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Cas pratique chiffré150-0 B ter18 minÀ jour LF 2026

Cas pratique : céder 2 millions d'euros avec le 150-0 B ter

Julien, 52 ans, vend la société qu'il a fondée 2 000 000 €. En vente sèche, 628 000 € partent en impôt (PFU 31,4 %) : il ne lui reste que 1 372 000 € à réinvestir. Via l'apport-cession de l'article 150-0 B ter, il garde environ 2 000 000 € au travail dans sa holding, l'impôt étant reporté. Mais un report n'est pas une exonération. On déroule les chiffres 2026, sans tricher. Par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine (ORIAS 23002291).

CÉDER 2 M€ EN 2026

Chiffrer votre cession vente sèche ou apport-cession

Audit d'apport-cession : impôt exact en vente sèche (PFU 31,4 %, CEHR/CDHR), capital disponible via le report 150-0 B ter, obligation de remploi 2026 (70 % / 36 mois / 5 ans), coût du montage et sort à terme. Sans produit-maison.

Le rendez-vous offert : recueil de votre situation et présentation des mécanismes généraux, sans recommandation personnalisée.

  • Remploi 2026 (70 %) vérifié
  • Sort à terme : expiration ou purge
  • Multi-partenaires, sans produit-maison

Sur lettre de mission signée

  • Vente sèche vs report chiffrés à l'euro

IMPÔT EN VENTE SÈCHE

628 000 €

DISPONIBLE EN HOLDING

~2 000 000 €

CAPITAL EN PLUS AU TRAVAIL

+628 000 €

REMPLOI SI CESSION 3 ANS

70 %

PURGE AU DÉCÈS

100 %

Quentin Hagnéré·Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Cabinet Hagnéré Patrimoine · ORIAS 23002291 · CIF · COA · COBSP

§ 1LE CAS·2 MIN

Le cas : Julien cède son entreprise 2 000 000 €

L'essentiel en 30 secondes

  • Vente sèche : la plus-value est taxée à 31,4 % tout de suite, soit 628 000 € d'impôt et un net de 1 372 000 €.
  • Apport-cession (art. 150-0 B ter) : 0 € d'impôt immédiat et ~2 000 000 € au travail dans la holding, soit +628 000 € de capital.
  • Contrepartie : si la holding revend les titres moins de 3 ans après l'apport, il faut remployer 70 % du produit (1 400 000 €) — règle en vigueur depuis le 21 février 2026.
  • Le report n'est pas une exonération : c'est un impôt différé, purgé seulement au décès (ou par donation qualifiée conservée).

Julien a 52 ans. Il y a vingt ans, il a fondé une société de services et d'ingénierie ; aujourd'hui, un groupe lui propose de la racheter 2 000 000 €. C'est le prix d'une vie de travail — et la première mauvaise surprise tombe aussitôt : sur la plus-value, l'État prélève 31,4 % immédiatement, soit 628 000 € à sortir l'année de la vente — et, si son revenu fiscal de référence grimpe très haut cette année-là, la CEHR et la CDHR peuvent encore alourdir la note au-delà de ce seuil. Un tiers du fruit d'une carrière qui part en un seul virement. L'apport-cession ouvre une autre voie : ne pas payer tout de suite, geler l'impôt, et garder l'intégralité du prix au travail.

Un élément de contexte change tout ici : Julien est un dirigeant actif, il ne part pas à la retraite. Il ne peut donc pas se prévaloir de l'abattement de 500 000 € réservé au dirigeant retraité (article 150-0 D ter CGI, hors sujet ici). Sa vente sèche est intégralement taxée — c'est ce qui rend la comparaison avec l'apport-cession parfaitement honnête, sans exonération cachée qui viendrait fausser le match. Son projet, enfin, n'est pas de consommer le prix mais de le réinvestir dans l'économie (reprendre une PME, entrer dans des fonds) et de transmettre un jour à ses enfants.

Cas fil rouge · Julien · 52 ans · SAS de services · cession 2 000 000 €

Julien — fondateur, dirigeant actif, projet de réinvestissement

Julien cède 100 % des titres de sa SAS pour 2 000 000 €. Comme il a créé la société, le prix de revient de ses titres (le capital de départ) est quasi nul : la quasi-totalité du prix est de la plus-value.

Il veut réinvestir et transmettre, pas encaisser pour dépenser. Sur ce profil, la question n'est pas « payer ou ne pas payer » l'impôt, mais « le payer maintenant ou le faire travailler ». Le 150-0 B ter répond précisément à cette question.

