Aller au contenu principal
Aller au contenu principal
Guide 202625 minFiscalité vérifiéeExit tax × 150-0 B ter

Apport-cession et exit tax : ce qui se passe quand vous quittez la France

Vous avez apporté vos titres à une holding et placé votre plus-value d'apport en report grâce à l'article 150-0 B ter. Puis un projet d'expatriation se dessine. Le transfert de votre domicile fiscal déclenche l'exit tax (art. 167 bis), et le II de cet article vise expressément votre plus-value en report : la holding ne la met pas hors d'atteinte. L'impôt n'est pourtant pas dû le jour du départ, car un sursis de paiement peut tout décaler. Sur une plus-value de 3 M€ apportée en 2021, l'exit tax ressort à 900 000 € au taux figé de l'année de l'apport, et vous ne versez rien au départ vers l'UE. Par Hagnéré Patrimoine, cabinet (ORIAS 23002291).

EXIT TAX & 150-0 B TER 2026

Chiffrer votre exit tax avant de transférer votre domicile fiscal hors de France

Audit de départ : entrée de votre plus-value en report dans l'assiette de l'exit tax, sursis selon le pays de destination, taux figé à l'année de votre apport, sécurisation des déclarations 2074-ETD et 2074-ETS, et scénarios décès / retour / cession. Cabinet non détenu par une banque ni par un assureur.

Le rendez-vous offert : recueil de votre situation et présentation des mécanismes généraux, sans recommandation personnalisée.

  • Assiette d'exit tax cartographiée
  • Sursis UE/EEE ou garanties vérifié
  • Report vs latent démêlé
  • Multi-partenaires, sans produit-maison

PFU 2026 (APPORTS ≥ 2025)

31,4 %

RÉSIDENCE (PV LATENTES)

6 / 10 ans

SEUIL (PV LATENTES)

800 000 €

SURSIS UE / EEE

Auto

PURGE AU DÉCÈS

0 €

Quentin Hagnéré·Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Cabinet Hagnéré Patrimoine · ORIAS 23002291 · CIF · COA · COBSP

§ 1LE PRINCIPE·3 MIN

Partir ne met pas votre report à l'abri

L'essentiel en 30 secondes

  • Le report 150-0 B ter diffère l'impôt sur votre plus-value d'apport ; il ne l'efface pas. L'impôt dort, il n'a pas disparu.
  • Quitter la France déclenche l'exit tax (art. 167 bis CGI) ; son II inclut la plus-value en report dans l'assiette.
  • Vous ne payez généralement rien au départ : sursis automatique vers l'UE/EEE, sur garanties vers un État tiers.
  • Le piège : le dégrèvement 2/5 ans vise les plus-values latentes, pas votre plus-value en report (elle ne se purge qu'au décès ou par une donation qualifiée ; le retour la remet en marche, la cession de la holding la fait expirer).

Vous avez vendu. La société que vous avez bâtie pendant quinze ou vingt ans a changé de mains, le prix est arrivé sur le compte de votre holding, et la plus-value d'apport n'a pas été taxée : elle a été placée en report par l'article 150-0 B ter. Depuis, cet impôt endormi ne se manifeste plus que par une ligne sur votre déclaration. Puis un projet de vie s'installe — Lisbonne, Genève, Dubaï — et la question qui devrait ouvrir le dossier arrive en général la dernière : le jour où je transfère mon domicile fiscal, que devient ma plus-value d'apport en report ?

Deux choses se produisent alors, et peu de dirigeants les anticipent. D'abord, votre départ ne laisse pas ce report tranquille : le II de l'article 167 bis fait entrer les plus-values en report dans l'assiette de l'exit tax. Sur une plus-value d'apport de 3 M€ réalisée en 2021, cela représente 900 000 € d'impôt liquidé le jour du départ, même si, vers l'Union européenne, vous ne versez rien ce jour-là grâce au sursis de paiement. Ensuite, si votre holding vend les titres apportés, tout se joue sur la date de cession, pas sur la date de l'apport : 70 % du produit à remployer en 36 mois pour les cessions réalisées à compter du 21 février 2026, contre 60 % en 24 mois avant. Deux dossiers identiques séparés de quelques semaines ne subissent donc pas la même contrainte.

On les prend dans l'ordre où elles se posent à vous : ce qui entre exactement dans l'assiette de l'exit tax, comment se décide le sursis de paiement selon le pays d'accueil, pourquoi l'idée reçue des « 5 ans à l'étranger » ne purge pas votre report, quels sont les trois dénouements possibles, à quel taux l'impôt tombe s'il tombe, et quels formulaires font perdre le sursis quand on les oublie.

Une phrase revient à chaque premier rendez-vous : « ma holding met mon impôt à l'abri, donc mon départ ne change rien ». C'est faux. Le report n'est pas une exonération : c'est un impôt différé. Et le transfert du domicile fiscal hors de France est précisément l'un des événements qui le rattrapent, via un mécanisme distinct — l'exit tax de l'article 167 bis. Loger vos titres dans une holding met votre outil professionnel sous enveloppe ; cela ne met pas votre impôt à l'abri du départ. Pour comprendre d'où vient cet impôt latent, reportez-vous à notre guide report d'imposition 150-0 B ter : comment ça marche et le guide complet 150-0 B ter.

