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Guide anesthésistes 202615 minMis à jour 24 juin 20266 leviers · TMI 45 %

Anesthésiste : 6 leviers pour payer moins d'impôts quand on gagne beaucoup

Vous dégagez 300, 400, parfois 500 000 € de bénéfice — entre les vacations en clinique, les gardes et les astreintes — et l'État reprend près de la moitié de chaque euro marginal : 45 % d'IR, plus les cotisations TNS (CARMF), plus la CEHR et la CDHR. Chaque année, un démarcheur vous propose un « produit de défisc » qui, à votre niveau, ne change quasiment rien. On va faire l'inverse : six leviers, du plus lourd au plus accessoire — saturer le PER, vérifier sa prévoyance, mettre en réserve en SEL, l'immobilier d'assiette, la holding SPFPL, et le piège à éviter (la CDHR). Par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine indépendant (ORIAS 23002291).

STRATÉGIE ANESTHÉSISTE 2026

Activer vos 6 leviers dans le bon ordre

Audit de votre situation d'anesthésiste à hauts revenus : plafond PER 154 bis, prévoyance déductible, mise en réserve en SEL / IS, immobilier d'assiette, holding SPFPL, et calibrage face à la CEHR et à la CDHR. Cabinet 100 % indépendant, modélisation chiffrée avec votre expert-comptable.

  • Calcul de votre plafond PER exact
  • Stratégie réserve SEL vs dividendes
  • Calage sous les seuils CEHR / CDHR
  • Cabinet 100 % indépendant

TMI CIBLE

45 %

PER DÉDUCTIBLE MAX

88 911 €

IS EN RÉSERVE

15 / 25 %

CDHR — IMPÔT MINIMUM

20 % du RFR

PLAFOND DES NICHES

10 000 €

Quentin Hagnéré·Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Cabinet Hagnéré Patrimoine · ORIAS 23002291 · CIF · COA · COBSP

§ 1LE DIAGNOSTIC·3 MIN

Combien d'impôt paie vraiment un anesthésiste en 2026 ?

L'essentiel en 30 secondes

Le constat : à 45 % de TMI, chaque euro de bénéfice non consommé paie l'IR au taux marginal, les cotisations TNS et les surtaxes CEHR / CDHR. Le réflexe gagnant : faire baisser l'assiette (le revenu imposable et le RFR), pas courir après la réduction d'impôt — plafonnée à 10 000 € et reprise par la CDHR. La méthode : six leviers que ce guide déroule du plus lourd au plus marginal, en finissant par les pièges que la CDHR neutralise. Le détail exhaustif : notre guide de la défiscalisation de l'anesthésiste-réanimateur.

Vous bouclez votre exercice, vous voyez le bénéfice — et vous découvrez que l'impôt et les cotisations partent aussi sur la part que vous n'avez pas dépensée. À 45 % de TMI, l'État reprend près de la moitié de votre dernier euro : c'est le quotidien de l'anesthésiste à hauts revenus, entre les vacations en clinique, les gardes et les astreintes — et c'est précisément là que se joue la marge de manœuvre. Posons d'abord les repères. En 2026, le barème de l'impôt sur le revenu (article 197 du CGI, indexé par la loi de finances n° 2026-103 du 19 février 2026) compte cinq tranches. La dernière, à 45 %, frappe chaque euro de revenu imposable au-delà d'environ 181 917 € par part. Un anesthésiste — installé en libéral, en SELARL, ou associé d'une SEL d'anesthésie — qui dégage 300 000 € de bénéfice, célibataire à une part, y est largement.

Mais l'IR n'est que le premier étage. À ce niveau de revenu, trois prélèvements se superposent. D'abord les cotisations sociales TNS (CNAVPL pour la base, CARMF pour la complémentaire et l'ASV, plus CSG/CRDS), assises sur la totalité du bénéfice. Ensuite, au-delà de 250 000 € de RFR, la CEHR (article 223 sexies : 3 %, puis 4 % au-delà de 500 000 €). Enfin la CDHR (article 224), qui garantit une imposition minimale de 20 % du RFR. Voici comment cet empilement se lit concrètement.

L'empilement fiscal de l'anesthésiste à hauts revenus en 2026. Montants indicatifs ; les seuils s'apprécient par part de quotient familial. La CDHR ne mord que si une part du revenu est taxée à taux réduit (dividendes au PFU, abattements de plus-value).
ÉtageCe qui est frappéTaux / mécanique 2026Référence
IR au barèmeRevenu imposable, au-delà de 181 917 € / part45 % sur le dernier euroArt. 197 CGI
Cotisations TNS100 % du bénéfice (consommé ou non)CARMF + CNAVPL + CSG/CRDSRégime TNS
CEHRFraction de RFR > 250 000 / 500 000 €3 % puis 4 %Art. 223 sexies CGI
CDHRRFR > 250 000 / 500 000 €Complément jusqu'à 20 % du RFRArt. 224 CGI

Une distinction à ne jamais perdre de vue : 45 %, c'est votre taux marginal, le taux du dernier euro — pas votre taux moyen, qui reste plus bas. C'est pourtant sur ce dernier euro que se joue l'arbitrage : chaque euro que vous ne faites pas entrer dans cette tranche, c'est 45 centimes qui restent chez vous. Et tout l'enjeu d'un haut revenu est de piloter deux notions à la fois : le revenu imposable (l'assiette de l'IR) et le revenu fiscal de référence (RFR, article 1417 du CGI), plus large, qui sert d'assiette aux surtaxes.

