Partir ne met pas votre report à l'abri
L'essentiel en 30 secondes
- Le report 150-0 B ter diffère l'impôt sur votre plus-value d'apport ; il ne l'efface pas. L'impôt dort, il n'a pas disparu.
- Quitter la France déclenche l'exit tax (art. 167 bis CGI) ; son II inclut la plus-value en report dans l'assiette.
- Vous ne payez généralement rien au départ : sursis automatique vers l'UE/EEE, sur garanties vers un État tiers.
- Le piège : le dégrèvement 2/5 ans vise les plus-values latentes, pas votre plus-value en report (elle ne se purge qu'au décès ou par une donation qualifiée ; le retour la remet en marche, la cession de la holding la fait expirer).
Vous avez vendu. La société que vous avez bâtie pendant quinze ou vingt ans a changé de mains, le prix est arrivé sur le compte de votre holding, et la plus-value d'apport n'a pas été taxée : elle a été placée en report par l'article 150-0 B ter. Depuis, cet impôt endormi ne se manifeste plus que par une ligne sur votre déclaration. Puis un projet de vie s'installe — Lisbonne, Genève, Dubaï — et la question qui devrait ouvrir le dossier arrive en général la dernière : le jour où je transfère mon domicile fiscal, que devient ma plus-value d'apport en report ?
Deux choses se produisent alors, et peu de dirigeants les anticipent. D'abord, votre départ ne laisse pas ce report tranquille : le II de l'article 167 bis fait entrer les plus-values en report dans l'assiette de l'exit tax. Sur une plus-value d'apport de 3 M€ réalisée en 2021, cela représente 900 000 € d'impôt liquidé le jour du départ, même si, vers l'Union européenne, vous ne versez rien ce jour-là grâce au sursis de paiement. Ensuite, si votre holding vend les titres apportés, tout se joue sur la date de cession, pas sur la date de l'apport : 70 % du produit à remployer en 36 mois pour les cessions réalisées à compter du 21 février 2026, contre 60 % en 24 mois avant. Deux dossiers identiques séparés de quelques semaines ne subissent donc pas la même contrainte.
On les prend dans l'ordre où elles se posent à vous : ce qui entre exactement dans l'assiette de l'exit tax, comment se décide le sursis de paiement selon le pays d'accueil, pourquoi l'idée reçue des « 5 ans à l'étranger » ne purge pas votre report, quels sont les trois dénouements possibles, à quel taux l'impôt tombe s'il tombe, et quels formulaires font perdre le sursis quand on les oublie.
Une phrase revient à chaque premier rendez-vous : « ma holding met mon impôt à l'abri, donc mon départ ne change rien ». C'est faux. Le report n'est pas une exonération : c'est un impôt différé. Et le transfert du domicile fiscal hors de France est précisément l'un des événements qui le rattrapent, via un mécanisme distinct — l'exit tax de l'article 167 bis. Loger vos titres dans une holding met votre outil professionnel sous enveloppe ; cela ne met pas votre impôt à l'abri du départ. Pour comprendre d'où vient cet impôt latent, reportez-vous à notre guide report d'imposition 150-0 B ter : comment ça marche et le guide complet 150-0 B ter.
Report (150-0 B ter) ≠ sursis (150-0 B) : la distinction de base
L'exit tax : qui elle vise, quand elle se déclenche, ce qu'elle coûte
L'exit tax (art. 167 bis CGI) frappe, pour ses plus-values latentes, le contribuable qui a été résident fiscal français au moins 6 des 10 années précédant le transfert de son domicile (au sens de l'art. 4 B). L'idée du législateur : éviter qu'on parte s'installer dans un pays à faible fiscalité juste avant de vendre, pour échapper à l'impôt français sur des plus-values construites en France. Née en 2011 après la censure de l'ancienne version par la Cour de justice des Communautés européennes, devenue CJUE (arrêt de Lasteyrie du Saillant, C-9/02), l'exit tax actuelle est assortie d'un sursis de paiement qui la rend conforme au droit européen (§4).