§ 2LA PLUS-VALUE·1 MIN

Étape 1 : calculer la plus-value imposable

Tout part de la plus-value, et non du prix de vente. La plus-value de cession, c'est la différence entre le prix de cession et le prix d'acquisition (ou la valeur de souscription) des titres. Pour un fondateur, le prix d'acquisition se limite au capital initial souscrit à la création : souvent quelques milliers d'euros, parfois moins. La quasi-totalité du prix est donc de la plus-value imposable.

Plus-value de cession

PV = prix de cession - prix d'acquisition des titres
   = 2 000 000 EUR - ~0 EUR (titres crees)
   = 2 000 000 EUR

Chez un fondateur, le prix de revient des titres est faible : la quasi-totalite du prix se transforme en plus-value imposable. Nous retenons donc, pour ce cas, une plus-value egale au prix (2 000 000 EUR).

Nuance honnête : et si les titres avaient coûté cher ?

Si Julien avait racheté ses titres à un prix élevé (opération de LBO, entrée au capital-développement, rachat d'un associé), son prix d'acquisition serait plus important et sa plus-value plus faible. L'écart entre vente sèche et apport-cession se resserrerait d'autant. C'est pourquoi le premier réflexe, avant tout calcul, est de reconstituer le prix de revient exact des titres. Nous raisonnons ici sur le cas le plus fréquent (le fondateur), où la plus-value est proche du prix.
§ 3SCÉNARIO 1·2 MIN

Scénario 1 — La vente sèche : 628 000 € d'impôt

Commençons par la voie directe : Julien vend ses titres, sans rien monter. La plus-value de 2 000 000 € est soumise au prélèvement forfaitaire unique (PFU), la « flat tax » de la plus-value mobilière. En 2026, ce PFU s'élève à 31,4 % : 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux (la CSG du capital a été portée à 10,6 % par la LFSS 2026).

Impôt en vente sèche (PFU 31,4 %)

Impot = PV x 31,4 %
      = 2 000 000 EUR x 31,4 %
      = 628 000 EUR

Net reinvestissable = 2 000 000 - 628 000
                    = 1 372 000 EUR
  • IR forfaitaire (12,8 %) :256 000 EUR
  • Prélèvements sociaux (18,6 %) :372 000 EUR
  • Total impôt :628 000 EUR

Julien encaisse 2 000 000 EUR, paie 628 000 EUR d'impôt, et lui restent 1 372 000 EUR a réinvestir sur son compte personnel.

Prélèvements sociaux : 18,6 %, pas 17,2 %

L'erreur classique. Sur une cession de titres, les prélèvements sociaux sont de 18,6 % en 2026 (la LFSS 2026 a relevé la CSG du capital de 9,2 % à 10,6 %), ce qui porte le PFU total à 31,4 %. Le taux de 17,2 % que l'on lit partout s'applique à l'assurance-vie, aux revenus fonciers et aux plus-values immobilières — pas à la cession de titres. Confondre les deux, c'est sous-estimer la facture de 28 000 € sur ce cas.

Julien pourrait aussi opter pour le barème progressif de l'impôt sur le revenu (article 200 A CGI) plutôt que le taux forfaitaire de 12,8 %. Sur une plus-value de cette ampleur, l'option est rarement favorable : elle projette le gain dans la tranche à 45 %, et les abattements pour durée de détention ont été supprimés pour les titres acquis depuis 2018. On retient donc le PFU. Pour le détail de la hausse des prélèvements sociaux, voyez notre guide loi de finances 2026 : ce qui change pour votre patrimoine.

§ 4LES SURCOUCHES·2 MIN

Et si le revenu fiscal est très élevé ? CEHR et CDHR

L'année où l'on vend, le revenu fiscal de référence (RFR) explose : une plus-value de 2 000 000 € s'y ajoute d'un coup. Or, au-delà du PFU, deux contributions viennent frapper les très hauts revenus. Elles ne changent pas le raisonnement, mais elles alourdissent la vente sèche — et renforcent donc l'intérêt du report, qui les évite à l'instant de la cession.