Secteur 1 ou secteur 2 : aucune différence fiscale de fond

Que vous exerciez en secteur 1 ou en secteur 2, vos honoraires — y compris les dépassements du secteur 2 — sont des recettes BNC ordinaires, imposées plein pot au barème : il n'existe aucune niche propre au secteur 2. La différence se situe sur la couverture sociale (l'ASV de la CARMF est partiellement financée par l'Assurance maladie pour le secteur 1). Sur le plan fiscal, les deux anesthésistes jouent les mêmes six leviers. Pour le diagnostic complet de la tranche à 45 %, voyez pourquoi l'assiette bat l'impôt à 45 %.
§ 2LEVIER 1·3 MIN

Levier 1 : saturer le PER (jusqu'à 88 911 €)

Le PER du travailleur non salarié, c'est le premier réflexe — et de loin le plus rentable pour un anesthésiste. Aucune autre déduction ne pèse autant. L'article 154 bis du CGI vous autorise à déduire de votre bénéfice imposable 10 % de ce bénéfice (dans la limite de 8 PASS) majorés de 15 % de la fraction comprise entre 1 et 8 PASS. En 2026, avec un PASS de 48 060 € (8 PASS = 384 480 €), cela donne un plancher de 4 806 € et un maximum de 88 911 € pour un bénéfice d'au moins 384 480 €.

Le plafond PER TNS 2026 appliqué à un anesthésiste à 300 000 €

PLAFOND PER TNS = 10 % x benefice (dans la limite de 8 PASS)
                + 15 % x (min(benefice, 8 PASS) - 1 PASS)

PASS 2026 = 48 060 EUR   |   8 PASS = 384 480 EUR

Pour un benefice de 300 000 EUR :
  10 % x 300 000                    = 30 000 EUR
  15 % x (300 000 - 48 060)         = 37 791 EUR
  -----------------------------------------------
  PLAFOND DEDUCTIBLE                = 67 791 EUR

Economie d'IR a 45 %  ~  67 791 x 45 %  ~  30 506 EUR
(+ allegement de la CEHR et de la CDHR via la baisse du RFR)

Le maximum de 88 911 € suppose un bénéfice d'au moins 384 480 € (8 PASS) ; en dessous, on applique la formule 10 % + 15 %. À 300 000 € de bénéfice, le plafond ressort à 67 791 €. Autre repère : déduire 80 000 € à 45 % de TMI, c'est 36 000 € d'IR en moins. Calcul illustratif et simplifié.

L'intérêt pour un haut revenu est double : le versement baisse l'IR à 45 % et le RFR (donc la CEHR et la CDHR). C'est ce qui porte l'économie marginale au-delà de 50 % du montant versé quand on est au sommet du barème, surtaxes comprises. Et — point décisif — le PER n'est pas une réduction d'impôt mais une déduction du revenu : il échappe au plafond global des niches de 10 000 €. Vous pouvez le saturer et loger par-dessus un déficit foncier et un Girardin sans qu'ils se rognent.

Le PER baisse l'IR, pas vos cotisations TNS

Là où les anesthésistes se trompent : la déduction de l'article 154 bis joue uniquement sur l'impôt sur le revenu. Les cotisations facultatives PER restent dans l'assiette de vos cotisations sociales obligatoires (CARMF, CNAVPL, URSSAF) : vous cotisez dessus comme si vous ne l'aviez pas versé. Le PER ne purge donc pas les charges sociales : achetez-le pour l'économie d'IR. À noter aussi : à la sortie, les prélèvements sociaux sur les gains du PER sont de 18,6 % en 2026, pas 17,2 %. Pour le détail du plafond, voyez saturer son PER déductible jusqu'à 88 911 € et le guide pilier du Plan d'épargne retraite.
§ 3LEVIER 2·2 MIN

Levier 2 : la prévoyance et la santé Madelin déductibles

Sur dix dossiers d'anesthésistes, neuf passent à côté de ce levier — alors qu'il coche deux cases à la fois, et qu'il est, pour cette spécialité, plus prioritaire qu'ailleurs. L'anesthésiste-réanimateur exerce un métier de garde, d'astreinte et de geste technique : une aptitude physique entière est indispensable, et un arrêt prolongé (accident, maladie, invalidité) coupe l'essentiel des revenus, que la CARMF ne couvre que partiellement. Une prévoyance bien dimensionnée protège donc votre famille et votre train de vie — et elle déduit. Vos cotisations facultatives de prévoyance (incapacité, invalidité, décès) et de complémentaire santé sont déductibles de votre bénéfice imposable au titre du même article 154 bis du CGI — mais dans une enveloppe distincte de celle du PER retraite. Les deux plafonds ne se rognent pas.

