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Apport-cessionArticle 150-0 B terLoi de finances 20265 leviers · 5 pièges

Comment optimiser un apport-cession en 2026 : 5 leviers (et 5 pièges à éviter)

Vous vous apprêtez à céder votre société pour plusieurs millions d'euros. En 2026, la vente sèche coûte 31,4 % de plus-value (12,8 % d'IR + 18,6 % de prélèvements sociaux), auxquels s'ajoutent la CEHR et la CDHR. L'apport-cession de l'article 150-0 B ter reporte cet impôt au lieu de le payer tout de suite. Mais la loi de finances 2026 a durci le remploi : 70 %, 36 mois, 5 ans. Ce guide déroule les 5 leviers pour l'optimiser sans se faire piéger, et les 5 erreurs qui font tout tomber. Par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine (ORIAS 23002291).

APPORT-CESSION 2026

Optimiser votre apport-cession avant de signer votre vente

Audit d'apport-cession : éligibilité du report 150-0 B ter, calendrier optimal, calibrage du remploi 2026 (70 % / 36 mois / 5 ans), substance de la holding, transmission (purge, Dutreil) et sortie. Cabinet non détenu par une banque ni par un assureur.

Le rendez-vous offert : recueil de votre situation et présentation des mécanismes généraux, sans recommandation personnalisée.

  • Calendrier et remploi 2026 vérifiés
  • Substance holding et anti-abus
  • Purge au décès et Dutreil intégrés
  • Multi-partenaires, sans produit-maison

VENTE SÈCHE (PFU)

31,4 %

REMPLOI < 3 ANS

70 %

DÉLAI DE REMPLOI

36 MOIS

CONSERVATION

5 ANS

PURGE AU DÉCÈS

100 %

Quentin Hagnéré·Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Cabinet Hagnéré Patrimoine · ORIAS 23002291 · CIF · COA · COBSP

§ 1LE PARADOXE·3 MIN

Apport-cession en 2026 : durci, mais plus pertinent que jamais

L'essentiel en 30 secondes

  • Vendre sec vos titres coûte 31,4 % de plus-value en 2026 (12,8 % d'IR + 18,6 % de prélèvements sociaux), plus la CEHR et la CDHR si vous êtes un gros cédant.
  • L'apport-cession (art. 150-0 B ter) place la plus-value en report : elle n'entre pas dans votre revenu fiscal de référence l'année de l'apport → pas de pic de surtaxes.
  • La loi de finances 2026 a durci le remploi (70 % / 36 mois / 5 ans) : l'outil est plus exigeant, pas moins utile.
  • Ce guide est le playbook : 5 leviers pour l'optimiser, 5 pièges qui font tout tomber.

Vous avez bâti votre société pendant des années, et un acquéreur vous en propose aujourd'hui plusieurs millions d'euros. Avant même d'avoir touché le prix, posez le calcul : en 2026, une vente sèche de titres déclenche 31,4 % de prélèvement sur la plus-value — 12,8 % d'impôt sur le revenu au prélèvement forfaitaire unique (art. 200 A CGI) et 18,6 % de prélèvements sociaux, la CSG du capital ayant été portée à 10,6 % par la LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30/12/2025). Attention à ne pas confondre : ce n'est pas le 17,2 % de l'assurance-vie ou des revenus fonciers. Sur une plus-value de 5 M€, l'addition dépasse 1,5 million d'euros, à régler d'un coup l'année de la vente.

D'où le paradoxe de l'année : la loi de finances pour 2026 a durci l'apport-cession, et pourtant le dispositif n'a jamais été aussi utile — précisément parce que l'autre option, la vente sèche, n'a jamais coûté aussi cher.

Et ce n'est que le socle. Sur les grosses cessions, deux surtaxes s'empilent : la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (CEHR, art. 223 sexies, 3 puis 4 % au-delà de certains seuils de revenu fiscal de référence) et la contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR, art. 224, imposition minimale d'environ 20 % du RFR). Or l'année d'une vente, votre RFR explose — et ces surtaxes frappent le plus fort. Et c'est exactement ce que l'apport-cession neutralise : la plus-value placée en report n'entre pas dans le RFR de l'année de l'apport. Vous ne créez pas le pic ; vous ne déclenchez ni CEHR ni CDHR sur ce gain, cette année-là.