CEHR et CDHR : les surcouches du très haut revenu

  • CEHR (contribution exceptionnelle sur les hauts revenus, art. 223 sexies CGI) : 3 % sur la fraction de RFR comprise entre 250 000 € et 500 000 € (célibataire) ou 500 000 € et 1 000 000 € (couple), puis 4 % au-delà. Sur un RFR proche de 2 000 000 €, la tranche à 4 % est atteinte. Un mécanisme de quotient pour revenus exceptionnels peut atténuer la note.
  • CDHR (contribution différentielle sur les hauts revenus, art. 224 CGI) : elle vise à garantir une imposition minimale d'environ 20 % du RFR ajusté pour les foyers dont le RFR dépasse 250 000 € (célibataire) ou 500 000 € (couple). Les revenus exceptionnels comme une plus-value ponctuelle ne sont retenus que partiellement dans l'assiette ajustée. Son chiffrage précis est technique et propre à chaque situation : nous ne le chiffrons pas au centime ici.

Le message est simple : pour un très haut RFR, la vente sèche dépasse les 628 000 € du seul PFU. L'apport-cession, en reportant l'intégralité de la plus-value, évite aussi cette surcouche l'année de la cession. Nous gardons toutefois la comparaison principale sur le PFU (628 000 € / net 1 372 000 €), la CEHR et la CDHR restant des couches supplémentaires à évaluer au cas par cas.

§ 5SCÉNARIO 2·3 MIN

Scénario 2 — L'apport-cession : 0 € d'impôt immédiat

Passons au montage proprement dit. Plutôt que de vendre en direct, Julien opère en deux étapes. D'abord, il apporte ses titres à une holding soumise à l'IS qu'il contrôle (il en détient 100 %, très au-dessus du seuil de contrôle de 33,33 %). C'est cet apport qui dégage la plus-value — et c'est précisément elle que le mécanisme du report d'imposition de l'article 150-0 B ter gèle. La plus-value d'apport (~2 000 000 €) est figée, déclarée, mais pas payée : 0 € d'impôt immédiat.

Ensuite, c'est la holding — désormais propriétaire des titres — qui les cède au groupe acquéreur pour 2 000 000 €. Comme la valeur d'apport égale le prix de cession, il n'y a quasiment aucune nouvelle plus-value au niveau de la holding. Résultat : ~2 000 000 € atterrissent dans la holding, disponibles pour être réinvestis, au lieu des 1 372 000 € nets de la vente sèche. La holding réceptrice de l'apport-cession devient le véhicule qui fait travailler ce capital.

Report (150-0 B ter) ≠ sursis (150-0 B) ≠ exonération

C'est ce point qui commande tout le reste. Le report (art. 150-0 B ter) joue quand vous contrôlez la holding : la plus-value est calculée et figée à l'apport, déclarée, puis purgée au décès. Le sursis (art. 150-0 B) joue quand vous ne contrôlez pas la holding : l'opération est neutre, sans purge au décès. Et ni l'un ni l'autre n'est une exonération : le report est un impôt différé, jamais réduit. Julien, seul maître de sa holding, est dans le report — c'est ce que détaille notre guide report d'imposition : pourquoi ce n'est pas une exonération, aux côtés des conditions précises du dispositif.

Aller plus loin : l'opération de Julien, étape par étape

  1. En amont de toute vente — Julien crée une holding à l'IS qu'il contrôle à 100 % et lui apporte les titres de sa SAS ; un commissaire aux apports les valorise à 2 000 000 €.
  2. À l'apport — la plus-value d'apport (~2 000 000 €) est constatée, déclarée et suivie chaque année (état de suivi des plus-values en report) : 0 € payé.
  3. La cession — c'est la holding qui vend les titres au groupe pour 2 000 000 € ; le prix égalant la valeur d'apport, il n'y a quasiment aucune plus-value nouvelle à son niveau.
  4. Le remploi — si cette cession intervient dans les 3 ans de l'apport, la holding réinvestit 1 400 000 € (70 %) dans les 36 mois et conserve les actifs 5 ans ; au-delà de 3 ans, aucune contrainte.
  5. À terme — le report expire le jour où Julien cède les titres de sa holding (~628 000 € redevenus dus), ou se purge à son décès (0 €).

L'effet de levier de l'apport-cession

Capital au travail (apport-cession) = ~2 000 000 EUR
Capital au travail (vente seche)    =  1 372 000 EUR
-----------------------------------------------------
Ecart                               =   +628 000 EUR

Le gain n'est pas 'zéro impôt' : c'est de faire travailler 628 000 EUR de plus pendant que l'impôt dort. Le jour ou il sera exigible (ou jamais, en cas de purge au décès), le capital aura déjà produit ses fruits.

Une confusion fréquente à désamorcer : la quote-part de frais et charges de 12 % (soit un coût effectif d'environ 3 %, 12 % × IS 25 %) du régime des titres de participation ne concerne que l'éventuelle plus-value de ré-valorisation entre l'apport et la cession, au niveau de la holding — ici quasi nulle puisque la holding vend au prix d'apport. Elle ne touche pas la plus-value d'apport placée en report. Pour créer le véhicule, voyez notre guide créer sa holding française pour l'apport-cession.