Pour les plus-values latentes (celles de vos titres non encore vendus), l'exit tax se déclenche si vous détenez des titres représentant au moins 50 % des bénéfices d'une société, ou d'une valeur globale supérieure à 800 000 €. L'assiette ne se limite pas à ces titres : elle comprend aussi les créances de complément de prix et, c'est notre sujet ici, les plus-values en report, dont celles du 150-0 B ter. Cette condition de résidence 6/10 et ce seuil de 800 000 € ne valent que pour les plus-values latentes: la plus-value en report entre dans l'assiette sans y être soumise (§3).
| Paramètre | Valeur 2026 | Source |
|---|---|---|
| Résidence préalable (PV latentes seulement) | 6 des 10 dernières années | art. 4 B / 167 bis, I |
| Seuil (PV latentes seulement) | ≥ 50 % des bénéfices OU > 800 000 € | art. 167 bis, I |
| Taux d'imposition | PFU de l'année de l'apport pour une PV en report (31,4 % pour un apport ≥ 2025) | art. 200 A / LFSS 2026 |
| Assiette | PV latentes + créances de complément de prix + PV en report | art. 167 bis, I & II |
| Surcouches hauts revenus | CEHR 3-4 % ; CDHR plancher 20 % du RFR | art. 223 sexies / 224 |
On ne ré-explique pas l'exit tax en entier ici
Oui, l'exit tax rattrape votre plus-value en report
C'est le point qui prend les dirigeants à contre-pied : le II de l'article 167 bis vise expressément les plus-values dont l'imposition a été reportée — notamment en application des articles 150-0 B bis, 150-0 B quater et 150-0 B ter, ainsi que des anciens régimes de report (92 B decies, 150-0 C). Résultat : au jour où vous transférez votre domicile fiscal, votre plus-value d'apport en report entre dans l'assiette de l'exit tax, aux côtés des plus-values latentes et des créances de complément de prix. La holding n'a rien changé à cela.
La holding ne fait pas échapper à l'exit tax
Une précision qui change tout en pratique : la catégorie « plus-values en report » n'est soumise ni à la condition de résidence 6 des 10 années, ni au seuil de 50 % des bénéfices ou de 800 000 € : ces deux conditions sont propres aux plus-values latentes du I. Elle concerne donc tout contribuable qui part avec une plus-value en report, quel que soit le montant de ses titres et quelle que soit la durée pendant laquelle il a été résident. La source première de cette inclusion est le II de l'article 167 bis lui-même (Legifrance) ; la doctrine administrative (BOI-RPPM-PVBMI-50-30) la commente. Sur le mécanisme d'apport-cession qui a créé cette plus-value en report, voyez notre pilier apport-cession : comprendre le mécanisme complet.
Payer tout de suite ? Le sursis de paiement selon le pays
Entrer dans l'assiette de l'exit tax ne veut pas dire sortir le chéquier le jour du départ. Un sursis de paiement peut tout différer, et il s'applique aussi aux plus-values en report intégrées à l'exit tax. Le paramètre décisif est le pays de destination: c'est lui qui décide si le sursis est automatique, admis, ou conditionné à des garanties. Tout dépend donc d'où vous vous installez.
Mémo express
La carte du sursis en 3 zones
- UE / EEE (le Liechtenstein étant exclu, faute de convention de recouvrement), ou État tiers lié par une convention d'assistance administrative et de recouvrement → sursis de droit, automatique, SANS garantie. Aucun paiement au départ.
- Suisse → zone contentieuse : mieux vaut avoir traité le sujet avec le service avant de faire ses cartons, car l'administration n'accorde pas le sursis de plein droit et exige demande, représentant fiscal et garanties, tandis que l'arrêt Wächtler (CJUE, C-581/17, 26/02/2019), rendu à propos d'un ressortissant allemand sur le fondement de l'accord de libre circulation, nourrit l'argumentaire inverse. Débat non tranché [À VÉRIFIER].