Report (150-0 B ter) ≠ sursis (150-0 B) : la distinction de base

Le report (art. 150-0 B ter) joue quand vous contrôlez la holding qui reçoit l'apport — présomption de contrôle au-delà de 33,33 % des droits de vote ou des droits dans les bénéfices sociaux, sans autre associé au-dessus (art. 150-0 B ter, III-2°) : la plus-value est figée, déclarée, et purgée au décès. Le sursis (art. 150-0 B) joue quand vous ne contrôlez pas la holding : l'opération est neutre mais il n'y a pas de purge. Pour le dirigeant seul maître de sa holding, on est presque toujours dans le report — c'est ce report que le départ va rencontrer. Cet article zoome sur le seul événement « départ » ; pour la vue d'ensemble des six sorties du report, voyez notre guide sortie du 150-0 B ter : que devient l'impôt en report.
§ 2L'EXIT TAX·2 MIN

L'exit tax : qui elle vise, quand elle se déclenche, ce qu'elle coûte

L'exit tax (art. 167 bis CGI) frappe, pour ses plus-values latentes, le contribuable qui a été résident fiscal français au moins 6 des 10 années précédant le transfert de son domicile (au sens de l'art. 4 B). L'idée du législateur : éviter qu'on parte s'installer dans un pays à faible fiscalité juste avant de vendre, pour échapper à l'impôt français sur des plus-values construites en France. Née en 2011 après la censure de l'ancienne version par la Cour de justice des Communautés européennes, devenue CJUE (arrêt de Lasteyrie du Saillant, C-9/02), l'exit tax actuelle est assortie d'un sursis de paiement qui la rend conforme au droit européen (§4).

Pour les plus-values latentes (celles de vos titres non encore vendus), l'exit tax se déclenche si vous détenez des titres représentant au moins 50 % des bénéfices d'une société, ou d'une valeur globale supérieure à 800 000 €. L'assiette ne se limite pas à ces titres : elle comprend aussi les créances de complément de prix et, c'est notre sujet ici, les plus-values en report, dont celles du 150-0 B ter. Cette condition de résidence 6/10 et ce seuil de 800 000 € ne valent que pour les plus-values latentes : la plus-value en report entre dans l'assiette sans y être soumise (§3).

Les paramètres 2026 de l'exit tax. La catégorie « plus-values en report » n'est soumise ni à la condition de résidence 6/10, ni au seuil de 50 % ou 800 000 €.
ParamètreValeur 2026Source
Résidence préalable (PV latentes seulement)6 des 10 dernières annéesart. 4 B / 167 bis, I
Seuil (PV latentes seulement)≥ 50 % des bénéfices OU > 800 000 €art. 167 bis, I
Taux d'impositionPFU de l'année de l'apport pour une PV en report (31,4 % pour un apport ≥ 2025)art. 200 A / LFSS 2026
AssiettePV latentes + créances de complément de prix + PV en reportart. 167 bis, I & II
Surcouches hauts revenusCEHR 3-4 % ; CDHR plancher 20 % du RFRart. 223 sexies / 224

On ne ré-explique pas l'exit tax en entier ici

Ce guide se concentre sur l'interaction exit tax × 150-0 B ter. Pour le mécanisme complet de l'exit tax (toutes plus-values, procédure, conventions), voyez notre guide dédié exit tax 2026 : le guide complet du transfert de domicile.
§ 3L'ASSIETTE·1 MIN

Oui, l'exit tax rattrape votre plus-value en report

C'est le point qui prend les dirigeants à contre-pied : le II de l'article 167 bis vise expressément les plus-values dont l'imposition a été reportée — notamment en application des articles 150-0 B bis, 150-0 B quater et 150-0 B ter, ainsi que des anciens régimes de report (92 B decies, 150-0 C). Résultat : au jour où vous transférez votre domicile fiscal, votre plus-value d'apport en report entre dans l'assiette de l'exit tax, aux côtés des plus-values latentes et des créances de complément de prix. La holding n'a rien changé à cela.

La holding ne fait pas échapper à l'exit tax

L'objection tombe presque toujours au même moment : la plus-value étant « logée » dans la holding, elle serait hors de portée de l'exit tax au moment du départ. Non. Le report est un impôt personnel qui vous suit ; le II de l'article 167 bis le rappelle en incluant les plus-values en report dans l'assiette. La holding organise votre capital, elle ne neutralise pas le fait générateur du départ. C'est exactement la même logique de fond que pour les autres sorties du report : l'impôt attendait un événement, et le transfert de domicile en est un.

Une précision qui change tout en pratique : la catégorie « plus-values en report » n'est soumise ni à la condition de résidence 6 des 10 années, ni au seuil de 50 % des bénéfices ou de 800 000 € : ces deux conditions sont propres aux plus-values latentes du I. Elle concerne donc tout contribuable qui part avec une plus-value en report, quel que soit le montant de ses titres et quelle que soit la durée pendant laquelle il a été résident. La source première de cette inclusion est le II de l'article 167 bis lui-même (Legifrance) ; la doctrine administrative (BOI-RPPM-PVBMI-50-30) la commente. Sur le mécanisme d'apport-cession qui a créé cette plus-value en report, voyez notre pilier apport-cession : comprendre le mécanisme complet.

§ 4LE SURSIS·2 MIN

Payer tout de suite ? Le sursis de paiement selon le pays

Entrer dans l'assiette de l'exit tax ne veut pas dire sortir le chéquier le jour du départ. Un sursis de paiement peut tout différer, et il s'applique aussi aux plus-values en report intégrées à l'exit tax. Le paramètre décisif est le pays de destination : c'est lui qui décide si le sursis est automatique, admis, ou conditionné à des garanties. Tout dépend donc d'où vous vous installez.

