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Guide apport-cession 202614 minMis à jour 10 juillet 20263 cas chiffrés

Apport-cession : faut-il apporter avant ou après la vente ?

Vous allez vendre votre société. Une seule question de séquence décide de tout : apporter vos titres à une holding avant de vendre, ou vendre puis apporter le cash ? La réponse est sans appel — avant, toujours avant. Vendre en votre nom propre cristallise 31,4 % de plus-value (12,8 % d'IR + 18,6 % de prélèvements sociaux en 2026), plus la CEHR et la CDHR pour les hauts revenus. Une fois la vente signée, on ne revient pas en arrière. Par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine (ORIAS 23002291).

TIMING APPORT-CESSION 2026

Sécuriser le bon timing de votre apport-cession avant de signer la vente

Audit de séquençage avant signature : tant que la vente n'est pas ferme, la fenêtre du report reste ouverte. On vérifie qu'elle l'est encore, on chiffre à l'euro le gain d'un apport préalable et le coût d'une vente sèche, puis on sécurise la séquence. Cabinet non détenu par une banque ni par un assureur.

Le rendez-vous offert : recueil de votre situation et présentation des mécanismes généraux, sans recommandation personnalisée.

  • Fenêtre du report vérifiée avant signature
  • Antériorité et seuil des 3 ans datés
  • Remploi 2026 (70 %) et abus de droit écartés
  • Multi-partenaires, sans produit-maison

VENTE SÈCHE (PFU 2026)

31,4 %

LE BON SENS

APPORT → VENTE

APPORTER APRÈS

IMPOSSIBLE

DÉTENTION LIBÉRATOIRE

3 ANS

REMPLOI SI < 3 ANS

70 %

Quentin Hagnéré·Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Cabinet Hagnéré Patrimoine · ORIAS 23002291 · CIF · COA · COBSP

§ 1LE PRINCIPE·2 MIN

Le principe : c'est l'apport qui déclenche le report

L'essentiel en 30 secondes

  • Le report de l'article 150-0 B ter porte sur la plus-value d'APPORT de titres à une holding contrôlée et soumise à l'IS — pas sur la vente.
  • Séquence correcte : (1) vous apportez vos titres à la holding → plus-value d'apport en report ; (2) la holding devient propriétaire ; (3) la holding vend au tiers, à un prix proche de sa valeur d'apport, et le produit reste dans la holding.
  • Le report est un impôt DIFFÉRÉ, pas effacé (purge seulement au décès ou par donation qualifiée).
  • Coût évité l'année de la vente : 31,4 % de plus-value (contre 0 € en report).

Vous avez bâti votre société pendant quinze ans, et un repreneur vous en propose enfin 3 000 000 €. Le soir même, vous faites le calcul qui glace : sur une plus-value de 2 800 000 €, l'État prélève 31,4 % immédiatement si vous vendez en direct — soit près de 879 000 €, avant même d'ajouter la CEHR et la CDHR qui frappent les hauts revenus. Près d'un million d'euros qui partent le jour de la signature. L'apport-cession de l'article 150-0 B ter CGI ouvre une autre voie — le report de cet impôt, voire sa purge définitive — mais il obéit à une règle de séquence que trop de dirigeants découvrent une semaine trop tard. Tout tient dans un mot : le report porte sur l'apport, pas sur la cession. Autrement dit, il faut apporter d'abord, puis laisser la holding vendre. La question « avant ou après la vente ? » n'a donc qu'une seule réponse : d'abord l'apport, la vente ensuite. Ce guide vous montre exactement où se situe le point de non-retour — et comment ne jamais le franchir par accident.

Le principe est simple : plutôt que de vendre vos titres, vous les apportez à une holding que vous contrôlez (vous échangez vos titres contre des titres de la holding). C'est cet apport — et non la vente ultérieure — qui dégage la plus-value, et c'est précisément elle que le 150-0 B ter place en report. La holding, devenue propriétaire, vendra ensuite au tiers : comme elle a reçu les titres à leur valeur d'apport, sa propre plus-value de cession est quasi nulle, et le prix reste logé dans la holding pour y être réinvesti. Le mécanisme complet, en quatre temps, est détaillé dans notre guide socle sur l'apport-cession et dans le guide pilier de l'article 150-0 B ter.

Attention à la nature exacte de l'avantage : l'apport-cession ne supprime pas l'impôt, il le décale. La plus-value d'apport est calculée, figée et déclarée l'année de l'apport ; seule son imposition est différée. C'est un report, un impôt qui dort — et non une exonération. On explique pourquoi cette distinction change tout dans notre guide report d'imposition : pourquoi ce n'est pas une exonération.