- Autres États tiers (Dubaï, etc.) → sursis sur demande + représentant fiscal + garanties, calibrées en pratique sur la part impôt sur le revenu, soit de l'ordre de 12,8 % du montant des plus-values (les prélèvements sociaux ne sont pas couverts). Pratique non uniforme, à négocier avec le service [À VÉRIFIER].
| Destination | Sursis | Garanties | Base |
|---|---|---|---|
| État UE / EEE (hors Liechtenstein) | Automatique, de droit | Aucune | art. 167 bis (sursis) |
| État tiers avec convention assistance + recouvrement | De droit | Aucune | art. 167 bis (sursis) |
| Suisse (ALCP) | Débattu : refusé de plein droit par l'administration, contesté sur le fondement de l'ALCP | Exigées en pratique | CJUE Wächtler C-581/17 [À VÉRIFIER] |
| Autre État tiers | Sur demande expresse | Oui, en pratique ≈ 12,8 % du montant des PV | art. 167 bis (sursis sur garanties) |
État tiers : le calendrier J-90 à ne pas rater
Quand le sursis prend fin
L'erreur n°1 : vivre 5 ans à l'étranger ne purge PAS votre plus-value en report
Réponse express : non, cinq ans à l'étranger n'effacent pas votre report
L'erreur qui coûte cher
Pour les plus-values latentes, l'article 167 bis prévoit un dégrèvement automatique de l'exit tax si vous conservez vos titres pendant un certain délai après le départ : 2 ans si votre patrimoine de titres est inférieur ou égal à 2 570 000 €, 5 ans au-delà. Ce régime est maintenu en 2026. Pour de simples titres non cédés, la patience finit donc par effacer l'impôt de départ. Ces 5 ans du 167 bis n'ont rien à voir avec les 5 ans de conservation des actifs de remploi du 150-0 B ter (§10) : deux horloges, deux régimes.
Mais la plus-value en report 150-0 B ter ne fonctionne pas comme ça. Elle n'est pas purgée par le seul écoulement des 2 ou 5 ans, et le texte est explicite : le VII de l'article 167 bis réserve ce dégrèvement par expiration du délai à « l'impôt […] afférent aux plus-values latentes mentionnées au premier alinéa du 1 du I ». La plus-value en report, elle, suit sa logique propre : elle ne s'éteint qu'au décès (purge définitive) ou par une donation qualifiée ; elle reprend son cours si vous revenez en France (l'exit tax est alors dégrevée, mais le report, lui, n'est pas effacé) ; et elle expire à un événement propre au 150-0 B ter (cession de vos titres de holding, déchéance du remploi). Le temps qui passe à l'étranger ne l'efface pas.
Plus-value LATENTE (167 bis, I)
Dégrèvement AUTOMATIQUE si vous conservez vos titres : 2 ans (patrimoine ≤ 2,57 M€) ou 5 ans (au-delà). L'impôt de départ tombe par le simple écoulement du temps. La patience paie.
Plus-value en REPORT (150-0 B ter)
AUCUN dégrèvement par l'écoulement des 2/5 ans. Le report SUBSISTE : il vous suit à l'étranger, l'exit tax reste en sursis, et deviendra exigible dès qu'un événement propre au 150-0 B ter survient (typiquement : vous vendez vos titres de holding depuis l'étranger). Il n'est définitivement effacé qu'au décès ou par une donation qualifiée ; le retour en France dégrève l'exit tax mais le remet simplement en marche.
La conséquence pratique est simple : le report vous suit à l'étranger. Vous pouvez vivre dix ans à Lisbonne, l'impôt en report reste en sursis au-dessus de votre tête. Il ne s'efface pas parce que le temps passe ; il s'efface parce qu'un événement qualifiant se produit (décès, donation qualifiée). C'est la situation qu'on rencontre le plus souvent : le dirigeant pensait avoir purgé en s'expatriant, et découvre l'addition le jour où il vend sa holding. Les autres motifs de perte du report sont détaillés dans notre guide remise en cause du 150-0 B ter : les motifs et les parades ; et pour un panorama des chausse-trapes du dispositif, nos 10 erreurs à éviter en apport-cession.
Décès, retour, vente de la holding : les trois dénouements
Une fois parti, votre dossier reste ouvert : l'impôt est calculé, il dort. Il se réveillera, ou s'éteindra, sur l'un de ces trois événements. Deux effacent l'impôt de départ ; le troisième le rend exigible, et c'est souvent celui-là qui survient en pratique, parce qu'un dirigeant expatrié finit un jour par réorganiser ou céder sa holding. Les connaître à l'avance change concrètement le calendrier : beaucoup de dirigeants décalent la vente de leur holding après le départ, ou l'avancent avant, rarement pile pendant.
