduction d'assiette | ✔ Pleinement efficace | Hors plafond des niches, baisse le RFR |
| Déficit foncier / démembrement | Déduction / zéro RFR | ✔ Pleinement efficace | Agit sur le RFR, pas neutralisé |
| Dons aux œuvres | Réduction d'impôt | ✔ Reste efficace | Hors plafond des niches (art. 200 CGI) |
| Girardin industriel | Réduction d'impôt (plafond 18 000 €) | ✗ Largement neutralisé | Reprise par la CDHR sous le plancher 20 % |
| FIP / FCPI | Réduction d'impôt (25 % FCPI ; FIP métropolitain supprimé) | ✗ Neutralisé + restreint LF 2026 | Reprise CDHR + exclusion 21/02/2026 sauf JEI |
Girardin, FIP, Sofica : pourquoi ils ne servent plus à votre niveau
Le dernier piège n'est pas fiscal, il est patrimonial : défiscaliser pour défiscaliser. Un produit illiquide, mal géré ou hors de votre stratégie reste un mauvais placement, même avec une carotte fiscale dessus. Le test qu'on fait passer à chaque client est simple : sansl'avantage fiscal, achèteriez-vous ce bien ? Si la réponse est non, on ne le fait pas. Et tout montage doit reposer sur une réalité économique, sous peine d'abus de droit (article L. 64 du Livre des procédures fiscales).
Les 6 leviers dans le bon ordre : par où commencer
L'erreur classique, c'est de saturer d'abord un Girardin parce que c'est ce qu'on vous a vendu — et de découvrir en mars que le PER aurait rapporté trois fois plus. L'ordren'est pas un détail : si on sature une niche plafonnée avant d'avoir vidé une déduction qui ne l'est pas, on laisse de l'argent sur la table. Voici la pile de décision qu'on applique pour un anesthésiste au sommet du barème, du levier qui pèse le plus lourd à celui qui ne fait plus que de la figuration.
Étapes 1 à 3 — la structure et l'assiette
1) Structurer d'abord : si une part substantielle du bénéfice n'est pas consommée, mettre en réserve en SEL à l'IS (15 / 25 % hors RFR) — le levier qui agit sur le plus gros volume. 2) Vérifier sa prévoyance et sa santé Madelin déductibles (enveloppe distincte du PER) — prioritaire pour un anesthésiste exposé à l'arrêt d'activité. 3) Saturer le PER de l'article 154 bis (jusqu'à 88 911 €), hors plafond des niches.
Étapes 4 à 6 — immobilier, holding, et les pièges
4) Activer l'immobilier d'assiette adapté : déficit foncier pour effacer du revenu, démembrement pour ne pas en créer (zéro RFR). 5) Piloter la trésorerie de société via la SPFPL (mère-fille) et, le jour d'une cession, l'apport-cession 150-0 B ter. 6) Éviter les pièges : Girardin / FIP neutralisés par la CDHR, produits illiquides, défiscaliser pour défiscaliser.
Un point de calendrier décisif : bouclez vos arbitrages en octobre-novembre. L'acompte de CDHR (de l'ordre de 95 % de la contribution estimée) est versé du 1er au 15 décembre : un PER bouclé le 20 décembre ne sert plus pour cet acompte. Un anesthésiste qui débloque ses versements en fin d'année a déjà payé son acompte CDHR sur une base non optimisée.
Checklist de fin d'année : ce qu'il faut avoir bouclé avant le 1er décembre
Chaque levier doit reposer sur une réalité économique
Hiérarchiser vos six leviers avec Quentin Hagnéré
Cabinet de Chambéry, 100 % indépendant. On établit votre pile de décision : mise en réserve en SEL / SPFPL, saturation du PER et de la prévoyance, immobilier d'assiette, transmission. On calibre l'ensemble sous les seuils CEHR / CDHR, avec votre expert-comptable.
Trois profils chiffrés d'anesthésiste
Voyons les six leviers à l'œuvre sur trois dossiers types, anonymisés. Ces chiffres sont des illustrations fiscales simplifiées aux taux 2026 (charges et abattements non détaillés), à recalibrer sur votre situation réelle.