Report (150-0 B ter) ≠ sursis (150-0 B)

Deux régimes ressemblants, mais un critère unique les sépare : le contrôle de la holding. Le report (art. 150-0 B ter) s'applique quand vous contrôlez la holding qui reçoit l'apport (contrôle présumé dès 33,33 % des droits sans associé supérieur) : la plus-value d'apport est figée à un montant précis, et si la holding revend dans les 3 ans, un remploi est exigé. Le sursis (art. 150-0 B) s'applique quand vous ne contrôlez pas la holding : l'opération est simplement neutralisée, sans montant figé ni obligation de remploi. Vous ne choisissez pas : c'est le contrôle qui tranche. Les conditions exactes (contrôle, IS, soulte de 10 %) sont dans notre guide les conditions du report 150-0 B ter.
Hagnéré Patrimoine

Chiffrer votre report avant de vendre

Un conseiller en gestion de patrimoine vérifie que la fenêtre du report est encore ouverte, chiffre l'économie d'impôt d'un apport préalable et sécurise la séquence avant que vous ne signiez quoi que ce soit.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 2LE POINT CLÉ·2 MIN

Pourquoi apporter après la vente ne fonctionne pas

Après la vente : il n'y a plus rien à reporter

  • Si vous vendez d'abord en nom propre, la plus-value de cession (art. 150-0 A) est née et imposable à votre nom : PFU 31,4 % immédiatement, plus CEHR / CDHR éventuelles.
  • Les titres n'existent plus dans votre patrimoine : ils sont chez l'acquéreur. Vous ne pouvez plus apporter à une holding que du cash déjà fiscalisé, pas les titres.
  • Il n'y a donc plus de plus-value d'apport à reporter. Ce n'est pas « risqué de requalification », c'est sans objet.

C'est l'erreur qui coûte le plus cher, et pourtant elle est fréquente : le dirigeant vend ses titres, encaisse le prix, puis se demande s'il peut « apporter ce cash à une holding » pour éviter l'impôt. La réponse est non — et il vaut la peine de comprendre pourquoi, parce que la raison n'est pas juridique au sens d'un risque, elle est mécanique. Le report 150-0 B ter suppose qu'il existe une plus-value d'apport de titres à geler. Or, après la vente, il n'y a plus de titres : il y a de l'argent, déjà taxé.

Prenons les choses dans l'ordre. Quand vous vendez en votre nom propre, le fait générateur de l'impôt (la cession, art. 150-0 A) se produit ce jour-là. La plus-value est réalisée, elle entre dans votre revenu de l'année et elle sera imposée. Apporter ensuite le produit de la vente à une holding est une opération parfaitement légale — mais elle ne crée aucune plus-value d'apport : on n'apporte pas des titres à faible prix d'acquisition, on apporte du numéraire qui vaut exactement ce qu'il vaut. Il n'y a rien à mettre en report. La question n'est pas « est-ce risqué ? » mais « y a-t-il seulement une matière imposable à différer ? » — et la réponse est non.

La conséquence pratique est brutale : on ne rembobine pas une plus-value réalisée. Une fois la cession intervenue, l'impôt est définitivement acquis au Trésor. C'est pour cette raison que l'apport-cession est un montage anticipatif : c'est la holding, et non vous, qui doit vendre. Pour comprendre pourquoi il faut loger la vente dans la holding, voyez notre guide la holding qui reçoit vos titres et encaisse la vente.

Exemple express : vendre puis vouloir apporter le cash

Un cas que l'on voit régulièrement en cabinet : vous cédez vos titres 1 200 000 € en votre nom propre (plus-value 1 100 000 €) : le PFU de 31,4 % s'applique, soit 345 400 € dus. Trois jours plus tard, on vous parle de la holding : vous apportez alors les 1 200 000 € encaissés à une société que vous venez de créer. Résultat fiscal de cet apport de numéraire : zéro report. Vous avez apporté de l'argent qui vaut exactement 1 200 000 € — aucune plus-value latente, donc rien à geler. Les 345 400 € restent dus. La holding sera parfaitement utile pour investir ensuite, mais elle arrive après la bataille fiscale : le report suppose d'apporter des titres, pas du cash déjà taxé.
§ 3LA FENÊTRE·2 MIN

Le point de non-retour : quand la fenêtre se ferme

Le point de non-retour en 30 secondes

  • L'apport-cession est une fenêtre : ouverte, vous placez la plus-value en report ; refermée, il ne reste que la vente sèche à 31,4 %.
  • Le point de non-retour n'est pas la signature de l'acte de vente : c'est le moment où la cession devient ferme (accord sur la chose et le prix, art. 1583 du Code civil).
  • Après ce point, plus rien n'est rattrapable ; avant, tout reste possible.
  • Vous maîtrisez ce point — à condition d'avoir apporté suffisamment tôt.