Les trois dénouements
Ce qui éteint le sursis (et ce qui le fait tomber)
- Décès pendant le sursis → dégrèvement total de l'exit tax + purge définitive du report : la plus-value n'est jamais imposée, les héritiers ne paient pas dessus.
- Retour en France (art. 167 bis, VII) → l'exit tax est dégrevée et le report 150-0 B ter reprend son cours normal, comme si le départ n'avait pas eu lieu. Attention : le retour n'efface pas le report, il le remet en marche.
- Cession de vos titres de holding depuis l'étranger → fin du sursis : l'exit tax devient exigible, la plus-value en report est taxée au taux figé de l'année de votre apport (§7). C'est ce jour-là que l'impôt est réellement à payer : 900 000 € dans le cas chiffré du §8.
Le retour en France est la voie que personne n'anticipe, parce qu'on part rarement en se disant qu'on reviendra. Le contribuable qui rentre est « replacé dans la situation qui aurait été la sienne » s'il n'était pas parti (art. 167 bis, VII) : l'exit tax s'efface, et le report d'apport-cession se remet simplement à courir. Un aller-retour maîtrisé — quelques années à l'étranger puis un retour, sans avoir vendu la holding — ne cristallise donc en principe pas d'impôt sur la plus-value en report, sous réserve d'avoir conservé les titres concernés et des stipulations de la convention fiscale applicable. Le report, lui, n'est pas éteint : il redevient ce qu'il était avant le départ, un impôt différé qui se déclenchera le jour où vous vendrez la holding. La purge au décès, nous la détaillons dans notre guide décès et 150-0 B ter : la purge définitive du report.
Et la donation pendant l'expatriation ?
Quel taux si l'impôt tombe : celui de votre année d'apport, pas celui de 2026
Supposons que l'impôt tombe : vous vendez votre holding depuis l'étranger, le sursis prend fin, la plus-value en report devient exigible. À quel taux ? Beaucoup de dirigeants font le calcul à 31,4 %. C'est faux dans la plupart des dossiers : ce n'est pas le taux de 2026 qui s'applique. Pour une plus-value placée en report obligatoire au titre du 150-0 B ter, l'assiette ET le taux sont en principe figés à la date de l'apport (Conseil constitutionnel, décision n° 2016-538 QPC du 22 avril 2016) : seul le paiement est différé. Un dirigeant qui a apporté en 2021 ne subit donc pas le PFU de 2026, mais celui de 2021. La règle se vérifie au cas par cas [À VÉRIFIER], tant l'articulation avec l'exit tax est technique.
Deux figements à ne pas confondre
- Le report (150-0 B ter) : l'assiette et le taux sont figés à l'année de l'apport. C'est le principe posé par la décision 2016-538 QPC.
- L'exit tax (167 bis) : l'impôt est liquidé au jour du transfert du domicile, puis mis en sursis et figé pendant celui-ci — il ne sera pas recalculé au taux de l'année où le sursis tombe.
Le calcul si le report tombe
Impôt = Plus-value d'apport figée × taux de l'année de l'APPORT Apport à compter de 2025 : 31,4 % = 12,8 % (IR, art. 200 A) + 18,6 % (PS, LFSS 2026) Apport de 2018 à 2024 : 30 % = 12,8 % (IR) + 17,2 % (PS)
- IR (PFU) :12,8 % depuis 2018 — art. 200 A CGI
- Prélèvements sociaux :18,6 % (dont CSG capital 10,6 %) depuis la LFSS 2026 ; 17,2 % de 2018 à 2024
- Apport antérieur à 2018 :barème progressif et abattements pour durée de détention de l'année de l'apport — [À VÉRIFIER au cas par cas]
Le taux se lit à la date de l'apport, pas à la date de la sortie. Vérifier systématiquement l'année d'apport avant tout chiffrage.