Mémo express

La carte du sursis en 3 zones

  • UE / EEE (le Liechtenstein étant exclu, faute de convention de recouvrement), ou État tiers lié par une convention d'assistance administrative et de recouvrement → sursis de droit, automatique, SANS garantie. Aucun paiement au départ.
  • Suisse → zone contentieuse : mieux vaut avoir traité le sujet avec le service avant de faire ses cartons, car l'administration n'accorde pas le sursis de plein droit et exige demande, représentant fiscal et garanties, tandis que l'arrêt Wächtler (CJUE, C-581/17, 26/02/2019), rendu à propos d'un ressortissant allemand sur le fondement de l'accord de libre circulation, nourrit l'argumentaire inverse. Débat non tranché [À VÉRIFIER].
  • Autres États tiers (Dubaï, etc.) → sursis sur demande + représentant fiscal + garanties, calibrées en pratique sur la part impôt sur le revenu, soit de l'ordre de 12,8 % du montant des plus-values (les prélèvements sociaux ne sont pas couverts). Pratique non uniforme, à négocier avec le service [À VÉRIFIER].
Le sursis de paiement selon la destination. Les prélèvements sociaux ne sont pas couverts par la garantie exigée vers les États tiers, dont le quantum relève de la pratique administrative et non du texte.
DestinationSursisGarantiesBase
État UE / EEE (hors Liechtenstein)Automatique, de droitAucuneart. 167 bis (sursis)
État tiers avec convention assistance + recouvrementDe droitAucuneart. 167 bis (sursis)
Suisse (ALCP)Débattu : refusé de plein droit par l'administration, contesté sur le fondement de l'ALCPExigées en pratiqueCJUE Wächtler C-581/17 [À VÉRIFIER]
Autre État tiersSur demande expresseOui, en pratique ≈ 12,8 % du montant des PVart. 167 bis (sursis sur garanties)

État tiers : le calendrier J-90 à ne pas rater

Vers un État tiers, le sursis sur option suppose des formalités préalables au départ, à accomplir au plus tard 90 jours avant le transfert du domicile : déclaration des plus-values (2074-ETD), demande expresse de sursis, désignation d'un représentant fiscal établi en France, et constitution des garanties. Autrement dit, la décision de partir hors UE se prépare un trimestre à l'avance : passé le délai, c'est le paiement immédiat qui devient la règle. Les modalités exactes se vérifient auprès du service des impôts compétent [À VÉRIFIER].

Quand le sursis prend fin

Le sursis n'est pas éternel : l'impôt redevient exigible à la survenance d'un événement — cession, rachat, remboursement ou annulation des titres, donation des titres (sous réserve des cas de dégrèvement, dont les conditions sont plus strictes vers un État tiers), ou réalisation du fait générateur propre au report (par exemple si vous cédez vos propres titres de holding depuis l'étranger). À l'inverse, deux événements dégrèvent l'exit tax : le décès et le retour en France (§6). C'est la réponse conforme au droit de l'Union européenne après l'arrêt de Lasteyrie du Saillant (C-9/02, 2004), qui avait fait tomber l'ancienne exit tax sans sursis.
§ 5L'ERREUR N°1·2 MIN

L'erreur n°1 : vivre 5 ans à l'étranger ne purge PAS votre plus-value en report

Réponse express : non, cinq ans à l'étranger n'effacent pas votre report

Le dégrèvement automatique de l'exit tax après 2 ans (patrimoine de titres ≤ 2 570 000 €) ou 5 ans (au-delà) de conservation ne vise que les plus-values latentes du I de l'article 167 bis. Votre plus-value d'apport en report 150-0 B ter, elle, relève du II : ce compteur ne la concerne pas. Elle n'est définitivement effacée qu'au décès ou par une donation qualifiée ; elle reprend son cours si vous rentrez en France ; et elle devient exigible le jour où vous cédez vos titres de holding — depuis l'étranger comme depuis la France, dix ans après le départ comme un an après.

L'erreur qui coûte cher

On l'entend souvent : « il suffit de conserver ses titres 2 ou 5 ans à l'étranger et l'exit tax tombe ». C'est vrai pour les plus-values latentes (le I de l'article 167 bis), mais FAUX pour la plus-value en report 150-0 B ter (le II). Confondre les deux peut coûter plusieurs centaines de milliers d'euros.

Pour les plus-values latentes, l'article 167 bis prévoit un dégrèvement automatique de l'exit tax si vous conservez vos titres pendant un certain délai après le départ : 2 ans si votre patrimoine de titres est inférieur ou égal à 2 570 000 €, 5 ans au-delà. Ce régime est maintenu en 2026. Pour de simples titres non cédés, la patience finit donc par effacer l'impôt de départ. Ces 5 ans du 167 bis n'ont rien à voir avec les 5 ans de conservation des actifs de remploi du 150-0 B ter (§10) : deux horloges, deux régimes.

Mais la plus-value en report 150-0 B ter ne fonctionne pas comme ça. Elle n'est pas purgée par le seul écoulement des 2 ou 5 ans, et le texte est explicite : le VII de l'article 167 bis réserve ce dégrèvement par expiration du délai à « l'impôt […] afférent aux plus-values latentes mentionnées au premier alinéa du 1 du I ». La plus-value en report, elle, suit sa logique propre : elle ne s'éteint qu'au décès (purge définitive) ou par une donation qualifiée ; elle reprend son cours si vous revenez en France (l'exit tax est alors dégrevée, mais le report, lui, n'est pas effacé) ; et elle expire à un événement propre au 150-0 B ter (cession de vos titres de holding, déchéance du remploi). Le temps qui passe à l'étranger ne l'efface pas.

Plus-value LATENTE (167 bis, I)

Dégrèvement AUTOMATIQUE si vous conservez vos titres : 2 ans (patrimoine ≤ 2,57 M€) ou 5 ans (au-delà). L'impôt de départ tombe par le simple écoulement du temps. La patience paie.

Plus-value en REPORT (150-0 B ter)

AUCUN dégrèvement par l'écoulement des 2/5 ans. Le report SUBSISTE : il vous suit à l'étranger, l'exit tax reste en sursis, et deviendra exigible dès qu'un événement propre au 150-0 B ter survient (typiquement : vous vendez vos titres de holding depuis l'étranger). Il n'est définitivement effacé qu'au décès ou par une donation qualifiée ; le retour en France dégrève l'exit tax mais le remet simplement en marche.