Une image pour fixer les idées : l'apport-cession fonctionne comme une fenêtre qui se ferme. Tant qu'elle est ouverte, vous pouvez apporter vos titres et placer la plus-value en report. Une fois refermée, il ne reste que la vente sèche et ses 31,4 %. Le moment exact où la fenêtre se ferme, c'est le point de non-retour — et il est plus précoce qu'on ne le croit.

La frise

Apport → délai → cession par la holding → remploi éventuel

  • 1. Constitution de la holding — en amont, objet social large, substance réelle.
  • 2. Apport des titres → plus-value d'apport en REPORT (fait générateur). C'est ici que la fenêtre doit encore être ouverte.
  • 3. Délai — idéalement plus de 3 ans (supprime le remploi) ; sinon remploi si la cession intervient dans les 3 ans.
  • 4. Cession par la holding au tiers → le prix est logé dans la holding, remploi éventuel.

Le curseur rouge : la vente parfaite (art. 1583 du Code civil)

En droit civil, la vente est parfaite dès l'accord sur la chose et le prix (article 1583 du Code civil) — même sans acte signé chez le notaire ou l'avocat, même sans versement du prix. Or, si au jour de l'apport la cession est déjà parfaite (protocole ou promesse ferme, prix arrêté avec l'acquéreur), l'administration peut considérer que c'est vous, personne physique, qui avez cédé : l'apport intercalé ensuite ne loge plus l'opération, et le report est compromis (voir le piège de l'abus de droit, §5). Le point de non-retour n'est donc pas la signature de l'acte de vente : c'est le moment où l'accord devient ferme.

Avant ce point : le report est possible, la plus-value peut être gelée, tout reste ouvert. Après : la plus-value est (ou sera) cristallisée au PFU de 31,4 %, et rien n'est rattrapable. C'est ce basculement net — d'un côté tout est possible, de l'autre plus rien — qui fait de la question du timing la décision la plus critique de toute l'opération. La bonne nouvelle : ce point de non-retour, vous le maîtrisez, à condition d'avoir apporté suffisamment tôt.

§ 4LA CONFUSION·2 MIN

Les deux horloges qu'on confond tout le temps

En rendez-vous de cession, la confusion revient presque à chaque fois : on mélange deux durées qui n'ont rien à voir. La première est l'antériorité de l'apport sur la vente ; la seconde est le seuil des 3 ans de détention par la holding. Elles ne comptent pas la même chose, ne partent pas du même point et n'ont pas du tout les mêmes conséquences. Les distinguer, c'est éviter les deux erreurs symétriques : croire qu'il existe un délai légal d'antériorité (il n'y en a pas), ou croire que les 3 ans concernent le timing avant/après (ils concernent le remploi).

Deux horloges distinctes : l'antériorité (question d'abus de droit, sans seuil) et le seuil des 3 ans (durée légale déclenchant le remploi).
Horloge n°1 — l'antériorité apport / venteHorloge n°2 — les 3 ans de détention holding
Ce qu'elle mesureLe temps entre l'apport et la vente ficeléeLe temps entre l'apport et la cession par la holding
NatureLigne rouge de l'abus de droitSeuil LÉGAL (art. 150-0 B ter)
Seuil chiffré ?Aucun seuil légal ; prudence de quelques mois3 ans, date à date
EffetApport trop proche d'une vente engagée = requalificationCession dans les 3 ans = remploi ; au-delà = report libre
Le guide dédiéRemise en cause du reportLe calendrier de remploi (24 / 36 mois)

Ne pas confondre les deux

L'horloge n°1 (antériorité) n'a pas de seuil chiffré dans le texte : c'est une question de fait, appréciée sous l'angle de l'abus de droit — plus l'apport est ancien et détaché de tout projet de vente, plus il est solide. Le détail des cas de requalification est dans notre guide remise en cause du report : requalification et abus de droit. L'horloge n°2 (les 3 ans) est un seuil légal, apprécié date à date, qui décide si la holding devra ou non remployer le produit en cas de revente rapide : voyez le calendrier de remploi après la cession.
§ 5LA LIGNE ROUGE·2 MIN

Le piège : apporter trop près de la vente

Ce qui n'est PAS abusif

Attention à ne pas surinterpréter : apporter avant de vendre n'est pas frauduleux en soi. L'apport suivi d'une cession, même rapide, par la holding est prévu et encadré par la loi depuis la codification de l'article 150-0 B ter (loi n° 2012-1510 du 29/12/2012). Le législateur a lui-même organisé le cas de la revente dans les 3 ans, en l'assortissant d'une obligation de remploi (§8). Ce n'est donc pas l'apport-cession qui est suspect, mais certaines manières de le faire.