Note de méthode : ce que ces chiffres disent — et ne disent pas
Profil 1 — Dr Camille, anesthésiste installée en clinique, 300 000 € de bénéfice BNC, célibataire
PER (art. 154 bis) : plafond ≈ 67 791 € → ≈ 30 506 € d'IR en moins.
Prévoyance / santé Madelin : ≈ 11 534 € déduits en plus.
Résultat (si elle verse l'intégralité de ces deux plafonds, soit ≈ 79 300 € de cotisations dans l'année) : son RFR repasse sous 250 000 €, elle sort de la CEHR et reste hors champ de la CDHR — son revenu, 100 % BNC au barème, est de toute façon déjà imposé au-delà du plancher de 20 % — tout en se constituant une épargne retraite et une couverture adaptée à un métier de garde. À ce stade, elle n'a même pas eu besoin de structurer en société.
Profil 2 — Dr Karim, associé d'une SEL d'anesthésie (gérant majoritaire, TNS), 450 000 € de bénéfice
Mise en réserve SEL : il consomme 200 000 € et laisse 250 000 € en réserve à l'IS (15 % jusqu'à 42 500 €, puis 25 %), hors RFR.
PER (art. 154 bis) : le plafond se calcule sur la rémunération effectivement sortie ; sur 200 000 € de rémunération, il déduit ≈ 42 791 € (le maximum de 88 911 € supposerait une rémunération d'au moins 384 480 €, incompatible avec sa mise en réserve).
Résultat : RFR personnel piloté nettement sous les seuils. Le piège à éviter : sortir des dividendes au PFU, qui rallumerait la CDHR. Le détail du calcul différentiel : la CDHR du spécialiste.
Profil 3 — Dr Léa, anesthésiste en clinique via SPFPL, 500 000 € de bénéfice
SEL + SPFPL : elle met le surplus en réserve, remonte vers la SPFPL en mère-fille (≈ 1,25 %) pour réinvestir hors RFR.
PER 88 911 € + démembrement : elle sature le PER et achète de la nue-propriété (zéro RFR ajouté, hors IFI).
Le jour où elle cédera ses parts de SEL : l'apport-cession 150-0 B ter mettra la plus-value en report (réinvestissement 70 % sous 36 mois, régime LF 2026). Architecture complète à construire en amont avec un CGP et l'expert-comptable.
Camille n'a pas eu besoin de société ; Léa ne s'en sort pas sans. La règle qui relie les trois : moins vous consommez votre bénéfice, plus l'optimisation quitte votre déclaration personnelle (PER, prévoyance) pour se loger dans la structure (mise en réserve, SPFPL, apport-cession). Le bon dosage dépend de votre taux de consommation réel — d'où l'intérêt d'un bilan chiffré plutôt que d'un produit acheté sur catalogue. Pour savoir où placer ce qui sort, que faire de la trésorerie accumulée dans sa SELARL d'anesthésie.
Spécificités de l'anesthésiste : CARMF, TVA, SCM
Quelques repères propres au métier, pour ne pas commettre d'erreur de cadrage. D'abord la retraite : comme tout médecin, l'anesthésiste-réanimateur relève de la CNAVPL (régime de base) et de la CARMF (complémentaire RCV et ASV) — et non de la CARCDSF, qui est la caisse des chirurgiens-dentistes. Les valeurs de point et les cotisations 2026 sont à vérifier directement sur carmf.fr — nous ne les chiffrons pas ici pour ne pas avancer de montant non confirmé [à vérifier sur carmf.fr]. Pour la préparation de la retraite et l'effet de la mise en réserve dessus, voyez anticiper la chute de revenus à la retraite de l'anesthésiste (CARMF).
TVA exonérée, et la SCM n'est PAS un placement
Enfin, un mot de méthode déontologique : l'optimisation fiscale d'un anesthésiste doit rester au service d'un projet réel (retraite, transmission, diversification), jamais l'inverse. Pour le détail dispositif par dispositif, leurs seuils et leurs garde-fous, reportez-vous au guide complet : la défiscalisation de l'anesthésiste-réanimateur, toutes les solutions concrètes — et, sur la dualité des prélèvements sociaux 2026, les PS 2026 (17,2 % / 18,6 %).