§ 6LE FACE-À-FACE·2 MIN

Vente sèche vs apport-cession : le face-à-face chiffré

Mettons les deux scénarios côte à côte, à l'euro. L'hypothèse retenue : la holding cède les titres moins de 3 ans après l'apport, à compter du 21 février 2026 (le cas le plus contraignant, celui du remploi de 70 %).

Cession de 2 000 000 € — plus-value ≈ 2 000 000 €, holding cédant moins de 3 ans après l'apport (régime en vigueur depuis le 21/02/2026).
ÉlémentVente sècheApport-cession (150-0 B ter)
Impôt immédiat sur la PV628 000 € (PFU 31,4 %)0 € (report)
Capital disponible pour réinvestir1 372 000 € (compte perso)~2 000 000 € (dans la holding)
Capital supplémentaire au travail—+628 000 €
Contrainteaucune (fonds libres)remployer 1 400 000 € (70 %) en 36 mois, conserver 5 ans ; 600 000 € (30 %) libres
Sort à termeimpôt déjà payé (définitif)expire à la cession des titres de la holding (628 000 € dus) OU purge au décès (0 €)

Pourquoi 628 000 € différés valent mieux que 628 000 € « économisés »

L'apport-cession ne fait pas « gagner » 628 000 € : il les diffère. La vraie valeur du montage se joue ailleurs. Il y a l'effet de levier : 628 000 € de plus travaillent pendant des années au lieu de partir au Trésor. Et il y a la purge : si Julien garde les titres de sa holding jusqu'à son décès, ces 628 000 € ne seront jamais payés. C'est un outil de réinvestissement et de transmission, pas d'encaissement immédiat.
§ 7LA CONTREPARTIE·3 MIN

La contrepartie : réinvestir 70 % du produit (régime dual)

Ce qui déclenche vraiment le remploi

  • Le déclencheur, c'est la date de cession par la holding. Si elle cède les titres moins de 3 ans après l'apport → obligation de remploi.
  • Si elle attend plus de 3 ans → aucun remploi, report maintenu, produit 100 % libre.
  • Deux régimes selon la date : 60 % (avant le 21/02/2026) ou 70 % (à compter du 21/02/2026). Le 70 % est le droit en vigueur.

C'est le point le plus technique — et celui que 2026 a durci. Le principe : si la holding revend trop tôt les titres qu'elle a reçus (dans les 3 ans), l'administration veut s'assurer que le produit finance un vrai projet économique, pas un simple encaissement déguisé. D'où l'obligation de remploi. Et attention : c'est la date de cession par la holding qui fixe le régime, pas la date d'apport.

Régime dual selon la date de cession PAR LA HOLDING. Le 70 % n'est pas une erreur : c'est le droit en vigueur (LF 2026, loi n° 2026-103 du 19/02/2026).
ParamètreCessions du 01/01/2019 au 20/02/2026 (LF 2019)Cessions à compter du 21/02/2026 (LF 2026)
Seuil de remploi (du produit)60 % → 1 200 000 €70 % → 1 400 000 €
Délai de remploi24 mois36 mois
Conservation (remploi direct)12 mois5 ans
Conservation (via fonds FCPR/FPCI…)5 ans5 ans
Activités éligibleslargesresserrées

Le 70 % n'est pas une erreur — et c'est du tout-ou-rien

Julien doit retenir deux choses, parce que ce sont exactement les deux erreurs qu'on voit passer en rendez-vous. Le seuil de 70 % est bien le droit en vigueur pour toute cession réalisée à compter du 21 février 2026 ; les pages encore en « 60 % / 2 ans » sont périmées pour ces cessions. Et l'assiette du remploi, c'est le PRODUIT de cession (pas la plus-value), avec une règle tout-ou-rien : remployer 1 399 000 € au lieu de 1 400 000 €, c'est perdre le report sur la totalité des 2 000 000 € — 628 000 € redeviennent dus. Il n'y a pas de « presque ».

Remploi minimum sur la cession de 2 M€

Regime 2026 (cession >= 21/02/2026) :
  remploi mini = produit x 70 % = 2 000 000 x 70 % = 1 400 000 EUR
  solde libre  = 2 000 000 - 1 400 000            =   600 000 EUR

Regime antérieur (cession < 21/02/2026) :
  remploi mini = produit x 60 % = 2 000 000 x 60 % = 1 200 000 EUR

Le seuil s'applique au PRODUIT de cession, pas a la plus-value. En 2026, il faut donc remployer 1 400 000 EUR ; 600 000 EUR restent libres.