Le plafond de prévoyance / santé Madelin 2026 (art. 154 bis)

PLAFOND PREVOYANCE / SANTE = 7 % du PASS + 3,75 % du benefice
   dans la limite de 3 % de 8 PASS

PASS 2026 = 48 060 EUR   |   3 % x 8 PASS = 3 % x 384 480

Plafond maximum 2026  ~  11 534 EUR  (a confirmer au texte)

Enveloppe distincte du PER retraite : un anesthésiste peut donc cumuler la déduction de son PER (jusqu'à 88 911 €) ET celle de sa prévoyance / santé (de l'ordre de 11 534 €). Plafond exact à confirmer au texte applicable 2026. Existe aussi une déduction Madelin perte d'emploi (de l'ordre de 1,875 % du bénéfice). Calcul illustratif.

Madelin fermé aux nouveaux contrats, mais la déductibilité demeure

Depuis le 1er octobre 2020 (loi PACTE, loi n° 2019-486 du 22 mai 2019), les contrats Madelin retraite ne sont plus commercialisés aux nouveaux assurés, remplacés par le PER. Mais deux choses subsistent : les contrats Madelin en cours continuent de produire leurs effets, et surtout la déductibilité de l'article 154 bis pour la prévoyance et la santé reste pleinement en vigueur (la loi Madelin du 11 février 1994 a posé le principe, le PACTE n'a fermé que le volet retraite). Vérifiez donc que vos contrats de prévoyance et de mutuelle sont bien des contrats déductibles : c'est une question à poser à votre courtier. Pour le cadre complet : la prévoyance du libéral et sa déductibilité Madelin.
§ 4LEVIER 3 · VEDETTE·3 MIN

Levier 3 : mettre en réserve dans une SEL à l'IS

C'est là que se joue le plus d'argent — et c'est précisément là que les gros revenus laissent filer. En exercice direct — BNC au réel —, il y a un piège : 100 % de votre bénéfice est imposé au barème (jusqu'à 45 %) et cotisé, y compris la part que vous ne consommez pas. L'anesthésiste qui dégage 400 000 € mais n'en dépense que 200 000 € est quand même imposé sur les 400 000 €. La parade n'est pas un produit : c'est une structure.

BNC en exercice direct

100 % du bénéfice subit l'IR jusqu'à 45 %, les cotisations TNS et, au-delà de 250 000 € de RFR, la CEHR puis la CDHR — y compris la fraction épargnée, non consommée. Rien ne reste à l'abri du barème.

SEL à l'IS — mise en réserve

Seule la rémunération sortie remonte à votre RFR (IR + TNS). Le bénéfice non consommé reste en réserve dans la société, à l'IS : 15 % jusqu'à 42 500 €, puis 25 % (art. 219 du CGI). On n'impose au barème que ce qu'on consomme. Gagnant uniquement sur la fraction non consommée.

La parade, c'est la SEL à l'impôt sur les sociétés (ordonnance n° 2023-77 du 8 février 2023, ex-loi 90-1258). En SEL, seules votre rémunération et vos dividendes distribués remontent au RFR ; le bénéfice laissé en réserve capitalise dans la société à l'IS : 15 % jusqu'à 42 500 €, puis 25 % (article 219 du CGI). C'est un report : seul l'argent qui sort de la société est taxé à votre nom, et vous pilotez directement l'assiette de la CEHR et de la CDHR. Mais attention : l'arbitrage n'est favorable que sur le revenu non consommé. Si vous vivez de la quasi-totalité de votre bénéfice, le gain fond.

L'IS est à 15 % jusqu'à 42 500 €, pas 100 000 €

Ne vous fiez pas aux chiffres qui circulent : le taux réduit d'IS de 15 % s'applique jusqu'à 42 500 € de bénéfice (sous conditions PME), au-delà c'est 25 % (article 219 du CGI). Le relèvement du seuil à 100 000 € parfois évoqué (amendement PLF 2026) n'a pas été adopté. Et une fois en société, sortir des dividendes dans votre poche coûte le PFU à 31,4 % (12,8 % d'IR + 18,6 % de PS en 2026), pas 30 % : la mise en réserve n'a d'intérêt que si vous laissez réellement l'argent travailler dans la société. Pour arbitrer ce que vous sortez, le bon arbitrage salaire / dividendes en SEL et le statut adapté pour un anesthésiste SELARL ou SELAS.
Hagnéré Patrimoine

Faut-il passer en SEL pour mettre votre bénéfice en réserve ?

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Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 5LEVIER 4·3 MIN

Levier 4 : l'immobilier qui baisse le RFR selon votre TMI

L'immobilier reste un levier d'assiette puissant pour un anesthésiste — à condition de choisir le bon véhicule selon ce que vous cherchez. Tous ne se valent pas : certains effacent du revenu déjà perçu, d'autres n'en créent aucun. La distinction n'est pas théorique — à votre niveau de RFR, elle décide quel véhicule vous convient.