La ligne rouge, c'est l'apport trop tardif, greffé sur une vente déjà décidée pour faire écran à l'impôt sans aucune logique économique. Quand l'apport n'est qu'une interposition de façade — la holding sert juste à encaisser un prix déjà négocié —, l'administration peut requalifier l'opération en abus de droit, sur le fondement de l'article L. 64 du Livre des procédures fiscales (abus de droit) ou de l'article L. 64 A (mini-abus de droit, pour les actes à but principalement fiscal depuis 2020).

Mémo express

Les lignes rouges du timing

  • Cession déjà parfaite ou engagée au jour de l'apport (accord ferme sur le prix, protocole signé) → interposition de façade.
  • Holding coquille vide créée la veille, sans objet réel ni substance.
  • Appropriation du prix par l'apporteur (compte courant jamais remboursé, distributions, prêts) — relève surtout de la substance et du remploi.
  • Sanctions : rappel d'impôt + intérêts de retard (0,20 % par mois, art. 1727 CGI) + majoration de 40 % (manquement délibéré) ou 80 % (abus de droit, art. 1729 CGI).

Sur le fond, la jurisprudence du Conseil d'État — antérieure à la codification de 2012 puis prolongée depuis — exige une antériorité réelle de l'apport et une substance de la holding : l'apport ne doit pas être un simple habillage d'une cession déjà nouée. Nous ne détaillons pas ici les arrêts, car ce n'est pas l'objet de ce guide sur le timing : le panorama complet des décisions et des motifs de redressement figure dans notre guide remise en cause du report 150-0 B ter. Retenez la règle pratique : plus l'apport est ancien et déconnecté de la vente, plus l'opération est solide.

§ 6LA VOIE ROYALE·2 MIN

Le bon séquençage : apporter tôt, vendre plus tard

La voie royale

  • Cession par la holding au-delà de 3 ans après l'apport → aucune obligation de remploi, report maintenu sans condition.
  • La trésorerie de la vente se place librement dans la holding (capitalisation, private equity, titres opérationnels).
  • C'est aussi ce qui rend l'apport difficilement attaquable : quand la holding détient les titres depuis 2020 et vend en 2026, l'administration peut difficilement soutenir que l'apport n'était qu'un habillage de la vente.

Apporter tôt, vendre plus tard : c'est la séquence que nous recommandons quasi systématiquement en rendez-vous. Elle joue sur les deux tableaux à la fois. D'un côté, elle maximise l'horloge n°1 (l'antériorité) : plus l'apport est ancien et détaché de tout projet de cession, plus le reproche d'abus de droit s'éteint. De l'autre, elle vous rapproche — puis vous fait franchir — l'horloge n°2 (le seuil des 3 ans) : dès que la holding détient les titres depuis plus de 3 ans, sa revente ne déclenche plus aucune obligation de remploi, et le produit se place où vous voulez.

Le durcissement opéré par la loi de finances pour 2026 (remploi porté à 70 %, délai de 36 mois, conservation de 5 ans, activités éligibles resserrées, voir §8) rend cette voie encore plus attractive : franchir les 3 ans permet d'échapper à des contraintes de remploi désormais lourdes. Dans les faits, une holding créée en 2023 pour une cession en 2026 ne soulève aucune question ; la même holding montée trois semaines avant de signer attire immédiatement le contrôle. Entre les deux, l'écart de sécurité se compte en centaines de milliers d'euros de report. Pour la mécanique de la durée de détention, voyez notre guide durée de conservation et 150-0 B ter. Ce guide traite du seul timing apport / vente ; pour l'optimisation globale de l'opération (structuration de la holding, remploi, transmission), voyez notre guide optimiser l'apport-cession en 2026.