À l'inverse, si le calendrier le permet, attendre plus de 3 ans avant que la holding ne cède supprime toute obligation de remploi. C'est la variante que vit Sophie.

Cas variante · Sophie · apport plus de 3 ans avant la cession

Sophie — aucune obligation de remploi, produit 100 % libre

Sophie a anticipé : elle a apporté les titres de sa société à sa holding plus de 3 ans avant que celle-ci ne les revende. Conséquence directe : aucune obligation de remploi. Le report est maintenu sans condition, et le produit de cession est 100 % libre dans la holding (placements financiers, capitalisation, réinvestissement au rythme choisi).

Ce que montre Sophie : le calendrier de l'apport est un levier à part entière. Encore faut-il pouvoir attendre — et l'anticipation ne doit jamais servir à masquer une vente déjà négociée (voir §12).

Pour aller au fond de la mécanique, voyez nos guides le remploi (60 % / 70 %) : la mécanique du quota, les délais de réinvestissement, la durée de conservation des actifs et ce que la réforme LF 2026 a changé.

Hagnéré Patrimoine

Sécuriser le remploi de votre apport-cession à 2 M€

Un conseiller en gestion de patrimoine vérifie la date de cession (moins de 3 ans ou au-delà), calcule le seuil de remploi de 70 %, identifie les actifs éligibles (et écarte les exclus comme les SCPI) et vous alerte sur la règle du tout-ou-rien.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 8OÙ RÉINVESTIR·3 MIN

Où réinvestir les 1,4 M€ ? Actifs éligibles et exclus

Si le remploi s'impose, encore faut-il investir dans les bons actifs. La loi (art. 150-0 B ter, I) et la doctrine dessinent quatre voies éligibles — et une longue liste d'exclusions, resserrée par la LF 2026.

Mémo express

Les 4 voies de remploi éligibles

  • Le financement de moyens permanents affectés à une activité opérationnelle (commerciale, industrielle, artisanale, libérale, agricole).
  • L'acquisition de titres conférant le contrôle d'une société opérationnelle soumise à l'IS — l'absence de contrôle préalable s'appréciant à la date d'acquisition (CE 16/02/2024, n° 472835).
  • La souscription en numéraire au capital de sociétés opérationnelles éligibles.
  • La souscription de parts de FCPR, FPCI, SLP ou SCR respectant leur quota d'investissement (75 %), conservées 5 ans.

Éligible au remploi

Reprise d'une PME opérationnelle, souscription au capital d'une société à l'IS, fonds de private equity éligibles (FCPR / FPCI / SLP / SCR), et l'immobilier AFFECTÉ à une exploitation opérationnelle (hôtellerie, locaux d'activité d'une entreprise dont on finance les moyens).

Exclu (renforcé en 2026)

Activités financières, gestion de son propre patrimoine mobilier ou immobilier, construction-vente et marchand de biens, immobilier de rendement et location patrimoniale, SCPI, et activités à tarif réglementé de rachat d'énergie. Le placement SCPI ne compte pas comme remploi.

Note de méthode : le private equity n'est ni garanti ni liquide

Le remploi passe souvent par des fonds de capital-investissement (FCPR, FPCI). Deux choses qu'un vendeur de fonds ne vous dira pas spontanément : ces fonds sont illiquides (blocage de l'ordre de 8 à 10 ans, avec une « courbe en J » où la valeur baisse avant de remonter) et comportent un risque de perte en capital. Leur éligibilité au 150-0 B ter est en outre conditionnée au respect des quotas du fonds (75 %) et à la conservation des parts 5 ans. Nous ne nommons ni ne classons aucun fonds ici : le choix relève d'une analyse individualisée. Pour comprendre la classe d'actifs, voyez notre guide comprendre le private equity et ses risques.

Pour approfondir chaque voie, voyez la liste complète des actifs éligibles au réinvestissement, réinvestir dans une PME ou une ETI, les fonds éligibles au remploi, ainsi que immobilier et remploi et pourquoi la SCPI est exclue du remploi.

§ 9LA PART LIBRE·1 MIN

Les 600 000 € non contraints : que faire ?

Le remploi ne porte que sur 70 % du produit. Les 30 % restants — soit 600 000 € sur la cession de Julien — échappent à toute contrainte : ils ne comptent pas dans le quota, n'ont pas d'obligation de conservation, et restent libres dans la holding. Julien peut les affecter à la trésorerie de la holding, à des placements financiers, à un contrat de capitalisation, ou envisager une distribution (avec sa propre fiscalité).