La conséquence pratique est simple : le report vous suit à l'étranger. Vous pouvez vivre dix ans à Lisbonne, l'impôt en report reste en sursis au-dessus de votre tête. Il ne s'efface pas parce que le temps passe ; il s'efface parce qu'un événement qualifiant se produit (décès, donation qualifiée). C'est la situation qu'on rencontre le plus souvent : le dirigeant pensait avoir purgé en s'expatriant, et découvre l'addition le jour où il vend sa holding. Les autres motifs de perte du report sont détaillés dans notre guide remise en cause du 150-0 B ter : les motifs et les parades ; et pour un panorama des chausse-trapes du dispositif, nos 10 erreurs à éviter en apport-cession.

§ 6LES ISSUES·2 MIN

Décès, retour, vente de la holding : les trois dénouements

Une fois parti, votre dossier reste ouvert : l'impôt est calculé, il dort. Il se réveillera, ou s'éteindra, sur l'un de ces trois événements. Deux effacent l'impôt de départ ; le troisième le rend exigible, et c'est souvent celui-là qui survient en pratique, parce qu'un dirigeant expatrié finit un jour par réorganiser ou céder sa holding. Les connaître à l'avance change concrètement le calendrier : beaucoup de dirigeants décalent la vente de leur holding après le départ, ou l'avancent avant, rarement pile pendant.

Les trois dénouements

Ce qui éteint le sursis (et ce qui le fait tomber)

  • Décès pendant le sursis → dégrèvement total de l'exit tax + purge définitive du report : la plus-value n'est jamais imposée, les héritiers ne paient pas dessus.
  • Retour en France (art. 167 bis, VII) → l'exit tax est dégrevée et le report 150-0 B ter reprend son cours normal, comme si le départ n'avait pas eu lieu. Attention : le retour n'efface pas le report, il le remet en marche.
  • Cession de vos titres de holding depuis l'étranger → fin du sursis : l'exit tax devient exigible, la plus-value en report est taxée au taux figé de l'année de votre apport (§7). C'est ce jour-là que l'impôt est réellement à payer : 900 000 € dans le cas chiffré du §8.

Le retour en France est la voie que personne n'anticipe, parce qu'on part rarement en se disant qu'on reviendra. Le contribuable qui rentre est « replacé dans la situation qui aurait été la sienne » s'il n'était pas parti (art. 167 bis, VII) : l'exit tax s'efface, et le report d'apport-cession se remet simplement à courir. Un aller-retour maîtrisé — quelques années à l'étranger puis un retour, sans avoir vendu la holding — ne cristallise donc en principe pas d'impôt sur la plus-value en report, sous réserve d'avoir conservé les titres concernés et des stipulations de la convention fiscale applicable. Le report, lui, n'est pas éteint : il redevient ce qu'il était avant le départ, un impôt différé qui se déclenchera le jour où vous vendrez la holding. La purge au décès, nous la détaillons dans notre guide décès et 150-0 B ter : la purge définitive du report.

Et la donation pendant l'expatriation ?

La donation ouvre l'autre voie de purge : elle transfère le report au donataire s'il contrôle la holding, puis le purge s'il conserve les titres pendant au moins 5 ans, durée portée à 10 ans lorsque la holding a réinvesti via des parts de fonds (art. 150-0 B ter, II ; BOFiP). Un allongement à 6 et 11 ans par la loi de finances 2026, pour les donations réalisées à compter du 21/02/2026, est évoqué mais n'est pas confirmé à la source à ce jour [À VÉRIFIER] : il faut le contrôler à la date de l'opération, sans se fier à ce qui circule. L'articulation avec l'expatriation et les conventions demande une étude spécifique — voyez notre guide donation de titres en report : transférer et purger.
§ 7LE TAUX·2 MIN

Quel taux si l'impôt tombe : celui de votre année d'apport, pas celui de 2026

Supposons que l'impôt tombe : vous vendez votre holding depuis l'étranger, le sursis prend fin, la plus-value en report devient exigible. À quel taux ? Beaucoup de dirigeants font le calcul à 31,4 %. C'est faux dans la plupart des dossiers : ce n'est pas le taux de 2026 qui s'applique. Pour une plus-value placée en report obligatoire au titre du 150-0 B ter, l'assiette ET le taux sont en principe figés à la date de l'apport (Conseil constitutionnel, décision n° 2016-538 QPC du 22 avril 2016) : seul le paiement est différé. Un dirigeant qui a apporté en 2021 ne subit donc pas le PFU de 2026, mais celui de 2021. La règle se vérifie au cas par cas [À VÉRIFIER], tant l'articulation avec l'exit tax est technique.

Deux figements à ne pas confondre

  • Le report (150-0 B ter) : l'assiette et le taux sont figés à l'année de l'apport. C'est le principe posé par la décision 2016-538 QPC.
  • L'exit tax (167 bis) : l'impôt est liquidé au jour du transfert du domicile, puis mis en sursis et figé pendant celui-ci — il ne sera pas recalculé au taux de l'année où le sursis tombe.
Vous pouvez donc connaître le montant exact avant d'avoir signé le bail à Lisbonne.

Le calcul si le report tombe

Impôt = Plus-value d'apport figée × taux de l'année de l'APPORT

Apport à compter de 2025 : 31,4 % = 12,8 % (IR, art. 200 A) + 18,6 % (PS, LFSS 2026)
Apport de 2018 à 2024 : 30 % = 12,8 % (IR) + 17,2 % (PS)
  • IR (PFU) :12,8 % depuis 2018 — art. 200 A CGI
  • Prélèvements sociaux :18,6 % (dont CSG capital 10,6 %) depuis la LFSS 2026 ; 17,2 % de 2018 à 2024
  • Apport antérieur à 2018 :barème progressif et abattements pour durée de détention de l'année de l'apport — [À VÉRIFIER au cas par cas]

Le taux se lit à la date de l'apport, pas à la date de la sortie. Vérifier systématiquement l'année d'apport avant tout chiffrage.