Report n'est pas exonération : la nuance qui commande tout

Le 150-0 B ter ne supprime pas l'impôt, il le décale. La plus-value est calculée et figée à l'apport, puis mise en attente tant que vous conservez les titres de la holding. Elle redevient exigible à la sortie (cession de vos titres de holding, remploi manqué, expatriation) et n'est définitivement effacée qu'au décès, ou par une donation qualifiée conservée. Toute la stratégie consiste à piloter cet impôt différé jusqu'à sa purge — c'est exactement l'objet de ce guide. Pour l'actualité détaillée du dispositif, voyez notre guide apport-cession 2026 ; pour le mécanisme de fond, le pilier 150-0 B ter.
Méthode documentée

Chiffrer votre apport-cession avant de signer

Un conseiller en gestion de patrimoine compare, à l'euro, le coût d'une vente sèche (31,4 % + CEHR/CDHR) et le report 150-0 B ter, puis structure l'opération selon les règles 2026. Vous voyez, avant de signer, ce que chaque option laisse réellement dans votre poche.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 2LE RAPPEL·2 MIN

Rappel express : ce qu'est (et n'est pas) le 150-0 B ter

On ne refait pas ici le guide pilier — juste le minimum vital pour lire les leviers qui suivent. L'apport-cession, c'est un report de plein droit de la plus-value que vous dégagez en apportant vos titres (au lieu de les vendre) à une holding soumise à l'IS que vous contrôlez. La plus-value est calculée et figée à l'apport, déclarée l'année de l'apport (formulaire 2074-I), puis suspendue.

Le mot qui commande tout, c'est contrôle. C'est lui qui distingue le report (art. 150-0 B ter, holding contrôlée) du simple sursis (art. 150-0 B, société non contrôlée, sans purge au décès). Le contrôle est présumé dès que vous détenez au moins 33,33 % des droits et qu'aucun autre associé ne détient davantage — ce n'est pas un seuil de 50 %. Enfin, une soulte (versement complémentaire) reste tolérée tant qu'elle n'excède pas 10 % de la valeur nominale des titres reçus.

Quatre régimes distincts : le 150-0 B ter est un report, pas une exonération ni un abattement.
DispositifNatureEn bref
150-0 B terREPORT (impôt différé)Apport à une holding IS contrôlée — le sujet de ce guide
150-0 BSURSISApport à une société non contrôlée, sans purge au décès
238 quindeciesEXONÉRATIONCession d'entreprise sous seuils (à ne pas confondre)
150-0 D terABATTEMENT500 000 € pour le dirigeant partant en retraite

Vous ne choisissez pas votre régime : c'est le contrôle qui décide

Point de méthode souvent mal compris : le contribuable ne « choisit » pas entre report et sursis. Le régime découle mécaniquement du contrôle de la holding qui reçoit l'apport. Pour le dirigeant seul maître de sa holding, on est presque toujours dans le report — et c'est une bonne nouvelle, car c'est lui qui ouvre la purge au décès. Le détail du montage figure dans notre guide apport-cession et holding ; pour les professions libérales exerçant en SEL ou via une SPFPL, voyez notre guide dédié apport-cession en profession libérale.
§ 3LE NERF 2026·4 MIN

Le nerf de l'optimisation 2026 : le régime dual 60 % / 70 %

C'est ici que se joue toute l'optimisation 2026, et c'est le point que le marché lit encore de travers. Le principe de base n'a pas bougé : c'est la règle des 3 ans. Si la holding cède les titres apportés dans les 3 ans de l'apport, il est mis fin au report — sauf engagement de réinvestissement économique. Si elle les cède au-delà de 3 ans, le report est maintenu sans aucune condition : c'est la voie royale (voir le levier 1).

Ce qui a changé, c'est le contenu de l'obligation de remploi — et surtout, il existe désormais deux régimes selon la date de cession des titres par la holding (attention : la date de cession, pas la date d'apport).

