Monaco ne se résume ni à une adresse ni à « zéro impôt »
La feuille de décision à remplir avant toute opération
- Listez les nationalités actuelles et passées de chaque membre du foyer, les dates de résidence et les justificatifs disponibles.
- Séparez quatre questions : droit de séjour, résidence fiscale, protection sociale et droit de commercialiser un produit.
- Identifiez le prochain acte difficile à défaire : départ, vente, apport, distribution, rachat, donation, achat ou prise de fonction.
- Cartographiez chaque actif, dette, société, trust, contrat et revenu avec son propriétaire, sa source et son pays de tenue.
- Exigez une conclusion écrite du professionnel habilité lorsque la réponse engage le droit fiscal, civil, social ou monégasque.
Monaco est un cas singulier dans une collection de guides d’expatriation. La Principauté est un État souverain, mais la relation avec la France repose sur plusieurs textes spécialisés et non sur une convention fiscale générale de modèle courant. Le régime d’un ressortissant français peut être radicalement différent de celui de son conjoint étranger vivant sous le même toit. Une société, un immeuble français, un compte, un salaire ou une succession peuvent ouvrir une règle distincte. C’est pourquoi une simulation bâtie sur la seule adresse « Monaco » est presque toujours incomplète.
Ce guide ne promet ni résidence, ni économie fiscale, ni accès à une banque privée ou à un contrat. Il donne un ordre de travail. La première étape consiste à prouver les faits ; la deuxième à qualifier le régime personnel ; la troisième à mesurer chaque flux et chaque actif ; la dernière seulement à comparer des structures ou des placements. Pour un patrimoine important, le coût d’une conclusion trop rapide dépasse souvent le coût de la validation préalable.
| Votre moment | À lire d’abord | Acte à suspendre |
|---|---|---|
| Projet encore réversible | Chapitres 2 à 7 : nationalité, installation, résidence et départ | Bail long, cession, apport, distribution ou changement de gouvernance |
| Installation en cours | Chapitres 3, 4, 8 et 14 : pièces, statut fiscal, revenus et banque | Transformer une exigence commerciale en règle légale |
| Déjà résident | Chapitres 9 à 24 selon vos actifs et événements | Régulariser ou restructurer sans chronologie ni valorisation |
| Retour ou départ vers un pays tiers | Chapitres 23 à 25 | Fermer comptes, contrats ou sociétés avant d’avoir figé les valeurs d’entrée |
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Le test de qualité d’une recommandation
- Le statut est établi personne par personne, pas pour un « foyer Monaco » abstrait.
- Les impôts de source étrangère figurent dans le calcul, même lorsque Monaco n’impose pas le revenu.
- Les coûts de logement, de banque, de conseil, de conformité et de sortie sont visibles.
- Un scénario de refus, de retour en France et de changement de droit est chiffré.
Commencer par la matrice personnelle : nationalité, dates et continuité
Le premier document du dossier n’est pas un bilan patrimonial. C’est une matrice des personnes. Elle indique, pour chacun, les nationalités actuelles et antérieures, la date d’acquisition ou de perte éventuelle, les lieux de résidence depuis l’origine, le statut matrimonial, les enfants, l’activité, les mandats sociaux et les pays dans lesquels des obligations déclaratives peuvent subsister. Deux époux vivant à Monaco peuvent relever de traitements fiscaux différents ; une déclaration commune dans un pays ne doit donc pas être supposée.
Pour les Français, l’article 7 de la convention du 18 mai 1963 doit être lu dans sa version applicable et avec ses textes d’interprétation. Il ne faut pas remplacer cette lecture par une formule publicitaire sur les « Français privilégiés », la naissance à Monaco ou la double nationalité. Les exceptions historiques supposent des faits et des preuves précis. Une nationalité acquise, perdue ou recouvrée, une filiation ou une rupture de continuité peut exiger une analyse nominative. Le dossier BOFiP France–Monaco constitue un point de départ officiel, pas une consultation sur un cas particulier.
| Champ | Pièces à réunir | Question à faire conclure |
|---|---|---|
| Nationalité | Actes d’état civil, passeports, naturalisations, renonciations | Quel statut aux dates fiscalement pertinentes ? |
| Résidence historique | Baux, titres, factures, scolarité, emploi, certificats | La continuité et l’ancienneté requises sont-elles démontrées ? |
| Famille | Mariage, contrat, PACS étranger, divorce, enfants | Qui est imposé, protégé ou héritier dans chaque pays ? |
| Activité | Contrats, calendriers de jours, mandats, pouvoirs | Où sont exercées les fonctions et prises les décisions ? |
La double nationalité n’est pas un bouton fiscal
Résider à Monaco : logement, ressources et procédure ne forment pas un forfait
L’installation administrative repose notamment sur une identité régulière, un logement adapté, des ressources suffisantes et des justificatifs de bonne moralité ou de situation. Le dossier varie selon la nationalité, la provenance, l’activité, la composition familiale et le titre sollicité. Les ressortissants de l’Espace économique européen et les ressortissants de pays tiers ne suivent pas nécessairement le même chemin. Il faut lire les exigences du service public monégasque et confirmer la liste au moment du dépôt.
Pour un ressortissant hors Espace économique européen, le parcours peut commencer avant Monaco par un visa de long séjour de type D, instruit dans le cadre indiqué par France-Visas. La dispense éventuelle, le visa, la carte et le droit au travail sont quatre contrôles différents. Le conjoint, les enfants et les autres personnes à charge doivent avoir leur propre ligne dans le rétroplanning : le titre ou le dossier du demandeur principal ne produit pas automatiquement la résidence de toute la famille.