Le coût si le report devient exigible, selon l'année de l'apport. L'année de l'événement reste une année de pic de revenu fiscal de référence (CEHR/CDHR).
Année de l'apportIR (PFU)Prélèvements sociauxTaux global
Apport à compter de 202512,8 %18,6 % (LFSS 2026, loi n° 2025-1403)31,4 %
Apport de 2018 à 202412,8 %17,2 %30 %
Apport antérieur à 2018barème progressif + abattements de l'année de l'apporttaux de l'année de l'apportà déterminer [À VÉRIFIER]
Surcouche CEHR3 % puis 4 %—art. 223 sexies
Surcouche CDHRplancher 20 % du RFR—art. 224
Option barème IR0 / 11 / 30 / 41 / 45 %en susau lieu du PFU

Le piège de 2026, c'est d'appliquer 18,6 % à tout. Ce taux de prélèvements sociaux, issu de la LFSS 2026, ne vaut que pour les plus-values mobilières rattachées à 2025 et après ; pour un report né d'un apport antérieur, 17,2 % est le bon taux, et 17,2 % reste par ailleurs le taux de l'assurance-vie, de la capitalisation et des revenus fonciers. Second point : l'année où l'impôt devient exigible fait grimper le revenu fiscal de référence, donc l'exposition à la CEHR et à la CDHR. On le chiffre avant, pas en découvrant l'avis d'imposition. Pour le détail, voyez nos guides la plus-value mobilière au PFU 31,4 % en 2026 et CEHR et CDHR : les surcouches des hauts revenus.

Hagnéré Patrimoine

Votre taux : celui de 2018, de 2021 ou de 2026 ?

Dites-nous l'année de votre apport et le montant de votre plus-value en report : nous vous donnons le taux applicable et le montant exact de l'exit tax, CEHR et CDHR comprises, avant que vous ne posiez la moindre option sur un logement à l'étranger.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 8LE CAS·3 MIN

Cas chiffré : Julien part au Portugal avec 3 M€ de plus-value en report

Un cas de cabinet, transposé et anonymisé. Rappel de méthode : les montants sont des ordres de grandeur pédagogiques (plus-value supposée proche de l'assiette figée, hors CEHR/CDHR et hors convention bilatérale), non une simulation personnalisée.

Cas · Julien, 52 ans · dirigeant · apport 2021 · PV d'apport en report 3 000 000 € · départ Portugal (UE) en 2026

Julien s'expatrie au Portugal : 900 000 € d'exit tax, 0 € versé au départ

Julien a vendu le bureau d'études de 40 salariés qu'il avait fondé. Il avait apporté sa société à sa holding en 2021 ; la plus-value d'apport, figée à 3 000 000 €, est en report 150-0 B ter. En 2026, sa femme est mutée à Lisbonne : il s'installe au Portugal (UE), la holding restant en France. Au transfert de son domicile, cette plus-value en report entre dans l'assiette de l'exit tax.

Exit tax : le taux applicable est celui de l'année de l'apport, soit 30 % en 2021 (12,8 % d'IR + 17,2 % de prélèvements sociaux) — et non les 31,4 % de 2026. Soit 3 000 000 € × 30 % = 900 000 € (hors CEHR/CDHR éventuelles). Destination UE → sursis automatique, sans garantie : 0 € versé au départ. Julien dépose la 2074-ETD l'année du départ, puis assure le suivi annuel sur l'imprimé applicable à sa situation.

Scénario A — il conserve la holding et décède à l'étranger : dégrèvement total + purge → 0 € payé, jamais. Ses héritiers ne reprennent pas la plus-value.

Scénario B — il revient en France en 2031 avec ses titres : l'exit tax est dégrevée, le report reprend son cours, comme s'il n'était pas parti. Le report, lui, n'est pas effacé.

Scénario C — il vend les titres de sa holding en 2032 depuis Lisbonne : fin du sursis → les 900 000 € deviennent exigibles au titre de 2032. Le piège : Julien croyait qu'après six ans au Portugal la plus-value était effacée. Elle ne l'était pas, le dégrèvement par expiration du délai ne valant que pour les plus-values latentes. Chiffrage limité ici à l'exit tax portant sur la plus-value en report : la plus-value propre réalisée sur les titres de holding entre 2021 et 2032, ainsi que le traitement conventionnel franco-portugais, ne sont pas modélisés [À VÉRIFIER au cas par cas].

Variante : et si Julien partait à Dubaï plutôt qu'au Portugal ?

Même dirigeant, même plus-value, mais destination hors UE/EEE et hors convention adéquate (Dubaï). Le sursis n'est plus automatique : il faut le demander, désigner un représentant fiscal en France et constituer des garanties calibrées en pratique sur la part impôt sur le revenu, soit de l'ordre de 12,8 % de la plus-value, ici ≈ 384 000 € (12,8 % × 3 000 000 €) qu'il faut immobiliser en nantissement ou en caution bancaire. Le tout au plus tard 90 jours avant le transfert du domicile. L'impôt reste différé dans les deux cas. Mais entre Lisbonne et Dubaï, tout le reste étant identique, Julien doit sortir cette somme de sa trésorerie et s'y prendre trois mois à l'avance.

Variante : et si la holding de Julien vendait les titres apportés ?