Quel immobilier selon votre objectif. Le déficit foncier efface du revenu ; le démembrement n'en crée aucun (optimal à très haut RFR) ; le LMNP est à examiner au cas par cas. Renvois détaillés en fin de section.
VéhiculeObjectif serviEffet fiscalVigilance 2026
Déficit foncierEffacer du revenu foncier / global déjà perçuImpute jusqu'à 10 700 € (21 400 € réno énergétique) sur le revenu global, hors plafond des nichesProrogation 21 400 € au 31/12/2027 à confirmer au texte
Démembrement (nue-propriété)Ne PAS créer de revenu (zéro RFR)Aucun loyer perçu, hors IFI (art. 968), reconstitution non taxée (art. 1133)Achat de nue-propriété (pas cession d'usufruit) ; intérêts sur parts non déductibles
LMNP (meublé)Revenu peu fiscalisé via amortissementAmortissement du bien, mais réintégration en plus-value (art. 150 VB III)PS du meublé en 2026 = zone grise, à formuler au conditionnel

Le déficit foncier : effacer du revenu, hors plafond des niches

Si vous détenez déjà de l'immobilier locatif nu, le déficit foncier (article 156 du CGI) s'impute sur le revenu global jusqu'à 10 700 € par an (hors intérêts d'emprunt), l'excédent étant reportable dix ans. Ce plafond est porté à 21 400 € pour des travaux de rénovation énergétique sortant un bien du statut de passoire — dispositif prorogé jusqu'au 31 décembre 2027, sous réserve du texte définitif. À 45 % de TMI, 10 700 € imputés sur des revenus fonciers positifs équivalents économisent 45 % d'IR + 17,2 % de PS = 62,2 % sur la fraction couverte (les revenus fonciers supportent un PS de 17,2 %, pas 18,6 %) ; à défaut de tels revenus fonciers, la fraction du déficit qui s'impute sur le revenu global ne fait gagner que les 45 % d'IR (pas les PS). Et comme le PER, le déficit foncier est hors plafond des niches de 10 000 €.

Le démembrement : le levier « zéro RFR »

Le plus efficace pour un très haut revenu n'est pas de déduire, c'est de ne pas créer de revenu. En achetant la nue-propriété d'un bien ou de parts de SCPI (l'usufruit temporaire allant à un tiers), vous ne percevez aucun loyer pendant toute la durée du démembrement (5 à 10 ans) : rien n'entre dans votre RFR, donc rien dans la CEHR, la CDHR ou l'IFI (seul l'usufruitier est imposable à l'IFI, article 968 du CGI). La décote à l'achat suit le barème de l'usufruit (article 669), et la reconstitution de la pleine propriété au terme n'est pas taxée (article 1133).

Deux vigilances sur le démembrement, et la zone grise du LMNP

Un : pour des parts de société (dont les SCPI), les intérêts d'un emprunt finançant la seule nue-propriété ne sont pas déductibles, faute de revenu perçu (CE 24 février 2017, n° 395983). Deux : vous achetez de la nue-propriété, vous ne cédez pas un usufruit temporaire — la fiscalité de l'article 13, 5 du CGI ne vous concerne pas. Quant au LMNP : l'amortissement reste un atout, mais il est désormais réintégré dans la plus-value de cession (article 150 VB III, loi de finances 2025), et le traitement des prélèvements sociaux du meublé en 2026 relève d'une zone grise que nous formulons au conditionnel. Pour aller plus loin : le déficit foncier du professionnel et le démembrement de propriété, levier zéro RFR.
§ 6LEVIER 5·3 MIN

Levier 5 : la holding SPFPL pour piloter et réinvestir

Quand votre SEL accumule de la trésorerie excédentaire, la SPFPL (société de participations financières de profession libérale) permet de la capitaliser et de la réinvestir sans la faire remonter dans votre patrimoine personnel — et donc sans déclencher les 31,4 % de PFU que coûterait une distribution dans votre poche. Le mécanisme : le régime mère-fille (articles 145 et 216 du CGI). Les dividendes remontés de la SEL vers la SPFPL sont exonérés à 95 % ; seule une quote-part de frais et charges de 5 % reste imposée à l'IS, soit un coût effectif d'environ 1,25 %. La participation doit dépasser 5 % et être conservée 2 ans.

Le coût d'une remontée mère-fille vs une sortie en personnel

REMONTEE MERE-FILLE (SEL -> SPFPL) :
  Imposition = 25 % x 5 % (quote-part de frais et charges)
             ~ 1,25 % du dividende remonte

SORTIE EN PERSONNEL (au PFU) :
  Imposition = 12,8 % (IR) + 18,6 % (PS) = 31,4 %

Sur 100 000 EUR de dividendes :
  Via SPFPL   ~  100 000 x 1,25 %  ~  1 250 EUR
  En direct   ~  100 000 x 31,4 %  ~  31 400 EUR

La SPFPL permet de capitaliser et réinvestir hors RFR personnel. Mais elle ne dispense PAS des cotisations sociales sur les dividendes au-delà de 10 % du capital (voir ci-dessous). Calcul illustratif.

La SPFPL ne fait PAS écran aux cotisations sociales

C'est l'idée reçue qu'on entend le plus souvent en rendez-vous : la SPFPL « effacerait » les cotisations sur les dividendes. C'est faux, et la facture grimpe vite. Les dividendes de SEL excédant 10 % du capital social, des primes d'émission et des comptes courants sont réintégrés dans l'assiette des cotisations sociales TNS (article L. 131-6 du Code de la sécurité sociale), même lorsqu'ils transitent par une SPFPL. La Cour de cassation l'a tranché (Cass. 2e civ. 19 octobre 2023, n° 21-20.366). L'intérêt de la SPFPL est donc patrimonial — capitaliser, réinvestir, transmettre — pas l'évitement des cotisations. Détails dans structurer son patrimoine via une SPFPL d'anesthésiste, le piège des dividendes au-delà de 10 % et le pilier de la holding patrimoniale.