Régime dual : LF 2019 (loi n° 2018-1317) pour les cessions jusqu'au 20/02/2026, LF 2026 (loi n° 2026-103 du 19/02/2026) pour les cessions à compter du 21/02/2026.
ParamètreCessions du 01/01/2019 au 20/02/2026Cessions à compter du 21/02/2026
Produit à remployer60 % du produit70 % du produit
Délai pour réinvestir24 mois36 mois (3 ans)
Conservation des actifs12 mois (réinvestissement direct)5 ans (tous remplois)
Trésorerie laissée libre40 %30 %
Activités éligiblesLargeResserrées (voir levier 2)

Deux erreurs de calcul à écarter d'entrée. L'assiette, pour commencer : le seuil de 70 % porte sur le produit de cession (le prix net de frais), pas sur la plus-value. La mécanique, surtout, est binaire : remployer moins que le seuil dans le délai fait tomber le report sur la totalité de la plus-value, sans déchéance proportionnelle. Le détail de ce calcul est développé dans notre guide le réinvestissement de 60 % (et désormais 70 %).

Exemple express : 70 % de quoi, exactement ?

Une holding cède les titres apportés pour 3 000 000 €, soit un produit net de frais de 2 950 000 €. Le remploi minimum ne se calcule pas sur la plus-value, mais sur ce produit : 70 % × 2 950 000 € = 2 065 000 € à réinvestir dans les 36 mois (puis conservés 5 ans). Restent 885 000 € (30 %) de trésorerie libre dans la holding. Le piège arithmétique : réinvestir « seulement » 2 000 000 € (soit 67,8 %) passe sous le seuil — et fait tomber le report sur la totalité de la plus-value, pas sur le seul manque. C'est tout ou rien : 70 %, ou le report tombe en entier.

Le 70 % n'est pas une erreur : c'est le droit en vigueur

On lit encore beaucoup « 60 % / 24 mois » sur le web, et même la doctrine administrative (BOI-RPPM-PVBMI-30-10-60, mise à jour du 18/08/2025) décrit toujours l'ancien régime. Mais pour toute cession réalisée à compter du 21/02/2026, c'est la loi (LF 2026, loi n° 2026-103 du 19/02/2026) qui prime : 70 % / 36 mois / 5 ans. La fenêtre pour « céder à 60 % » est fermée. On n'optimise donc plus un calendrier à 60 % : on structure au régime en vigueur. Voyez notre synthèse loi de finances 2026.

Le piège du « double 3 ans »

Ne confondez pas deux délais qui valent tous les deux « 3 ans » depuis 2026 : (a) les 3 ans de détention des titres par la holding, en deçà desquels la cession déclenche l'obligation de remploi ; et (b) les 36 mois (3 ans) pour effectuer ce remploi une fois la cession réalisée. Ce sont deux compteurs différents, qui partent d'événements différents (l'apport pour le premier, la cession pour le second).
§ 4LEVIER 1·2 MIN

Levier 1 — Anticiper le calendrier : apporter avant de vendre

Le premier levier ne coûte rien et rapporte le plus : le timing. La règle d'or tient en cinq mots — on apporte, puis on vend, jamais l'inverse. Apporter à la holding une cession déjà négociée et signée, sans substance ni projet, revient à encaisser le prix à l'abri du report : c'est le terrain de la requalification en abus de droit (art. L. 64 et L. 64 A LPF). L'apport réalisé bien en amont de toute discussion ferme avec un acquéreur est le meilleur rempart. Ce choix de séquence — apporter avant ou après la vente — fait l'objet d'un guide dédié, à lire avant de fixer votre calendrier.

Mieux encore : si vous pouvez faire en sorte que la holding conserve les titres plus de 3 ans avant de céder, le report devient inconditionnel — aucune obligation de remploi, trésorerie placée librement. C'est la situation idéale, et elle récompense l'anticipation. À défaut, il faut intégrer dès le départ le calibrage du remploi (levier 2). Dans tous les cas, gardez en tête que toute cession réalisée à compter du 21/02/2026 relève du régime durci : on ne structure plus au regard d'un « calendrier à 60 % ».

À retenir : apporter tôt, vendre plus tard

Si vous ne deviez retenir qu'une chose : montez la holding et apportez les titres très en amont, idéalement plus de 3 ans avant la cession envisagée. Vous supprimez la contrainte de remploi, vous gardez la main sur le placement du produit, et — bonus décisif — vous construisez la meilleure assurance anti-abus. Pour la mécanique des délais, voyez nos guides le délai pour réinvestir et la durée de conservation des titres.
§ 5LEVIER 2·4 MIN

Levier 2 — Calibrer et sécuriser le remploi (70 %)

Quand la cession intervient dans les 3 ans, tout se joue sur le remploi. Deux réflexes le sécurisent : sourcer les cibles éligibles en amont, avant même de céder — 36 mois passent vite, une cible repérée trop tard fait tomber le report — et panacher les voies pour franchir le seuil de 70 % du produit sans jouer à la limite.