Le marché transforme souvent l’exigence de ressources en un chiffre de dépôt bancaire présenté comme officiel. C’est dangereux. Une banque fixe ses propres seuils d’entrée, de dépôt, de gestion et de rentabilité commerciale. L’administration apprécie un dossier au regard de ses règles. Ces deux décisions peuvent se croiser sans se confondre. Demandez donc deux documents séparés et datés : la liste administrative et les conditions de la banque. Ajoutez au budget le logement réel, les garanties, les frais d’agence, les travaux, la scolarité, la couverture santé, les conseils et la liquidité immobilisée.
| Dossier | Preuve utile | Erreur fréquente |
|---|---|---|
| Logement | Bail enregistré, titre, attestation d’hébergement recevable | Signer avant d’avoir testé la recevabilité et le coût de sortie |
| Ressources | Activité, pension, prise en charge ou attestation bancaire adaptée | Croire à un seuil universel ou à une résidence garantie |
| Famille | Pièces d’état civil traduites ou apostillées si requis | Préparer seulement le demandeur principal |
| Calendrier | Rendez-vous, validité des pièces, remise du titre | Faire coïncider artificiellement installation et résidence fiscale |
Une autorisation de séjour ne détermine pas seule la résidence fiscale, et un certificat fiscal ne tranche pas nécessairement les obligations d’un autre État. Conservez l’intégralité du dossier, notamment les dates de demande, de logement effectif, d’arrivée du foyer, de début d’activité et de délivrance des documents. Cette chronologie servira à toutes les analyses suivantes.
Distinguer résidence administrative, fiscale et assujettissement français
Trois propositions peuvent être vraies en même temps : une personne réside légalement à Monaco, Monaco la considère comme résidente pour certaines attestations, et la France continue de l’imposer selon un régime conventionnel spécial. La résidence fiscale ne se déduit donc pas mécaniquement de la carte de séjour, du nombre de nuits, du bail ou du certificat. Pour un Français, la question centrale est l’application de l’article 7. Pour un non-Français, il faut tester les règles des États qui pourraient encore revendiquer une résidence, une citoyenneté fiscale ou une imposition à la source.
Le dossier probatoire doit suivre la vie réelle : lieux d’habitation disponibles, présence de la famille, activité, pouvoirs de direction, dépenses, santé, scolarité, télécommunications, déplacements et centres d’intérêts. Aucun de ces indices n’est un talisman. L’objectif est de produire une chronologie cohérente et de faire appliquer le bon texte. Lorsqu’un autre pays est en jeu, ne supposez pas qu’une convention bilatérale avec Monaco existe ou qu’elle comporte une clause de départage identique à celle du modèle OCDE.
Le certificat monégasque à des fins de formalités fiscales répond lui-même à des critères et à une durée propres. Selon le texte, le séjour habituel peut notamment être documenté par au moins 183 jours, ou, dans certaines configurations, par une présence à Monaco plus longue que dans tout autre pays ; le foyer ou le centre principal des activités peuvent aussi compter. Ce certificat n’est donc ni un simple compteur de nuits, ni une décision opposable à toutes les administrations étrangères. Conservez consommations, déplacements et preuves du centre de vie au lieu de chercher une seule pièce « décisive ».
Le « test des 183 jours » ne suffit pas
| Question | Qui peut répondre ? | Livrable attendu |
|---|---|---|
| Droit de séjour | Autorité monégasque / conseil compétent | Liste officielle, dossier et décision |
| Statut France–Monaco | Avocat fiscaliste ou conseil habilité sur les faits | Note citant article 7, avenants, doctrine et période |
| Résidence dans un troisième État | Conseil du pays concerné | Analyse interne puis conventionnelle si un texte existe |
| Preuve bancaire CRS | Établissement et conseil fiscal | Auto-certification cohérente avec la conclusion fiscale |
Comprendre l’architecture France–Monaco sans inventer une convention générale
La relation fiscale franco-monégasque doit être lue texte par texte. La convention du 18 mai 1963 traite notamment de l’imposition de personnes physiques françaises et de certaines règles de coopération. L’avenant signé en 2003 a étendu le dispositif à l’impôt de solidarité sur la fortune et ses successeurs selon son champ. La convention du 1er avril 1950 concerne les droits de succession. D’autres accords touchent les salaires, la TVA, la sécurité sociale ou l’assistance. Aucun ne doit être extrapolé au-delà de son objet.
Cette architecture change la méthode. Dans une mobilité franco- espagnole classique, on analyse souvent les deux droits internes puis la convention générale pour répartir les revenus. À Monaco, il faut d’abord identifier le texte spécialisé pertinent et vérifier ce qu’il ne couvre pas. Un revenu de source américaine, une donation entre vifs, un trust, un compte détenu par une société ou la commercialisation d’un produit peuvent dépendre d’autres règles.
| Texte | Objet principal | Ce qu’il ne faut pas conclure |
|---|---|---|
| Convention du 18 mai 1963 | Régime fiscal franco-monégasque, notamment article 7 | Qu’elle exonère ou répartit tous les revenus comme une convention OCDE ordinaire |
| Avenant de 2003 | Extension patrimoniale et coopération selon son champ | Que tout résident de Monaco a automatiquement une assiette IFI française ou seulement française |
| Convention du 1er avril 1950 | Droits de succession | Qu’elle règle les donations ou tous les prélèvements sur l’assurance-vie |
| Accords sociaux et salariaux | Affiliation ou traitement de certains revenus d’activité | Qu’une affiliation sociale décide de tous les impôts |
Dans toute note, inscrivez la date de consolidation du texte, les impôts visés, la période, la nationalité et les faits. Une citation isolée de l’article 7 n’est pas suffisante si la question porte sur l’IFI, une succession, une société ou un bénéficiaire d’assurance-vie. Les inconnues doivent rester visibles jusqu’à la validation.
Année du départ : figer les faits avant de déplacer les opérations
Avant la mobilité, exportez les données qui deviennent difficiles à obtenir après un changement d’adresse : prix de revient des titres, historiques de versements, plus-values en report, BSPCE, actions gratuites, stock-options, pactes, contrats, dettes, valeurs immobilières et décisions de société. Photographiez la situation à plusieurs dates possibles. Le départ physique, l’installation administrative et la date retenue fiscalement peuvent ne pas coïncider.