Aller plus loin : 100 000 € remontés, puis réinvestis dans la holding

Pour rendre l'avantage concret : un anesthésiste qui remonte 100 000 € de dividendes de sa SEL vers sa SPFPL ne laisse filer qu'environ 1 250 € de friction mère-fille, contre 31 400 € s'il les sortait dans sa poche au PFU. Les ~98 750 € restants peuvent alors être réinvestis dans la holding — contrat de capitalisation, SCPI, compte-titres, immobilier de rendement — sans jamais passer par son RFR personnel. C'est tout l'intérêt de la structure : le capital travaille brut d'impôt sur le revenu, l'imposition n'intervenant qu'à la sortie effective vers le patrimoine privé. Pour le choix concret des supports de cette trésorerie de société : que faire de la trésorerie accumulée dans sa SELARL d'anesthésie.

Reste l'apport-cession (article 150-0 B ter du CGI), utile le jour où vous cédez votre activité ou vos parts de SEL d'anesthésie : apporter ses titres à une holding contrôlée place la plus-value en report d'imposition, sous réserve d'un réinvestissement économique d'au moins 70 % sous 36 mois (quota et délai durcis par la loi de finances 2026, pour les cessions de titres apportés réalisées à compter du 21 février 2026) en cas de cession dans les trois ans. Pour la suite logique de la trésorerie de société : la SPFPL du spécialiste pour réinvestir ses dividendes et l'apport-cession 150-0 B ter.

§ 7LEVIER 6 · LE PIÈGE·3 MIN

Levier 6 : éviter les pièges neutralisés par la CDHR

Le sixième levier n'est pas un produit à acheter, c'est une liste de pièges à ne pas activer. Sur les dossiers d'anesthésistes qu'on reçoit, une bonne partie arrive avec deux ou trois lignes de Girardin ou de FIP souscrites l'an dernier — et qui n'ont quasiment rien rapporté. Le coupable : la CDHR.

La CDHR (article 224 du CGI) garantit une imposition minimale de 20 % du RFR dès que celui-ci dépasse 250 000 € (célibataire) ou 500 000 € (couple). Elle a été créée par la loi de finances 2025 (loi n° 2025-127 du 14 février 2025, validée par le Conseil constitutionnel n° 2025-874 DC du 13 février 2025) et reconduite par la loi de finances 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026, validée n° 2026-901 DC du 19 février 2026), jusqu'au retour du déficit public sous 3 % du PIB. Conséquence directe : une réduction d'impôt qui ferait passer votre imposition sous ce plancher de 20 % est reprise à hauteur du manque. Sur 10 000 € de Girardin souscrits par un anesthésiste à 450 000 € de RFR, l'avantage net après reprise CDHR peut se réduire à quelques centaines d'euros — autant immobiliser 9 000 € dans un produit antillais illiquide pour rien.

Ce qui marche encore (assiette / report) vs ce qui est neutralisé (réductions d'impôt) au-delà de 250 000 / 500 000 € de RFR. Les dons restent une exception efficace. Ordres de grandeur ; mécanique fine de la CDHR au conditionnel.
LevierMécaniqueÀ votre niveau de RFRPourquoi
Mise en réserve SELReport (hors RFR)✔ Pleinement efficaceBaisse le RFR, donc l'assiette CDHR
PER (art. 154 bis)Déduction d'assiette✔ Pleinement efficaceHors plafond des niches, baisse le RFR
Déficit foncier / démembrementDéduction / zéro RFR✔ Pleinement efficaceAgit sur le RFR, pas neutralisé
Dons aux œuvresRéduction d'impôt✔ Reste efficaceHors plafond des niches (art. 200 CGI)
Girardin industrielRéduction d'impôt (plafond 18 000 €)✗ Largement neutraliséReprise par la CDHR sous le plancher 20 %
FIP / FCPIRéduction d'impôt (25 % FCPI ; FIP métropolitain supprimé)✗ Neutralisé + restreint LF 2026Reprise CDHR + exclusion 21/02/2026 sauf JEI

Girardin, FIP, Sofica : pourquoi ils ne servent plus à votre niveau

Ces dispositifs sont des réductions d'impôt : elles viennent en moins de l'IR, restent dans le plafond global des niches de 10 000 € (18 000 € avec un Girardin ou une Sofica, article 200-0 A du CGI), et surtout sont reprises par la CDHR dès lors qu'elles font tomber votre taux moyen sous 20 % du RFR. Le FIP/FCPI a en outre été en grande partie exclu de la réduction d'impôt par la loi de finances 2026 pour les versements à compter du 21 février 2026 (sauf titres de jeunes entreprises innovantes). Une exception notable : les dons aux œuvres (article 200 du CGI) restent efficaces car ils sont hors plafond des niches. Pour le calcul fin (décote, coefficient de lissage) : ce que la CDHR change avant de défiscaliser et le FIP / FCPI 2026 face à la CDHR.