| Année de l'apport | IR (PFU) | Prélèvements sociaux | Taux global |
|---|---|---|---|
| Apport à compter de 2025 | 12,8 % | 18,6 % (LFSS 2026, loi n° 2025-1403) | 31,4 % |
| Apport de 2018 à 2024 | 12,8 % | 17,2 % | 30 % |
| Apport antérieur à 2018 | barème progressif + abattements de l'année de l'apport | taux de l'année de l'apport | à déterminer [À VÉRIFIER] |
| Surcouche CEHR | 3 % puis 4 % | — | art. 223 sexies |
| Surcouche CDHR | plancher 20 % du RFR | — | art. 224 |
| Option barème IR | 0 / 11 / 30 / 41 / 45 % | en sus | au lieu du PFU |
Le piège de 2026, c'est d'appliquer 18,6 % à tout. Ce taux de prélèvements sociaux, issu de la LFSS 2026, ne vaut que pour les plus-values mobilières rattachées à 2025 et après ; pour un report né d'un apport antérieur, 17,2 % est le bon taux, et 17,2 % reste par ailleurs le taux de l'assurance-vie, de la capitalisation et des revenus fonciers. Second point : l'année où l'impôt devient exigible fait grimper le revenu fiscal de référence, donc l'exposition à la CEHR et à la CDHR. On le chiffre avant, pas en découvrant l'avis d'imposition. Pour le détail, voyez nos guides la plus-value mobilière au PFU 31,4 % en 2026 et CEHR et CDHR : les surcouches des hauts revenus.
Votre taux : celui de 2018, de 2021 ou de 2026 ?
Dites-nous l'année de votre apport et le montant de votre plus-value en report : nous vous donnons le taux applicable et le montant exact de l'exit tax, CEHR et CDHR comprises, avant que vous ne posiez la moindre option sur un logement à l'étranger.
Cas chiffré : Julien part au Portugal avec 3 M€ de plus-value en report
Un cas de cabinet, transposé et anonymisé. Rappel de méthode : les montants sont des ordres de grandeur pédagogiques (plus-value supposée proche de l'assiette figée, hors CEHR/CDHR et hors convention bilatérale), non une simulation personnalisée.
Cas · Julien, 52 ans · dirigeant · apport 2021 · PV d'apport en report 3 000 000 € · départ Portugal (UE) en 2026
Julien s'expatrie au Portugal : 900 000 € d'exit tax, 0 € versé au départ
Julien a vendu le bureau d'études de 40 salariés qu'il avait fondé. Il avait apporté sa société à sa holding en 2021 ; la plus-value d'apport, figée à 3 000 000 €, est en report 150-0 B ter. En 2026, sa femme est mutée à Lisbonne : il s'installe au Portugal (UE), la holding restant en France. Au transfert de son domicile, cette plus-value en report entre dans l'assiette de l'exit tax.
Exit tax : le taux applicable est celui de l'année de l'apport, soit 30 % en 2021 (12,8 % d'IR + 17,2 % de prélèvements sociaux) — et non les 31,4 % de 2026. Soit 3 000 000 € × 30 % = 900 000 € (hors CEHR/CDHR éventuelles). Destination UE → sursis automatique, sans garantie : 0 € versé au départ. Julien dépose la 2074-ETD l'année du départ, puis assure le suivi annuel sur l'imprimé applicable à sa situation.
Scénario A — il conserve la holding et décède à l'étranger : dégrèvement total + purge → 0 € payé, jamais. Ses héritiers ne reprennent pas la plus-value.
Scénario B — il revient en France en 2031 avec ses titres : l'exit tax est dégrevée, le report reprend son cours, comme s'il n'était pas parti. Le report, lui, n'est pas effacé.
Scénario C — il vend les titres de sa holding en 2032 depuis Lisbonne : fin du sursis → les 900 000 € deviennent exigibles au titre de 2032. Le piège : Julien croyait qu'après six ans au Portugal la plus-value était effacée. Elle ne l'était pas, le dégrèvement par expiration du délai ne valant que pour les plus-values latentes. Chiffrage limité ici à l'exit tax portant sur la plus-value en report : la plus-value propre réalisée sur les titres de holding entre 2021 et 2032, ainsi que le traitement conventionnel franco-portugais, ne sont pas modélisés [À VÉRIFIER au cas par cas].
Variante : et si Julien partait à Dubaï plutôt qu'au Portugal ?
Variante : et si la holding de Julien vendait les titres apportés ?