Un Français relevant de l’article 7 peut rester imposé en France comme s’il y avait son domicile. Pour un autre profil, les règles françaises de l’année de départ, de source française et les obligations postérieures doivent être appliquées. La bonne question n’est donc pas « faut-il vendre avant ou après Monaco ? », mais « quel statut, quelle source, quelle assiette et quelles obligations s’appliquent dans chaque calendrier ? ».
| Événement | Données à figer | Risque si l’ordre est mauvais |
|---|---|---|
| Cession ou apport | Valeur, prix de revient, négociations, report, participation | Résidence contestée, exit tax ou double lecture de la plus-value |
| Distribution | Décision, résultat distribuable, bénéficiaire, retenue | Source et taux supposés sans analyse du statut personnel |
| Rachat d’un contrat | Primes, produits, date, assureur, résidence du souscripteur | Fiscalité, prélèvements ou déclaration mal qualifiés |
| Donation | Donateur, donataire, domiciles, bien, antériorité | Croire que la convention successorale de 1950 couvre l’acte |
Ne fabriquez pas la preuve après l’opération
Exit tax : tester le champ actif par actif et suivre le sursis
L’article 167 bis du CGI ne frappe pas indistinctement tout patrimoine au départ. Il vise certaines participations, valeurs mobilières et plus-values en report lorsque les conditions personnelles et les seuils du millésime sont remplis. Il faut reconstruire la durée de résidence antérieure, les détentions directes et indirectes, les reports, la valeur de marché et les événements futurs. Un contrat d’assurance-vie ne se confond pas avec une participation sociale ; un rachat voisin peut néanmoins produire son propre impôt.
L’embranchement français vient avant le calcul : lorsqu’un ressortissant français reste imposé en France comme s’il y était domicilié au titre de l’article 7, l’installation à Monaco peut ne pas constituer le transfert de domicile fiscal exigé pour déclencher l’exit tax. Pour une personne qui quitte réellement la France, il faut au contraire repartir du dispositif officiel en vigueur l’année du départ, puis regeler seuils, formulaires et suivi. Préparer une déclaration « par sécurité » sans avoir conclu le statut n’est pas une méthode.
Le sursis de paiement n’est pas une disparition de l’impôt. La destination, les garanties éventuelles, les déclarations, la durée de suivi, les cessions, donations, remboursements ou transferts ultérieurs doivent être qualifiés selon le droit en vigueur au départ et à l’événement. Monaco ne doit pas être assimilé automatiquement à un État membre de l’Union européenne pour appliquer une procédure conçue pour l’UE ou l’EEE.
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Dossier exit tax minimal
- Historique de résidence fiscale sur la période légale.
- Table de capitalisation, détentions indirectes et valeurs justifiées.
- Registre des plus-values en report et opérations antérieures.
- Scénarios de cession, donation, remboursement et retour.
- Calendrier déclaratif avec responsable et preuve de dépôt.
Le calcul doit conserver plusieurs scénarios : absence de départ fiscal, départ avec assujettissement français conventionnel, départ effectif avec sursis et opération réalisée plus tard. Changer une hypothèse de résidence sans recalculer l’ensemble produit un faux résultat précis.
Revenus des personnes : construire une matrice par flux
Monaco ne prélève pas d’impôt général sur le revenu des personnes physiques dans les situations ordinaires hors régime français. Cela ne signifie pas qu’un résident non français ne paie aucun impôt. Le pays de source peut taxer un salaire, un loyer, un dividende, un intérêt, une pension ou une plus-value. Une citoyenneté, un ancien domicile, un trust ou une société peut créer une autre obligation. Pour un Français visé par l’article 7, la France conserve une imposition comparable à celle d’un résident selon le texte applicable.
Une matrice de revenus doit donc remplacer le slogan. Pour chaque ligne, indiquez propriétaire, payeur, pays de source, établissement teneur, devise, retenue, pays de déclaration, prélèvements sociaux, crédit éventuel et pièce justificative. Faites varier l’hypothèse de statut personnel. Le même dividende peut produire trois lectures différentes selon que son bénéficiaire est français visé par l’article 7, conjoint étranger ou personne encore résidente d’un troisième État.
| Flux | Questions indispensables | Pièces |
|---|---|---|
| Salaire / bonus / actions | Où le travail et les fonctions sont-ils exercés ? Quelle période acquiert le droit ? | Contrat, calendrier, plans, paie, attestations sociales |
| Dividende / intérêt | Quelle société ou banque paie ? Quelle retenue et quel bénéficiaire effectif ? | Décision, relevé, formulaire de retenue, structure de détention |
| Pension | Nature publique ou privée ? État payeur ? régime personnel ? | Titre de pension, caisse, résidence, retenues |
| Plus-value | Nature du bien, source, date, prix de revient, exit tax ? | Actes, historique, valorisations, déclarations |
L’absence de crédit d’impôt peut rendre la retenue définitive
IFI : ne jamais résumer Monaco à la règle des non-résidents
Pour un non-résident ordinaire, l’IFI français se concentre en principe sur les actifs immobiliers français lorsque le seuil et les conditions sont remplis. Mais Monaco impose un embranchement préalable. L’article 7, paragraphe 3, vise notamment les ressortissants français ayant transféré leur domicile ou leur résidence à Monaco à compter du 1er janvier 1989 ; selon leur situation et la continuité de la résidence, ils peuvent relever d’une assiette comparable à celle d’un résident de France. Les situations antérieures exigent une analyse distincte. Une réponse unique « seulement les biens français » est donc dangereuse. La doctrine BOFiP sur les personnes physiques à Monaco doit être relue dans sa version courante avant le calcul.