Le dernier piège n'est pas fiscal, il est patrimonial : défiscaliser pour défiscaliser. Un produit illiquide, mal géré ou hors de votre stratégie reste un mauvais placement, même avec une carotte fiscale dessus. Le test qu'on fait passer à chaque client est simple : sans l'avantage fiscal, achèteriez-vous ce bien ? Si la réponse est non, on ne le fait pas. Et tout montage doit reposer sur une réalité économique, sous peine d'abus de droit (article L. 64 du Livre des procédures fiscales).

§ 8LA MÉTHODE·2 MIN

Les 6 leviers dans le bon ordre : par où commencer

L'erreur classique, c'est de saturer d'abord un Girardin parce que c'est ce qu'on vous a vendu — et de découvrir en mars que le PER aurait rapporté trois fois plus. L'ordre n'est pas un détail : si on sature une niche plafonnée avant d'avoir vidé une déduction qui ne l'est pas, on laisse de l'argent sur la table. Voici la pile de décision qu'on applique pour un anesthésiste au sommet du barème, du levier qui pèse le plus lourd à celui qui ne fait plus que de la figuration.

Étapes 1 à 3 — la structure et l'assiette

1) Structurer d'abord : si une part substantielle du bénéfice n'est pas consommée, mettre en réserve en SEL à l'IS (15 / 25 % hors RFR) — le levier qui agit sur le plus gros volume. 2) Vérifier sa prévoyance et sa santé Madelin déductibles (enveloppe distincte du PER) — prioritaire pour un anesthésiste exposé à l'arrêt d'activité. 3) Saturer le PER de l'article 154 bis (jusqu'à 88 911 €), hors plafond des niches.

Étapes 4 à 6 — immobilier, holding, et les pièges

4) Activer l'immobilier d'assiette adapté : déficit foncier pour effacer du revenu, démembrement pour ne pas en créer (zéro RFR). 5) Piloter la trésorerie de société via la SPFPL (mère-fille) et, le jour d'une cession, l'apport-cession 150-0 B ter. 6) Éviter les pièges : Girardin / FIP neutralisés par la CDHR, produits illiquides, défiscaliser pour défiscaliser.

Un point de calendrier décisif : bouclez vos arbitrages en octobre-novembre. L'acompte de CDHR (de l'ordre de 95 % de la contribution estimée) est versé du 1er au 15 décembre : un PER bouclé le 20 décembre ne sert plus pour cet acompte. Un anesthésiste qui débloque ses versements en fin d'année a déjà payé son acompte CDHR sur une base non optimisée.

Checklist de fin d'année : ce qu'il faut avoir bouclé avant le 1er décembre

Septembre : faire chiffrer par votre expert-comptable le bénéfice consommé vs épargné, qui conditionne l'arbitrage réserve SEL. Octobre : calculer votre plafond PER exact (article 154 bis) et vérifier que vos contrats de prévoyance et de mutuelle sont bien déductibles. Mi-novembre : verser le PER et la prévoyance, arbitrer la rémunération sortie et la mise en réserve, signer un éventuel démembrement. Avant le 1er décembre : tout doit être bouclé — l'acompte de CDHR part du 1er au 15 décembre, et un versement de fin d'année arrive trop tard pour le réduire. Règle d'or qui chapeaute toute la pile : on défiscalise par l'assiette, jamais par l'impôt seul.

Chaque levier doit reposer sur une réalité économique

Garde-fou déontologique et juridique : aucun de ces leviers ne doit être activé pour le seul avantage fiscal. L'administration peut requalifier un montage à but exclusivement fiscal (abus de droit, article L. 64 du Livre des procédures fiscales). Les économies citées dans ce guide (≈ 30 506 € sur le PER, le coût de mise en réserve à l'IS) sont des illustrations fiscales aux taux 2026, sur des hypothèses simplifiées : elles ne valent pas pour votre dossier sans étude individualisée. Pour replacer le tout dans une stratégie d'ensemble : piloter son assiette de libéral à hauts revenus.
Méthode documentée

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§ 9PROFILS CHIFFRÉS·3 MIN

Trois profils chiffrés d'anesthésiste

Voyons les six leviers à l'œuvre sur trois dossiers types, anonymisés. Ces chiffres sont des illustrations fiscales simplifiées aux taux 2026 (charges et abattements non détaillés), à recalibrer sur votre situation réelle.

Note de méthode : ce que ces chiffres disent — et ne disent pas

Les économies présentées ci-dessous sont des gains d'impôt calculés sur des hypothèses volontairement simplifiées (un seul niveau de revenu, une seule part de quotient, taux 2026 figés). Ce ne sont pas des rendements de placement : un PER, une SCPI en nue-propriété ou un réinvestissement de SPFPL comportent leur propre risque de marché, et les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Le capital investi n'est pas garanti. L'avantage fiscal est un accélérateur, pas le placement : votre gain réel dépendra autant de la qualité de l'actif sous-jacent que du taux marginal effacé. Chaque chiffre ci-dessous est donc à recalibrer sur votre dossier réel, avec votre expert-comptable.

Profil 1 — Dr Camille, anesthésiste installée en clinique, 300 000 € de bénéfice BNC, célibataire

Camille exerce en libéral en clinique (vacations, gardes), célibataire (1 part). Son RFR frôle les 300 000 € : la CEHR est amorcée (≈ 1 500 € sur la fraction au-dessus de 250 000 €).