La trésorerie de la holding, sans promesse de rendement

Une holding peut loger sa trésorerie sur un compte-titres, un contrat de capitalisation de droit français ou luxembourgeois, ou d'autres supports. Chacun a son cadre fiscal et son profil de risque : aucun ne garantit un rendement. Pour les deux enveloppes de capitalisation, voyez nos guides le contrat de capitalisation comme trésorerie de holding et le contrat de capitalisation luxembourgeois pour la holding.
§ 10LE COÛT·1 MIN

Combien coûte le montage ?

On ne monte pas une holding gratuitement, et l'honnêteté commande d'afficher le coût — que beaucoup de pages passent sous silence.

Mémo express

Le budget indicatif d'un apport-cession

  • Constitution de la holding : statuts, immatriculation, conseil juridique.
  • Commissaire aux apports : en principe obligatoire dès que la valeur des titres apportés dépasse 30 000 € (largement le cas ici). Il valorise les titres, ce qui sécurise la base de la plus-value en report.
  • Honoraires de conseil (avocat fiscaliste, expert-comptable, CGP) pour sécuriser le calendrier et le remploi.
  • Budget indicatif : 3 000 à 10 000 €, à comparer aux 628 000 € d'impôt différé.

Un seuil de rentabilité à garder en tête

Ce coût de structure explique pourquoi l'apport-cession n'a d'intérêt qu'au-delà d'un certain montant de plus-value (ordre de grandeur : ~500 000 €). À 2 000 000 €, on est très au-dessus du seuil, et le budget du montage devient un chiffre défendable devant un expert-comptable, minuscule au regard de l'impôt en jeu. En revanche, sur une petite plus-value, les frais fixes peuvent effacer l'intérêt de l'opération.
§ 11LE SORT À TERME·3 MIN

Le report n'est pas une exonération : que devient l'impôt ?

Sur dix rendez-vous de cession, neuf clients croient que le report efface l'impôt. Il ne fait que le décaler : le report est un impôt différé, pas effacé. Vingt ans plus tard, tout dépend d'une seule décision de Julien : revendre les titres de sa holding, ou les garder jusqu'au bout.

Cas fil rouge · Julien, vingt ans plus tard · les deux sorties du report

Julien à terme — 628 000 € dus, ou 0 € purgé

Issue 1 — il cède les titres de SA holding. Le report expire : la plus-value en report (~2 000 000 €) redevient imposable, soit ~628 000 € au PFU de 31,4 % (hors CEHR / CDHR de l'année). L'impôt n'a fait que glisser dans le temps — mais entre-temps, le capital a travaillé.

Issue 2 — il décède en détenant toujours les titres. C'est la purge définitive : les 628 000 € ne sont jamais payés, et ses héritiers reçoivent les titres de la holding à leur valeur au jour du décès, sans cet impôt latent. Le report se transforme alors en effacement.

Entre ces deux extrêmes, la donation des titres de la holding est une troisième voie. Elle transfère le report au donataire s'il contrôle la holding, et la plus-value est purgée s'il conserve les titres pendant une durée déterminée. Sous l'ancien régime, cette durée était de 5 ans (10 ans si le report résultait d'un remploi en fonds). La LF 2026 évoque un allongement à 6 ans (11 ans si fonds) : ces durées du nouveau régime restent à confirmer au texte réglementaire, à manier au conditionnel.

Deux pièges à connaître sur le sort du report

Le conjoint survivant. Si les titres grevés du report sont attribués au conjoint via un avantage matrimonial (clause de préciput, attribution intégrale de communauté), le report subsiste sur sa tête : il n'y a pas de purge. À vérifier avec votre notaire selon votre régime matrimonial. L'expatriation. Le transfert du domicile fiscal hors de France met fin au report et déclenche l'exit tax (art. 167 bis CGI). Si un départ est envisagé, il faut monter l'apport-cession d'abord et chiffrer l'exit tax avant de partir.

Pour approfondir, voyez nos guides la sortie du 150-0 B ter : quand le report expire, la purge au décès en détail, purger le report par donation et report et départ de France (exit tax).