Dans le scénario de base, la holding de Julien ne vend pas — le report n'a donc pas d'obligation de remploi à honorer. Supposons maintenant qu'elle cède les titres apportés, et voyons le poids de la date de cession. Si la cession intervient en 2027 (donc à compter du 21/02/2026 → nouveau régime) pour un produit de cession de 3 500 000 €, la holding doit remployer au moins 70 %, soit 2 450 000 €, dans un délai de 36 mois, et conserver les actifs de remploi 5 ans quel que soit leur type. Si la même cession était intervenue avant le 21/02/2026 (ancien régime), l'exigence n'aurait été que de 60 %, soit 2 100 000 €, dans 24 mois, avec une conservation de 12 mois pour un remploi direct (5 ans pour des parts de fonds). Soit 350 000 € de remploi supplémentaire à mobiliser du seul fait de la date. Rappelons que ces règles jouent uniquement si la cession par la holding intervient dans les 3 ans de l'apport ; au-delà, le report est maintenu sans condition de remploi. La sanction est brutale : si le remploi est trop faible, arrivé trop tard ou placé sur un actif non éligible, le report tombe et la plus-value d'apport de 3 M€ redevient imposable, pendant que Julien est à Lisbonne et pense le sujet réglé. Le détail des durées de détention à respecter figure dans notre guide durée de conservation des actifs de remploi.

Le rappel qui remet tout en perspective : report vs vente sèche

Pourquoi Julien a-t-il fait un apport-cession au départ ? Parce que, sans report, une cession sèche de ses titres en 2021 aurait déclenché 900 000 € d'impôt immédiat (30 % sur 3 000 000 € de plus-value) : ce sont ces 900 000 € d'impôt non prélevé qui sont restés à travailler dans la holding pendant toutes ces années. Le report reste un impôt différé, pas une exonération : l'exit tax n'annule pas cet avantage de trésorerie, elle en organise seulement la sortie si Julien vend depuis l'étranger.
§ 9LE DÉCLARATIF·1 MIN

Le talon d'Achille : vos déclarations 2074-ETD et 2074-ETS

Le sursis a un prix administratif : il faut le tenir à jour chaque année. Un état de suivi oublié suffit à le faire tomber, et les 900 000 € du cas de Julien deviennent exigibles, plus l'intérêt de retard. Pour un formulaire.

Vos deux formulaires, dans l'ordre

  • 2074-ETD — l'année du transfert du domicile : elle recense les plus-values latentes, les créances de complément de prix et les plus-values en report, et se joint à la déclaration 2042.
  • Suivi annuel — chaque année ensuite, tant que le sursis court : selon votre situation, l'imprimé 2074-ETSL (« suivi allégé », lorsque le sursis est total et qu'aucun événement n'est intervenu) ou l'imprimé 2074-ETS de la génération correspondant à votre année de départ — les millésimes ETS1, ETS2 et ETS3 visent en effet des années de transfert anciennes, et non des catégories de plus-values. Le formulaire exact applicable à un départ 2026 se confirme auprès de votre service des impôts [À VÉRIFIER].

Ne ratez pas le suivi annuel

Un état de suivi non déposé, ou l'omission de renseignements devant y figurer, rend l'impôt immédiatement exigible (déchéance du sursis) sur le fondement de l'article 167 bis lui-même, auquel s'ajoutent les majorations de l'article 1729 et l'intérêt de retard de l'article 1727 du CGI. Le suivi se cale l'année du départ, pas l'année suivante : mettez-le entre les mains de quelqu'un qui tient un calendrier, expert-comptable ou CGP. Le détail de la procédure figure dans notre guide exit tax 2026 : le guide complet.
§ 10LES PIÈGES·3 MIN

Créer une holding juste avant de partir ? Attention à l'abus de droit

Le dirigeant pressé y pense presque toujours : monter la holding et apporter ses titres quelques semaines avant l'expatriation, pour « caser » la plus-value dans le report avant de partir. Ça ne marche pas, pour deux raisons sans rapport l'une avec l'autre. La première tient à l'exit tax elle-même : la plus-value en report entre dans son assiette de toute façon (§3), la date de l'apport n'y change rien. La seconde pèse beaucoup plus lourd : un apport-cession de façade — cession déjà négociée au jour de l'apport, remploi fictif, appropriation des liquidités — reste attaquable sur le terrain de l'abus de droit.

L'administration a deux textes sous la main : l'article L. 64 du Livre des procédures fiscales (abus de droit) et son petit frère l'article L. 64 A (mini-abus, pour les montages à but principalement fiscal), avec des majorations de 40 % ou 80 % et l'intérêt de retard. Le dispositif est codifié depuis le 14 novembre 2012, mais l'esprit des arrêts Four / Bauchart / Bazire (CE 8 oct. 2010, n° 321361, n° 313139 et n° 301934) demeure : l'apport-cession suppose une substance et un réinvestissement économique réels. Le bon réflexe : apporter tôt, avec une holding qui existe vraiment, et céder ou partir plus tard.

La LF 2026 a durci le remploi (rappel périphérique)

Si votre holding cède les titres apportés dans les 3 ans de l'apport, l'obligation de remploi s'applique — et c'est la date de cession par la holding, pas la date d'apport, qui fixe le régime. Pour les cessions réalisées à compter du 21/02/2026 : remploi d'au moins 70 % du produit de la cession, délai de 36 mois, conservation des actifs de remploi pendant 5 ans quel que soit leur type. Ne confondez pas ces 5 ans avec le délai de 3 ans de déclenchement, ni avec les 5 ans du dégrèvement d'exit tax (§5). Pour les cessions antérieures : 60 %, 24 mois, conservation de 12 mois (remploi direct) ou 5 ans (parts de fonds). La réforme a en outre resserré les activités éligibles : sont notamment exclues les activités financières, la gestion de patrimoine mobilier ou immobilier, la construction-vente et le marchand de biens, l'immobilier de rendement et le tarif réglementé de l'énergie. La liste exhaustive se vérifie à la source [À VÉRIFIER]. Ce sujet est périphérique ici ; il est traité dans notre guide apport-cession 2026 : ce que change la loi de finances. Pour le risque de redressement, voyez abus de droit fiscal patrimonial : comment l'éviter.