PER (art. 154 bis) : plafond ≈ 67 791 € → ≈ 30 506 € d'IR en moins.
Prévoyance / santé Madelin : ≈ 11 534 € déduits en plus.
Résultat (si elle verse l'intégralité de ces deux plafonds, soit ≈ 79 300 € de cotisations dans l'année) : son RFR repasse sous 250 000 €, elle sort de la CEHR et reste hors champ de la CDHR — son revenu, 100 % BNC au barème, est de toute façon déjà imposé au-delà du plancher de 20 % — tout en se constituant une épargne retraite et une couverture adaptée à un métier de garde. À ce stade, elle n'a même pas eu besoin de structurer en société.

Profil 2 — Dr Karim, associé d'une SEL d'anesthésie (gérant majoritaire, TNS), 450 000 € de bénéfice

Karim exerce en SELARL d'anesthésie comme gérant majoritaire (statut TNS, condition du plafond PER de l'article 154 bis), RFR ≈ 450 000 € : CEHR ≈ 6 000 €, et s'il se versait des dividendes au PFU, la CDHR (plancher 20 % du RFR ≈ 90 000 €) se déclencherait.

Mise en réserve SEL : il consomme 200 000 € et laisse 250 000 € en réserve à l'IS (15 % jusqu'à 42 500 €, puis 25 %), hors RFR.
PER (art. 154 bis) : le plafond se calcule sur la rémunération effectivement sortie ; sur 200 000 € de rémunération, il déduit ≈ 42 791 € (le maximum de 88 911 € supposerait une rémunération d'au moins 384 480 €, incompatible avec sa mise en réserve).
Résultat : RFR personnel piloté nettement sous les seuils. Le piège à éviter : sortir des dividendes au PFU, qui rallumerait la CDHR. Le détail du calcul différentiel : la CDHR du spécialiste.

Profil 3 — Dr Léa, anesthésiste en clinique via SPFPL, 500 000 € de bénéfice

Léa dégage 500 000 € et n'a besoin que de 220 000 € pour vivre. RFR de départ ≈ 500 000 € : CEHR ≈ 7 500 €.

SEL + SPFPL : elle met le surplus en réserve, remonte vers la SPFPL en mère-fille (≈ 1,25 %) pour réinvestir hors RFR.
PER 88 911 € + démembrement : elle sature le PER et achète de la nue-propriété (zéro RFR ajouté, hors IFI).
Le jour où elle cédera ses parts de SEL : l'apport-cession 150-0 B ter mettra la plus-value en report (réinvestissement 70 % sous 36 mois, régime LF 2026). Architecture complète à construire en amont avec un CGP et l'expert-comptable.

Camille n'a pas eu besoin de société ; Léa ne s'en sort pas sans. La règle qui relie les trois : moins vous consommez votre bénéfice, plus l'optimisation quitte votre déclaration personnelle (PER, prévoyance) pour se loger dans la structure (mise en réserve, SPFPL, apport-cession). Le bon dosage dépend de votre taux de consommation réel — d'où l'intérêt d'un bilan chiffré plutôt que d'un produit acheté sur catalogue. Pour savoir où placer ce qui sort, que faire de la trésorerie accumulée dans sa SELARL d'anesthésie.

§ 10LE TERRAIN·2 MIN

Spécificités de l'anesthésiste : CARMF, TVA, SCM

Quelques repères propres au métier, pour ne pas commettre d'erreur de cadrage. D'abord la retraite : comme tout médecin, l'anesthésiste-réanimateur relève de la CNAVPL (régime de base) et de la CARMF (complémentaire RCV et ASV) — et non de la CARCDSF, qui est la caisse des chirurgiens-dentistes. Les valeurs de point et les cotisations 2026 sont à vérifier directement sur carmf.fr — nous ne les chiffrons pas ici pour ne pas avancer de montant non confirmé [à vérifier sur carmf.fr]. Pour la préparation de la retraite et l'effet de la mise en réserve dessus, voyez anticiper la chute de revenus à la retraite de l'anesthésiste (CARMF).

TVA exonérée, et la SCM n'est PAS un placement

Deux rappels utiles. TVA : les actes médicaux sont exonérés de TVA (article 261-4-1° du CGI) ; vos honoraires de soins n'y sont pas soumis. SCM : si vous partagez des moyens avec des confrères via une Société Civile de Moyens, gardez en tête qu'elle est transparente fiscalement (article 239 quater A du CGI) et qu'elle sert uniquement à mutualiser et refacturer des moyens (locaux, matériel, personnel) — elle ne dégage pas de bénéfice propre et n'est en aucun cas un véhicule de placement de votre trésorerie. Pour placer les excédents d'une société, c'est la holding qu'il faut, pas la SCM.

Enfin, un mot de méthode déontologique : l'optimisation fiscale d'un anesthésiste doit rester au service d'un projet réel (retraite, transmission, diversification), jamais l'inverse. Pour le détail dispositif par dispositif, leurs seuils et leurs garde-fous, reportez-vous au guide complet : la défiscalisation de l'anesthésiste-réanimateur, toutes les solutions concrètes — et, sur la dualité des prélèvements sociaux 2026, les PS 2026 (17,2 % / 18,6 %).