Mémo express

Les 4 voies de remploi éligibles (art. 150-0 B ter, I, 2°)

  • a) Moyens permanents affectés à une activité opérationnelle (commerciale, industrielle, artisanale, libérale, agricole) — conservation 5 ans.
  • b) Prise de contrôle d'une société opérationnelle soumise à l'IS — conservation 5 ans.
  • c) Souscription en numéraire au capital d'une société opérationnelle éligible — conservation 5 ans.
  • d) Parts de FCPR / FPCI / SLP / SCR (capital-investissement ; fonds éligibles au sens de l'art. 163 quinquies B, dont l'actif doit respecter le quota d'investissement requis par l'art. 150-0 B ter, de l'ordre de 75 %) — parts conservées 5 ans.

En pratique, beaucoup d'opérations combinent le direct (voies b et c, pour reprendre ou financer une activité que l'on connaît) et les fonds (voie d, pour compléter le seuil sans devoir tout piloter soi-même). Le détail des actifs figure dans notre guide les actifs éligibles au remploi ; pour les fonds, voyez les FCPR éligibles au 150-0 B ter et notre panorama du private equity ; pour le direct, réinvestir dans une PME ou une ETI.

SCPI et immobilier locatif : exclus (et l'erreur numéro 1)

La loi de finances 2026 a resserré la liste des activités éligibles. Sont désormais exclus : les activités financières, la gestion de son patrimoine mobilier ou immobilier, la construction-vente et le marchand de biens, l'immobilier de rendement et la location, ainsi que les activités à tarif réglementé de rachat d'énergie (le renvoi se fait à l'art. 199 terdecies-0 A CGI). En clair : la SCPI que votre banquier va vous proposer, ou l'immeuble locatif, ne comptent pas comme remploi — c'est l'erreur qu'on rattrape le plus souvent. Seule exception notable : l'hôtellerie exploitée, qui reste une activité commerciale éligible. Le Conseil d'État l'a jugé de longue date pour la location patrimoniale (CE 19/04/2022, n° 442946, rendu sous le sursis de l'art. 150-0 B, mais transposable à l'esprit du remploi). Détails dans nos guides SCPI et 150-0 B ter et immobilier et 150-0 B ter.

Note de méthode : le private equity fige l'impôt, pas le rendement

Les fonds FCPR et FPCI éligibles au remploi sont des placements de capital-investissement : illiquides sur plusieurs années et porteurs d'un risque de perte en capital. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures, et nous ne recommandons ici aucun fonds nommé. L'avantage fiscal du report est acquis indépendamment du rendement obtenu, mais il ne transforme pas un placement risqué en placement garanti : la logique fiscale et la logique financière se raisonnent séparément.
Hagnéré Patrimoine

Sourcer et sécuriser votre remploi de 70 %

Un conseiller en gestion de patrimoine vérifie votre calendrier, calcule le seuil exact (70 % du produit), identifie les cibles éligibles (et écarte les exclus comme les SCPI) et panache direct et fonds pour tenir le délai de 36 mois.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 6LEVIER 3·3 MIN

Levier 3 — Donner de la substance à la holding

Un montage peut être parfaitement conforme sur le papier et s'effondrer faute de substance. C'est le troisième levier, trop souvent négligé. L'administration ne redresse pas l'apport-cession en tant que tel — il est parfaitement légal et codifié depuis 2012 — mais les montages de façade : holding passive sans activité réelle, remploi fictif, appropriation des liquidités à titre personnel via un compte courant jamais remboursé. Les armes sont l'abus de droit (art. L. 64 LPF, but exclusivement fiscal) et le mini-abus (art. L. 64 A LPF, but principalement fiscal), avec des majorations de 40 % ou 80 % (art. 1729 CGI).