« Éligible 150-0 B ter » ne veut pas dire « sans risque »

On l'oublie facilement quand on a la tête au déménagement. Les actifs qui permettent de sécuriser le remploi — participations opérationnelles, souscriptions au capital de sociétés, parts de fonds de type FCPR, FPCI, SLP ou SCR — sont éligibles au sens fiscal. Cela ne dit rien de leur qualité financière. Ils sont pour la plupart illiquides (capital bloqué plusieurs années, sortie ni garantie ni datée), exposent à une perte en capital pouvant aller jusqu'à la totalité du montant investi, et vous devez pourtant les conserver pendant toute la durée requise sous peine de perdre le report. Pour un dirigeant qui s'installe à l'étranger, cela ajoute une contrainte de trésorerie bien réelle à la contrainte fiscale : une partie du prix de vente n'est plus mobilisable, au moment précis où l'expatriation coûte cher. Nous ne citons ici aucun fonds ni aucune société de gestion : le choix des supports relève d'une étude personnalisée, au regard de votre horizon et de votre tolérance au risque. Pour le cadre, voyez les actifs éligibles au réinvestissement 150-0 B ter.

Une holding étrangère change-t-elle la donne ?

Non, pas pour l'exit tax française. Le report 150-0 B ter suppose une société soumise à l'IS et contrôlée par l'apporteur ; le lieu du siège (Luxembourg, autre pays de l'UE) ne fait pas échapper à l'exit tax tant que vous étiez résident français au moment du fait générateur. Le cas de l'apporteur déjà non-résident obéit à une logique différente, traitée dans notre guide dédié apport-cession pour expatrié français : est-ce possible ? — à ne pas confondre avec le présent article, qui vise le résident qui part.
§ 11S'ORIENTER·1 MIN

Vous partez, vous êtes déjà parti, ou vous cherchez la vue d'ensemble ?

Ce guide traite un cas précis : le résident fiscal français qui transfère son domicile avec une plus-value en report. Si vous n'êtes pas exactement dans ce cas, le bon guide est ailleurs :

Chaque situation renvoie au guide le plus adapté — pour éviter de mélanger le résident qui part et l'apporteur déjà expatrié.
Votre situationLe bon guide
« Je pars maintenant » (résident qui transfère son domicile)Vous êtes au bon endroit (cet article, art. 167 bis × 150-0 B ter)
« Je suis déjà expatrié / non-résident »Apport-cession pour expatrié français
« Je veux la vue d'ensemble des sorties du report »Sortie du 150-0 B ter (les six sorties)
« L'exit tax en général, toutes plus-values »Exit tax 2026 : le guide complet
« Je suis en SEL / SPFPL (profession libérale) »Apport-cession 150-0 B ter en profession libérale
« J'ai un patrimoine de plusieurs millions et je bouge (impatriation) »Impatriation, holding et exit tax
« Je crains une remise en cause de mon report »Remise en cause du 150-0 B ter

Un doute sur celle de ces situations qui est la vôtre ? C'est ce qu'on tranche en trente minutes au téléphone. Et si vous exercez en SEL ou en SPFPL, commencez plutôt par notre guide apport-cession 150-0 B ter en profession libérale, dont les contraintes ne sont pas celles d'une holding classique.

Note de méthode : comment ce guide a été établi

Ce guide a été rédigé par Quentin Hagnéré, fondateur de Hagnéré Patrimoine (CIF · COA · COBSP, ORIAS n° 23002291, adhérent CNCEF Patrimoine), au sein du cabinet Hagnéré Patrimoine, à Bassens, près de Chambéry. Chaque règle citée renvoie à sa source primaire — texte du CGI sur Légifrance, doctrine BOFiP, formulaires publiés sur impôts.gouv.fr, décisions du Conseil constitutionnel, du Conseil d'État et de la CJUE — et les points sur lesquels la source publiée ne tranche pas sont signalés [À VÉRIFIER] plutôt qu'affirmés : c'est notamment le cas du traitement du départ vers la Suisse, du millésime exact des imprimés de suivi et de la portée des durées de purge après donation. Restent deux réserves de méthode. Les seuils, quotas et délais se lisent à la date de l'opération et non à la date de lecture : une holding qui signait sa cession le 20 février 2026 relevait des 60 % en 24 mois ; la même signature le 21 février 2026 basculait à 70 % en 36 mois. Et l'articulation entre l'exit tax, le report et la convention fiscale dépend du pays d'accueil : elle n'est pas la même pour le Portugal, Dubaï ou la Suisse. Aucune décision de départ ne devrait se prendre sans une étude personnalisée, conduite avec votre avocat fiscaliste et votre expert-comptable.
Méthode documentée

Un audit de départ chiffré avant de boucler les valises

45 minutes suffisent pour savoir si votre départ coûte 0 € ou 900 000 €, et à quelle condition. Vous repartez avec le montant, le pays qui vous coûte le moins cher, et la liste des formulaires à déposer.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
ACCOMPAGNEMENT

Préparer votre départ avec un CGP

Un départ hors UE se prépare au moins un trimestre à l'avance : les formalités de sursis doivent être bouclées 90 jours avant le transfert du domicile. Nous reprenons votre dossier depuis l'apport : année, montant figé, taux applicable, destination, calendrier déclaratif.

Le rendez-vous offert : recueil de votre situation et présentation des mécanismes généraux, sans recommandation personnalisée.