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On ne vend aucun produit maison, donc aucune raison de vous pousser le mauvais. On hiérarchise vos six leviers, on calibre votre PER et votre prévoyance, on évalue la mise en réserve en SEL et la SPFPL, et on pilote votre RFR sous les seuils CEHR / CDHR. Et si un Girardin ne vous rapporte plus rien à votre niveau, on vous le dira franchement.

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Sources et références légales

  • Le barème et les deux surtaxes des hauts revenus

    Art. 197 CGI (barème IR 2026 : 0 / 11 / 30 / 41 / 45 %, tranche à 45 % au-delà d'environ 181 917 € par part, indexé par la LF 2026 loi n° 2026-103 du 19/02/2026). Art. 1417 CGI (définition du revenu fiscal de référence). Art. 223 sexies CGI (CEHR : 3 % au-delà de 250 000 / 500 000 € de RFR, 4 % au-delà de 500 000 / 1 000 000 €). Art. 224 CGI (CDHR : imposition minimale de 20 % du RFR retraité pour RFR > 250 000 / 500 000 €).

  • La CDHR : création et reconduction (références vérifiées)

    Loi de finances 2025 (loi n° 2025-127 du 14/02/2025, art. 10) : création de la CDHR, validée par le Conseil constitutionnel n° 2025-874 DC du 13/02/2025. Loi de finances 2026 (loi n° 2026-103 du 19/02/2026) : reconduction jusqu'au retour du déficit public sous 3 % du PIB, validée par le Conseil constitutionnel n° 2026-901 DC du 19/02/2026. Le périmètre exact du RFR retraité, la décote d'entrée et la pérennité au-delà de 2026 sont à manier au conditionnel (pas de doctrine BOFiP publiée).

  • Les leviers d'assiette : PER, prévoyance et immobilier

    Art. 154 bis CGI (plafond PER / Madelin du TNS : 10 % + 15 %, plancher 4 806 €, maximum 88 911 € en 2026 ; prévoyance et santé Madelin déductibles). Art. 163 quatervicies CGI (PER de droit commun). Loi n° 94-126 du 11/02/1994 (Madelin) et loi n° 2019-486 du 22/05/2019 (PACTE : fin de commercialisation Madelin retraite, contrats en cours maintenus). Art. 156 CGI (déficit foncier 10 700 / 21 400 €, prorogé au 31/12/2027 sous réserve du texte). Art. 968, 669 et 1133 CGI (nue-propriété, IFI, reconstitution non taxée). Art. 150 VB III CGI (réintégration des amortissements LMNP dans la plus-value, loi de finances 2025). Art. 200-0 A CGI (plafond des niches 10 000 / 18 000 €).

  • Les leviers de report : SEL, SPFPL et apport-cession

    Art. 219 CGI (IS 15 % jusqu'à 42 500 €, 25 % au-delà). Art. 145 et 216 CGI (régime mère-fille, exonération de 95 %). Ordonnance n° 2023-77 du 08/02/2023 (SEL et SPFPL, ex-loi n° 90-1258). Art. L. 131-6 CSS (cotisations TNS sur les dividendes de SEL au-delà de 10 % du capital). Art. 150-0 B ter CGI (apport-cession, réinvestissement 70 % sous 36 mois — régime LF 2026, cessions à compter du 21/02/2026). Garde-fous : art. L. 64 LPF, Cass. 2e civ. 19/10/2023 n° 21-20.366, CE 08/04/2025 n° 492154, CE 24/02/2017 n° 395983.

  • Prélèvements sociaux, transmission et exonération médicale

    Loi n° 2025-1403 du 30/12/2025 (LFSS 2026 : CSG capital portée à 10,6 %, dualité 17,2 % / 18,6 %, PFU dividendes 31,4 %). Art. 200 A CGI (PFU). Art. 990 I CGI (assurance-vie : abattement 152 500 € par bénéficiaire ; art. 757 B : 30 500 € après 70 ans). Art. 261-4-1 CGI (exonération de TVA des actes médicaux). Art. 239 quater A CGI (SCM, transparence fiscale). Arrêté du 22/12/2025 (PASS 2026 = 48 060 €).

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine, cabinet basé à Bassens). Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d'investissement au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Le choix d'une structure (SEL, SPFPL), le dimensionnement des versements de PER et de prévoyance et tout montage immobilier doivent faire l'objet d'une étude individualisée, validée avec votre expert-comptable, et reposer sur une réalité économique (article L. 64 du Livre des procédures fiscales). Les chiffres et taux cités sont à jour au 24 juin 2026 mais peuvent évoluer (LF / LFSS annuelles, doctrine BOFiP, jurisprudence). Plusieurs points — mécanique fine et pérennité de la CDHR, plafond de prévoyance Madelin, traitement des prélèvements sociaux du LMNP en 2026, valeurs de point CARMF 2026 — sont signalés au conditionnel ou à vérifier lorsque le texte ne tranche pas encore clairement.

Foire aux questions

Tout sur les leviers fiscaux de l'anesthésiste PER, prévoyance, réserve SEL, SPFPL, CDHR.

Les questions qu'on nous pose le plus en rendez-vous : combien d'impôt à 300 k€, le levier le plus efficace, le PER, la mise en réserve, la prévoyance Madelin, la SPFPL, les pièges neutralisés par la CDHR et par où commencer. Réponses sourcées et à jour 2026.