Holding avec substance (sécurisée)

Créée en amont, objet social large, comptes et organes réels. Idéalement animatrice : elle participe activement à la conduite de la politique de son groupe et contrôle ses filiales opérationnelles. Le remploi est réel et documenté, les liquidités servent un vrai projet. C'est le profil qui résiste à un contrôle.

Holding de façade (exposée)

Constituée juste avant une vente déjà ficelée, sans activité, sans substance. Le prix de cession « redescend » vers l'apporteur (compte courant non remboursé), le remploi est fictif ou dans du non éligible. Terrain de l'abus de droit : majorations 40 / 80 % et déchéance du report.

Une holding animatrice sécurise ET ouvre le Pacte Dutreil

Peu de dirigeants font le lien entre les deux. Une holding réellement animatrice (au sens de la doctrine intégrant la jurisprudence, BOI-ENR-DMTG-10-20-40-10) ne fait pas que protéger l'apport-cession de l'abus de droit : c'est elle, et elle seule, qui ouvre le Pacte Dutreil (levier 4, abattement 75 %) pour la transmission. Autrement dit, le temps passé à donner de la substance à la holding sert deux fois : au contrôle fiscal aujourd'hui, à la donation aux enfants demain. Voyez nos guides la holding française pour l'apport-cession, la holding patrimoniale et, sur les risques, la remise en cause du report.
§ 7LEVIER 4·3 MIN

Levier 4 — Préparer la transmission (purge, donation, Dutreil)

C'est ici que le report peut cesser d'être un impôt seulement décalé. Au décès de l'apporteur qui détient encore les titres de la holding, la plus-value en report est définitivement purgée : elle n'est jamais imposée, et les héritiers reçoivent les titres à leur valeur au jour du décès. Sur la cession à 5 M€ de Marc et Camille (cas 2 ci-dessous), ce sont 1 413 000 € qui ne seront jamais réclamés à personne. Un point technique à faire vérifier au cas par cas : selon certaines analyses, l'attribution des titres au conjoint survivant via un avantage matrimonial (clause de préciput, attribution intégrale de communauté) pourrait ne pas emporter la purge et laisser le report subsister — ce point délicat doit être confirmé au texte avec votre conseil avant toute décision, et ne doit pas fonder à lui seul une stratégie.

L'autre voie ne suppose pas d'attendre le décès : la donation des titres de holding. En donnant ces titres à un enfant qui contrôlera à son tour la holding, l'apporteur lui transfère le report ; l'impôt s'efface une fois que l'enfant a conservé les titres la durée requise. Sous l'ancien régime, cette durée était d'environ 5 ans (remploi direct) et de 10 ans lorsque le report résultait d'un remploi en fonds.

Durées de conservation en donation : un point à confirmer au texte

La loi de finances pour 2026 aurait allongé ces durées de conservation en cas de donation — on évoque 6 ans et 11 ans (remploi en fonds). Par prudence, nous présentons ces valeurs au conditionnel : elles doivent être vérifiées au texte avec votre conseil avant toute décision, car elles conditionnent l'échéancier de votre transmission. Ne bâtissez pas un calendrier de donation sur ce seul point sans confirmation. Détails dans nos guides la donation des titres de holding et le décès et la purge du report.

Le cumul le plus puissant reste le Pacte Dutreil (art. 787 B CGI) : si la holding est animatrice (d'où l'intérêt du levier 3), sa transmission bénéficie d'un abattement de 75 % sur la valeur des titres pour le calcul des droits de mutation à titre gratuit. En articulant apport-cession, donation et Dutreil — avec, souvent, un démembrement (donation de la seule nue-propriété, barème de l'usufruit de l'art. 669 CGI) et l'abattement de 100 000 € par parent et par enfant tous les 15 ans (art. 779 CGI) —, on optimise à la fois l'impôt de plus-value et les droits de donation. C'est l'objet de nos guides apport-cession et Pacte Dutreil et succession.