  • Bilan patrimonial offert
  • Cabinet non détenu par une banque ni par un assureur

Sur lettre de mission signée

  • Modélisation chiffrée de l'exit tax
4,6/5sur Trustpilot (33 avis au 30/09/2026)

Anticiper votre exit tax avec un CGP multi-partenaires

Pas de produit-maison. La question n'est pas seulement combien, mais quand et où : le même départ ne coûte pas la même chose vers Lisbonne, Genève ou Dubaï, et l'impôt ne tombe qu'au jour où vous vendez votre holding. Nous chiffrons les trois scénarios avant que vous ne signiez quoi que ce soit. Le choix d'une forme de société ou d'un régime fiscal et la rédaction des actes reviennent à votre avocat, votre notaire ou votre expert-comptable.

Le rendez-vous offert : recueil de votre situation et présentation des mécanismes généraux, sans recommandation personnalisée. Les prestations décrites ci-dessus relèvent d'une mission sur lettre de mission signée.

Bilan gratuitCabinet CIF · COA · COBSPSans engagement

Sources et références légales

  • CGI — exit tax et report

    Art. 167 bis CGI (exit tax : I plus-values latentes et seuils, II plus-values en report dont 150-0 B ter, sursis de paiement automatique UE/EEE ou sur garanties, VII dégrèvement au décès et au retour, délais 2/5 ans des seules plus-values latentes, exigibilité immédiate en cas de défaut de déclaration). Art. 150-0 B ter CGI (report, contrôle III-2°, remploi I-2°, donation II). Art. 150-0 B CGI (sursis). Art. 4 B CGI (résidence). Art. 200 A CGI (PFU 12,8 %).

  • Fiscalité 2026

    LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30/12/2025 : CSG du capital 10,6 %, prélèvements sociaux 18,6 %, PFU 31,4 % sur la plus-value mobilière). LF 2026 (loi n° 2026-103 du 19/02/2026 : durcissement de l'apport-cession — remploi 70 %, délai 36 mois, conservation 5 ans pour les cessions ≥ 21/02/2026). Loi n° 2012-1510 du 29/12/2012 (création du 150-0 B ter).

  • Hauts revenus

    Art. 223 sexies CGI (contribution exceptionnelle sur les hauts revenus, 3 % / 4 %). Art. 224 CGI (contribution différentielle sur les hauts revenus, plancher 20 % du RFR). Art. 1417, IV CGI (revenu fiscal de référence).

  • Déclaratif et abus de droit

    Formulaire 2074-ETD (année du départ) ; suivi annuel sur l'imprimé 2074-ETSL (suivi allégé) ou 2074-ETS de la génération correspondant à l'année de départ — millésime à confirmer auprès du service des impôts. Art. L. 64 et L. 64 A LPF (abus de droit et mini-abus de droit). Art. 1727 et 1729 CGI (intérêt de retard et majorations de 40 % ou 80 %).

  • Doctrine et jurisprudence

    BOI-RPPM-PVBMI-50 et -50-30 (exit tax et plus-values en report en cas de transfert du domicile), BOI-RPPM-PVBMI-30-10-60-20 (événements de fin de report, remploi), BOI-RPPM-PVBMI-30-10-60-40 (donation et obligations déclaratives). Cons. const. 22/04/2016 n° 2016-538 QPC (imposition du report selon les règles en vigueur à la date de l'apport). CJCE 11/03/2004 de Lasteyrie du Saillant C-9/02 (origine du sursis). CJUE 26/02/2019 Wächtler C-581/17 (ALCP, invoqué pour la Suisse). CE 08/10/2010 n° 321361 (Four), n° 313139 (Bauchart) et n° 301934 (Bazire).

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine, cabinet basé à Bassens). Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d'investissement au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier : chaque situation exige une étude personnalisée. L'articulation entre l'exit tax (article 167 bis CGI) et le report 150-0 B ter est technique et évolutive : la numérotation des paragraphes de l'article 167 bis, le millésime des imprimés de suivi, les délais de dégrèvement, le traitement du transfert vers la Suisse et l'articulation avec les conventions fiscales bilatérales doivent être vérifiés au cas par cas à la source (Légifrance, BOFiP, impôts.gouv.fr) avec un avocat fiscaliste. Les seuils, quotas et délais se vérifient à la DATE DE L'OPÉRATION, d'autant plus depuis la réforme du 21/02/2026 qui a durci le remploi de l'apport-cession. Les taux et seuils cités sont à jour au 21 juillet 2026 mais peuvent évoluer (LF/LFSS annuelles, doctrine, jurisprudence). Les cas chiffrés sont des ordres de grandeur pédagogiques (plus-value supposée proche de l'assiette figée, hors CEHR/CDHR et hors convention bilatérale), non une simulation personnalisée. Le report est un impôt différé, pas une exonération : il n'est effacé qu'au décès ou par une donation qualifiée. Il peut être remis en cause si le remploi est insuffisant, non éligible ou si le montage manque de substance. Enfin, « éligible 150-0 B ter » ne veut pas dire « sans risque » : les actifs de remploi (private equity, parts de fonds) sont illiquides et exposent à une perte en capital.

Foire aux questions

Tout sur l'apport-cession et l'exit tax assiette, sursis par pays, dégrèvement 2/5 ans, décès, retour, taux et déclarations.

Les questions du dirigeant qui envisage l'expatriation avec une plus-value en report : entrée dans l'assiette de l'exit tax, paiement immédiat ou sursis, sursis selon le pays, l'erreur du dégrèvement 2/5 ans, cession de la holding, décès à l'étranger, retour en France, seuils, taux figé à l'année de l'apport et déclarations 2074-ETD/2074-ETS. Réponses sourcées et à jour 2026.