§ 12LE DANGER·2 MIN

Apporter avant la vente : le piège de l'abus de droit

Un seul point fait tomber les redressements 150-0 B ter : le calendrier. Apporter une vente déjà signée, c'est se désigner soi-même au contrôle. La règle d'or : apporter les titres à la holding avant tout engagement ferme de cession — c'est-à-dire avant de signer une promesse ou un protocole avec l'acquéreur. Apporter à la holding une vente déjà négociée et actée, uniquement pour loger le prix à l'abri du report, est le terrain de l'abus de droit.

L. 64 / L. 64 A LPF : les montages de façade

Deux fondements. L'article L. 64 du Livre des procédures fiscales vise les montages à but exclusivement fiscal ; l'article L. 64 A (mini-abus, depuis 2020) vise ceux à but principalement fiscal. Sont particulièrement exposés : la cession pré-négociée apportée à la va-vite, le remploi fictif (fonds non éligible, coquille vide), et l'appropriation personnelle des liquidités de la holding (compte courant jamais remboursé). Sanction : majorations de 40 % à 80 % (art. 1729 CGI), en sus de l'impôt et des intérêts. Rappel connexe : la soulte éventuelle ne doit pas dépasser 10 % de la valeur nominale des titres reçus.

Dans le dossier de Julien, cela donne : holding créée et titres apportés avant la moindre lettre d'intention, une vraie activité dans la holding, un calendrier crédible, et le remploi bouclé si la revente tombe avant 3 ans. Le détail des situations à risque figure dans notre guide remise en cause et abus de droit : les pièges à éviter.

§ 13POUR QUI·2 MIN

À partir de quel montant ? Et au-delà de 2 M€ ?

L'apport-cession n'est pas réservé aux cessions à sept chiffres, mais il a un seuil de pertinence. En dessous de ~500 000 € de plus-value, les frais de structure et la contrainte de blocage du cash pèsent souvent plus que le bénéfice fiscal. À 2 000 000 €, l'intérêt est net — à condition d'avoir un vrai projet de réinvestissement et de transmission. Pour qui veut juste encaisser le prix et le dépenser, le report devient une contrainte : l'argent reste enfermé dans la holding.

Le même calcul, à 5 M€ ou 10 M€, donne un impôt différé de 1,57 M€ ou 3,14 M€ : la mécanique ne change pas, seuls les zéros s'ajoutent. Un dirigeant qui cède davantage retrouvera cette même mécanique, amplifiée, dans nos cas céder 5 M€ avec le 150-0 B ter et céder une entreprise 10 millions : réinvestir et transmettre. Pour savoir si votre situation entre dans le champ du dispositif, voyez le 150-0 B ter, pour qui ? ; et pour affiner la stratégie une fois le principe acquis, optimiser son apport-cession en 2026. Le cas particulier du professionnel libéral en SEL est traité dans notre guide apport-cession en profession libérale (SEL, SPFPL).

Note de méthode et garde-fous

Ce cas pratique est informatif, pas un conseil personnalisé. Les montants sont des ordres de grandeur pédagogiques (plus-value ≈ prix, taux arrondis). Avant de signer quoi que ce soit, gardez trois chiffres en tête : 628 000 € d'impôt seulement différé (jamais une exonération), jusqu'à 80 % de majoration si le montage est de façade (remploi non éligible), et un private equity bloqué 8 à 10 ans avec risque de perte en capital. La bonne décision se prend sur des chiffres personnalisés, pas sur un cas type.
Méthode documentée

Chiffrer votre cession avant de signer

Comme pour Julien, on modélise votre opération à l'euro : impôt exact en vente sèche (PFU, CEHR/CDHR), capital disponible via le report, coût d'un remploi raté et sort à terme (expiration ou purge). Le prix d'acquisition réel de vos titres, votre RFR de l'année, la date de revente : trois variables qui déplacent le résultat de dizaines de milliers d'euros.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
ACCOMPAGNEMENT

Modéliser votre apport-cession avec un conseiller en gestion de patrimoine

Conseil en gestion de patrimoine : chiffrage de la vente sèche et de l'apport-cession, vérification du contrôle (33,33 %) et du remploi 2026, choix des actifs éligibles, anticipation du sort à terme (expiration, purge au décès, donation) et placement de la trésorerie de la holding. Une vision globale et chiffrée, de l'apport à la transmission. Le choix d'une forme de société ou d'un régime fiscal et la rédaction des actes reviennent à votre avocat, votre notaire ou votre expert-comptable.

Le rendez-vous offert : recueil de votre situation et présentation des mécanismes généraux, sans recommandation personnalisée.