Les chemins de la plus-value en report : seuls le décès et la donation qualifiée conservée purgent définitivement.
ÉvénementEffet sur le reportCondition
Décès de l'apporteurPurge définitive (PV jamais imposée)Détention des titres au décès
Donation (donataire contrôle)Transfert puis purgeConservation la durée requise (à confirmer LF 2026)
Donation (donataire ne contrôle pas)Imposition immédiate chez le donateur—
Conjoint via avantage matrimonialPurge non automatique — point à confirmer au textePréciput / attribution de communauté
§ 8LEVIER 5·2 MIN

Levier 5 — Piloter la sortie et l'international

Le cinquième levier est surtout un levier de prudence : ne pas défaire soi-même ce qu'on a monté. Tant que le report court, un seul geste rouvre l'impôt : céder (ou faire racheter, ou annuler) vos propres titres de holding. Ce jour-là, la plus-value figée à l'apport redevient imposable au titre de l'année de l'événement, au PFU de 31,4 % (plus, le cas échéant, CEHR et CDHR), sauf en cas de décès. Le jour où Jean-Pierre (cas 3 ci-dessous) vend ses titres de holding, ses 9 000 000 € de plus-value redeviennent taxables à 31,4 %, soit 2 826 000 € qu'il pensait avoir mis à l'abri.

L'international : l'exit tax ne fait pas disparaître le report

Le transfert du domicile fiscal hors de France déclenche l'exit tax (art. 167 bis CGI), qui vise notamment les plus-values placées en report. Les seuils : avoir été domicilié en France au moins 6 des 10 dernières années, et détenir des titres d'une valeur supérieure à 800 000 € ou représentant au moins 50 % des bénéfices d'une société. Le sursis de paiement est automatique vers un État de l'UE ou de l'EEE, et suppose des garanties vers un État tiers. Le report reste un impôt différé : il ne s'évapore pas au départ. Le bon ordre : monter l'apport-cession d'abord, envisager l'expatriation ensuite — et faire chiffrer l'exit tax avant d'acheter le billet. Détails dans nos guides la sortie du report, apport-cession et exit tax et apport-cession de l'expatrié.
§ 9CAS CHIFFRÉS·4 MIN

Trois cas chiffrés : cession à 2, 5 et 10 M€

Assez de principes : voici les mêmes leviers appliqués à trois profils de dirigeants — une PME de services à 2 M€, une ETI industrielle à 5 M€, un groupe familial à 10 M€, chiffrés à l'euro. Mise au point méthodologique : pour rester lisibles, les cas supposent une plus-value proche du prix (prix d'acquisition initial faible face à la valeur d'apport, fréquent quand le dirigeant a créé sa société). Le taux retenu sur la plus-value mobilière 2026 est le PFU de 31,4 % ; les surtaxes CEHR/CDHR sont mentionnées qualitativement. On chiffre le coût évité l'année de la cession — un gain de trésorerie et de capitalisation, pas une économie définitive (sauf décès).

Cas 1 · PME de services · cession 2 000 000 € · PV ≈ 1 900 000 €

Sophie, 52 ans — 596 600 € de trésorerie préservés

Sophie cède sa société de services (créée quasi ex nihilo, prix d'acquisition des titres ≈ 100 000 € → plus-value ≈ 1 900 000 €). Elle a apporté ses titres à sa holding bien en amont.

Vente sèche (sans apport) : 1 900 000 € × 31,4 % = 596 600 € d'impôt immédiat, sans compter la CEHR déclenchée par le pic de RFR.

Avec apport-cession : la plus-value est placée en report → 0 € l'année de l'apport, RFR non majoré. Si la holding cède dans les 3 ans (régime 2026), Sophie remploie 70 % de 2 000 000 € = 1 400 000 € dans 36 mois (conservés 5 ans) ; les 600 000 € (30 %) restants sont libres dans la holding.

Le report préserve ≈ 596 600 € de trésorerie qui continue de travailler dans la holding, sous réserve de tenir le remploi. Voyez le détail dans notre cas pratique d'une cession à 2 M€.

Cas 2 · ETI industrielle · cession 5 000 000 € · PV ≈ 4 500 000 €

Marc & Camille, 58 ans — 1,4 M€ d'impôt reportés, remploi panaché

Marc et Camille cèdent leur ETI (prix d'acquisition ≈ 500 000 € → plus-value ≈ 4 500 000 €).

Vente sèche : 4 500 000 € × 31,4 % = 1 413 000 € immédiats, majorés de la CEHR (jusqu'à 4 %) et du risque de CDHR (imposition minimale ≈ 20 % du RFR) sur une année exceptionnelle → facture réelle nettement supérieure.