Le travail se fait au 1er janvier, personne par personne puis au niveau du foyer IFI applicable. Il faut identifier les immeubles, droits, parts de SCI, sociétés opérationnelles contenant de l’immobilier, SCPI, OPCI, contrats rachetables exposés à l’immobilier, démembrements, dettes et actifs professionnels allégués. La localisation de la société ne suffit pas : la composition et les règles de transparence ou de prépondérance doivent être examinées.
| Étape | Question | Sortie |
|---|---|---|
| 1. Statut | Le contribuable relève-t-il de l’article 7 et de l’extension patrimoniale ? | Note personnelle et datée |
| 2. Inventaire | Quels actifs donnent une exposition immobilière directe ou indirecte ? | Registre au 1er janvier |
| 3. Valeur | Quelle valeur de marché et quelle décote sont défendables ? | Dossier de valorisation |
| 4. Passif | Chaque dette est-elle liée, réelle, exigible et légalement déductible ? | Table de déductibilité |
Une stratégie patrimoniale ne doit pas commencer par fabriquer une dette ou interposer une société. Elle commence par le champ personnel, la valeur, l’usage, le rendement, la transmission et les contraintes de liquidité. Toute économie simulée doit inclure frais, risque de requalification et scénario de sortie.
Salaires, bonus et actions : le lieu de travail reste un fait
Un contrat monégasque, une paie française ou une adresse de résidence ne répond pas à toutes les questions. Reconstituez les jours de travail physique, les fonctions, l’employeur économique, les refacturations, les déplacements et les périodes d’acquisition des rémunérations différées. Un bonus payé après l’installation peut rémunérer une période antérieure. Des actions acquises sur plusieurs années peuvent devoir être ventilées.
Les salariés habitant en France et travaillant à Monaco relèvent de règles spécifiques ; les résidents de Monaco ne doivent pas leur être assimilés sans vérification. La nationalité française et l’article 7 créent encore un embranchement. Enfin, les retenues sur salaire, la paie, le droit du travail et la sécurité sociale sont des couches distinctes. Un résultat fiscal n’autorise pas une paie incohérente.
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Registre annuel des rémunérations
- Calendrier des jours par pays et nature de fonction.
- Période d’acquisition de chaque bonus, RSU, option ou carried interest.
- Employeur contractuel, employeur économique et entités refacturées.
- Affiliation sociale, attestations et couverture des ayants droit.
- Déclarations et retenues attendues dans chaque pays.
Le télétravail change plusieurs dossiers
Diriger une société depuis Monaco : documenter les fonctions et la substance
Vivre à Monaco ne transfère pas une société française. À l’inverse, conserver un siège statutaire en France ne neutralise pas une direction quotidienne exercée depuis la Principauté. Les lieux de décision, les pouvoirs bancaires, la négociation des contrats, les équipes, les locaux, les risques, la propriété intellectuelle et les clients forment un faisceau de faits. Ils peuvent affecter résidence de l’entreprise, établissement stable, TVA, paie, retenues et prix de transfert.
Le journal de gouvernance doit être contemporain. Il mentionne qui décide, où, avec quelles informations et quelles signatures. Une réunion annuelle ou un procès-verbal standardisé ne compense pas une direction effective ailleurs. Si une holding ou une société monégasque est envisagée, son utilité commerciale, ses moyens, son personnel, ses coûts et les règles d’autorisation doivent précéder l’avantage fiscal allégué.
La doctrine franco-monégasque relative aux entreprises traite notamment de l’établissement stable, de la répartition des bénéfices et de la réalité des opérations entre entités liées. Elle ne remplace pas l’analyse du pays d’un client, d’une filiale ou d’un actif incorporel. Une carte des fonctions doit donc montrer qui développe, vend, décide, finance et supporte chaque risque.
| Risque | Indice à examiner | Mesure de maîtrise |
|---|---|---|
| Direction effective | Décisions stratégiques, banque, contrats, présence du dirigeant | Matrice des pouvoirs et journal daté |
| Établissement stable | Lieu fixe, agent, négociation et conclusion habituelle | Analyse des fonctions et contrats |
| Rémunération | Mandat, travail physique, bonus et avantages | Ventilation fiscale, sociale et de paie |
| Substance | Locaux, équipe, dépenses, gouvernance et risques | Budget réel et preuves opérationnelles |
Une adresse n’est pas une substance
Créer ou reprendre une activité monégasque : l’autorisation avant la structure
Une activité en Principauté ne naît pas seulement d’une immatriculation. Selon sa nature, la nationalité, la forme et les fonctions exercées, une autorisation, une déclaration, un agrément, des locaux ou des qualifications peuvent être nécessaires. La forme sociale ne doit être choisie qu’après avoir confirmé la recevabilité de l’activité, les associés, la direction, la substance et le budget d’exploitation.
Le portail officiel MonEntreprise distingue autorisation ou déclaration d’activité, immatriculation, identification statistique, fiscalité et affiliation sociale. Quant à l’impôt monégasque sur les bénéfices, il ne vise pas indistinctement toutes les sociétés : la nature de l’activité et la part de chiffre d’affaires réalisée hors de Monaco comptent. Les sources officielles n’emploient pas toutes exactement la même formulation autour du seuil de 25 % ; faites confirmer le texte, la méthode de calcul et le taux du millésime au lieu de transformer ce nombre en règle commerciale.
Pour une famille détenant déjà des sociétés françaises ou étrangères, ajoutez la chaîne de valeur : clients, propriété intellectuelle, personnes, décisions, financement et risques. Une entité monégasque facturant des prestations à une société française doit fournir une activité réelle, valorisée et documentée. Sinon, l’économie affichée peut être absorbée par une rectification de résultat, une retenue, la TVA, des cotisations ou une contestation de substance.
| Décision | Validation préalable | Coût souvent oublié |
|---|---|---|
| Exercer en nom propre | Autorisation, activité, local et protection sociale | Assurances, secrétariat, conformité et cessation |
| Créer une société | Forme, capital, objet, dirigeants, bénéficiaires effectifs | Comptabilité, audit, substance et gouvernance |
| Interposer une holding | Objet économique, flux, conventions et pays concernés | Conseils multi-pays, retenues et prix de transfert |
| Déplacer une activité existante | Actifs, contrats, personnel, clientèle et valeur transférée | Fiscalité de sortie et consentement des partenaires |
Le plan d’affaires doit fonctionner avant impôt et dans un scénario défavorable. Il indique chiffre d’affaires réaliste, besoin de personnel, locaux, banques, honoraires, délais d’autorisation et coût d’un refus. Une société créée seulement pour porter un portefeuille familial relève en outre de règles financières, fiscales et anti-abus à analyser séparément.