  • Bilan patrimonial offert
  • Sans produit-maison
  • Modélisation à l'euro avant de signer
4,6/5sur Trustpilot (33 avis au 30/09/2026)

Préparer votre cession avec un conseiller multi-partenaires

Pas de produit-maison. Chiffrage vente sèche vs apport-cession, vérification du contrôle et du remploi 2026, arbitrage des actifs éligibles, anticipation de la purge au décès et de la transmission, puis réemploi de la trésorerie de la holding. Le choix d'une forme de société ou d'un régime fiscal et la rédaction des actes reviennent à votre avocat, votre notaire ou votre expert-comptable.

Le rendez-vous offert : recueil de votre situation et présentation des mécanismes généraux, sans recommandation personnalisée. Les prestations décrites ci-dessus relèvent d'une mission sur lettre de mission signée.

Bilan gratuitCabinet CIF · COA · COBSPSans engagement

Sources et références légales

  • CGI — le mécanisme du report

    Art. 150-0 B ter CGI (report d'imposition, contrôle III-2°, remploi I, purge et déchéance). Art. 150-0 B CGI (sursis applicable en l'absence de contrôle, sans purge au décès). Art. 150-0 A et 200 A CGI (plus-value mobilière des particuliers, PFU 12,8 %). Art. 199 terdecies-0 A CGI (activités éligibles et exclusions). Art. 163 quinquies B CGI (fonds FCPR/FPCI/SCR/SLP, quota 75 %). Art. 167 bis CGI (exit tax). Doctrine : BOI-RPPM-PVBMI-30-10-60-10, -20 et -40.

  • Fiscalité 2026 et hauts revenus

    LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30/12/2025 : CSG du capital portée à 10,6 %, prélèvements sociaux 18,6 %, PFU 31,4 % sur la plus-value mobilière). Art. 223 sexies CGI et BOI-IR-CHR (CEHR 3 %/4 %). Art. 224 CGI et BOI-IR-CDHR (contribution différentielle, imposition minimale 20 %). Art. 150-0 D ter CGI (abattement 500 000 € du dirigeant retraité — cité en distinction, hors sujet ici).

  • Réforme du remploi et abus de droit

    LF 2026 (loi n° 2026-103 du 19/02/2026 : durcissement de l'apport-cession — remploi 70 %, délai 36 mois, conservation 5 ans, activités éligibles resserrées) pour les cessions à compter du 21/02/2026. LF 2019 (loi n° 2018-1317 du 28/12/2018 : ancien remploi 60 % / 24 mois, cessions du 01/01/2019 au 20/02/2026). Art. L. 64 et L. 64 A LPF, art. 1729 CGI (abus de droit, majorations 40 %/80 %).

  • Jurisprudence et pratique

    CE 16/02/2024 n° 472835 (remploi par prise de contrôle : l'absence de contrôle s'apprécie à la date d'acquisition). Sources administratives : impôts.gouv.fr (PFU, prélèvements sociaux 18,6 %, abattement 150-0 D ter) et service-public.fr F31130 (CEHR). Les durées de conservation post-donation du nouveau régime (6 ans / 11 ans si fonds) sont à confirmer au texte réglementaire.

Avertissement

Cas pratique éducatif — pas une simulation personnalisée.

Ce cas pratique est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine, cabinet basé à Bassens). Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d'investissement au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Le persona (Julien, 2 000 000 €) et les montants sont des ordres de grandeur pédagogiques : ils supposent une plus-value proche du prix (prix d'acquisition faible chez un fondateur) et des taux arrondis. Le résultat réel dépend du prix d'acquisition exact des titres, de la CEHR / CDHR sur le revenu fiscal de référence, de la date de cession par la holding (régime 60 % ou 70 %) et de votre situation. Le report d'imposition est un impôt différé, pas une exonération : il peut être remis en cause (montage de façade, remploi non éligible). Le private equity (FCPR, FPCI) est illiquide et comporte un risque de perte en capital. Les durées de conservation post-donation du nouveau régime (6 ans / 11 ans) doivent être vérifiées au texte. Toute opération doit faire l'objet d'une étude individualisée avant décision.

Foire aux questions

Tout sur la cession de 2 M€ avec le 150-0 B ter impôt en vente sèche, report, remploi 2026, coût et purge au décès.

Les questions qu'on nous pose le plus en rendez-vous de cession : combien il reste après une vente sèche, ce que le report permet de garder au travail, pourquoi le report n'est pas une exonération, combien réinvestir en 2026 (70 % ou 60 % selon la date), les 30 % libres, le seuil de rentabilité, le coût du montage, avant ou après l'acheteur, les actifs éligibles, la SCPI exclue et la purge au décès. Réponses sourcées et à jour 2026.