Avec apport-cession : report ; remploi de 70 % de 5 000 000 € = 3 500 000 €, panaché — par exemple ≈ 2 000 000 € en prise de contrôle d'une société opérationnelle (voie b) et ≈ 1 500 000 € en fonds FCPR/FPCI éligibles (voie d, conservés 5 ans) ; 1 500 000 € (30 %) laissés libres.

Ici, l'apport-cession ne neutralise pas seulement le PFU : il évite aussi le pic de CEHR/CDHR de l'année. Analyse complète dans notre cas pratique d'une cession à 5 M€.

Cas 3 · Groupe familial · cession 10 000 000 € · PV ≈ 9 000 000 € · transmission

Jean-Pierre, 63 ans — le report, Dutreil et la purge combinés

Jean-Pierre cède son groupe familial (prix d'acquisition ≈ 1 000 000 € → plus-value ≈ 9 000 000 €) et veut d'abord transmettre à ses deux enfants.

Vente sèche : 9 000 000 € × 31,4 % = 2 826 000 € immédiats, plus CEHR (4 % au-delà des seuils) et CDHR.

Avec apport-cession + holding animatrice + transmission : report ; remploi de 70 % = 7 000 000 € ; puis donation de la nue-propriété des titres de holding aux deux enfants (abattement de 100 000 € par enfant, barème de l'usufruit de l'art. 669) sous Pacte Dutreil (abattement 75 %) ; au décès, purge définitive du report.

Sur les grosses cessions patrimoniales, l'optimum combine report + Dutreil + purge : l'impôt de plus-value peut n'être jamais payé — mais cela reste un report jusqu'au dénouement. Voyez notre cas pratique d'une cession à 10 M€ et le guide apport-cession et Pacte Dutreil.

Ce que disent ces trois cas

Le report est un gain de trésorerie et de capitalisation, pas une économie définitive — sauf au décès. Il libère un capital qui continue de travailler dans la holding au lieu d'être amputé d'un tiers, et il neutralise le pic de surtaxes de l'année de cession. Sa pleine valeur se révèle quand on l'articule avec la transmission (Dutreil, purge). Ces montants sont des ordres de grandeur pédagogiques, pas des simulations personnalisées : le résultat réel dépend du prix d'acquisition exact, de la CEHR/CDHR et du régime applicable à votre cession.
§ 10LES PIÈGES·2 MIN

Les 5 pièges qui font tomber le report

Un dirigeant peut avoir tout bien fait — apport en amont, holding animatrice, 70 % remployés — et perdre le report sur un seul faux pas. Chacun des cinq pièges ci-dessous suffit, à lui seul, à rendre l'impôt immédiatement exigible, parfois assorti d'intérêts de retard et de majorations. Les voici, dans l'ordre où on les rencontre.

Cinq erreurs, cinq façons de perdre le bénéfice du report. Une seule suffit.
#Le piègeLa conséquence
1Céder avant d'apporter (ou apport tardif d'une vente déjà ficelée)Requalification en abus de droit, majorations 40 / 80 %
2Sous-calibrer le remploi (moins de 70 % du produit)Déchéance TOTALE du report (règle binaire)
3Remployer dans du non éligible (SCPI, immobilier locatif, gestion de patrimoine)Fin du report, plus-value imposable
4Holding sans substance (façade, remploi fictif)Abus de droit (L. 64 / L. 64 A LPF), majorations
5Céder ses titres de holding trop tôtExpiration du report, PFU 31,4 % au lieu de la purge

Une seule de ces cinq erreurs rend l'impôt immédiatement exigible

Contrairement au calibrage du remploi, ces pièges ne se compensent pas : il n'existe pas de « demi-report ». C'est pourquoi la sécurisation en amont — calendrier, substance, sourcing des cibles — vaut bien mieux qu'un rattrapage a posteriori. L'angle négatif détaillé (les erreurs et comment les corriger) fait l'objet de notre guide la remise en cause du 150-0 B ter.
§ 11CHECKLIST·2 MIN

Votre checklist d'optimisation 2026 (récapitulatif)

Les 5 leviers en un coup d'œil

De l'apport à la transmission : la séquence à suivre

  • 1. Calendrier — apporter avant tout engagement ferme ; viser une détention > 3 ans pour un report inconditionnel.
  • 2. Remploi — si cession dans les 3 ans : 70 % du produit, 36 mois, conservation 5 ans, actifs éligibles (jamais de SCPI ni d'immobilier locatif).
  • 3. Substance — holding réellement animatrice ; écarter l'abus de droit (L. 64 / L. 64 A LPF).
  • 4. Transmission — purge au décès, donation (durées à confirmer), Pacte Dutreil à 75 %.
  • 5. Sortie — ne pas céder ses titres de holding trop tôt ; anticiper l'exit tax (art. 167 bis) en cas d'expatriation.