Banque privée et produits financiers : respecter la frontière CCAF
La Principauté encadre les activités financières. La Commission de Contrôle des Activités Financières publie les établissements agréés et les catégories d’activité autorisées. Le fait qu’un conseil, une banque ou un assureur soit autorisé en France, au Luxembourg ou dans un autre État ne prouve pas qu’il peut démarcher, conseiller ou commercialiser à Monaco. La qualification dépend de l’activité, du territoire, du canal, de la relation préexistante et du champ exact d’éventuelles exceptions. L’initiative du client ne constitue pas, à elle seule, une autorisation générale.
Hagnéré Patrimoine est un cabinet français basé à Chambéry. Ses immatriculations françaises ne constituent ni un agrément CCAF, ni une implantation monégasque. Son rôle peut consister à organiser le dossier, les objectifs et les questions dans les limites autorisées. Lorsqu’une activité relève d’un professionnel agréé en Principauté, celui-ci doit intervenir sous sa propre responsabilité et son propre contrat. Une prise de contact ne préjuge donc pas de la possibilité de recommander ou de distribuer un produit sur le territoire.
Ne confondez pas relation transfrontière et droit de solliciter
| Question | Document attendu | Point d’arrêt |
|---|---|---|
| Qui fournit le service ? | Raison sociale, pays, agrément et catégorie d’activité | Statut vague de « partenaire international » |
| Où et comment ? | Lieu du client, du conseiller et canal de communication | Rendez-vous ou sollicitation avant validation territoriale |
| Quel produit ? | Producteur, distributeur, marché cible et documentation | Promesse d’accès avant acceptation et conformité |
| Qui rémunère qui ? | Convention, honoraires, commissions et conflits | Coût incomplet ou rétrocession non expliquée |
CRS, lutte anti-blanchiment et origine des fonds : préparer la preuve
Monaco participe à l’échange automatique d’informations financières. La confidentialité bancaire ne signifie pas l’opacité fiscale. Les établissements recueillent résidence fiscale, numéros d’identification, nationalités, bénéficiaires effectifs et entités contrôlantes. Une auto-certification incohérente avec la carte de séjour, les déclarations ou les faits peut conduire à des demandes complémentaires, à un refus ou, si les conditions légales sont réunies, aux obligations déclaratives du professionnel.
Pour un patrimoine complexe, construisez un dossier d’origine des fonds avant le transfert : actes de cession, déclarations, successions, dividendes, relevés historiques, organigrammes, conventions de prêt et preuves de valeur. L’établissement peut demander plus que le minimum légal selon son appréciation du risque. Cette exigence commerciale n’est pas une accusation ; elle doit néanmoins être budgétée en temps, traductions et conseils.
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Le passeport de conformité d’un actif
- Propriétaire juridique, bénéficiaire effectif et chaîne de détention.
- Origine économique, date, valeur, impôts déclarés et payés.
- Banques traversées et justificatifs de chaque mouvement important.
- Pays de résidence fiscale et numéros d’identification aux dates utiles.
- Restrictions, nantissements, trusts, usufruits ou pouvoirs de tiers.
Les sanctions, listes de gel, personnes politiquement exposées et règles anti-blanchiment évoluent. L’ Autorité Monégasque de Sécurité Financière publie le cadre et des informations utiles. Une banque peut refuser une relation même si le patrimoine est licite ; diversifier les interlocuteurs ne doit pas servir à contourner un contrôle.
Le statut de Monaco auprès du GAFI est lui aussi volatil. Consultez la dernière page pays publiée par le GAFI au jour du dossier. Une surveillance renforcée n’est ni une « liste noire », ni un appel automatique à refuser toute relation. Elle ne permet inversement de promettre aucun délai ou niveau de contrôle. Le responsable conformité apprécie le risque documenté du client et de l’opération.
Construire le portefeuille après la résidence, les devises et la liquidité
Le lieu de résidence ne dicte pas une allocation. Un portefeuille doit répondre à la devise des dépenses, aux horizons, aux besoins de liquidité, aux engagements immobiliers, aux risques professionnels et à la transmission. Pour une famille installée à Monaco, les dépenses peuvent être en euros tandis que les sociétés, revenus ou projets sont en dollars, francs suisses ou livres. Une allocation mondiale réduit certains risques sans supprimer change, marché ou concentration.
Comparez les solutions à périmètre égal : actifs sous-jacents, frais totaux, fiscalité de source, retenues non récupérables, disponibilité, dépositaire, juridiction, risque de crédit, conseil et sortie. Un mandat bancaire, un fonds, un compte-titres, un contrat d’assurance ou une structure de détention ne rendent pas le même service. La sophistication ne remplace ni la diversification ni la compréhension.
| Dimension | Mesure utile | Stress à imposer |
|---|---|---|
| Liquidité | Mois de dépenses et appels de fonds couverts | Deux ans sans distribution ni cession immobilière |
| Devises | Actifs et dettes par devise économique | Variation de 15 à 25 % sans changer les autres hypothèses |
| Concentration | Entreprise, banque, fonds, secteur et pays | Baisse simultanée de l’actif principal et du revenu |
| Intermédiaires | Dépositaire, gestionnaire, assureur et prêteur | Blocage opérationnel ou changement d’acceptation du pays |
Le rendement brut ne finance pas le train de vie
PEA, assurance-vie et PER : conserver n’est pas conserver le même régime
Avant le changement d’adresse, demandez à chaque établissement s’il accepte la résidence monégasque, dans quelles conditions et pour quels actes. Une enveloppe peut être conservable mais non alimentable, un support indisponible, un conseil restreint ou un transfert refusé. La politique de conformité peut changer sans modification fiscale. Exportez l’historique des versements, primes, dates, lots, déductions et bénéficiaires.