Méthode documentée

Séquencer votre apport-cession avec un conseiller en gestion de patrimoine

On date votre opération par rapport au seuil des 3 ans, on maximise l'antériorité de l'apport et on chiffre l'économie d'impôt de chaque scénario de calendrier avant que vous ne signiez.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 7LE COÛT DU MAUVAIS TIMING·2 MIN

Combien coûte une vente sèche en 2026

Pour bien mesurer l'enjeu du timing, il faut chiffrer ce qu'on cherche à éviter : le coût d'une vente sèche, c'est-à-dire d'une cession en nom propre sans apport préalable. En 2026, la plus-value mobilière des particuliers supporte le prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %, auquel peuvent s'ajouter la CEHR et la CDHR pour les hauts revenus.

Fiscalité 2026 d'une vente sèche de titres : PFU 31,4 % (12,8 % IR + 18,6 % PS), plus CEHR / CDHR pour les hauts revenus.
ComposanteTaux 2026Base
Impôt sur le revenu (PFU)12,8 %Plus-value de cession
Prélèvements sociaux18,6 %Plus-value de cession
Total PFU31,4 %Plus-value de cession
CEHR (art. 223 sexies)3 % / 4 %Revenu fiscal de référence élevé
CDHR (art. 224)plancher ≈ 20 %RFR au-delà de 250 k€ / 500 k€

Ne confondez pas 31,4 % et 17,2 %

La plus-value mobilière (titres de société) se taxe à 31,4 % en 2026, car la CSG du capital est portée à 10,6 % par la LFSS 2026, soit 18,6 % de prélèvements sociaux. Le taux de 17,2 % que l'on voit partout vise d'autres revenus — assurance-vie, contrat de capitalisation, revenus fonciers, plus-value immobilière, PEL ouverts avant 2018 —, jamais la plus-value de cession de titres. Sur une plus-value de 1 000 000 €, la différence de base n'est pas anodine : 314 000 € au lieu de 172 000 €.

Il y a un second effet, souvent oublié : la vente sèche gonfle votre revenu fiscal de référence de l'année, ce qui peut déclencher ou alourdir la CEHR et la CDHR. Une plus-value de 2 800 000 € encaissée en direct fait basculer presque mécaniquement dans le champ de ces contributions — là où l'apport, en plaçant la plus-value en report, laisse le RFR de l'année d'apport intact. C'est un argument supplémentaire en faveur de l'antériorité — sans chiffrer précisément la CDHR ici, car elle dépend de l'ensemble de votre situation. Ce qui change concrètement en 2026 est détaillé dans notre guide ce qui change pour l'apport-cession en 2026 et, plus largement, dans la loi de finances pour 2026.

§ 8LE REMPLOI·2 MIN

Si la holding revend dans les 3 ans : le remploi (régime dual 2026)

Le régime a changé au 21/02/2026

C'est la date de cession par la holding — et non la date d'apport — qui fixe le régime de remploi applicable. Deux régimes coexistent donc aujourd'hui, selon que la holding a vendu avant ou après le 21 février 2026.

Si la holding revend les titres dans les 3 ans de l'apport, le report n'est maintenu qu'à condition de réinvestir une part du produit dans un vrai projet économique. Ce mécanisme de remploi n'est pas l'objet de ce guide (il est traité en détail ailleurs), mais il faut en connaître les deux versions, car la loi de finances pour 2026 a réellement durci le dispositif.

Régime dual borné par la date de cession de la holding. Le seuil de 70 % n'est pas une erreur : c'est le régime en vigueur depuis le 21/02/2026 (LF 2026).
ParamètreCessions du 01/01/2019 au 20/02/2026 (LF 2019)Cessions à compter du 21/02/2026 (LF 2026)
Produit à remployer60 %70 %
Délai de remploi24 mois36 mois
Conservation des actifs12 mois (direct) / 5 ans (fonds)5 ans (tous remplois)
Cession au-delà de 3 ansAucun remploiAucun remploi

Mémo express

Éligibles / exclus du remploi

  • Éligibles : le financement des moyens d'une activité opérationnelle ; l'acquisition de titres conférant le contrôle d'une société à l'IS ; la souscription en numéraire au capital de sociétés éligibles ; les fonds FCPR, FPCI, SCR ou SLP (parts conservées 5 ans, sous condition de quota d'investissement).
  • Exclus (exclusion renforcée par la LF 2026) : la gestion de son patrimoine mobilier ou immobilier, la location nue ou meublée, l'immobilier de rendement, la construction-vente et le marchand de biens, les activités financières, et les activités à tarif réglementé de rachat d'énergie.
  • Traduction : la SCPI et l'immeuble locatif ne comptent pas comme remploi.