Le rappel qui remet tout en perspective : report vs vente sèche
Le talon d'Achille : vos déclarations 2074-ETD et 2074-ETS
Le sursis a un prix administratif : il faut le tenir à jour chaque année. Un état de suivi oublié suffit à le faire tomber, et les 900 000 € du cas de Julien deviennent exigibles, plus l'intérêt de retard. Pour un formulaire.
Vos deux formulaires, dans l'ordre
- 2074-ETD — l'année du transfert du domicile : elle recense les plus-values latentes, les créances de complément de prix et les plus-values en report, et se joint à la déclaration 2042.
- Suivi annuel — chaque année ensuite, tant que le sursis court : selon votre situation, l'imprimé 2074-ETSL (« suivi allégé », lorsque le sursis est total et qu'aucun événement n'est intervenu) ou l'imprimé 2074-ETS de la génération correspondant à votre année de départ — les millésimes ETS1, ETS2 et ETS3 visent en effet des années de transfert anciennes, et non des catégories de plus-values. Le formulaire exact applicable à un départ 2026 se confirme auprès de votre service des impôts [À VÉRIFIER].
Ne ratez pas le suivi annuel
Créer une holding juste avant de partir ? Attention à l'abus de droit
Le dirigeant pressé y pense presque toujours : monter la holding et apporter ses titres quelques semaines avant l'expatriation, pour « caser » la plus-value dans le report avant de partir. Ça ne marche pas, pour deux raisons sans rapport l'une avec l'autre. La première tient à l'exit tax elle-même : la plus-value en report entre dans son assiette de toute façon (§3), la date de l'apport n'y change rien. La seconde pèse beaucoup plus lourd : un apport-cession de façade — cession déjà négociée au jour de l'apport, remploi fictif, appropriation des liquidités — reste attaquable sur le terrain de l'abus de droit.
L'administration a deux textes sous la main : l'article L. 64 du Livre des procédures fiscales (abus de droit) et son petit frère l'article L. 64 A (mini-abus, pour les montages à but principalement fiscal), avec des majorations de 40 % ou 80 % et l'intérêt de retard. Le dispositif est codifié depuis le 14 novembre 2012, mais l'esprit des arrêts Four / Bauchart / Bazire (CE 8 oct. 2010, n° 321361, n° 313139 et n° 301934) demeure : l'apport-cession suppose une substance et un réinvestissement économique réels. Le bon réflexe : apporter tôt, avec une holding qui existe vraiment, et céder ou partir plus tard.
La LF 2026 a durci le remploi (rappel périphérique)
« Éligible 150-0 B ter » ne veut pas dire « sans risque »
Une holding étrangère change-t-elle la donne ?
Vous partez, vous êtes déjà parti, ou vous cherchez la vue d'ensemble ?
Ce guide traite un cas précis : le résident fiscal français qui transfère son domicile avec une plus-value en report. Si vous n'êtes pas exactement dans ce cas, le bon guide est ailleurs :
| Votre situation | Le bon guide |
|---|---|
| « Je pars maintenant » (résident qui transfère son domicile) | Vous êtes au bon endroit (cet article, art. 167 bis × 150-0 B ter) |
| « Je suis déjà expatrié / non-résident » | Apport-cession pour expatrié français |
| « Je veux la vue d'ensemble des sorties du report » | Sortie du 150-0 B ter (les six sorties) |
| « L'exit tax en général, toutes plus-values » | Exit tax 2026 : le guide complet |
| « Je suis en SEL / SPFPL (profession libérale) » | Apport-cession 150-0 B ter en profession libérale |
| « J'ai un patrimoine de plusieurs millions et je bouge (impatriation) » | Impatriation, holding et exit tax |
| « Je crains une remise en cause de mon report » | Remise en cause du 150-0 B ter |
Un doute sur celle de ces situations qui est la vôtre ? C'est ce qu'on tranche en trente minutes au téléphone. Et si vous exercez en SEL ou en SPFPL, commencez plutôt par notre guide apport-cession 150-0 B ter en profession libérale, dont les contraintes ne sont pas celles d'une holding classique.
Note de méthode : comment ce guide a été établi
Un audit de départ chiffré avant de boucler les valises
Une heure suffit pour savoir si votre départ coûte 0 € ou 900 000 €, et à quelle condition. Vous repartez avec le montant, le pays qui vous coûte le moins cher, et la liste des formulaires à déposer.