Pour un Français visé par l’article 7, l’imposition française peut continuer, mais les prélèvements sociaux, obligations de déclaration et modalités de paiement doivent encore être qualifiés. Pour un résident d’une autre nationalité, l’absence d’impôt général à Monaco ne suffit pas : source française, retenue, pays d’origine, droit contractuel et futur pays de résidence comptent. Un PER ayant produit une déduction en France ne devient pas automatiquement neutre à la sortie.
| Enveloppe | Avant le départ | Avant une opération |
|---|---|---|
| PEA | Confirmer conservation, titres éligibles et politique du teneur | Tester retrait, clôture, résidence et prélèvements applicables |
| Assurance-vie | Archiver primes, produits, clauses et résidence des parties | Qualifier rachat, décès, source, déclarations et commercialisation |
| PER | Tracer déductions, compartiments et cas de sortie | Comparer rente/capital et fiscalité des deux pays pertinents |
| Compte-titres | Figer prix de revient et retenues par marché | Vérifier source, statut, change et déclaration |
La bonne décision peut être de conserver, cesser d’alimenter, transférer lorsque c’est possible, diversifier le dépositaire ou sortir progressivement. Elle ne peut être prise à partir du seul taux nominal. Incluez frais de contrat, fiscalité du sous-jacent, acceptation territoriale, succession et portabilité vers le prochain pays.
Assurance-vie luxembourgeoise : une architecture, pas une exemption
Un contrat luxembourgeois peut offrir un cadre de dépositaire, ségrégation des actifs, choix de devise et portabilité. Ces caractéristiques ne garantissent ni rendement, ni liquidité, ni neutralité fiscale. La fiscalité suit en grande partie la situation du souscripteur, du bénéficiaire, la source et les règles des pays concernés. Pour un Français relevant de l’article 7, le simple passage par le Luxembourg n’efface pas l’imposition française.
Pour un résident non français, écrire « rachat totalement exonéré » serait encore trop large. Monaco peut ne pas imposer le revenu, mais un autre État peut revendiquer résidence ou source, une retenue peut subsister et la commercialisation doit être licite en Principauté. Au décès, la convention successorale de 1950, les articles 990 I et 757 B du CGI, les domiciles et le lieu des biens exigent une analyse séparée. La qualification d’un prélèvement ne se déduit pas automatiquement de celle des droits de succession.
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Comparaison honnête d’un contrat
- Assureur, dépositaire, triangle de sécurité et régime de protection vérifiés.
- Actifs réellement accessibles, frais de chaque couche et seuils documentés.
- Fiscalité testée pour souscripteur, assuré et bénéficiaires.
- Droit de commercialiser et de conseiller à Monaco confirmé.
- Rachat, nantissement, décès, retour en France et changement de pays simulés.
Le « super-privilège » ne protège pas de tout
Immobilier monégasque : calculer l’usage, la rareté et le coût de sortie
Acheter un logement peut sécuriser l’usage et soutenir un dossier de résidence, mais l’achat ne garantit pas le statut fiscal. Le marché est rare, hétérogène et sensible au statut juridique de l’immeuble, à l’occupation, aux travaux, aux vues, aux charges et aux règles applicables au bien. Une moyenne au mètre carré ne remplace ni une expertise ni l’analyse du titre.
Comparez achat, location et conservation d’un logement ailleurs sur le même horizon. L’achat mobilise droits, honoraires, financement, charges, travaux, assurance et coût d’opportunité. La location supporte dépôt, loyer, indexation, agence et risque de renouvellement. Ajoutez un scénario de départ précoce et un délai de vente prudent. Le loyer économisé n’est pas un rendement sans tenir compte du capital immobilisé.
| Analyse | Données | Scénario défavorable |
|---|---|---|
| Juridique | Titre, régime du bien, occupation, urbanisme et copropriété | Restriction ou travaux plus lourds qu’anticipé |
| Financement | Apport, taux, devise, garanties, covenants | Refinancement impossible ou baisse de valeur |
| Usage | Durée, famille, scolarité, télétravail, accessibilité | Départ après trois ans |
| Sortie | Frais, fiscalité, courtage et liquidité du segment | Vente lente avec décote |
Si une société détient le bien, il faut analyser gouvernance, usage privé, transparence, succession, IFI français éventuel et financement. Une société ne rend pas automatiquement la transmission plus simple et peut ajouter des coûts récurrents. Le notaire ou professionnel local doit conclure sur le titre et l’acte.
Une illustration arithmétique, pas un devis
L’ Observatoire immobilier 2024 de l’IMSEE recensait 365 reventes et une médiane de 3,6 millions d’euros sur son périmètre. Sur cette base historique, un droit de 4,75 % représente 171 000 € ; un taux de 7,5 % prévu dans d’autres cas par la législation représente 270 000 €, soit 99 000 € d’écart avant notaire, agence, financement, travaux et sortie. La loi monégasque de 2023 a notamment porté certains droits de 4,50 % à 4,75 %. Le notaire doit confirmer le taux, l’assiette et la structure de l’opération réelle ; 4,75 % n’est jamais un pourcentage « tout compris ».
| Horizon | Location à additionner | Achat à additionner |
|---|---|---|
| 3 ans | Loyers, charges, dépôt immobilisé, agence, assurance et déménagement | Droits, acte, agence, intérêts, charges, travaux et revente prudente |
| 7 ans | Même base avec indexation et renouvellement | Même base avec coût d’opportunité des fonds propres et entretien |
| 10 ans | Même base, sans supposer le maintien du bail | Valeur nette de revente testée à −10 %, 0 % et +10 % |
Conserver un bien en France : source, IFI, plus-value et gestion
Un logement, un immeuble locatif, des parts de SCI ou de SCPI en France continuent d’ouvrir des règles françaises. Les revenus fonciers, plus-values, prélèvements sociaux, IFI et obligations du représentant fiscal éventuel doivent être analysés selon le statut personnel. Pour un Français de Monaco relevant de l’article 7, partir d’un régime de non-résident standard peut être faux. Pour le conjoint étranger, une autre branche peut s’appliquer.