Note de méthode : le remploi en fonds est illiquide et risqué

Un mot de prudence sur les fonds de remploi (FCPR, FPCI, SCR, SLP). S'ils permettent de satisfaire l'obligation de réinvestissement, ce sont des placements de private equity par nature illiquides : les parts se bloquent souvent 8 à 10 ans et comportent un risque de perte en capital. Les mobiliser sous la double contrainte d'un délai de remploi (24 ou 36 mois) et d'une conservation minimale (5 ans) ne doit jamais faire oublier leur profil de risque. C'est l'argument décisif pour apporter tôt : passé les 3 ans de détention par la holding, plus aucune obligation de remploi. Vous n'êtes pas contraint de bloquer 70 % du produit dans un FCPR à horizon 8 à 10 ans juste pour tenir un délai de 36 mois — vous placez au rythme qui vous convient. Nous n'évaluons ni ne classons aucun fonds nommément : le choix relève d'une étude personnalisée. Pour comprendre la classe d'actifs, voyez notre guide private equity.

Le BOFiP en ligne n'est pas encore à jour

La doctrine administrative publiée affiche encore, à ce jour, l'ancien régime (60 % / 24 mois) : elle n'a pas encore intégré la LF 2026. C'est le texte de loi qui prime : pour toute cession réalisée par la holding à compter du 21 février 2026, ce sont les 70 % / 36 mois / conservation 5 ans qui s'appliquent. La règle est binaire : remployer moins que le seuil requis fait tomber le report sur la totalité de la plus-value. Les détails pratiques sont dans nos guides le réinvestissement obligatoire du produit de cession et actifs éligibles et exclus du remploi. Sur les fonds, voyez les FCPR éligibles au 150-0 B ter ; sur l'immobilier, SCPI et 150-0 B ter et immobilier et 150-0 B ter.
§ 9L'ARBITRAGE DE LIQUIDITÉ·1 MIN

Apporter une partie, vendre le reste en direct

Toute la logique du timing ne signifie pas qu'il faille apporter 100 % de vos titres. L'apport partiel est possible et souvent pertinent : vous apportez une quote-part à la holding et vous vendez le reste en direct. La partie apportée bénéficie du report ; la partie vendue en direct est imposée immédiatement au PFU de 31,4 % (plus CEHR / CDHR éventuelles).

Combien de cash immédiat, combien en report ?

C'est un arbitrage de liquidité personnelle : la quote-part vendue en direct vous donne du cash net tout de suite (après impôt), tandis que la quote-part apportée place la plus-value en report dans la holding, pour réinvestir et transmettre. Beaucoup de dirigeants combinent les deux : encaisser en direct de quoi financer un projet personnel, et loger le reste dans la holding pour le faire travailler. Le rôle de la holding dans ce schéma est détaillé dans notre guide la holding qui reçoit vos titres et encaisse la vente.
§ 10LA SORTIE·1 MIN

Après la cession : ce que devient le report

Une fois l'apport réalisé au bon moment et la vente logée dans la holding, le report court. Il ne dure pas éternellement : plusieurs événements y mettent fin, dans des conditions très différentes. Nous les résumons ici, chacun étant traité dans un guide dédié. Tous ramènent à la même conclusion : plus l'apport a été fait tôt, plus la sortie est ouverte.

Les dénouements du report. Les durées de conservation après donation (6 ans / 11 ans, régime 2026) restent à confirmer au cas par cas.
ÉvénementEffet sur le reportLe guide dédié
Décès de l'apporteurPurge définitive (PV jamais imposée)Le décès purge la plus-value
Cession des titres de la holdingExpiration du report, PV imposable au PFU 31,4 %Vendre les titres de la holding
Donation des titres de la holdingTransfert + purge sous condition de conservationDonner les titres de la holding
Expatriation (transfert du domicile)Exit tax (art. 167 bis), le report ne disparaît pasApport-cession et exit tax

Le plus favorable est le décès : la plus-value en report est alors définitivement purgée, elle n'est jamais imposée (voir notre guide le décès purge la plus-value en report). À l'inverse, une simple cession des titres de la holding fait expirer le report et rend la plus-value imposable (voir vendre les titres de la holding : l'expiration du report). La donation transfère le report au donataire et le purge s'il conserve les titres suffisamment longtemps — un délai porté, sous le régime 2026, à un ordre de grandeur de 6 ans (11 ans si le report résulte d'un remploi en fonds), à confirmer au texte (voir donner les titres de la holding pour purger la plus-value). Enfin, l'expatriation déclenche l'exit tax de l'article 167 bis : le report ne disparaît pas au départ (voir apport-cession et exit tax).