Note de méthode et de déontologie

Ce guide est un contenu informatif, non un conseil individualisé. Le 150-0 B ter est un report (impôt différé), jamais une exonération : il n'est purgé qu'au décès ou par donation qualifiée conservée, et il peut être remis en cause (montage de façade, remploi non éligible). Le private equity (FCPR, FPCI) est illiquide et comporte un risque de perte en capital ; nous ne recommandons ni ne classons aucun fonds ni aucune SCPI. Chaque situation appelle une étude au cas par cas et une vérification au texte (notamment les durées de conservation en donation issues de la LF 2026).
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Sources et références légales

  • CGI — le report d'imposition

    Art. 150-0 B ter CGI (report ; contrôle III-2° ; soulte ≤ 10 % ; engagement de remploi I ; donation ; déclaration). Art. 150-0 B CGI (sursis en l'absence de contrôle, sans purge au décès). Art. 150-0 A et 200 A CGI (plus-value mobilière, PFU 12,8 %). Art. 163 quinquies B CGI (définition des fonds FCPR/FPCI/SCR/SLP éligibles ; quota d'investissement requis d'environ 75 % posé par l'art. 150-0 B ter). Art. 199 terdecies-0 A CGI (activités éligibles). Art. 167 bis CGI (exit tax). Doctrine : BOI-RPPM-PVBMI-30-10-60.

  • Transmission et surtaxes

    Art. 787 B CGI (Pacte Dutreil, abattement 75 %, holding animatrice ; BOI-ENR-DMTG-10-20-40-10). Art. 779 CGI (abattement 100 000 € en ligne directe). Art. 669 CGI (barème de l'usufruit). Art. 223 sexies CGI (CEHR) et art. 224 CGI (CDHR). Art. 238 quindecies et 150-0 D ter CGI (exonérations de cession, à distinguer du report).

  • Fiscalité 2026 et abus de droit

    LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30/12/2025 : CSG du capital 10,6 %, prélèvements sociaux 18,6 %, PFU 31,4 %). LF 2026 (loi n° 2026-103 du 19/02/2026 : remploi 70 %, délai 36 mois, conservation 5 ans, activités éligibles resserrées). LF 2019 (loi n° 2018-1317 du 28/12/2018 : régime antérieur 60 % / 24 mois / 12 mois). Art. L. 64 et L. 64 A LPF et art. 1729 CGI (abus de droit, majorations 40 / 80 %).

  • Jurisprudence

    CE 3e-8e ch., 19/04/2022, n° 442946 : la réutilisation patrimoniale (location meublée) n'est pas un réinvestissement économique. Rendu sous le sursis de l'art. 150-0 B, ce principe éclaire l'exigence de remploi économique du 150-0 B ter, sans être un arrêt rendu sur ce dernier texte.

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine, cabinet basé à Bassens). Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d'investissement au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Le report de l'article 150-0 B ter est un impôt différé, jamais une exonération : il redevient exigible à la sortie et n'est purgé qu'au décès ou par donation qualifiée. Tout apport-cession doit faire l'objet d'une étude individualisée (éligibilité du report, calendrier, contrôle, calibrage du remploi, abus de droit, transmission). Les investissements de capital-investissement (FCPR, FPCI) sont illiquides et comportent un risque de perte en capital : les performances passées ne préjugent pas des performances futures, et aucun fonds ni produit n'est recommandé ici. Les chiffres et taux cités sont à jour au 9 juillet 2026 mais peuvent évoluer (LF/LFSS annuelles, doctrine BOFiP, jurisprudence). Certaines durées de conservation en cas de donation sous le régime issu de la loi de finances pour 2026 restent à confirmer au texte avec votre conseil. Les cas chiffrés sont des ordres de grandeur pédagogiques, non des simulations personnalisées.

Foire aux questions

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