La détention doit être réexaminée sans restructuration réflexe. Apporter un immeuble à une société, démembrer, refinancer ou vendre crée des droits, des plus-values, des frais et parfois une nouvelle exposition IFI. Comparez conserver, louer, vendre et transmettre avec hypothèses identiques : vacance, travaux, gestion, impôt, dette, liquidité et succession.
| Actif français | Question fiscale | Question patrimoniale |
|---|---|---|
| Résidence conservée | Disponibilité, location, plus-value et statut | Coût d’usage rare et scénario de retour |
| Locatif | Revenu, prélèvements, déficit et convention applicable | Rendement net, gestion et travaux |
| SCI | IR/IS, valeur, dette, distribution et IFI | Gouvernance, liquidité et transmission |
| SCPI / OPCI | Quote-part française, revenus, cession et IFI | Frais, liquidité et concentration immobilière |
La dette n’est pas une économie
Couple et protection : faire dialoguer les droits civils
La mobilité ne modifie pas automatiquement le régime matrimonial, mais elle change les juridictions, preuves et lois susceptibles d’intervenir. Mariage, contrat, partenariat, divorce antérieur, enfants de plusieurs unions et biens détenus dans différents pays doivent être cartographiés. La nationalité et le statut fiscal éventuellement distincts des époux renforcent le besoin de séparer propriété, revenus et obligations.
Vérifiez la loi applicable au régime matrimonial, les pouvoirs sur les comptes et sociétés, la protection en cas d’incapacité, les mandats, les clauses bénéficiaires et les testaments. Un document français peut nécessiter reconnaissance, adaptation ou coordination à Monaco et dans le pays où se situe un bien. Une procuration bancaire ne remplace pas un mandat de protection, et une clause d’assurance-vie ne règle pas toute la succession.
Mémo express
Dossier familial transfrontalier
- Actes d’état civil et conventions de couple à jour.
- Table de propriété juridique et économique de chaque actif.
- Mandats, incapacité, tutelle des enfants et urgence médicale.
- Testaments coordonnés, sans révocation involontaire.
- Clauses bénéficiaires relues avec fiscalité et droit successoral.
Le conseil patrimonial peut organiser les informations et scénarios, mais le notaire ou juriste compétent conclut sur le droit civil. Les documents doivent être relus après mariage, naissance, divorce, acquisition importante, changement de nationalité ou départ vers un autre pays.
Succession et donation : la convention de 1950 a des frontières
La convention franco-monégasque du 1er avril 1950 concerne les droits de succession. Elle répartit certaines catégories de biens selon leur nature et leur situation. Elle ne doit pas être présentée comme une convention générale sur les donations entre vifs, les trusts ou tous les prélèvements liés à l’assurance-vie. Le droit civil applicable, la compétence des autorités et l’impôt sont trois analyses distinctes.
Pour chaque décès simulé, listez défunt, héritiers, domiciles et nationalités, durée de résidence, biens, dettes, sociétés, contrats, trusts et donations antérieures. Appliquez d’abord les règles de rattachement et le texte spécialisé, puis les taux et mécanismes d’imputation. Les taux monégasques dépendent notamment du lien de parenté et de la localisation des biens concernés ; ils ne prouvent pas l’absence d’impôt français.
Pour un défunt français, la convention successorale de 1950 contient une définition propre du domicile à Monaco, qui repose notamment sur au moins cinq années de résidence habituelle au moment du décès, sous exception limitée. Cette durée ne doit pas être remplacée par la résidence retenue pour l’impôt sur le revenu. Les donations entre vifs restent hors de cette convention et repartent des droits internes applicables.
| Outil | Question à résoudre | Risque de raccourci |
|---|---|---|
| Testament | Loi civile, forme, réserve et exécution multi-pays | Croire qu’il décide seul de la fiscalité |
| Donation | Domiciles, bien, donataire, rappel et convention applicable | Étendre la convention successorale de 1950 |
| Assurance-vie | Souscripteur, assuré, bénéficiaire, primes, domiciles et prélèvement | Confondre droits de succession, 990 I et 757 B |
| Société / trust | Propriété, contrôle, transparence, déclarations et valorisation | Masquer un transfert ou ignorer une obligation française |
Une transmission à 0 % n’est jamais une hypothèse par défaut
Retour en France ou troisième pays : fermer Monaco avant d’ouvrir le cycle suivant
Une stratégie portable est conçue dès l’entrée. Avant le départ, demandez quels comptes, mandats, crédits, contrats et sociétés restent acceptés dans le prochain pays. Figez les valeurs, prix de revient, historiques de primes, pertes, reports et dates de résidence. Une banque peut restreindre le service après le changement d’adresse, même si le produit est fiscalement conservable.
Un retour en France réactive ses règles internes et peut modifier l’imposition des rachats, revenus, plus-values, IFI et successions. Il faut aussi vérifier impatriation éventuelle, protection sociale, transfert du foyer, sociétés dirigées depuis la France et année charnière. Ne réalisez pas un rachat, une cession ou une distribution sur la simple intuition que l’opération est « meilleure juste avant » ou « juste après » le retour.
L’impatriation et le régime temporaire d’IFI des nouveaux arrivants exigent notamment une période antérieure de non-domiciliation fiscale en France. Un Français resté imposé en France pendant son séjour à Monaco au titre de l’article 7 peut ne pas satisfaire cette condition. Reconstituez le statut de chacune des cinq années civiles précédentes avant d’inscrire un avantage de retour dans le scénario.
| 90 jours avant | À la date du départ | Après l’arrivée |
|---|---|---|
| Tester acceptation des établissements et permis de séjour | Figer résidence, valeurs, comptes et fonctions | Aligner auto-certifications, paie et déclarations |
| Relire contrats, crédits, clauses et assurances | Archiver preuves de logement et de présence | Contrôler retenues et premiers relevés |
| Comparer trois calendriers d’opérations | Ne pas antidater décisions ou documents | Mettre à jour testaments, mandats et bénéficiaires |
Le pays tiers peut avoir une convention avec la France mais pas avec Monaco, imposer la citoyenneté, taxer les remittances ou requalifier un contrat étranger. Une portabilité commerciale vantée par un établissement ne vaut pas avis fiscal dans le pays d’arrivée.