§ 11CAS CHIFFRÉS·3 MIN

Trois cas chiffrés : le bon, le serré, et le trop tard

Trois dirigeants, trois calendriers, trois factures fiscales très différentes. Une mise au point méthodologique avant de lire : pour rester lisibles, les cas supposent que la plus-value d'apport est proche du prix (prix d'acquisition initial faible) et que la holding revend au prix d'apport (plus-value de holding négligeable). Le PFU retenu sur la plus-value mobilière 2026 est de 31,4 % (12,8 % d'IR + 18,6 % de prélèvements sociaux). La CEHR et la CDHR ne sont pas chiffrées.

Cas 1 · Dirigeant SAS · titres 3 000 000 € · PV 2 800 000 € · apport 4 ans avant

Marc — 879 200 € d'impôt reportés, puis purgés au décès

Marc apporte les titres de sa SAS (valeur 3 000 000 €, prix d'acquisition 200 000 € → plus-value d'apport de 2 800 000 €) à sa holding à l'IS qu'il contrôle à 100 %, 4 ans avant de vendre.

Vente sèche (sans apport) : 2 800 000 € × 31,4 % = 879 200 € à payer immédiatement.

Avec apport-cession : la plus-value est gelée en report. La holding vend au-delà de 3 ans après l'apport → aucune obligation de remploi, report maintenu sans condition. Impôt l'année de la vente = 0 €, et le produit (3 M€) reste dans la holding pour être placé.

Marc conserve les titres de la holding jusqu'à son décès → la plus-value en report est définitivement purgée : 879 200 € jamais payés. Apporter tôt + détenir jusqu'au décès = un impôt transformé en zéro.

Cas 2 · Dirigeante SAS · titres 2 000 000 € · PV 1 850 000 € · holding revend à 20 mois

Sophie — la holding revend à 20 mois : 1 400 000 € à remployer

Sophie apporte ses titres (valeur 2 000 000 €, PV 1 850 000 €) à une holding à l'IS. La holding reçoit une offre et revend à 20 mois (donc moins de 3 ans, cession postérieure au 21/02/2026 → régime LF 2026). Produit net ≈ 2 000 000 €.

Remploi minimal = 2 000 000 € × 70 % = 1 400 000 € à réinvestir dans une activité économique éligible (titres conférant le contrôle d'une société à l'IS, souscription en numéraire, ou fonds FCPR / FPCI éligibles), dans les 36 mois et conservés 5 ans.

Remploi respecté → report maintenu sur les 1 850 000 € de plus-value (impôt différé). Remploi raté → déchéance du report : 1 850 000 € × 31,4 % = 580 900 € dus, majorés des intérêts de retard. Les 30 % restants (600 000 €) sont libres.

Vendre vite (moins de 3 ans) n'interdit pas le report, mais impose de placer 1 400 000 € en remploi éligible — surtout pas en SCPI ni en immeuble locatif, qui sont exclus.

Cas 3 · Dirigeant · titres vendus en direct 1 200 000 € · PV 1 100 000 €

Thomas — il a signé la vente : 345 400 € déjà perdus

Thomas signe la vente de ses titres en nom propre (prix 1 200 000 €, PV 1 100 000 €), puis se demande s'il peut « apporter le produit à une holding » pour reporter l'impôt.

Réponse : non, c'est trop tard. La plus-value de cession est née et imposable : 1 100 000 € × 31,4 % = 345 400 € dus (plus CEHR / CDHR selon son RFR). Les titres sont chez l'acquéreur ; il ne détient plus que du cash déjà fiscalisé. Un apport de ce cash à une holding ne crée aucune plus-value d'apport à reporter.

Le point de non-retour était la signature. Après, l'apport-cession est sans objet : Thomas paie 345 400 € qu'un apport préalable aurait reportés, voire purgés.

Ce que disent ces trois cas

Le seul vrai levier, c'est le calendrier

  • Apport > 3 ans + décès (Marc) : 879 200 € reportés, puis purgés — la combinaison gagnante.
  • Cession < 3 ans (Sophie) : report possible, mais 1 400 000 € à placer en remploi éligible (pas de SCPI), sinon déchéance à 580 900 €.
  • Après la vente (Thomas) : sans objet ; 345 400 € définitivement acquis au Trésor.
  • Le seul vrai levier est le calendrier : apporter avant, idéalement plusieurs années avant.