Comparer les scénarios à faits constants, coûts complets et droit incertain
Un scénario fiable sépare ce qui est certain, paramétré, estimé et à valider. Il utilise les mêmes actifs, rendements, horizons et besoins de vie pour France, Monaco et une autre option. L’impôt n’est qu’une ligne : logement, banque, conseil, conformité, société, assurance, dette, scolarité, santé, voyages et coût du capital immobilisé doivent apparaître.
| Profil | Décision centrale | Stress obligatoire |
|---|---|---|
| Entrepreneur français avant cession | Article 7, exit tax, gouvernance et calendrier de vente | Cession retardée, valorisation en baisse et retour en France |
| Couple franco-étranger | Deux statuts fiscaux, propriété, revenus et transmission | Séparation, décès du premier conjoint et pays tiers |
| Retraité non français | Pensions par source, santé, logement et succession | Dépendance, change et retour auprès des enfants |
| Dirigeant international | Jours de travail, société, paie, social et portefeuille | Contrôle de direction effective et perte d’emploi |
| Famille très immobilière | IFI, liquidité, logement Monaco et biens français | Baisse de 20 %, crédit plus cher et vente lente |
Chaque résultat indique l’auteur de la conclusion, la date du texte, la source et l’inconnue restante. Un montant inconnu ne vaut pas zéro. Utilisez une fourchette ou bloquez la décision jusqu’au devis. Les économies futures sont actualisées et comparées au coût immédiat de la mobilité. Un gain fiscal brut qui disparaît après logement, honoraires et liquidité immobilisée n’est pas une stratégie.
| Calcul | Formule auditable | Hypothèse à rendre visible |
|---|---|---|
| Coût net annuel | Gain fiscal confirmé − impôts résiduels − surcoûts annuels − coûts ponctuels amortis | Le gain fiscal d’un Français article 7 reste à 0 € par défaut |
| Coût d’opportunité | Capital mobilisé × écart de rendement net + frais + coût de liquidité | Rendements nets, risque, horizon et disponibilité comparables |
| Rendement d’un flux | Brut − retenue à la source − impôt résiduel − frais − coût de récupération | Pays, convention, délai de remboursement et change |
| Retour anticipé | Coûts d’entrée + coûts annuels + coûts de sortie − valeur nette récupérée | Retour à 3, 7 et 10 ans sans hausse immobilière automatique |
Exemple purement mécanique : si 2 millions d’euros sont mobilisés dans une relation ou un logement et que l’écart de rendement net prudent avec l’alternative est fixé à 2 %, le coût d’opportunité simple est de 40 000 € par an, soit 280 000 € sur sept ans avant capitalisation. Le 2 % n’est ni une prévision ni un rendement promis : remplacez-le par deux hypothèses documentées et ajoutez frais, fiscalité, risque et liquidité.
Trois scénarios minimum
Les erreurs à éviter, la check-list 90 jours et le registre de sources
| Erreur | Pourquoi elle coûte cher | Correction |
|---|---|---|
| « Monaco = zéro impôt » | Ignore article 7, impôts de source et pays tiers | Matrice personnelle puis matrice de revenus |
| « 183 jours suffisent » | Confond preuve, droit interne et convention | Chronologie complète et texte applicable |
| « Un dépôt garantit la résidence » | Mélange pratique bancaire et procédure publique | Deux listes écrites et scénario de refus |
| « Une société transfère l’activité » | Ignore fonctions, substance et direction effective | Journal de gouvernance contemporain |
| « Le contrat luxembourgeois exonère » | Confond enveloppe, résidence, source et distribution | Fiscalité des parties et droit territorial |
| « La convention 1950 couvre tout » | Étend un texte successoral aux donations et prélèvements | Qualifier séparément chaque impôt et acte |
Check-list avant le premier acte irréversible
Mémo express
Dossier à remettre aux professionnels
- Chronologie de résidence, nationalités et famille, avec preuves.
- Inventaire des revenus, actifs, dettes, sociétés et trusts par pays.
- Calendrier de travail, mandats, pouvoirs et décisions de société.
- Prix de revient, valorisations, reports, contrats et clauses bénéficiaires.
- Liste des opérations envisagées avec trois dates possibles.
- Questions attribuées à un fiscaliste, notaire, conseil social ou acteur agréé.
- Budget complet et scénario de refus, de contrôle ou de retour.
Feuille de route 30 / 90 / 365 jours
| Échéance | Livrable | Feu rouge |
|---|---|---|
| 30 jours | Matrice des personnes, pays, actifs, revenus et actes envisagés | Nationalité, résidence ou source de patrimoine non documentée |
| 90 jours | Avis fiscaux et civils, recevabilité du séjour, offres bancaires et budget | Opération irréversible avant validation coordonnée |
| 365 jours | Déclarations, attestations, gouvernance, portefeuille et plan de retour alignés | Écart entre vie réelle, banque, sociétés et déclarations |
Hiérarchie des sources
Commencez par les textes et autorités : BOFiP France–Monaco, MonServicePublic, CCAF, AMSF et textes français sur Legifrance. Utilisez ensuite doctrine, jurisprudence et documentation contractuelle. Un article de banque, d’agence ou de cabinet peut aider à formuler une question ; il ne remplace pas la source primaire.
Ce guide est arrêté au 25 juillet 2026. Les seuils, procédures, positions administratives, listes d’agréments et politiques d’établissement peuvent changer. Avant chaque décision, consignez la date de vérification, l’URL, la version du document et le professionnel responsable de la conclusion. L’objectif n’est pas de prédire un résultat fiscal : c’est d’empêcher qu’une décision patrimoniale majeure repose sur une phrase sans périmètre.
Frontière de responsabilité