Note de méthode : ces chiffres sont illustratifs

Les montants ci-dessus sont des ordres de grandeur pédagogiques, volontairement simplifiés (plus-value ≈ prix d'apport, revente au prix d'apport, taux arrondis, CEHR / CDHR non chiffrées) pour faire ressortir la logique de timing. Ils ne valent pas une simulation personnalisée : le résultat réel dépend du prix d'acquisition exact des titres, du calendrier précis, de la CEHR / CDHR sur votre RFR et du régime de remploi applicable à la date de cession. Rappel de bon sens : le report est un impôt différé, pas une exonération, et un placement de private equity (FCPR, FPCI) est illiquide et risqué. Modélisez au cas par cas avant toute décision.
Hagnéré Patrimoine

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Comme dans les trois cas ci-dessus, on chiffre votre opération à l'euro avant que vous ne signiez : gain net d'un apport préalable, coût d'une vente sèche, impact du seuil des 3 ans et d'un remploi raté. Vous voyez, comme Marc ou Thomas, le montant exact que le timing vous fait gagner ou perdre — avant de signer, pas après.

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Sources et références légales

  • CGI — le mécanisme du report

    Art. 150-0 B ter CGI (report d'imposition de la plus-value d'apport à une société à l'IS contrôlée ; le fait générateur est l'apport ; contrôle III-2°, remploi I-2°, donation des titres reçus II). Le décès de l'apporteur ne figure pas parmi les événements mettant fin au report énumérés au I : la plus-value en report n'est pas transmise aux héritiers, d'où une purge définitive de fait. Art. 150-0 B CGI (sursis en l'absence de contrôle). Art. 150-0 A et 200 A CGI (plus-value de cession, PFU). Art. 167 bis CGI (exit tax). Art. 1583 du Code civil (vente parfaite dès l'accord sur la chose et le prix).

  • Doctrine BOFiP

    BOI-RPPM-PVBMI-30-10-60-10 (champ du report, fait générateur constitué par l'apport, notion de contrôle à 33,33 %, soulte de 10 %). BOI-RPPM-PVBMI-30-10-60-20 (expiration du report, seuil des 3 ans date à date, réinvestissement, actifs éligibles et exclus). BOI-RPPM-PVBMI-30-10-60-30 et -40 (donation des titres reçus et obligations déclaratives). La doctrine en ligne n'est pas encore actualisée de la LF 2026.

  • Fiscalité 2026 et abus de droit

    LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30/12/2025 : CSG du capital portée à 10,6 %, prélèvements sociaux 18,6 %, PFU 31,4 % sur la plus-value mobilière). LF 2026 (loi n° 2026-103 du 19/02/2026 : durcissement du remploi — 70 %, délai 36 mois, conservation 5 ans, activités éligibles resserrées, pour les cessions à compter du 21/02/2026). LF 2019 (loi n° 2018-1317 du 28/12/2018 : régime 60 % / 24 mois). Art. L. 64 et L. 64 A LPF ; art. 1727 et 1729 CGI (intérêts et majorations).

  • Jurisprudence de cadre

    Jurisprudence du Conseil d'État sur le réinvestissement économique (période 2010-2012, codifiée par la loi n° 2012-1510 du 29/12/2012) : l'apport suivi d'une cession rapide sans substance ni réinvestissement significatif dans une activité économique est requalifiable. Le détail des arrêts et des sanctions figure dans notre guide sur la remise en cause du report.

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine, cabinet basé à Bassens). Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d'investissement au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Tout apport-cession doit faire l'objet d'une étude individualisée (antériorité de l'apport, contrôle, remploi, abus de droit, transmission). Les chiffres et taux cités sont à jour au 10 juillet 2026 mais peuvent évoluer (LF / LFSS annuelles, doctrine BOFiP, jurisprudence). Le délai d'antériorité entre apport et cession est un ordre de grandeur de prudence, pas un seuil légal ; les durées de conservation après donation (6 ans / 11 ans, régime 2026) restent à confirmer au cas par cas. Le report 150-0 B ter est un report (impôt différé), pas une exonération : un placement de private equity (FCPR, FPCI) est illiquide et comporte un risque de perte en capital. Les cas chiffrés supposent une plus-value proche du prix d'apport et constituent des ordres de grandeur pédagogiques, non une simulation personnalisée.

Foire aux questions

Tout sur le timing de l'apport-cession avant ou après la vente, point de non-retour, les deux horloges et le remploi 2026.

Les questions qu'on nous pose le plus en rendez-vous de cession : avant ou après, apport après la vente, délai d'antériorité, seuil des 3 ans, compromis déjà signé, abus de droit, remploi rapide (régime dual daté), apport partiel, coût de la vente sèche et quand commencer à préparer. Réponses sourcées et à jour 2026.